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Avertissement L'Heure de choisir, Noël 1939 L'Atomisme de l'Esprit, 13 septembre 1941 La Montée de l'Autre, 20 janvier 1942 Universalisation et Union, 20 mars 1942 La Centrologie, 13 décembre 1944 L'Analyse de la Vie, 10 juin 1945 Esquisse d'une Dialectique de l'Esprit, 1946 Place de la Technique dans une biologie générale de l'Humanité, 16 janvier 1947 Sur la Nature du Phénomène social humain, 23 avril 1948 Les Conditions psychologiques de l'Unification humaine, 6 janvier 1949 Un phénomène de Contre-Évolution ou la Peur de l'Existence, 26janvier 1949 Le Sens de l'Espèce chez l'Homme, 31 mai 1949 L'Évolution de la Responsabilité dans le Monde, 5 juin 1950 Pour y voir clair, 25 juillet 1950 Le Goût de vivre, novembre 1950 L'Énergie spirituelle de la Souffrance, 1951 Un Seuil mental sous nos pas : du Cosmos à la Cosmogénèse, 15 mars 1951 Réflexions sur la probabilité scientifique et les Conséquences religieuses d'un Ultra-Humain, 25 mars 195 La Convergence de l'Univers, 23 juillet 1951 . . . . Transformation et Prolongementen l'Homme du Mécanisme de l'Évolution, 19 novembre 1951 Un problème majeur pour l'Anthropologie, 3o décembre 1951 La Réflexion de l'Énergie, 27 avril 1952 Réflexions sur la Compression humaine, 18 janvier 1953 En regardant un Cyclotron, avril 1953 L'Énergie d'Évolution, 24 mai 1953 L'Étoffe de l'Univers, 14 juillet 1953 L'Activation de l'Énergie humaine, 6 décembre 1953 Barrière de la Mort et Co-Réflexion, ler janvier 1955 |
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L'Atomisme de l'Espritp. 31 - De part et d'autre de la Zone moyenne du Monde à l'échelle de laquelle notre Humanité agit et s'agite, les objets se disposent, pour notre expérience, en deux séries naturelles de taille indéfiniment croissante, ou indéfiniment décroissante : vers les nébuleuses, ou vers les atomes. En haut, l'immense. En bas, l'infime. Depuis toujours l'Homme a eu obscurément conscience d'être emprisonné dans ce cadre sans bords. Si bien qu'après un premier moment de vertige nous nous sentons presque à l'aise aujourd'hui entre les microns et les années lumière, le Nouveau Monde de la Physique moderne. Bien moins familière à notre esprit que ces profondeurs demeure cependant l'étrangeté, à peine découverte, des deux abîmes entre lesquels nous flottons. Pascal, dans une phrase fameuse, imaginait à l'intérieur du ciron un autre Univers avec d'autres cirons. C'est contre cette idée d'un Espace s'étalant ou se contractant semblablement à lui-même que nous sommes maintenant conduits à penser. De même que l'éclat de la lumière et les formes de la Vie se transforment aux yeux d'un observateur glissant le long d'un méridien terrestre, ou s'enfonçant au sein des eaux, - ainsi, et bien plus radicalement encore, l'Univers doit-il être conçu comme changeant de figure si, en esprit, nous essayons de nous déplacer, soit vers le haut, soit vers le bas, de ses zones extrêmes p. 33 - Détachons maintenant nos yeux de l'Immense et de l'Infime, pour les tourner vers un autre spectacle, en apparence d'un autre ordre. Laissons les atomes et les nébuleuses, et regardons, au voisinage de notre latitude moyenne, la Matière vivante. Autour de cet objet tout proche, et cependant extraordinaire, qu'est notre propre chair à nous-mêmes, la Biologie, armée des instruments toujours plus subtils et puissants que lui fournit la Science, resserre continuellement ses attaques. Analyses et synthèses chimiques d'une délicatesse invraisemblable; tritu-rations de toutes sortes, sous le jeu des réactifs « morts » ou « vivants » qui forment aujourd'hui l'arsenal de la Recherche; observation directe, enfin, sous le microscope,à des grossissements qui, de deux mille, viennent brusquement de passer à cent mille diamètres! - Ce n'est pas le lieu d'énumérer ici les résultats passionnants auxquels conduisent ces investigations à peine commencées. Ce qui importe par contre à mon sujet, c'est d'observer que, par-dessus le vaste « corpus » de données expérimentales déjà accumulées par la Biophysique et la Biochimie, un fait général émerge et do-mine, plus important pour notre intelligence que tout fait particulier. Je veux dire l'incroyable complication des êtres organisés. p. 35 - Rapprochons, en effet, et réunissons les deux évidences auxquelles nous venons d'accéder dans un effort préliminaire. D'une part, observions-nous pour commencer, L'Etoffe des Choses se métamorphose, elle change de propriétés, quand, suivant son grand axe spatial, nous montons ou descendons vers les grandeurs ou les petitesses extrêmes. D'autre part, venons-nous de noter, une deuxième façon existe pour les corps d'osciller entre l'infime et l'immense - capables de devenir très petits ou très grands, ils peuvent aussi suivant un autre axe (transversal au premier) être, dans leur structure interne, ultra-simples ou ultra-compliqués. Les hautes complications, constations-nous du reste, apparaissent dans le domaine des substances vivantes. p; 36 - A zone dimensionnelle nouvelle, disions-nous, propriétés nou-velles. Une fois reconnu, dans l'Univers physique, le domaine ou compartiment spécial de l'ultra-synthétique, la Vie ne détone plus dans la vision scientifique du Réel. Elle ne fait que combler un vide qui, sans elle, resterait béant dans nos perspectives. Propriété particulière aux grands nombres orga-nisés, effet spécifique de la Matière portée à un degré extrême de construction interne, elle vient prendre harmonieusement la place d'un phénomène attendu. Après l'Immense et l'Infime, le Grand Complexe (dès lors qu'il existe en fait) exigeait d'avoir un caractère à lui. Ce caractère, le voici : p. 38 - Sous l'action de cette formule structurelle lisible à volonté dans les deux sens, l'Univers, nous venons de le voir, se renfle à mi-chemin entre l'Infime et l'Immense; il s'étale, à son équateur, en une nappe sui generis sur laquelle la distance entre points n'est plus mesurable en taille, mais en degrés d'organisation, - ou ce qui revient au même, de psychisme. Une échelle qualitative (mais d'un qualitatif encore mesurable) se dressant en travers de l'échelle quantitative des particules cosmiques. Voilà la figure d'ensemble prise par le Réel autour de nous. p. 39 - Or cette première vision, prise dans l'Immobile, n'est encore, évidemment, qu'une tranche instantanée, infinitésimale, du phénomène que nous cherchons à nous représenter. Qu'il s'agisse d'atomes, d'étoiles ou de vivants, toute série naturelle, pour notre esprit éveillé au sens de l'évolutif, se traduit immédiatement et invinciblement en trace de mouvement. Telle devient notre relation fondamentale (1) si nous la transposons dans le milieu, seul réel scientifiquement, d'un Espace indissolublement lié au Temps. Et c'est ici, me semble-t-il, que jaillit définitive-ment la lumière. Au regard du « sens commun », et même encore, trop souvent, au regard d'une certaine Science,l'Univers se divise toujours en deux compartiments étanches : le domaine de la Matière et celui de la Vie; le monde atomique des molécules, et le monde cellulaire des Plantes et des Animaux. Eh bien, c'est précisément la surface de séparation imaginée par nous entre ces deux mondes qui, par application de la relation (2), tend à s'effacer à nos yeux, - comme disparaît le ménisque miroitant entre la portion liquide et la portion gazeuse d'un corps parvenu à son point de vaporisation. Il y a (nous le découvrons chaque jour plus clairement) au-delà des albumines et des protéines, et cependant encore très en-deçà des cellules, certains corpuscules énormes. D'un point de vue chimique, externe, la considération de ces nouveau - x objets nous passionne. Mais avons-nous assez songé que, si ces particules sont hyper-compliquées, c'est, nécessairement et corrélativement, qu'elles sont hyper-centrées, et porteuses, par conséquent d'un germe de conscience? Au-dessous de la Vie, donc, la Pré-Vie! Branche moléculaire et branche cellulaire de la Matière : ces deux segments, traités jusqu'ici comme divergents ou hétérogènes, tendent à se rapprocher sous nos mains. Bout à bout ils s'alignent. Et voici qu'apparaît une courbe unique exprimant les progrès d'un seul et même processus physico-biologique : la Noogénèse. p. 42 - Dans le cas des molécules humaines considérées isolément, aucun résultat positif ne ressort de cet examen. Sur ce point je me suis déjà expliqué ailleurs. Depuis vingt mille ans (seulement) que nous le connaissons, le cerveau de l'Homo sapiens ne paraît (ni dans sa structure, ni dans son fonctionnement) avoir changé appréciablement. Mais laissons de côté l'individu, et occupons-nous de la collectivité humaine. Ici quelque chose de neuf apparaît. Nous avons en ce moment, étalée toute grande sous nos yeux, une Terre dont la surface géométriquement limitée, se resserre à vue d'œil sous la foule grossissante d'une population que pressent de plus en plus sur elle-même, bien moins encore ses accroissements numériques que la multiplication et l'accélération affolante d'inter-liaisons de toutes sortes. Ce spectacle énorme, nous le regardons sans cornprendre, à mille lieues de songer qu'il puisse avoir rien à faire avec les démarches organiques de la Vie. « Les liaisons sociales, pensons-nous : phénomène accidentel et passager,modifications superficielles et réversibles. Une fois formés, les cerveaux, eux, ne changent plus. Comment leur comparer des édifices collectifs, sans cesse en train de se détruire et de se remplacer? » p. 43 - Dans la civilisation humaine il est encore d'usage de ne vouloir rien reconnaître de plus qu'une série monotone d'oscillations réversibles. Or ceci justement est-il vrai? - Faisons plutôt le compte des changements en cours, et cherchons à fixer la nature et le sens de leur succession. Un premier résultat de la « prise en bloc » à laquelle est graduellement soumise en ce moment l'Humanité est que, de moins en moins, aucun de nous, pris isolément, n'arrive à se suffire matériellement à lui-même. Une série de nouveaux besoins, qu'il serait enfantin et anti-biologique de regarder comme superflus et factices, se créent incessamment en nous. Nous ne pouvons plus vivre et nous développer sans une ration croissante de caoutchouc, de métaux, de pétrole, d'électricité, d'énergies de toutes sortes. Aucun individu ne parviendrait désormais à pétrir à lui seul son pain quotidien. L'Humanité se constitue de plus en plus en organisme doué d'une physiologie, et comme on dit maintenant, d'un « métabolisme » commun. Nous pouvons bien nous plaire à dire que ces liens sont superficiels, et que nous les détendrons si nous voulons. En attendant, ils se consolident chaque jour davantage, par le jeu combiné de toutes les forces qui nous entourent; et l'Histoire montre que, dans l'ensemble, leur réseau, tissé sous l'influence de facteurs cosmiques irréversibles, n'a jamais cessé de se resserrer. p. 44 - Désormais, moins que jamais, l'homme ne saurait plus penser seul. Passons seulement en revue la série de nos concepts modernes, en Science, en Philosophie, en Religion. N'est-il pas évident que chacune de ces notions, plus elle est générale et féconde, tend à prendre, elle aussi, la forme d'une entité collective, dont nous pouvons bien individuellement couvrir un angle, posséder et développer une parcelle, mais qui repose, en fait, sur une voûte de pensées arqueboutées. L'idée d'électron ou de quantum, ou de rayon cosmique, - l'idée de cellule ou d'hérédité, - l'idée d'Humanité ou même celle de Dieu, personne en particulier ne les détient ni ne les domine. Ce qui déjà pense, comme ce qui travaille, par l'homme et pardessus l'homme, c'est encore ici une Humanité. Et il est inconcevable, de par le jeu même du phénomène, que le mouvement commencé n'aille pas dans le même sens, demain comme aujourd'hui, s'affirmant et s'accélérant. Que conclure de tout cela, sinon que, dans l'Humanité prise comme un tout, la quantité d'activité et de conscience dépasse la somme simplement additionnée des activités et des consciences individuelles. Progrès dans la complexité se traduisant par un approfondissement centrique. Non pas simplement somme, mais synthèse. Exactement ce que nous étions en droit d'attendre si, dans le domaine du Social, par delà nos cerveaux, se poursuit bien (telle était ma thèse) la marche en avant de la Moléculisation universelle. Jusqu'à l'Homme, on peut dire que la Nature travaillait à fabriquer «l'unité ou grain de pensée ». Vers des «édifices de grains de pensée », dans la direction d'une « pensée de pensées », il semble décidément que, suivant les lois de quelque hyper-chimie gigantesque, nous soyons maintenant lancés, - toujours plus haut dans l'abîme des infiniment complexes. p. 45 - ...dans l'Humanité prise comme un tout, la quantité d'activité et de conscience dépasse la somme simplement additionnée des activités et des consciences individuelles....Non pas simplement somme, mais synthèse. Synthèse humaine : entreprise magnifique; mais aussi, faisons bien attention, opération délicate et longue, qui ne peut aboutir (comme tout autre effort de la Vie) qu'à travers de multiples tâtonnements et après beaucoup de souffrance. En matière de cœurs et de cerveaux, bien plus encore qu'en matière d'atomes, toute forme de combinaison ne saurait être bonne, ne l'oublions pas. Pour une tige humaine qui a réussi à forcer le seuil de la Réflexion, combien de millions d'autres « phyla » qui ont avorté! Le problème qui se pose, économiquement et socialement, à l'Homme moderne (puisque, le voulant ou non, il est voué à la Synthèse), c'est donc de découvrir, parmi les diverses formes possibles de collectivisation ouvertes devant lui, celle qui est la bonne c'est-à-dire celle qui prolonge le plus directement la Psychogénèse (ou Noogénèse) dont il est issu. p. 46 - Ceci posé, comment déterminer, par une approximation initiale, le terme supérieur à venir vers lequel nous achemine la transformation où, avec le Monde, nous sommes engagés? Pas autrement ... que comme un état d'unanimité en lequel chaque grain de pensée, porté à l'extrême de sa conscience particulière, ne sera cependant que l'expression incommunicable, partielle, élémentaire, d'une Conscience totale commune à toute la Terre, et spécifique de la Terre . un Esprit de la Terre. p. 49 - Jusque là les hommes (excepté par l'instinct obscur qui les fait procréer) pouvaient, vaille que vaille, essayer d'oublier la mort en s'absorbant dans les soucis ou les joies d'une existence limitée. Or c'est cette échappatoire, si nous y prenons garde, qui tend, petit à petit, à se fermer pour nous. En même temps que l'Humanité va faisant corps dans l'Espace, elle se bloque nécessairement, au même rythme, dans le Temps. L'idée d'une Œuvre Humaine totale à accomplir n'est-elle pas le corollaire inévitable d'une Humanité totalisée? De ce chef une modification radicale transforme insidieusement l'équilibre de nos activités. Sans y penser, chaque homme s'habitue à craindre, à ambitionner, à respirer dans une atmosphère d'universel, - en porte-à-faux sur le succès global de l'Humanité en avant. De la sorte, la cloison saute qui paraissait isoler notre « carrière » humaine de celle de nos descendants. Le centre de gravité de nos intérêts les plus tangibles se trouve rejeté comme à l'infini en avant. Et, du même coup, ce n'est plus seulement la perspective d'une mort humaine qui s'installe à notre horizon, mais c'est la menace et le scandale d'une Mort de l'Humanité. Simple changement d'échelle, en apparence, mais qui justement était nécessaire ici, comme dans le cas de toutes les autres propriétés de l'Infime, de l'Immense et du Complexe pour que jaillisse avec évidence la chose que nous cherchions. Appliquée à un seul grain de pensée, l'idée d'annihilation ne nous choque pas immédiatement; ou bien, si elle nous choque, c'est par une introspection si délicate que nous pouvons hésiter sur la valeur de notre évidence. Grossie par contre aux dimensions planétaires de la «Noosphère », la même idée se découvre tellement dissolvante à la fois de tout le Passé et de tout le Présent du Monde que nous ne pouvons faire autrement que la rejeter. Dans un Univers qui, par fonctionnement, va concentrant toujours plus l'intérêt vital de ses éléments sur un terme collectif à atteindre en avant, tout s'écroule du haut en bas si ce terme supérieur se découvre comme précaire ou inexistant. p. 50 - Vie, - donc réflexion, - donc prévision, - donc exigence de survie. Les quatre termes s'enchaînent biologiquement, et croissent simultanément. Pour nous, par conséquent, dans le Futur, ne s'annoncent ni la volatilisation, ni la sénescence. Et dès lors, devant notre pensée, les possibilités se resserrent. Non, à la série grossissante des molécules un terme ne peut convenir que s'il est positif et maximum par nature. C'est donc que, d'une manière ou de l'autre, nous pouvons échapper à la caducité de l'astre qui nous porte. Quelque chose de plus grand, de plus complexe, de plus centré que l'Humanité se profile à nos yeux au-delà de l'Esprit de la Terre. Mais quoi?.. p. 51 - Par conjonction d'unités sidérales pensantes, la Moléculisation rebondirait, disais-je. La fin du processus se trouverait rejetée un étage plus haut. Mais, à ce degré supérieur de complication, le problème de la Mort, un instant écarté, reparaîtrait de plus belle... Or c'est justement cette ombre d'une Mort (fût-elle encore à des milliards d'années de distance) que, afin de pouvoir continuer à agir de plus en plus consciemment, nous devons pouvoir chasser de notre horizon, dès maintenant. Par où nous échapper? Plus je me penche sur ces perspectives, plus je crois apercevoir la seule façon dont puisse finir, sans périr, l'Esprit de la Terre, c'est que (seul, ou avec l'appui d'autres Esprits qu'il aura rencontrés en chemin) il disparaisse en profondeur, par excès de centration sur lui-même. Observée dans son mécanisme externe de complication, il est possible que la moléculisation de la Matière vienne se heurter à quelque valeur supérieure qu'elle ne puisse dépasser (telle la vitesse de la lumière pour les masses en mouvement). En tout cas, remous d'Improbable au sein d'un courant qui, dans l'ensemble,tend à ramener les corps à leurs états les plus simples, elle ne peut certainement pas indéfiniment se prolonger... p. 52 - Observé au contraire par sa face interne (c'est-à-dire la montée de conscience), le processus ne paraît pas connaître de valeur-limite à ses développements. Non seulement, par nature, tout acte réfléchi est l'amorce d'une réflexion plus haute (de sorte qu'il serait impossible de couper à aucun endroit la chaîne), -mais encore, nous venons de le voir, la faculté même de penser exige, pour pouvoir respirer, une atmosphère complètement libre en avant. De cette dysharmonie évolutive entre le Dehors (limité) et le Dedans (illimitable) de la Noosphère, que conclure, sinon qu'une rupture interne se laisse prévoir entre les deux faces du phénomène. Au-delà d'une certaine valeur critique, force nous est d'imaginer que, d'une manière ou d'une autre, la Centration puisse se poursuivre indépendamment de la synthèse physico-chimique, qui, au cours d'une première phase, était nécessaire pour la mettre en mouvement. Le Centre rejetant sa coque originelle de complication... Un pareil « décollement » est-il possible? Oui, - mais à une condition. C'est que, à l'extrême de l'axe des synthèses et du Temps, nous supposions l'existence d'un Centre de deuxième espèce, - non plus émergeant et mû, - mais centre émergé et moteur, de la Convergence universelle. Un pareil Centre une fois admis (je l'appellerai Oméga), tout se passe comme si les grains de conscience formés évolutivement par Noogénèse devenaient capables (une fois passé le point « humain » de la Réflexion) de tomber, par le fond d'eux-mêmes, dans un champ d'attraction nouveau agissant, non plus seulement sur la complexité de leur édifice, mais sur leur centre directement, indépendamment de cet édifice. p; 53 - ...le retournement complet de l'Esprit (collectivement centré) sur un pôle intérieur de consistance et d'unification totale :l'Hypercentration après la Centration. L'évasion en profondeur (par le centre), ou, ce qui revient au même, l'extase. Dans cette perspective (où s'expriment exactement la foi et l'espérance chrétiennes), toutes sortes de difficultés se dénouent sans effort sous nos yeux. ...une Humanité totalisée, mieux qu'aucun vivant connu, sous l'influence d'une âme supérieure et unique. L'Homme non point collectivisé, mais super-personnalisé. ...Sur une Terre en voie d'irrésistible resserrement, la grande question devient pour l'Homme,...de découvrir comment diriger en lui-même le travail inévitable, mais éminemment dangereux, des forces d'unification p. 54 - Ce qui rend monstrueuse la pure collectivité, c'est que, mul-tiple par nature, elle n'a ni pensée, ni cœur, ni visage aux-quels, par le fond de notre être, nous puissions nous accrocher. La « Société » peut bien nous étouffer dans ses bras in-nombrables : elle ne saurait ni nous atteindre, ni nous rap-procher par la moelle de nous-mêmes. Arrêtée sur le Collectif, l'Humanité, tant exaltée depuis deux siècles, est un Moloch affreux. Nous ne pouvons ni l'aimer, ni nous aimer en elle. Voilà pourquoi elle nous mécanise, au lieu de nous achever. Que s'allume, par contre, en chaque élément de la myriade humaine, la chaude lumière d'une même Ame commune, distincte de tous et la même en tous. Alors en ce foyer personnalisant, lui-même d'une personnalité suprême, chaque parcelle, dans son effort pour s'achever, se trouve précipitée sur toutes les autres. Neutralisée par les grands nombres, une formidable affinité, disions-nous, dort encore dans la masse humaine. Non plus annulée, mais multipliée cette fois par la pluralité des particules spirituelles, nous voyons maintenant qu'aux rayons d'Oméga il faudra bien qu'un jour elle s'éveille. Le salut de l'Esprit de la Terre (la seule chose qui pour nous importe!), il se découvre subordonné aux développements (re-connus possibles) d'une liaison affective de dimensions cosmiques. Et voici du même coup la question qui se déplace. Avoir pris intellectuellement conscience, en face de la pluralité humaine, du fait que nous représentons structurellement le prolongement naturel des atomes transporte dans un domaine intérieur le problème de la Cosmogénèse. A elles seules les plus étonnantes avances de la Science et de la Technique ne sont qu'une préparation et un commencement. En dernière analyse l'avenir du Monde est entièrement suspendu à l'éclosion en nous d'une Conscience morale de l'Atome, culminant dans l'apparition d'un amour universel. p. 56 - Je voudrais faire entrevoir, au cours de ce dernier chapitre, combien la morale humaine la plus traditionnelle prend figure, cohérence et urgence nouvelles, - combien harmonieusement elle s'intègre, pour le dominer, au grand corps des énergies cosmi-ques, dès lors que, dépassant, pour régler sa conduite, la po-sition individualiste « de la monade », l'Homme se place réso-lument, pour juger et agir, au point de vue de l'atome. L'idée, ci-dessus développée, d'une Moléculisation spiritualisante de la Matière n'illumine pas seulement, dans sa structure interne, l'Étoffe de l'Univers. Sous le même trait de lumière se dégagent corrélativement, dans leurs grandes lignes toute une Philosophie de la Vie, toute une Éthique, toute une Mystique nouvelles. a. Philosophie de la Vie. A proportion même des accroissements que prend en lui la conscience de sa force et de sa durée collective, l'Homme éprouve un besoin grandissant de trouver un objectif tangible à ses activités. Pourquoi la chaîne de labeurs où nous naissons en-chaînés? Pourquoi toujours chercher plus loin? Pourquoi nous acharner à découvrir? Pourquoi encore construire? Pourquoi même continuer à nous reproduire?... Il n'est pas nécessaire d'avoir beaucoup vécu pour constater à quel point, jusque chez les plus humbles, cette question se pose et se propage en ce moment, jusqu'à devenir aiguë. Renouvelée et surexcitée par les récentes apparitions du Temps et de l'Espace, l'angoisse de vivre est en train de monter en nous. Eh bien c'est à ces anxiétés sur le sens et la valeur de l'existence que la notion de Noogénèse permet d'échapper. Dès lors qu'une relation organique se découvre entre notre agitation élémentaire et le succès du Monde qui nous porte, - dès lors qu'un Dieu lui-même nous attend au sommet de la tour que, soutenus par lui, nous pouvons bâtir en nous unissant, - à nous l'élan, à nous la joie essentielle de vi-vre! Avec Oméga, c'est un but et un attrait suprêmes qui se lèvent pour animer et diriger l'Effort humain. Et subsidiairement, ce sont trois autres problèmes, réputés insolubles, qui s'éva-nouissent de notre horizon. Problème du Mal, d'abord. Qu'il soit physique ou moral, le Mal n'est révoltant que dans la mesure où il serait inutile ou gratuit. Expression des lenteurs, des erreurs, du « travail » énergétiquement nécessaires pour la synthèse de l'Esprit, souffrance et péché deviennent intelligibles et acceptables dans la mesure où ils se présentent comme condition et prix de l'Évolution. Pourvu que le sommet existe, et « qu'il en vaille la peine », quel ascensionniste s'étonne-t-il ou se plaint-il d'avoir à se blesser, ou même de risquer la grande chute, en grimpant? - Statiquement: et isolément, la douleur et la perversité sont choses absurdes. Prises dynamiquement, dans un système tâtonnant et mouvant, elles se légitiment et se transfigurent. Problème de l'Inégalité, ensuite. Si, en l'Humanité, l'Univers culminait sous forme de consciences isolées ou divergentes, rien n'aurait le pouvoir de consoler un homme de n'avoir ni la santé, ni les qualités, ni les chances sociales échues à d'autres hommes plus fortunés. Plus, dans un tel Univers, le déshérité ou le manqué réfléchiraient lucidement à leur infériorité, plus contre elle et contre « ceux qui ont » ils auraient le droit de sentir monter une rage de niveler et de détruire. - Tout change, ici encore, si, quelque inégaux soient-ils en force et en position, les divers éléments pensants de la Terre ne forment plus qu'une seule masse convergente, destinée à communier et à s'égaliser dans un succès final. En pleine attaque, quel est le soldat qui pense à jalouser son chef en tête de la vague d'assaut ? p. 58 - Problème de l'Individuel et du Social, enfin. L'individu est-il pour la Société, ou la Société pour l'individu? - Question irritante, dont nos oreilles sont continuellement rebattues. Question sanglante, aussi, au nom de laquelle se font impi-toyablement croisade, en ce moment, les forces opposées du Marxisme et des Démocraties. Et cependant question inexistante, au fond, si seulement nous percevions, dans sa réalité et son mécanisme, le grand phénomène de la Noogénèse en cours autour de nous. Dans un Univers en voie de centration (pourvu que celle-ci soit bien conduite!) individu et collectivité se renforcent et s'achèvent l'un l'autre, continuellement. Plus, d'une part, l'individu s'associe convenablement à d'autres individus, plus, par effet de synthèse, il s'approfondit sur soi, prend conscience de lui-même, et donc se personnalise. Et plus, d'autre part, la collectivité se resserre convenablement sur des éléments mieux personnalisés grâce à elle, plus, de son côté, elle « s'humanise », se personnalise et laisse transparaître le point Oméga. Les deux termes sont également essentiels : impossible de les séparer. À la limite, il est vrai, c'est-à-dire au moment où s'opérera la conjonction su-prême, le dernier pas se fera de l'élément vers l'ensemble. C'est l'ensemble qui aura le dernier mot. On peut donc dire, en dernière analyse (ou plutôt « en dernière synthèse ») que finalement la personne est pour le Tout, et non le Tout pour la personne humaine. Mais c'est parce que, à cet instant ultime, le Tout lui-même est devenu Personne. b. Éthique. Depuis la promulgation de l'Evangile, on pouvait croire que l'Homme avait enfin trouvé une expression définitive et exhaustive de rectitude intérieure, et donc de salut. « Aimez vous les uns les autres ». Dans ce précepte paraissait devoir à jamais culminer et se résumer la fleur de toute moralité. Or aujourd'hui, après vingt siècles d'expérience, il semble que la formule évangélique n'ait rien donné. Non seule-ment, avec les années qui passent, l'Humanité semble toujours aussi divisée sur soi; mais encore un nouvel idéal, celui de la force conquérante, n'a pas cessé, depuis deux générations, de grandir et de se faire toujours plus fascinant, en face des doctrines de douceur et d'humanité. p. 59 - Assisterions-nous par hasard à la faillite de la Charité?...C'est à cette inquiétude, me semble-t-il, que le fait pour la personne humaine de s'élever à la conscience de « sa dignité d'atome » apporte, théoriquement et pratiquement, un apaisement. Du point de vue de la Noogénèse, d'abord, il est bien évident que si, tous ensemble, nous sommes cosmiquement destinés à de-venir un, la loi fondamentale et opérante de notre activité est de favoriser cette synthèse en nous rapprochant. Loin de s'évanouir aux rayons de la critique moderne, le « Précepte du Seigneur » quitte donc le domaine du sentiment pour devenir le premier des rouages de l'Évolution. « Il sort du rêve pour entrer dans le système des énergies universelles et des lois nécessaires ». Un amour, avons-nous vu, n'est-il pas le seul milieu où l'Étoffe de l'Univers puisse trouver l'équilibre et la consistance à l'extrême de sa Complication et de sa Centration? Mais il y a, plus. Ce qui, bien davantage qu'un échec de fait, déprécie aujourd'hui à nos yeux la charité, c'est incontestablement son inutilité et son impuissance apparente à justifier et à animer notre besoin passionné de découverte et de conquête. La Morale que nous attendons ne peut plus être à base d'égards mutuels, mais à base de progrès. C'est de « l'essence », et non pas seulement de l'huile qu'il nous faut... La charité, telle qu'on nous la prêche,est résignée et statique. Voilà pourquoi le sur-homme de Nietzsche est en train d'éclipser la bonté évangélique. Si beau soit le Discours sur la Montagne, l'homme moderne ne peut s'empêcher de prêter l'oreille aux paroles de Zarathoustra. p. 60 - « La charité, - résignée et statique »... Voilà le préjugé mortel dont vient précisément nous arracher le spectacle d'un Monde en voie de Concentration! Entre monades fixes et extrinsèquement associées, il est possible que la vertu suprême consiste à adoucir de mutuels frottements. Tout change dans le cas d'éléments incomplets qui ne peuvent exister pleinement qu'en se rapprochant. Pour de telles particules, la sympathie devient élan pour forcer tous les obstacles et trouver toutes les issues en vue de la réunion. Dès l'instant où il se découvre atomiquement responsable et solidaire d'une Humanité en laquelle il s'achève, personnellement, l'homme ne tient pas seulement un motif et un mobile pour aimer « son prochain ». Devant lui, par surcroît, s'ouvre tout grand un domaine illimité d'opération tangible où faire passer ce qu'il sent. Pour détendre, déverser et rajeunir sans cesse la passion qui l'anime, il a toute la grande bataille de la Terre. Avoir à lutter, pouvoir lutter, par toute sa vie, pour créer ce qu'on aime! Extraordinaire plénitude où, épurée de la Violence, la Force émerge de la Douceur et de la Bonté, comme leur paroxysme. C. Mystique. Pas de morale qui tienne sans Religion. Ou, plus exactement, pas de Morale qui vive sans se franger d'adoration. La mesure d'une Éthique est sa capacité à fleurir en Mystique. Incomparable, de ce point de vue, apparaît la Charité dynamisée. Observons plutôt, à la lumière de la « Moléculisation », ce qui se passe au cœur de l'homme né à la conscience de ses relations organiques avec un Univers en cours de concentration. Pour un tel homme, nous venons de le voir, le sens s'éveille, d'abord, d'une affinité grandissante pour les éléments de même ordre que lui-même, - c'est-à-dire pour la multitude des autres grains de pensée auxquels, s'il veut approfondir plus outre son âme, il lui faut s'associer. Et voilà le premier temps. Mais parce que, dans l'édification, la conservation et le progrès de l'unité humaine, agit et se prolonge en fait le jeu entier des forces universelles, c'est bientôt au sens raisonné d'une solidarité de fond avec toute Vie et toute Matière en mouvement que, dans un deuxième temps, il est conduit à s'élever. Et finalement, parce que cet immense système, convergent par nature, ne tient que par son élan vers quelque pôle supérieur de synthèse, c'est en définitive dans l'omniprésence et l'omni-action d'une Conscience suprême que l'atome pensant se trouve submergé. Sens humain; puis sens de la Terre; et enfin sens d'un Oméga; trois étapes progressives d'une même illumination. Et voici du même coup que se confirme et se précise, pour l'homme-élément, la possibilité psychologique d'un acte intérieur d'une richesse inouïe. D'une part, en vertu de la liaison dynamique de toutes choses en la Noogénèse, la moindre action, si humble et monotone soit-elle, se découvre comme un moyen de coopérer au Grand œuvre universel. D'autre part, en vertu de la nature particulière, synthétique, de l'Opération en cours, coopérer signifie s'incorporer dans une réalité vivante. Agir, sous toutes ses formes (pourvu que celles-ci soient positives, c'est-à-dire unificatrices), équivaut à communier. Saisissons-nous bien l'importance de la transformation? Plus ou moins consciemment (et si convaincus soyons-nous qu'il y a un sens à la vie), nous portons tous en nous le triste sentiment de la dispersion et de l'insignifiance de nos existences. Chaque nouveau jour qui commence, les mêmes devoirs nous assaillent, dont la monotonie nous écœure, dont la pluralité nous épuise, et dont l'apparente inutilité nous décourage. Éparpillement, routine, et, par-dessus tout, ennui... Oh si seulement nous pouvions sentir que nous faisons quelque chose de grand ! Eh bien c'est justement cette poussière de nous-mêmes qui, sous l'influence d'Oméga, s'illumine et s'anime. - A un niveau inférieur de conscience (c'est-à-dire aussi longtemps que ne nous apparaissent pas notre condition et notre fonction atomiques), nous ne pouvons jamais faire que ceci ou cela, par ce côté-ci ou ce côté-là de notre corps ou de notre âme. Ou bien nous mangeons, ou bien nous pensons, ou bien nous travaillons, ou bien nous aimons; et rien de tout cela, pris isolément, ne nous satisfait, parce que rien ne parait important. A un degré supérieur d'initiation au contraire (c'est-à-dire une fois perçue la relation liant la spiritualisation du Monde à sa complication), cette multiplicité, sans cesser d'être elle-même, se résout en quelque chose de nouveau et d'unique où confluent, en se valorisant, tous les résultats (si minimes soient-ils) de nos efforts, et toutes les nuances (si secrètes soient-elles) de notre opération. A ces hauteurs une forme transcendante d'action se dessine, recouvrant et fondant, sous une même lumière, la bigarrure de ce qui, regardé de plus bas, nous paraît s'opposer et se neutraliser sous les vocables divers d'activité et de passivité, de renoncement et de possession, d'intelligence et d'amour... En vérité, pour celui qui arrive à voir, non plus seulement dans l'Immense et dans l'Infime, mais quasi dans le Complexe, une manière d'agir existe capable de synthétiser et de transfigurer tous les autres gestes: le geste spécifique de subir et de promouvoir, en soi et autour de soi, - par toute la surface et toute la profondeur du Réel -, l'unification (et donc la prise de conscience) de l'univers sur son centre profond; le geste total et totalisant (qu'on me passe le mot, -je n'en trouve pas d'autre) de l'« omégalisation »- Et voilà qui nous conduit en ligne droite, dans « la joie de l'atome », aux plus hauts sommets de l'adoration. Déjà sur le terrain social et biologique, le fait d'avoir reconnu que (grâce aux propriétés de l'amour) l'Univers se personnalise en se concentrant, nous permettait d'éviter à la fois une individualisation qui disperse et un collectivisme mécanisant. - Voici maintenant que, dans le domaine mystique, la même lumière nous découvre la route entre deux autres écueils également dangereux. Depuis que l'Homme, en devenant homme, s'est embarqué à la recherche de l'unité, il n'a jamais cessé, dans ses visions, dans son ascèse ou dans ses rêves, d'osciller entre un culte de l'Esprit qui lui faisait lâcher la Matière et un culte de la Matière qui lui faisait nier l'Esprit. Exténuation ou enlisement. C'est entre ce Scylla et ce Charybde que nous fait passer l'« Omégalisation ». Le détachement, non plus par coupure, mais par traversée et sublimation. La spiritualisation, non plus par négation ou évasion du Multiple, mais par émergence. Telle est la « via tertia » qui s'ouvre devant nous dès lors que l'Esprit n'est plus l'antipode, mais le pôle supérieur de la Matière en voie de sur-centration : non pas voie moyenne, timide et neutre; mais voie supérieure et hardie, où se combinent en se corrigeant les valeurs et propriétés des deux autres routes. D'où, pour finir et pour résumer, je conclus ceci. Avoir pris conscience de notre condition d'« atomes synthétisables », ce n'est pas seulement accéder à une vision nouvelle des relations générales reliant la Matière à la Pensée, et la Pensée à Dieu. C'est encore, et par le fait même, re-définir, dans sa ligne, l'axe immuable de la sainteté. Dans un Univers reconnu de nature convergente, une néo-spiri-tualité pour un néo-Esprit. Pékin, 13 septembre 1941. |