Tribune

 

LE PHÉNOMÈNE DIVIN

Rio de Janeiro, Decembre l999

par Luiz Alberto Bahia

"S'il existe un scénario historique à apercevoir dans l'histoire cosmique, c'est bien celui de la marche de la simplicité absolue du "big-bang" vers la complexité et la diversité toujours croissantes.

La parfaite uniformité de la boule de feu primordiale et des lois qui la réglaient ont donné lieu à une hétérogénéité énigmatique mais fertile: photons... molécules, galaxies, choses vivantes et artificielles.

C'est l'un des problèmes philosophiques les plus intrigants dans la science que de comprendre comment cette simplicité est immanente dans les lois fondamentales de la physique. Les normes structurales de la nature sont simples, mais leur consommation peut ne perdre jamais sa capacité de surprendre. Une tendance perpétuelle à la créativité, dont le résultat ne saurait être anticipé, peut être le vrai destin de l'Univers."

(Éditorial de la Scientific American, janvier 1999)


 Table

Le Phénomène Divin

Mal et Souffrance dans le Phénomène Divin

Doubles et Egos

Troisième Infini Spirituel

 

La science ne peut certes prouver l'existence de Dieu. Mais elle peut admettre l'existence du phénomène divin. La science moderne expérimentale n'a ni modes ni moyens de vérifier, quel que soit le laboratoire, son existence ni de la nier. L'expérience de Dieu, par sa propre nature introspective et subjective, ne semble pas être reproductible et contrôlable dans les laboratoires, par signes et images enregistrables. Mais, face à l'absence d'une preuve expérimentale, il ne serait pas scientifique de nier le phénomène divin signalé par l'expérience introspective, individuelle et collective, de l'homme chez l'homme lui-même.

La valeur de l'expérience introspective découle de la constatation, qui ne doit pas être niée, que le monde introspectif des idées et des émotions est aussi réel et prouvable par les moyens appropriés que la réalité objectivement quantifiable du monde matériel. Le monde des idées et des émotions fait partie des phénomènes naturels et est par conséquent aussi naturel que les autres phénomènes de la nature máterielle.

Il est même donc ridicule de classifier d'idéalisme la réalité du monde des phénomènes nommés idées et émotions.

La permanence du courant introspectif du phénomène divin suffirait déjà, pourtant, pour admettre sa validité expérimentale, même quand l'expérience humaine cherche à nier l'existence de ce phénomène. La présence du phénomène divin a lieu dans le champ préférentiel de l'observation introspective individuelle et collective.

La reproduction et le contrôle "expérimental" du phénomène divin ne peuvent forcément avoir lieu que dans le "laboratoire" homme. L'expérience probante du phénomène divin ne peut se faire que par l'enregistrement de celui-ci dans la conscience humaine. Or, la science moderne expérimentale résiste à l'idée de prouver le phénomène divin en tant que présence propre à la conscience humaine, dans le for intérieur de l'homme. Pour l'instant, rien n'indique que la science expérimentale soit disposée à accepter cette évidence introspective.

Cependant, cette même science, dans le domaine de la connaissance sociale, admet comme valable la preuve statistique de la fréquence de nombreux phénomènes. Or, si tout phénomène observé présentant des répétitions fréquentes, dans un univers de preuve suffisamment vaste, doit être accepté comme prouvé, la fréquence du phénomène divin aussi fait preuve dans le phénomène de la conscience humaine.

Des milliards de perceptions introspectives du phénomène divin sont une preuve objective. Mille subjectivités de données statistiques forment un fait objectif prouvé.

En outre, la raison humaine s'avère capable de décrire le phénomène divin comme une antithèse du phénomène humain lui-même. Les attributs divins de perfection sont l'antithèse des attributs d'imperfection humaine. L'existence du référentiel antithétique chez l'être non divin suffirait à démontrer rationnellement l'existence des deux phénomènes, l'humain et le divin.

L'existence du phénomène humain soutient l'existence réelle du phénomène divin. L'expérience humaine, parce qu'elle est prouvée, prouve et éprouve le phénomène introspectif divin. Celui-ci est présent dans celui-là, il y est vérifiable par la connaissance intuitive de l'homme, une forme existentielle de connaître impossible à nier.

Grâce à cette connaissance intuitive de l'être humain, le phénomène divin coexiste avec le phénomène humain. L'intuition du divin est une expérience que l'intelligence ou la conscience humaine perçoit et vit, avec une présence plus ou moins grande en elle, pour affirmer ou douter. Mais il est toujours une expérience de réalité qu'on ne peut ignorer.

La présence du phénomène divin chez l'homme est manifeste en chaque état ou sens de certitude qui nous domine à certains moments, en alternance avec les états ou sentiments de doute caractéristiques, tous les deux propres au phénomène humain. La source de toutes les certitudes et les incertitudes de l'homme se trouve dans l'acceptation et le refus de l'idée de la finalité de l'existence de la vie humaine et universelle.

Telle est la donnée introspective humaine commune à nous tous, membres de notre espèce. Quand j'évoque l'état de certitude, je l'estime aussi universel que l'état de doute. Il ne s'agit pas de confondre l'état de certitude seulement avec celui de la seule foi en une certaine divinité. La manifestation du phénomène divin serait la capacité humaine de croire, en général, en toute pensée ou idée qui transcende le réel apparent dans le présent et le réel futur anticipé et prévu comme finalité possible et souhaitée.

Le phénomène humain possède le don des certitudes, pour passagères qu'elles soient, parce qu'en lui, chez l'homme, il y a le phénomène divin, source de ce don des certitudes. La certitude prend le caractère de foi et devient une partie constante de tout homme.

À ce point de cette méditation, soulevée par les essais de «Dialogos» , il faut élargir la discussion du phénomène divin.

Pourquoi le phénomène humain intuitionne le phénomène divin? La réponse serait trouvée dans la nature de ce dernier. Le phénomène divin se révèle sous une forme double: tantôt il transcende l'homme, tantôt il est immanent à l'action humaine; il est intuitionné à l'œuvre en dedans et en dehors de l'homme. Les deux façons d'intuitionner le phénomène divin configurent le phénomène. Tantôt l'homme intuitionne le phénomène divin comme quelque chose en dehors de lui et de l'Univers, tantôt l'homme intuitionne le phénomène divin à l'œuvre et à coexister, intrinsèque à l'univers naturel dont le phénomène humain fait partie.

L'expérience introspective a montré que l'homme, lorsqu'il est tourné, n'importe comment, vers le divin transcendant et hors de lui, il met en action le divin en lui. Quand un tel phénomène a lieu, l'action divine animée en lui offre des choix ou des possibilités alternatives d'action qui rejoignent la mémoire héritée et accumulée dans le passé biologique et social de chacun.

Cette façon double d'intuitionner le phénomène divin à l'œuvre a distingué les conceptions religieuses occidentales de tant d'autres orientales. Elle nous pousse à la discussion essentielle du phénomène divin. À mon sens, le phénomène divin détecté dans la conscience humaine est à la fois trancendant et immanent à l'Univers. Ce qui revient à dire qu'il existe parce qu'universellement.

Le phénomène divin ne se confond pas avec le phénomène humain et universel. Mais il agit indissolublement dans l'Univers, sans se fondre avec celui-ci. Son action féconde l'Univers et l'Être Humain.

"L'immanence divine concerne sa capacité" de... "d'exister en tant que force ou principe d'action"; c'est à dire, "d'exister dedans lui en tant qu'esprit, force ou principe d'action". Le concept d'immanence est utilisé pour décrire la façon dont le phénomène divin a lieu en nous, ou, d'une autre façon, s'identifie à notre monde, et "y influence le cours de l'Histoire." Citation faite par James C. Mills dans Transcendence, Immanence and Surrogacy, in the Ontological Hierarchy. The University of West Florida.

Le phénomène divin en action immanente serait particulièrement actif dans la "matière élue", soulignée par Teilhard, de l'Univers. Il animerait l'évolution dans le sens de la création progressive de l'esprit humain. Le don source de possibilités spiritielles chez chacun de nous, quand nous nous transportons pour un état de communication avec le phénomène dans son mode transcendantal.

Le phénomène divin transcendant répond à la nécessité de direction et de finalité évolutive peu perceptible à l'homme, en dehors et au delà de lui. C'est de là que vient l'exigence humaine de faire figurer, au sommet d'une hiérarchie de type humain, le sentiment ou l'émotion du phénomène divin dans chacun de nous. Une hiérarchie qui effectue l'intervention médiatrice entre le divin et l'Univers, entre le divin, l'homme et l'histoire humaine. La médiation par une hiérarchie admet la difficulté pour l'homme d'accéder directement au phénomène divin comme finalité. La conscience refuse cette médiation chaque fois que la prière directe et personnelle s'avère capable de mettre en action le phénomène divin en nous-mêmes, sans intercesseur.

Les religions animistes aussi ont recours à la médiation. Sauf que la médiation se fait via une symbologie souvent grossière, en conférant une transcendance divine aux symboles naturels choisis. Dieu les habite "en tant qu'esprit, force ou principe". L'animisme est souvent une manifestation primitive de la présence divine immanente dans le monde.

L'immanence pure est le propre sentiment révélateur du phénomène divin en une action configurée d'avance, sous forme d'intuition unique. L'immanence divine en nous permet la thèse évolutive, selon laquelle la création ou le renouvellement cosmique de toutes les formes de vie est sans cesse à l'œuvre, dans ce qu'on appelle processus de cosmogenèse, sans avoir eu un commencement et sans avoir une fin dans l'espace et le temps.

Commencement et fin, ce sont des démarcations situées dans le temps et l'espace comme des bornes. L'une de ces bornes, sujette aux discussions, c'est le nommé Big Bang. Toute discussion à propos de quand et comment a commencé notre Univers limite temps et espace, sans renfermer les totalités antérieure et postérieure aux bornes que nous avons signalées.

L'Univers ou les univers naissent et se renouvellent tous les jours dans le processus de la création continue.

Notre système planétaire est une unité systémique, dont l'évolution n'inclut pas, dans sa singularité, d'autres systèmes de la cosmogenèse vue dans sa totalité.

Ceci posé, on peut dire, sous forme de synthèse, que c'est l'action immanente divine dans le tout universel qui assure la continuité de la cosmogenèse et de l'évolution de la vie.

Comme notre système planétaire est un système singulier, il a en lui un locus avancé &emdash; l'homme &emdash; d'évolution de la vie, dans lequel s'est engendrée la conscience en tant que forme supérieure de l'action de l'immanence divine dans l'Univers, la spiritualité de la conscience capable de réfléchir et de se sentir hors de l'Univers, exigeant pour cela un foyer d'attraction, lui aussi hors de l'univers, le foyer du phénomène transcendant, à diriger et à assurer son évolution continue.

Ce point de rencontre de l'immanence et de la transcendance du phénomène divin, dans le phénomène humain, a lieu dans la conscience exigeant une finalité évolutive et une continuité de l'évolution de la cosmogenèse chez l'homme. Cette exigence mène à la perception de l'absurde existentiel de la discontinuité du phénomène humain, de la conscience individuelle et collective, dans un certain moment futur que la science prévoit comme inévitable, même si l'évolution de l'espèce peut continuer par des changements phylétiques et par la diversification en sous-espèces (évolution phynétique).

Le divin se révèle dans les opportunités qu'il donne sans cesse au phénomène humain individualisé pour être plus parfait. Il se révèle, en chaque découverte ou progrès de la science, lorsqu'il réduit les souffrances venues des causes naturelles; et, encore plus important, il apparaît dans le phénomène humain à chaque fois que l'on parvient à vaincre l'égoïsme naturel.

Dans le domaine de la vie sociale, le phénomène divin est très actif dans l'option entre la justice et l'amour, ou entre la justice et le pardon. L'action divine se résume en une norme: celle des nouvelles opportunités pour résoudre cette contradiction inhérente au phénomène humain. De nouvelles opportunités signifient le pardon divin, sous la forme de possibilités toujours ouvertes à l'effort humain. Les opportunités et les efforts signifient une évolution vers la conscience après la mort organique.

Telle est la meilleure raison pour croire que l'évolution continue après la mort physique; la conscience individuelle poursuit ses efforts et a de nouvelles opportunités de "se renouveler" en termes de formes possibles d'existence individuelle.

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MAL ET SOUFFRANCE DANS LE PHÉNOMÈNE DIVIN

 par Luiz Alberto Bahia

 La compatibilité du phénomène divin avec le mal/méchanceté et la souffrance/douleur se rèvele soutenable toutes les fois qu'elle atténue les situations possibles de méchanceté et de souffrance humaine, qu'elles soient le résultat d'une intention, d'une action ou d'une omission. Car, comme l'affirme Alfred North Whitehead (1861-1947), les quanta les plus simples &emdash; les formes d'énergie vitale les plus simples &emdash; possèdent le don de choix dans leur processus créatif. Le don de choix parmi les influences résultant de déterminations passées naturelles de chaque quantum et les possibilités futures d'innover lui sont données par l'action du phénomène divin universel.

Alan Anderson affirme: "Chaque expérience en développement possède en soi les expériences vécues précédemment et Dieu qui offre les possibilités parfaites de plénitude de vie; ceci parce que Dieu est partout (puisqu'il n'existe rien au delà de l'expérience et aucune expérience dont Dieu ne soit en partie)".

La compatibilité existerait aussi au cas où le phénomène se manifestait lointain, d'après certaines conceptions religieuses qui mettent l'accent sur le côté neutre, transcendantal et personnel de la divinité lorsqu'adviennent la méchanceté et la souffrance; celles-ci auraient lieu &emdash; et s'expliqueraient &emdash; sans la participation de la divinité.

Pour que le phénomène divin ne pêche pas par omission face au mal, étant ainsi de connivence avec les souffrances qui en découlent, il faut nier l'omission et affirmer l'existence de l'action du phénomène divin dans la mesure même où il offre des possibilités de choix, qui tendent à atténuer le mal/méchanceté et la souffrance/douleur, sans que pour autant ils disparaissent de notre existence sur la Terre.

Anderson propose une formule de "co-création: expérience passée + offre divine + choix = co-création".

Le mal et la souffrance ont une place dans la formule: qu'ils résultent aussi bien d'actions passées que des choix faits sans tenir compte, en tout ou en partie, des possibilités ouvertes en nous par l'action du phénomène divin.

Il semble clair que la formule suggère que tous les êtres dans l'Univers sont nouveaux à chaque moment. Ils se renouvellent et se recréent, pour eux il n'y a ni commencement ni fin, um processus continu et infini dont la compréhension est difficile pour la conscience humaine finie et limitée dans l'espace et le temps.

Le phénomène divin, en donnant le libre choix à l'homme, atténue les possibilités du mal et de la souffrance, chaque fois qu'il profite du don des possibilités divines.

L'affirmation ci-dessus soutient, avec rigueur, l'existence du don du libre arbitre, de la responsabilité de l'être dans les choix que fait l'homme quant au degré d'influence des déterminations naturelles et au degré d'influence de l'utilisation libre de ce qu'offre le phénomène divin. En même temps, il permet de croire que le phénomène divin peut coexister avec le mal/méchanceté et la souffrance/douleur qui en découlent.

Ce qui est dit ne se soutiendrait guère, si l'on admet l'hypothèse religieuse de l'étanchement de l'évolution dans l'esprit (ou l'âme), celle-ci limitée à la période très courte du temps d'une existence individuelle. Ils seraient absurdement restreints en nous les effets des possibilités qui encouragent le perfectionnement de l'esprit humain, du renouvellement de l'être vers le plus-être, de la victoire sur le mal et la souffrance causés par l'égoïsme naturel. Le temps d'une seule existence de chaque esprit sur la Terre, les enfants de l'évolution biologique en millions d'années ne pourraient jamais assurer la continuité de l'évolution spirituelle après la mort d'une seule existence.

Nombreuses sont les existences humaines nécessaires à l'utilisation des possibilités ouvertes à l'homme, par le phénomène divin, dans le choix du chemin évolutif spirituel qui défait lentement la relation, pas toujours évidente, entre mal/méchanceté et douleur/souffrance. En conclusion, les multiples opportunités d'existence renouvellent les possibilités de l'évolution continue dans la succession des vies, avec la prédominance, à un certain stade, de la liberté de choix, donnée à chaque instant par le phénomène divin qui agit en nous, sur le déterminisme biologique naturel.

Le phénomène divin se met en action en nous par des intercesseurs et par les prières: les anges, les saints, les guides. La parole de celui qui est doué de foi sonne elle aussi en lui en le mettant en action en nous. La manifestation de cette foi, chez certains, rend apparent et agissant le phénomène divin.

Une autre question concerne la manifestation apparente, pour certaines âmes évoluées seulement, d'un État de Grâce. La Grâce est, en l'occurrence, le fruit du mérite dans l'évolution, et ne constitue pas une décision divine arbitraire.

La proposition de compatibilisation, selon Chardin, qui exclut l'évolution spirituelle antérieure et postérieure dans des vies successives, se limite à l'évolution du phénomène humain comme une espèce biologique encore en un stade "en création", c'est à dire en état inachevé, en état d'imperfection. L'imperfection (mal et souffrance) serait compatible avec le divin sous le fondement que, par l'effort et l'amour, toute créature accéderait à l'union avec la perfection du Dieu transcendant, en n'ayant pourtant que l'opportunité d'une seule vie. En chaque créature, Dieu serait en train de donner l'opportunité de "plus-être", ne serait-ce que dans un délai très réduit d'une seule existence sur la planète.

Cette proposition ne gagne une certaine consistance que si elle est pensée dans la dimension de l'espèce humaine, si elle est pensée comme phénomène humain en tant que collectif &emdash; l'homme disposant des nombreuses opportunités données à d'innombrables générations, tout au long des siècles. Catholique fidèle, Chardin n'introduit pas, dans la question de la compatibilité avec le mal et avec la souffrance, l'évolution ou la création continue avant et après une vie personnelle.

En prenant comme point de départ la théorie de la cosmogenèse, de la création continue, de l'évolution de l'imparfait vers le parfait, il est possible de dire dialectiquement que la méchanceté contient en elle-même les possibilités données, mais hors d'usage, par la divinité pour évoluer dans le sens de la non-méchanceté, de l'imparfait vers le parfait, lesquels sont des concepts portant sur le niveau évolutif déjà atteint de conscience.

La faiblesse de la position de Chardin, c'est celle de tous les crédos qui barrent l'évolution de la conscience spirituelle au plafond de deux ou trois destinées (ciel, enfer et purgatoire), ou bien au plafond de l'évolution sans aucune finalité.

Il n'en va pas de même dans certains crédos non judéo-chrétiens; ils admettent la continuité de l'évolution spirituelle, tel qu'il s'est passé dans la matière, qui évolue vers des degrés de complexité de plus en plus sophistiqués.

Pourquoi l'évolution spirituelle ne continue-t-elle pas en processus de vies renouvelées et de multiples vies? En particulier, l'évolution éthique et spirituelle à travers les vies, à vaincre le mal et la souffrance?

La question de la compatibilité se complique face au mal/souffrance naturelle à la condition humaine, le mal qui advient de son héritage biologique et des imperfections de la planète où a surgi l'homme. L'héritage pourra être amélioré par le génie génétique, un jour dans l'avenir; la formation éthique et sociale peut et doit changer avec l'évolution des sociétés humaines. Mais il y a tant d'imperfections planétaires héritées dans leur histoire cosmique, ajoutées et agravées, sous certains aspects, par le mode imparfait des relations humaines avec la nature, que les violences malfaisantes de celles-ci ne peuvent être complètement corrigées. Elles peuvent être tout simplement atténuées, surtout quant à leurs effets; les maux persistent et les souffrantes sont très souvent ineffaçables dans la géographie des catastrophes, des ouragans, des tremblements de terre, etc. Il est impossible de vaincre la souffrance tant qu'elle résultera du vieillissement du corps, qui peut être retardé, mas qui ne sera jamais éternellement évité.

Les imperfections, sources des maux naturels, sont caractéristiques de notre milieu planétaire. Ce ne sont pas des imperfections originellement corrigibles; elle constituent un type de cosmos imparfait en processus de création, innovateur et inachevé.

Essentiellement parce que le phénomène divin coexiste avec le monde de l'espace et du temps, fini et pour cela imparfait. Le phénomène éprouve l'imperfection, engendre le plus parfait par le chemin évolutif. Dans la conscience morale de l'homme, l'imperfection éprouvée suppose la nécessité de l'effort évolutif vers la victoire sur l'égoïsme.

L'égoïsme révèle une capacité inférieure de s'efforcer pour être plus amoureux, pour être capable de dégager de la souffrance et de l'effort la victoire sur l'égoïsme, la victoire de l'altruisme.

Il est évident que le processus cosmique continu recèle le désir divin de dépasser le fini de l'espace-temps. Il faut pour cela voir dans le renouvellement continu la volonté ininterrompue du phénomène divin d'élargir l'univers spirituel dans un univers matériel. On peut même dire que le phénomène divin se renouvelle lui aussi, s'élargit et préserve en lui l'individualité de chaque âme en évolution.

En conclusion, la cosmogenèse permet d'établir que le mal/méchanceté manifeste toujours un état de création inachevé, et par conséquent imparfait, contenant le phénomène divin dirigé vers le parfait et l'achevé, concernant le niveau évolutif de conscience déjá atteint. Le mal est compatible avec le phénomène divin, lequel laisse clair, dans tous les crédos, la nécessité de la direction de l'effort vers la perfection. L'idée de l'évolution ne se conforme à aucune solution magique créant un monde sans mal ni souffrance. L'évolution signifie l'expansion quotidienne du phénomène divin dans l'humanité, chez les hommes et dans la société humaine.

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DOUBLES ET EGOS

par Luiz Alberto Bahia

 J'essaie d'aborder dans cette méditation la question fondamentale des existences continuées de l'esprit en différents corps et à différentes époques. Nul ne doit ignorer que, depuis longtemps, la conviction religieuse de plusieurs millions de personnes, dans tous les coins du monde, se soutient dans la certitude que nous sommes des esprits et des sujets individuels d'incarnations successives, non pas d'une seule.

Je partage cette certitude, sans cesse exposée, certes, aux assauts du doute, car elle constitue la seule source d'espoir capable de soutenir notre volonté d'agir et de plus-être face à l'absurde existentiel de la disparition de la conscience douée d'individualité et de personnalités. C'est le courant judéo-chrétien, plus influent en Occident, celui qui nie cette conviction assez universalisée.

Je me situe parmi les milliards d'êtres conscients qui affirment croire en la continuité de l'évolution de l'individualité caractéristique au phénomène humain, une évolution qui garde les naturalités et les personnalités variées et multiples de chaque individualité, toutes soumises nécessairement au processus de la cosmogenèse au niveau créateur de la conscience réflexive et créatrice, capable de sentir l'action divine, mais incapable de prouver son existence dans les limites étroites de l'expérimentalisme connu.

Quando je me réfère à l'esprit, je l'entends comme l'être qui possède une mémoire-synthèse d'existences, à partir du saut évolutif de la vie qui engendre une conscience centrée sur elle-même et capable de se sentir distincte de l'univers; un esprit ou une âme, par conséquent, est un centre porteur de mémoires variées et différentes, pour avoir vécu des vies différentes avec des corps distincts, depuis le moment évolutif où il a été éveillé dans le monde matériel.

L'esprit est, donc et toujours, le centre individuel dépositaire actif de deux ensembles de mémoires: celui formé de mémoires de la période de vie immédiatement antérieure à la mort, les mémoires concernant la dernière existence, correspondant à la personnalité la plus récente; et cet ensemble synthèse de mémoires qui se conserve dans chaque esprit à archiver les expériences d'incarnations vécues, depuis la première réflexion de chaque Moi distinct d'autres Moi et de l'Univers.

L'ensemble des mémoires qui vient juste avant chaque mort, c'est celui de la personnalité temporaire et transitoire du Moi. Il s'agit d'une mémoire additionnelle, qui s'associe aux mémoires synthétisées en chaque esprit, formées auparavant au cours d'autres existences.

L'esprit incarné est, donc, un "être" double; la réunion des mémoires personnelles dans le corps de chaque Moi, coexistant avec un autre "être" composé de mémoires "archivées" en lui.

Tant qu'il possède un corps, chaque esprit humain s'identifie avec l'ensemble des mémoires de sa personnalité incarnée. Il refuse l'idée de la perdre avant de se débarasser de sa condition humaine. Prédomine chez lui l'attachement à l'Ego de sa personnalité.

L'attachement à l'identité personnelle ou à la personnalité, c'est la cause principale de notre inconformité face à la fatalité de la mort matérielle; ce qui se passe même parmi les croyants en l'éternité de l'esprit, eux tous, sans distinction, plus ou moins attachés à l'identité qui sera rompue. Ceux aussi, qui lient l'éternité à la continuation d'incarnations, sont plutôt enclins à craindre se confronter à des ensembles de mémoires d'autres personnalités antérieures.

"Je ne vais pas mourir, j'existerai toujours, mais je ne serai plus Moi-même, celui dont la personnalité prévalait sur l'esprit naguère incorporé." L'inconformité, face à la mort, s'y installe, en dépit de la foi en la survie, car que nous allons survivre, mais nous ne serons plus le Moi-même décédé.

La conviction de l'éternité ne change pas la réaction inconformée de laisser d'être un Moi-même et devenir Autre-Moi. L'un peut être blamé critiquement par l'autre, peut-être l'origine du sentiment de péché chez tant de gens. Si l'esprit est éternel, le Moi-même est transitoire; seul l'esprit, dans sa mémoire-synthèse toujours croissante, est éternel.

Croyants et non-croyants n'échappent pas à la réaction plus ou moins grande à la disparition du Moi-même plus récent. Cet Ego aimé, en rapport avec d'autres Egos aimés, se défait inéluctablement.

N'est-ce pas la raison pour laquelle les théories éthiques et religieuses mettent en valeur la condamnation de l'égoïsme? Il cause et aggrave la souffrance face à la mort de l'Ego vivant.

Face à la disparition pénible de la personnalité Ego de chaque vie, la science se retrouve dans la nécessité de discuter la possibilité d'être arrivée aux limites de son évolution, que certains estiment infranchissables, dans les domaines de la cosmologie et de la physique des quanta.

La biologie possède encore des espaces d'évolution, mais limités certainement par la cloche finie de l'évolution de la vie humaine matérielle sur notre planète. Ces espaces ouvrent des chances d'évolution phylétique et phynétique (sous-espèces); de nouvelles possibilités non seulement de perfectionner, mais aussi de rendre plus puissants les patrimoines et les fonds génétiques. Du moins, tant que notre planète coexistera bien avec notre système solaire.

À moins que la science ne se propose enfin d'investiguer le champ d'une ultraphysique, en partant de l'admission scientifique de la possibilité réelle que nos individualités d'âmes soient liées au phénomène divin dans l'Univers; chez l'homme, l'évolution est arrivée au point de former un centre réflexif avancé et spirituel; chez l'homme, ce centre crée un être doué d'une individualité et de plusieurs personnalités vécues au cours d'incarnations successives. Pourquoi ne pas admettre la continuité de l'évolution au delà de la physique et de la biologie?

Dans l'ultraphysique, la création et l'évolution poursuivent dans la forme d'esprit, quelque chose de réel, d'existence prouvable, capable aussi d'évoluer et d'indiquer ainsi la continuité de l'évolution de la vie dans un stade de complexité d'un degré plus grand. Un être qui se situe dans l'axe de l'évolution du troisième infini pour une complexité toujours plus grande. Situé hors des limitations physiques et biologiques.

La grande question scientifique, proposée aujourd'hui à l'homme, c'est la découverte et la preuve de l'issue évolutive de l'homme, celle qui transcendera la mort individuelle, la mort sociale et la mort planétaire, toutes déjá bien anticipées.

Si cette issue n'est pas bien investiguée par la science, elle entrera dans une période de stérilité sans fin. Le désespoir à la place de l'espoir, qui ne renaîtra que dans la certitude de la continuité évolutive d'une individualité douée du pouvoir de réflexion, de vivre dans le passé, pour être mémoire, et de vivre aussi dans l'avenir, puisqu'elle l'anticipe en l'imaginant.

Pour rompre le cercle de fer qui limite l'évolution de la vie et de l'homme sur le plan de la matière &emdash; le cercle planétaire &emdash;, la science devra admettre l'évolution, au delà de la vie et de l'homme, sur le plan de la vie spirituelle, c'est à dire, l'évolution ayant continuité après que l'esprit a quitté le corps, il y retourne pour recharger en lui et à travers lui sa charge de spiritualité, jusqu'à atteindre le stade où il n'aura plus besoin de cette forme d'évolution.

L'évolution scientifique, durant un certain temps imprévisible, sur le plan purement matériel-expérimental, est et sera condamnée à chercher les probabilités d'évolution continue. Pour échapper aux limites du cercle fermé de la condition physique de l'évolution de la vie sur la planète Terre, la science devra arriver à la frontière de la spiritualité dans le dessein de prouver l'évolution hors de la physique du temps et de l'espace, en se servant de la marche évolutive du simples vers le complexe, ainsi que du potenciel de son phylum génétique.

Cet acte d'humilité et d'intelligence devient inévitable face aux impasses déjà vécues par la science et qui ne seront pas résolues, ni par l'intelligence créée par l'homme, ni par l'intelligence humaine biologiquement élargie.

Même si l'on admet l'augmentation du temps de chaque vie individuelle, conséquence des progrès scientifiques, même si l'on accepte l'élargissement de l'intelligence collective, résultat de l'intercommunication instantanée dans le réseau, même si la science est capable de créer une nouvelle espèce, quelque chose comme un autre homme, il restera la limitation triple du temps de vie individuelle par force de la loi naturelle de l'entropie, et du temps de vie organique sur la planète et du propre temps de vie du système solaire.

Nous insistons ici sur un point traité ci-dessus: les deux limitations qui ferment l'espace et le temps de notre vie matérielle. Cette vie étant essentiellement circonscrite dans le fini spacial et temporel, il est donc certain de conclure que la vie temporelle de la matière sera forcément circulaire et fermée sur elle-même, tant individuelle que collective. L'issue évolutive, à être sanctionnée par la science, surmontant les préjugés qui excluent l'introspection spirituelle, signale la preuve courageuse et lucide de l'esprit.

Cette preuve ne viendra pas de la création de l'intelligence artificielle; elle existe déjà, mais aucune de ses formes ne résoud l'angoisse existentielle de la personnalité soumise à la mort de son Moi, limité ao temps d'une existence.

L'intelligence artificielle démontre, plus que tout, la créativité humaine appliquée visant à découvrir des formes de conscience distinctes de l'humaine. Mais, sans la découverte de l'esprit, la science ne délivrera pas l'homme de la condition de se sentir dehors et dedans l'univers, origine de la douleur existentielle de la séparation et de l'isolement de l'Ego, cause première de toutes les autres formes de souffrance.

Cette conscience de séparation détermine la nécessité existentielle de l'amour, dont la vertu singulière se trouve dans la capacité d'unir, d'être capable d'unir, surmontant à différents degrés et formes la douleur causée par la conscience de l'existence à part et autodéterminée, c'est à dire, avec un destin distinct de l'avenir de l'univers environnant.

Nous insistons: dans les progrès de la science, l'on témoigne du fait que l'homme est aussi un créateur, tout en étant une créature de sa propre espèce. Il est si créateur qu'il sera capable de créer de nouvelles espèces dans les laboratoires, voire de les propager socialement. Sa capacité scientifique de créer n'ouvre pourtant pas son univers temporel circonscrit. La créature s'avère être limitée du point de vue créatif et ne sera pas capable d'anticiper la continuité de l'évolution de la vie intelligente si elle n'admet ni n'exploite, au delà des limites citées ci-dessus, une forme de matière élue ou d'énergie élue, dont la vertu dépasse la loi de l'entropie. Il s'agit d'une forme d'âme, qui s'individualise chez l'homme en une âme avec personnalité, et qui ne se s'égare pas, parce qu'elle est élue, spéciale, quand elle se détache de son chargeur, de sa batterie corporelle.

L'esprit, coexistant avec l'action du phénomène divin, reste, grâce à celle-ci, doué de vie hors de son chargeur corporel. Il persiste, ainsi, et assure donc la continuité sur un autre plan d'existence, où la mémoire-synthèse de l'esprit se préserve.

Nous concluons affirmant que l'évolution de la vie ne s'éteint pas dans ses formes physico-organiques renouvelées. L'évolution postorganique dépasse la limitation circulaire, décrite un peu plus loin ci-dessus, qui entoure et emprisonne toutes les autres formes de matière.

Voilà pourquoi il faut que, outre la physique et la biologie, se développe la science de l'âme, celle qui étudie la continuité de l'évolution de la vie dans sa forme la plus complexe et, au premier abord, transcendante.

De même, la conscience de l'absurde se manifeste face à l'hypothèse de congélation de l'évolution dans les propositions religieuses de paralysies évolutives dans le ciel et l'enfer, des situations non évolutives de l'âme humaine.

Ce que l'on propose ici, c'est la nécessité de retrouver le fil de la continuité de l'évolution dans sa forme animée de conscience individuelle, après la mort de l'homme et de la planète Terre. C'est à dire, l'évolution de l'individualité après le long processus évolutif de la vie sur la planète. Si elle se découvre finie, l'absurde contredit le phénomène divin créateur, parce que celui-ci est incapable d'assurer une direction évolutive continue vers la conscience ou le phénomène humain.

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TROISIÈME INFINI SPIRITUEL

 par Luiz Alberto Bahia

La discussion sur l'univers fermé ou ouvert est hautement spéculative et vouée à des incertitudes non conclusives. Je ne me sens pas en mesure d'offrir une suggestion valable à propos des doutes qui assaillent les astrophysiciens . Rien ne m'empêche pourtant de faire quelques méditations sur un thème astrophysique aux répercussions philosophiques décisives concernant le destin de la vie consciente.

Je propose ma préférence pour les univers en évolution, en renouvellement permanent: à chaque instant, les univers se recréent nouveaux; le nôtre n'est pas singulier... Le fait qu'ils soient aujourd'hui si inaccessibles à la cosmophysique n'élimine pas la probabilité qu'il existe d'autres univers, en plus du nôtre.

Les partisans de l'unicité de notre univers sont cosmocentriques, comme le furent autrefois les partisans du géocentrisme et de l'héliocentrisme, tous tendant à l'anthropocentrisme. L'homme au centre d'un univers unique.

Ma préférence pour notre univers physique ouvert aurait le mérite de fuir l'hypothèse inacceptable, pour moi, d'un reflux de l'univers sur lui-même, qui se recentrerait, lui, à anticipier peut-être un nouveau Big Bang, ou bien, peut-être, un processus de rétrécissements suivis d'expansions.

Le phénomène divin dans les univers ouvre la possibilité évolutive de créer et de développer, en eux, l'esprit ou l'âme, tout en continuant le renouvellement évolutif naturel, physique et astronomique.

L'univers spirituel, engendré dans le physique, et évoluant près de celui-ci, possède la singularité d'avoir une direction, parce qu'il est asymétrique. Il n'est pas voué à rétrécir. L'univers des consciences spirituelles possède une direction convergente d'union des esprits fécondés par l'action du phénomène divin. Tout cela porte à croire que l'univers spirituel est un processus évolutif vital contenant la capacité de devenir indépendant d'expansions ou de concentrations physiques.

Un processus qui forme, autour de l'axe d'évolution, un troisième infini de vie consciente; dans ce processus, l'évolution réalise un nouveau saut en créant la nouvelle espèce: la spirituelle. D'abord, une espèce dépendante de la nature matérielle; puis, indépendante d'elle. Un processus obéissant en tout à la règle évolutive, qui suit l'axe du plus simples au plus complexe, la même qui a opéré, sur la Terre, l'évolution vers l'homme doué d'une conscience complexe, qui anticipe la continuité de l'évolution dans la vie spirituelle. L'évolution dans l'axe de la complexité, qui atteint chez l'homme le seuil de la caractéristique qu'il soit, lui, une créature créatrice.

Autrement dit, l'univers matériel, doué de "matière élue", devient plus puissant et plus complexe; il arrive, à un certain moment, à faire le saut qualitatif de la condition de la matière-spiritualisée ou élue vers la condition d'esprit, peu importe si cet esprit récemment créé manque d'incarnations humaines pour être em mesure d'évoluer exclusivement dans l'axe du troisième infini.

À la lumière de la conception du troisième infini de plus grande complexité, lieu axial propre à l'évolution spirituelle, indépendant de la rénovation cosmique dans l'univers, la discussion sur univers physique fermé et ouvert perd son importance.

Nous comprendrons mieux l'importance du troisième infini, dans l'axe de l'évolution spirituelle, si nous croyons que l'évolution sur notre planète semble s'épuiser dans les limites du cerveau humain. Si nous admettons que l'univers matériel aussi pourra tarir, chez l'homme futur, son évolution de la simplicité vers la complexité, il nous reste la conviction que l'évolution restera dans un univers spirituel, dans des esprits qui ne manqueraient plus de nouvelles incarnations.

Dans la formulation de cette conception sur l'axe du troisième infini évolutif vers la complexité et la spiritualité, il est déjà temps de répéter que je suppose toujours la participation du phénomène divin dans le processus évolutif, à signaler des possibilités d'action, dans le sens d'un univers au delà du physique.

Telle est la proposition évolutive d'un axe vital de complexité spirituelle croissante et simultanée à l'univers physique, ouvert ou fermé. Une évolution qui ne rétroagit ni ne se répète; qui est pleine de processus vitaux irréversibles, à témoigner de la création permanente.

Dans ma pensée, les influences dominantes sont celles orientales et kardecistes, quant à la fonction évolutive des incarnations spirituelles successives; chardinistes, quant à la direction donnée par le phénomène divin évolutif, dans la traversée de la psiché humaine, vers l'esprit, vers un foyer de convergence spirituelle.

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