refering page 

Le texte que M. Antony FERNANDO a fait traduire en français appellerait un certain nombre de corrections. Nous y procèderons progressivement en indiquant le texte revu en caractères gras, préférant livrer l'ensemble sans tarder au lecteur qui ne manquera pas, nous en sommes sûrs, d'apprécier l'effort fait par l'auteur et son traducteur qui ont réalisé un travail très méritoire.

La référence au texte anglais est toujours recommandée.

 

LES CHEMINS CHRÉTIENS

DE LA

MATURITÉ

 

Comment être chrétien de façon adulte

dans le monde d'aujourd'hui

aux traditions multi-religieuses

et aux inclinations séculières

 

 

Antony Fernando

 

Third Edition Inter-cultural Book Promoters,

Sri Lanka

 

 CHRISTIAN PATH

TO MENTAL MATURITY 

Published: Feb.1998

Revised edition: July 1999

Third edition: April 2000

All rights reserved

(C) by the author

 

Typesetting : Inter-cultural Research Centre,

 With permission to

Foundation Teilhard de Chardin in the Netherlands

for publication on worldwide web

 

Sommaire

Part I. Religion: La clarification nécessaire

1. Religion: Ambiguité du mot

2. Religions d'aujourd'hui: Leurs formes clanique et adulte

3. Comprendre la religion de façon adulte

 Part II. L'Ancien Testament: La croyance en Dieu comme projet de vie

4. Les Livres de l'Ancien Testament (La Bible Hébraïque)

5. La Croyance en Dieu dans l'Ancien Testament: Une Attitude éclairée envers la Vie

Part III. Le Message du Nouveau Testament

6. Les Écrits des Chrétiens: Le Nouveau Testament

7. Jesus: L'Universality de son Message

8. La Religion selon Jesus

9. La Religion selon Paul

Part IV. Le Christianisme aujourd'hui

10. Les Diverses Formes de Christianisme

11. Les Doctrines chrétiennes

12. Les Rites et Celebrations

Part V. La Chrétienté: une Façon de Vivre

 

13. La Vision d'un Meilleur Soi-même

14. Une Attitude Adulte de Vie

15. La Mission du Christianisme aujourd'hui


 

1ère partie. La religion : la clarification nécessaire.

Chapitre un

 LA RELIGION: L'AMBIGUITÉ DU MOT

 Il fut un temps où la religion n'intéressait que ses propres fidèles, si on parlait de religion, ce n'était que parmi ceux-ci. Les fidèles d'une religion ne s'intéressaient pas aux'autres religions. L'Hindouisme ne disait rien aux musulmans, ni le Bouddhisme aux chrétiens. Cela est encore vrai aujourd'hui, une religion n'est intéressante que pour ses propres dévôts.

Ecrire pour les seuls fidèles d'une religion est aisé. Le besoin de définir le mot "religion", ou éclairer sa signification véritable, ne les effleure même pas. Pour les fidèles, il n'y a qu'une seule et vraie religion au monde, celle à laquelle ils se réfèrent. C'est "notre religion", il n' y a rien de vrai ni de bon en dehors d'elle.

Dans le monde actuel , nous sommes témoins d'une deuxième attitude qui est beaucoup plus ouverte. De plus en plus de gens deviennent intéressés par des religions autres que la leur, et nous observons cela particulièrement dans les écoles et les universités, où nous rencontrons des jeunes qui étudient les religions qu'ils ne suivent pas nécessairement. La presse et les autres médias sont conscients de l'intérêt des publics modernes pour les religions, et cela explique qu'ils relatent tellement sur les matières de religion.

L'étude des autres religions n'est pas chose aisée, et tôt ou tard, la plupart des étudiants réalisent qu'ils ne savent pas comprendre les religions individuellement, en profondeur, et avoir une compréhension correcte de ce que signifie la "religion" en général. Cette difficulté est compréhensible: une personne qui ne connaît pas la signification du mot "oiseau", aura des difficultés à comprendre la différence entre un pigeon, un moineau ou un perroquet. De même, une personne qui ne sait pas ce que veut dire "religion", aura des difficultés à saisir " Hindouisme, Bouddhisme, Christianisme, Islam." C'est pour cette raison qu'un livre sur la religion destiné à d'autres qu'à ses propres fidèles est obligé de commencer en cherchant le sens du mot "religion".

Il y a une autre raison, pour laquelle dans un livre sur la religion, la clarification du mot "religion" est nécessaire, car il y a trop de conflits dans la société et dans l'esprit des individus dont

l'origine se trouve dans la religion, et les conflits sont si nombreux que beaucoup se demandent si la religion est aussi bonne et utile pour les humains qu'on le prétend. Quelques exemples à ce sujet:

1) querelles entre le religions ; il existe un grand nombre d'églises établies aujourd'hui, toutes prêchent l'amour et la tolérance, mais elles se regardent en chiens de faïence, et il y a de plus en plus de querelles entre les gens de religions différentes.

2) le problèmes des divisions d'une même église: les querelles existent aussi à l'intérieur des religions. Chaque grande religion est divisée elle-même en "dénominations ", "sectes" et il y a peu d'accords entre elles en ce qui concerne les croyances et pratiques, et dans le partage avec les autres, il y a plus d'inimitié que de respect mutuel.

3) la proclamation de la supériorité: chaque religion établie se proclame supérieure à celle des autres, et dans chacune, chaque division le fera aussi; si un groupe seulement le faisait ainsi, ce serait logique, mais chaque groupe proclame sa supériorité sur les autres.La conviction "nous sommes au-dessus des autres" prime!

4)désaccord entre religion et science: une guerre psychologique existe entre la religion et la science, les scientifiques considèrent les religions comme illogiques, et la religion traite la science comme un opposant, et pour cetyte raison, beaucoup de gens quittent les religions et leurs institutions et bien peu y adhèrent.

5) querelles avec les systèmes socio-philosophiques: il y a des querelles constantes entre les institutions religieuses et les philosophies socio-politiques. Les religions ont été limitées, voire bannies dans des zones aux philosophies telles que le marxisme.

Dans les milieux sociologiques et philosophiques, beaucoup pensent que les religions sont plutôt un handicap qu'une aide dans l'unité et le progrès de l'humanité.

6) les problèmes de conscience des fidèles : il y a aussi le cas de fidèles qui ont de sérieux problèmes avec leur propre religion; ils sont incapables de reconcilier ce que prescrit leur religion comme étant bon ou mauvais, et ce que leur conscience leur dit.

Dans de pareilles situations, il n'est guère surprenant que les gens se demandent : est-ce que la religion qui est derrière ces conflits est-elle la même que celle qui dit rendre les gens heureux, sublimes, voire divins? D'autres questions sont aussi pertinentes: " la religion est-elle là pour unifier l'humanité ou la diviser? La religion éclaire-t-elle les individus, ou les aveugle-t-elle? Il n'y a qu'une seule réponse possible: il y a une ambiguité dans le mot "religion" tel qu'il est employé aujourd'hui. La religion doit avoir d'autres dimensions ou des sens totalement différents.

Il est consolant de savoir que de nombreux étudiants en religion sont conscients de cette ambiguïté et y cherchent de solutions. Selon certains, la meilleur solution d"évacuer" le mot tous ensemble est d'avoir des discussions sur la religion; d'autres tels que Wilfred Cantwell Smith dit dans son livre "la signification et la fin de la religion":

que si le mot religion a plusieurs sens, qui pourraient mieux être compris, c'est dû en partie au fait de son ambiguité et en partie à ses significations traditionnelles sur la vision qui sont illégitimes"

La solution d'évacuer le mot ne fonctionne pas aujourd'hui mais la proposition drastique de cette proposition ferait réaliser la confusion et la non-compréhension que ce mot provoque. Cette suggestion suffit à montrer suffisament pourquoi un prélude est indispensable dans l'étude de la religion et même dans une exposé sur le Christianisme. C'est pourquoi les trois premiers chapitres de ce livre sont séparés pour une analyse de la notion de religion et plus particulièrement à la recherche de la source de son ambiguité.

1. LES DEUX USAGES DU MOT

 La nouvelle vision que je tiens à monter ici comme solution au problème de l'ambiguité est une idée toute simple: ce que je tiens à monter que la "religion" ne sait pas être comprise d'une façon double. Avec chaque interprétation, cela devient une réalité distincte avec son propre but. L'ambiguité provient du fait que deux réalités ne se distinguent pas nettement quand on utilise le mot "religion".

 La religion native

Des deux façons de comprendre la religion, celle dont les frontières sont les plus faciles à délimiter, et dont on parle plus le facilement apparaît au travers du dialogue suivant, extrait d'un cours de sociologie religieuse et montrant un enseignant et son élève dans une école française.

 Catherine quelle est ta nationalité ?

Ma nationalité est française

Catherine quelle est ta religion ?

Ma religion est le christianisme

 

Catherine, quelle aurait été ta nationalité si tu étais née auTibet?

Si j'étais née au Tibet, ma nationalité aurait été tibétaine

Quelle aurait été ta religion si tu étais née au Tibet ?

Ma religion aurait été vraisemblablement le Bouddhisme

 

Cathérine quelle aurait été ta nationalité si tu étais née en Arabie Saoudite ?

Si j'étais née en Arabie Saoudite, j'aurais été Saoudienne.

Quelle aurait été ta religion, si tu étais née en Arabie Saoudite?

Ma religion aurait été l'Islam.

 

Catherine quelle aurait été ta nationalité si tu étais née aux Indes ?

Ma nationalité aurait été indienne.

Quelle aurait été ta religion si tu étais née aux Indes ?

Ma religion aurait été l'Hindouisme.

 Et ainsi, Catherine n'est-ce par hasard que tu es chrétienne et française? N'est-ce pas de cettea même façon que les gens aquièrent leur nationalité et leur religion ? Si les choses sont ainsi, n'est-ce pas que cela implique que eux, qui comme les Français défendent la suprématie du Christianisme auraient défendu la suprématie d'une autre religion s'ils étaient nés ailleurs ? Ne devrions-nous pas réexaminer notre attitude habituelle vis à vis de la nationalité et de la religion, que ce soit la nôtre ou celle des autres ??

Ce dialogue a certes un côté heurtant, car son auteur semble avoir voulu marteler ses étudiants avec une vérité que beaucoup d'entre nous préfèreraient voir enterrée profondément. Il n'est pas aisé de montrer de l'honnêteté et de l'humilité pour regarder sans crainte les racines de notre affiliation religieuse. Il est un fait que la religion à laquelle nous appartenons, et dont nous sommes fiers et hissons sur le pavois comme étant la meilleure au monde, est quelque chose que chacun d'entre nous a reçu accidentellement tout comme la couleur de sa peau.

Si je suis catholique, hindou, bouddhiste ou musulman, c'est uniquement parce que mes parents le sont. Je n'ai pas choisi ma religion librement et en conscience, et avant d'en être membre, je n'ai eu aucun examen à passer, je n'ai pas pesé le contre et le contre à son sujet, simplement je suis né dedans. La forme de religion "né dedans" est ce dont les gens parlent fièrement en disant "notre religion" et veulent l'établir dans le monde entier comme la seule et vraie religion.

Il est aussi important de noter que la religion n'est pas aquise par sa propre naissance, mais par celle des parents, la religion des parents étant celle des ancêtres, et est donc héritée d'un clan. Un clan peut être une race avec des ancêtres communs ou une nation avec une habitation commune. Chaque clan a sa propre religion comme il a son propre langage, et de même qu' un langage commun, une religion commune aide les membres d'une race à comprendre les autres membres et à agir ensemble à l'unisson.

La religion héritée a certes un côté réconfortant, car ses membres se sentent les membres d'un clan ou d'une grande famille. Par la religion, ils comprennent qu'ils ne sont pas des individus isolés, mais une partie intégrale d'une communauté intrinsèquement unie. Les membres s'entraident et partagent joies et peines, les chefs voyant les besoins des sujets.

Le sens d'appartenir des êtres humains est à mettre en parallèle avec les animaux qui appartiennent à un troupeau ou une meute. L'instinct clanique des êtres humains et l'esprit de troupeau des animaux a beaucoup de choses en commun. Dérivant de l'instinct plutôt que de la raison, tous deux agissent à niveau sub-conscient, et tous deux sont basés sur le sens d'appartenir à un groupe, et engendrent le sentiment de l'identité du groupe et la sécurité de ce groupe.

 La religion de découverte

 La religion héritée néanmoins n'est pas la seule chose à laquelle le mot "religion" est appliqué aujourd'hui, il y a un autre sens à ce mot: on entre en religion uniquement quand on est assez mûr pour chercher le sens de la vie et regarder comment parvenir à sa plénitude. Les grands fondateurs des religions étaient concernés principalement par cette forme adulte de religion. La religion telle qu'ils la comprenaient, en appelait à la réflexion, au jugement et à la décision. Ce que cela signifie devient clair si nous jetons un oeil sur la vie et des enseignements de Bouddha et de Jésus.

Siddharta Gautama, qui devint éventuellement un Bouddha, commenca à l'âge de 29 ans à chercher la religion qu'il désirait pour lui-même, comme il ne la trouva pas dans des écoles d'ascétisme et de méditation, il la chercha en lui-même, et la trouva à l'âge de 35 ans. Il rappela ce moment de découverte "éveil" ou "illumination" car c'est à ce momemnt-là que son esprit se réveilla à la réalité de la vie et avec celle le chemin qui mène au vrai bonheur.

Après cela, le Bouddha ( l'éveillé) prêcha cette religion de l'"éveil de l'esprit" autour de lui. Sa mission était d'éveiller les gens de l'état de dormance de leurs esprits. La religion était une matière d'éveil de l'esprit et ainsi la religion vraie n'est pas celle dont on hérite par naissance.

Jésus de Nazareth ne pratiqua, ni ne prêcha ce que nous avons appelé plus haut le type de religion "né avec", il se référa à cette forme de religion comme étant celle par laquelle, une personne "re-naît". Quand Nicodème vint trouver Jésus, pour trouver par lui le chemin du Royaume de Dieu,, Jésus le voulut "re-né", et prenant ce mot à la lettre, Nicodème s'enquit: " mais comment est-ce possible pour un homme d'être "re-né" quand il est vieux? peut-il retourner dans le ventre de sa mère une deuxième fois et naître?" La réponse de Jésus, qui était d'une nature poétique, éclaire ce que nous devons comprendre par une religion de la forme " réveillé pour" ou "re-né pour". Jésus dit: "la chair ne peut donner naissance qu'à la chair, c'est l'Esprit qui donne naissance à l'esprit".(Jn 3:1-8)

 II. LES POINTS DE VUES DE SAGES

 L'argument que nous avons donné ci-dessus pour montrer que "religion" est un mot ayant deux connotations spécifiques est très simple, et est basé sur le sens commun., mais la lumière apportée ainsi sur une problème complexe signifie beaucoup plus.

Pris dans un sens, la religion se réfère à une association, à un ensemble de croyances et de pratiques que ses adeptes suivent, et dans l'autre sens, la religion est une matière personnelle et se réfère à l'illumination du comportement d'une personne mentalement adulte.

Pour voir plus clairement cette double compréhension, nous allons voir les recherches menées par des chercheurs occidentaux sur la religion. Depuis longtemps, des maîtres ont essayé de résoudre les problèmes au sujet de cette réalité appelée "religion", parmi ceux-ci il en est deux qui au travers des perspectives indépendantes ont quelque chose de puissant au sujet qui nous préoccupe, à savoir les deux formes de religion.

Emile Durkheim

Un éminent sociologue des religions est Emile Durckheim(1858-1917) qui écrivit un livre initulé "Les formes élémentaires de la vie religieuse" qui défendait l'idée selon laquelle la religion était un élément constituif du comportement de la vie de communautés claniques. Selon lui, les religions sont là pour assurer l'unité et la solidarité de communautés claniques, mais il n'utilisa pas le terme "clan" en tant que tel, mais comme la communauté qu'il impliquait, le terme "société" correspondait parfaitement. Il n'employait pas le terme de société dans le sens de la famille humaine universelle.

Une idée typique de la pensée sociologique qui habitait Durkheim est que la religion n'est rien de plus que ce qui est contenu dans le concept du clan-communauté. S'il arriva à cette conclusion, c'est parce qu'il vit plus dans la structure du clan-communauté, comme on le fait généralement, qu' un clan n'était pas qu'une agglomération d'individus, mais de plus, ses membres sont inter-reliés et le sens d'affinité que cela amenait, transformait la communauté en un corps moral ou en une unité corporale. De cette façon, c'était un seul corps animé d'un seul esprit., et pour désigner le corps moral, il utilisa le terme judéo-chrétien d'"église".

Pour lui, la religion n'était qu'une "église" ou une association dans laquelle les membres avaient le sentiment d'être unis , inséparables. Le code de croyances et de pratiques que contenait l"église" n'avait d'autre but que de garder le groupe-communauté lié les uns aux autres, et de lui donner une identité propre. Il insista sur le clan-communauté pour expliquer la croyance en Dieu comme étant une création de la soumission individuelle à la communauté.

" en fait, nous pouvons dire que le croyant n'est pas déçu quand il croit à l'existence d'un pouvoir moral au-dessus de lui dont il dépend, et duquel il reçoit le meilleur pour lui, ce pouvoir existe, c'est la société."

 " d'une façon générale, on ne sait pas s'interroger sur le fait qu'une société possède ce qu'il faut pour faire naître la sensation du divin dans les esprits et le pouvoir qu'il a sur lui. Pour ses membres, c'est ce que Dieu est pour ses adorateurs."

 L'idée que Durkheim se fait de Dieu peut être vue comme celle qui est ou n'est pas d'importance pour nous, mais nous ne pouvons ignorer l'idée que la religion est un élément intégral de la vie du clan-communauté; car le clan et la religion sont inséparablement liés, et l'appartenance d'une religion est transmise par les parents tout comme le membership d'une communauté.

Cette idée peut aussi servir à comprendre la façon parfois fanatique que beaucoup de gens ont en matière de religion en ce qui concerne leurs croyances et pratiques, et selon Durkheim, en matière de religion, les individus agissent plus aux dictats de la conscience clanique que suivant leur conscience personnelle, et elle ne peut être ignorée par des enseignants ou des analystes en religion.

C'est dommage que Durkheim ne parla que d'une seule forme de religion, celle de "né avec", il survola complètement celle de "re-né pour" ou "réveillé-pour", mais pour comprendre les problèmes et complications de la religion dans notre société, la vue de Durkheim sur le clan-groupe et sur le comportement religieux des individus, est plus que valable.

 Rudolf Otto

 Une autre autorité dont les vues sont fondamentales pour une compréhension plus profonde de cette question, est Rudolf Otto (1869-1936). Celui-ci parla de l'autre forme de religion: selon son livre "l'idée du saint", la religion est ancrée non selon un lien individuel avec le clan, mais selon la conscientisation du "sacré" qui dans le coeur de chacun. Le sens du Sacré est l'expression naturelle du sentiment concret de l"état de créature", que chaque être humain a fait l'expérience.

Etant intéressé par les systèmes religieux hindou-bouddhistes des Indes - pour lesquels l'idée d'un Dieu personnel n'est pas considéré comme indispensable au sens surnaturel comme dans la religion judéo-chrétienne, Rudolf Otto s'abstint de décrire la source de la religion comme "conscience de Dieu", et il s' y réfère longuement en l'appelant "conscience numineuse", "numineux étant synonyme de "vie plus élevée". Selon lui, la conscience du "Sacré" est à la base de toute religion;

"Il n'y a pas de religion dans laquelle ne vive que le vrai noyau interne, et sans cela, aucune religion ne pourrait s'appeler ainsi."

Pour Rudolf Otto, la religion n'est comme pour Durkheim une sorte d'"église", mais une forme de spiritualité, qui représente l'état de maturité qu'un individu cherche à atteindre; le début du stade de maturité est une vision d'une vie plus élevée que l'on apperçoit au travers de sa propre expérience de vie. Rudolf Otto, tout comme Durkheim, se limite à un seul sens du mot religion, il le prit dans le sens " la religion de re-naissance" ou "religion de l'éveil", et il n'y pas meilleur exposé scientifique que celui de Rudolf Otto.

III. SOURCES DE CONFUSION

 Il est évident que la différence d'interprétation de ces deux maîtres est énorme: pour Durkheim, la religion n'est qu'une matière clanique et sert à conserver l'affinité entre ses membres, tous les aspects de la religion, tels que croyances, rites, fêtes, pélerinages n'ont d'autres buts que que de faire penser à l'unisson les membres du clan, et agiront ainsi comme des communautés uni-raciales ou quasi.

Le dialogue entre l'élève et le maître corrobore entièrement cette vue de la religion. Pour les Français, les Tibétains, les Saoudiens et les Indiens, le fait d'avoir des religions différentes est tout à fait normal.

Par contre pour Rudolf Otto, la religion est une matière strictement personnelle, car c'est ce qui aide une personne à atteindre la plus haute stature comme être humain. La différence entre "sacré" et "numineux" si personnelle à son niveau divin, est la même dans toutes les races.

Mais le fond du problème est qu'aussi légtimes que ces deux points de vue puissent être, le mot religion peut désigner les deux. Le mot que ces maîtres cherchent à définir, est équivoque.

Une religion agissant pour le bien-être d'un seul clan et une autre agisant dans celui de l'humanité, ne peuvent être identiques. La religion de soumission aux demandes d'un clan, et la religion comme soumission aux lois universelles qui rendent les gens complètement humains, ne sauraient être les mêmes. Ce qui encore plus dérangeant, est la question suivante:" comment deux grands maîtres ont-ils pu donner des sens si différents au mot "religion"?" Ce qui pose des problèmes à ceux qui lisent les deux auteurs "qui donc est encore à blâmer si un peuple engage la guerre et d'une autre façon s'engage dans des activités qui font la promotion de la paix et de l'harmonie? Il est hors de doute que la plupart des conflits entre individus et ceux à l'intérieur des individus, sont dus au manque de précision vis de la façon dont le mot "religion" est compris.

La "religion de l'éveil" est d'après Rudolf Otto est la religion personnelle, signifiant le développement intérieur de chaque individu de la race humaine, en donnant à l'individu une vision de ce qu'est vivre et mourir correctement et c'est pour cela que nous l'appelerons " la religion de Vision de la Vie"; la Vie n'est pas que physique, mais aussi celle au-dessus du physique càd la Vie dans sa plénitude. On pourrait même l'appeler "religion adulte", car elle rend les gens mentalement adultes.

En eux-mêmes, les mots ont peu d'importance, car un lecteur bouddhiste ayant lu la 1°édition suggéra d'employer les mots " éclairant l'esprit" au lieu de "vision de la Vie" qui ferait ressorit la différence avec "clanique". Si vous avez les suggestions, nous sommes à votre écoute...

Quelle que soit la terminologie employée, il n'y a nul doute que nous ne serons jamais capables de surmonter l'ambiguité du mot "religion", le manque de précision à cet égard,est lié à la façon dont nous regardons notre propre religion et même la façon de l'enseigner et de la propager. Nous ne pouvons en effet pas ignorer que les religions d'aujourd'hui peuvent s'exprimer dans le forme adulte et clanique ensemble.

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1. Wilfred Cantwelle

2. Emile Durkheim

3. ibid

4. ibid

5. Rudolf Otto

6. ibid

7. ibid

 <Sommaire>

Chapitre deux

LES RELIGIONS AUJOURD'HUI: LEURS FORMES CLANIQUE ET ADULTE

 La conclusion à tirer de ce qui a été dit au chapître précédent est clair, "religion " est un mot commun à deux réalités distinctes qui correspondent chacune à une réalité bien précise. La religion clanique sert une communauté clan et sa fonction essentielle est d'assurrer l'unité et le bien-être de la communauté; alors que la religion adulte (ou de vision de la Vie) est destinée à l'humanité toute entière et son but principal étant de rendre les individus suffisament matures afin qu'ils soient capables d'agir correctement et d'une façon responsable d'eux mêmes.

Le fait que les deux réalités soient distinctes ne sous-entend pas qu'elles agissent isolées, sans relation l'une avec l'autre., car en général,on les voit opérer de l'intérieur de la même tradition religieuse. Leur mode opératoire est tel qu'elles ont le pouvoir de créer deux versions d'une et même religion. Si nous prenons l'exemple du christianisme, nous pouvons dire qu'il peut y avoir un christianisme de forme clan protectif et un christianisme dans la forme Vision de la Vie.

Une deuxième opportunité que leur mode opératoire offre, permet aux gens de suivre une religion, avec soit le mentalité protectrice du clan, soit avec une mentalité adulte. Tout ceci est pour affirmer que la distinction clan-adulte telle que nous la montrons ici est plus imbriquée qu'il n'apparaît initialement., mais cette imbrication éclaire aussi sur la façon réaliste et dénuée de passion par laquelle nous les présentons dans cet ouvrage

 1. LA RELIGION CLANIQUE

 Des deux formes de religion dont nous parlons ici, celle que l'on peut trouver nouvelle et intriguante, est la forme de religion clanique; et d'autant plus qu'aucune importance n'est donnée à ce concept dans les cours d'éducation religieuse. Quand une religion est enseignée à ses fidèles, elle est prise comme un tout et ainsi le besoin de montrer les deux aspects de celle-ci n'est jamais senti, mais il n'y a plus que les fidèles qui étudient les religions aujourd'hui.

 Clan et culture

Pour comprendre ce que représente la religion clanique, il nous faut retourner aux premiers jours de l'histoire humaine quand les tribus vivaient séparées les unes des autres, et que chaque tribu ou clan avait sa propre religion à lui tout seul. La religion faisait partie de la culture du clan, à cette époque, la culture consistait en six éléments de base: 1) localisation géographique dite patrie, 2) une histoire ancestrale, 3) une langue considérée comme langue maternelle, 4) une subsitance de nature économique, 5, un chef politique et 6) une religion.

Le rôle de la culture était de donner un environnement convenable au clan pour qu'il puisse être stable et se développer, le procédé variait d'un clan à l'autre et donnait au clan une identité qui le distinguait des autres clans. Etant un élément intégral de la culture, la religion aussi était destinée à protéger le clan.

La religion de chaque clan comprenait tout ce qui est généralement associé avec la religion tels que croyances, rites et fêtes, code de conduite, des souvenirs historiques (souvenue ou enregistré) et un système d'éducation religieuse. Même dans leur forme primordiale, toutes les religions contenaient non seulement des éléments qui étaient significatifs pour le clan, mais encore d'autres de portée universelle, qui remontaient l'esprit du peuple de chaque clan. Pour illuster ce que nous voulons dire, nous prenons l'exemple de deux religions d'aujourd'hui dont les origines remontent aux temps anciens, à savoir le Judaïsme et l'Hindouisme.

Le deux religions appartiennent à deux religions claniques qui durent depuis très longtemps. Un fait caractéristique de religions claniques si âgées est que leur religion n'a de nom propre. La religion porte le même nom que celui du clan, le mot "juif" indique l'appartenance à un clan et à une religion, idem pour l'hindouisme. Etre hindou est être hindou. la seule différence entre ces deux groupes est que le sens juif de communauté clanique vient de l'unicité de leur ancêtre, alors que l'hindoue provient de l'unicité de la région qu'ils habitent. Les Ecritures des Juifs s'appellent la Bible, celle des Hindous les "Veddas". Pour notre exemple, nous lirons un enseignement qui est quasi paralèlle dans les deux écritures, à savoir la Création.

Selon l'histoire juive de la création, tel qu'écrite dans le livre de la Genèse, (Gen 1:1-2:1), Dieu créa le monde en sept jours. Cette histoire a été divisée de telle façon qu'elle satisfasse en même temps les fonctions clanique et adulte. D'un côté, l'idée d'un monde qui est le travail d'un bon et tout Puissant Dieu, et non le fruit d'un pur hasard, donne aux Juifs la vision leur permettant de se regarder et de regarder tout ce qui existe comme enveloppé de sens et de destination. Cette leçon de l' histoire de la Création était universelle en valeur et appartenait à la religion de la forme de la" Vision de la Vie" ou "adulte"

Mais ce n'était pas la seule fonction que cette histoire devait remplir, cette histoire disait aussi que le travail de la Création était excécutée par Dieu en six jours, et que Dieu se "reposa" le septième, Le samedi ou le septième jour était le jour férié des Juifs, leur Sabath. L'exemple de Dieu travaillant six jours et se reposant le septième était destiné à montrer au peuple juif comment organiser le travail de la semaine et de se reposer le reste. La fonction de cette partie de l'histoire était de structurer la société juive d'une façon amenant à leur bien-être socio-économique, et cet enseignement appartenait à la fonction protectrice du clan et n'était pas destinée au non-juifs, même si rien n'empèche les non-juifs de se reposer le vendredi ou le samedi.

Comme l'histoire juive, le poème hindou de la création est contenu dans leur plus vieux livre d'Ecritures, le "Rig vedda" qui lui aussi à deux dimensions ou thèmes, çad deux niveaux de lecture. Dans la première partie de ce poème, l'univers et les saisons, tous les êtres animés étaient le résultat du sacrifice à Purasha que les dieux inférieures firent d'une entité divine personnifiée. Cette idée poétique que l'univers provenait d'un sacrifice d'un être divin fit accepter aux Hindous que l'univers naquit empreint de divin. Cette idée leur fit voir une dignité et une valeur dans leur propre existence: ils étaient une partie de Dieu. Cet enseignement comme la leçon de l'histoire juive, était de valeur universelle et appartenait à la religion "Vision de la Vie" .

Mais tout comme l'histoire juive, ce poème avait aussi une fonction clanique à remplir, il tendait à la structuration de la société indienne, et à assurer leur bien-être socio-économique. D'après le second poème, lors du sacrifice du Parusha, la société indienne, consistant en quatre castes, vit le jour. De la bouche de la déité sacrifiée, naquit le Brahmana, de ses bras naquit le Rajanya, de ses flancs naquit le Visaya, et de ses pieds naquit le Sudra. Le système des castes se forma pour assurer la division du travail dans la société indienne et assurer son bien-être socio-économique. Cette partie du poème est de nature purement clanique, et n'a aucune valeur pour les non-indiens.

Ce qui est vrai pour le Judaïsme et l'Hindouisme, peut être la vérité de toutes les religions dans leur forme primordiale, mais la particularité d'une religion qui a ses racines dans la culture est que ensemble, les éléments de la Vision de la Vie et de la protection clanique, sont inséparablement joints pour former la "tradition". Cette tradition devient alors l'héritage exclusif au clan et est transmis intact de génération en génération. Dans son sens primordial, la religion est une tradition clanique destinée à être préservée intacte à l'intérieur du clan.

 Les religions principales et la culture

Depuis les religions dans leur forme primordiale, qui sont en réalité des religions exclusives d'une race ou d'un région, nous passons maintenant à ce nous appelons les "religions majeures", qui répandues dans plusieurs pays, à savoir le Bouddhisme, le Christianisme et l'Islam. On pourrait inclure l'Hindouisme dans cette catégorie car il commence à se répandre dans le monde occidental. Mais il y a plusieurs raisons pour lesquelles on peut se demander pourquoi ces religions majeures sont vraiment différentes de celles limitées à une région, à une race.

L'aspect multi-culturel des religions majeures doit être approché avec un grand discernement, car les apparences peuvent être excessivement trompeuses. Il y a deux raisons de penser ainsi, la première étantque les religions majeures ne sont pas si uniformes qu' on pourrait le penser. L'Hindouisme, le Christianisme, le Bouddhisme et l'Islam sont des religions d'une forme fixées, mais en réalité ce n'est pas ainsi, Le Bouddhisme du Tibet est différent du japonais, ou du Sri Lanka,; la même chose du Christianisme, où il y a e.a les orthodoxes,des catholiques et des protestants, qui diffèrent énormément entre eux.

Quand une religion se présente sous des formes aussi différentes, nous nous demandons quelle est la cause d'une telle diversité, de tant de divisions. Est-il possible que toutes ces variétés proviennent du membre fondateur? Le Theravada et le Mahayana viennent du même Bouddha, les orthodoxes, catholiques et protestants du même Jésus!?

Sans nul doute la pensée des religions crées par des grands visionnaires, en dépit qu'ils vécurent au sein de certaines cultures, était supra-culturelle et ainsi universelle. Mais dès que leur pensée a été acceptée par un clan, une nation voire un empire, elle ne fut pas prise dans son intention originale. Comme un vêtement coupé et cousu à la taille d'un individu avant d'être utilisé comme un ornement, les religions furent taillées aux vues culturelles des communautés avant qu'elles ne l'acceptent. Vu de ce angle, nous dirons que les religions majeures ont perdu de leur confiance à partir du moment où elles ont été digérées par les exigences des différentes cultures.

La deuxième raison pour la quelle le lien entre la culture et la religion est encore vrai aujourd'hui, apparaîot clairement quand on voit comment les différentes religions se sont diffusées. Ce que les missionnaires ont amené dans d'autres pays n'est pas seulement le message spirituel de leur religion, mais aussi la culture de la région d'où ils venaient, ce qui fit que des gens d'autres pays ont eu à accepter la religion et la culture à laquelle celle-ci est inmanquablement liée. Même les religions majeures sont ancrées dans une certaine culture, celle du Christianisme est Européenne, celle de l'islam, arabe, celle de l'Hindouisme indienne et celle du Bouddisme de divers cultures asiatiques.

Ces cultures-mères ont agit comme un moule qui retaillait les cultures des nations où était introduit une religion. Un bref aperçu de ce qui se passa avec le Christianisme nous éclaire à ce sujet: née dans le pays des Juifs, il entra dans son enfance dans le monde occidental, fut exclu dans l'empire romain pendant trois siècles jusqu'à ce que l'empereur Constantin le fit religion d'état en 313AD, et s'imprégna de la culture romain, la forme romaine ( éventuellement européenne)du Christianisme se diffusa largement dans le monde; Les vêtements portés par les prêtres catholiques dans certaines cérmonies n'ont rien à voir avec Jésus Christ., ils dérivent des vêtements des dignitaires de l'empire romain, et même le système hiérarchique des églises chrétiennes s'inspira largement du système administratif de l'empire romain.

Ceci est aussi vrai pour les quatre religions. L'aspect extérieur actuel doit beucoup plus à la culture de la région d'où provient la religion, que des enseignements visionnaires de leurs fondateurs.

Le turban des Sikhs, la cape des Musulmans, la robe des Bouddhistes ou l'étole du swami hindou sont enracinés dans la culture plutôt que dans les directives des fondateurs. La tendance des religions de se servir de la langue maternelle de leurs premiers ancêtres - hébreu,latin,grec,arabe,sanscrit,et pali- ont la même origine.

Tout ceci pour montrer combien les religions, même les majeures, sont liées avec la culture, et particulièrement avec le rôle de protéger une communauté-clan particulière, et que les religions majeures ne sont différentes sur ce point des religions claniques du passé, les religions majeures peuvant être multi-régionales (elles le sont) mais ne sont pas multi-culturelles, elles recèlent une nette tendance uni-culturelle. Aussi bien que les religions claniques limitées à une race ou région, les religions majeures sont diffusées dans plusieurs pays et considèrent la religion sur la base d' une

tradition qui doit être transmise de génération en génération, et ce à l'intérieur du clan. Ce besoin de tradition sert de garder le passé, le présent et le futur du clan unifié comme un très grande famille. Nous voyons ci-dessous un dessin schématique qui peut nous aider à visualiser d'une façon générale ce que sont les religions, même les majeures, quand elles sont prises dans leur forme de protection du clan: 

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 dessin p.17

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 Dans sa forme clanique, la religion est une tradition de croyances et de pratiques à transmettre de génération en génération. Le besoin de la tradition est de garder réunis les membres du clan. Le clan est montré comme une famille avec les ancêtres, les parents et les enfants. Les ancêtres sont des corps ratatinés. Le lien entre le passé, le présent et le futur des membres est montré au travers les mains reliées. Les trois cases montrent que quand pris dans le sens de protection du clan, la religion est différente d'un à l'autre.

 Ce dessin n'explique bien entendu pas tout le système clanique, mais montre bien ce qui arrive aux religions majeures quand elles sont dans la fonction de protection du clan. Tel l'Hindouisme devint la religion des Indiens ou de la communauté indianisée, de même, le Christianisme devint européen, et l'Islam celui de la communauté arabisée.

 II. LA RELIGION ADULTE

 En comparaison avec la religion clanique, la forme "adulte" ou de "Vision de la Vie" d'un religion est plus aisée à saisir, du moins en théorie, car la religion a toujours compris la "spiritualité" et la "religiosité"., ce que nous considérons comme étant le sens propre de la religion. La religion adulte à son propre but qui, contrairement à la religion clanique ne sert pas à faire d'une personne un Français parfait, ni un parfait Saoudien, ni un parfait Indien, ni un parfait Thibétain, mais à faire de tous, des êtres humains parfaits. Cela semble plutôt paradoxal, mais l'humanité est quelque chose qui n'est pas aquise à la naissance, ni parce les gens ont une forme humaine, on nait uniquement avec le seul potentiel de devenir un humain. C'est pourquoi l'achèvement de l' "humanité" ** à son niveau parfait devient le but ultime des êtres humains.

 **l'humanité dont parle l'auteur ne désigne pas la totalité de la population humaine, mais bien l'individu en lui-même, ce terme est utilisé ici dans une sens plutôt psychologique ou philosophique"ndltr.**

 La libération religieuse

 L'élévation de l'individu du "non entièrement humain" vers le "complètement humain", est appelé en religion la "libération", et c'est aussi ce que la religion de la Vision de la Vie intéresse. Mais aujourd'hui beaucoup de gens ont de la peine à réaliser ce qu'implique la libértaion religieuse, car ils préfèrent la libération que les docteurs offrent à l'humanité en soignant les gens de leurs maladies, celle que les enseignants apportent en les sortant de leur ignorance, et celle que les travailleurs sociaux apportent en sortant les gens de la pauvreté.

S'ils sont incapables d'apprécier le travail des éducateurs religieux comme celle des docteurs,enseigants et travailleurs sociaux, c'est qu'ils ne savent pas imaginer que la religion peut être le rédempteur de la maladie, de l'ignorance et de la pauvreté aussi. Une des raisons en est que la rédemption offerte par la religion, n'est pas celle du corps physique visible,mais celle de l'esprit invisible, extérieurement ce seront les mêmes, un saint et un criminel se ressemblent par leurs traits faciaux.

Des nombreuses explications données à la libération religieuse,une qu'une personne moderne peut trouver facilement et comprendre est celle donnée par le Bouddha. Pour celui-ci, la libération dont les humains ont besoin, est du à l'état encombré de leur esprit qui apporte de la peine et de l'anxiété aux hommes. L'esprit humain dans son état initial d'obscurité, est contrôlé par les désirs émotionnels, et à ce stade les hommes ne savent pas voir ce qui leur apporte la vraie paix et la joie, et courrent vers des objets inutiles qui finalement leur apportent encore plus de tristesse que de contentement;et c'est pourquoi le Bouddha vit de la compréhension correcte de la vie" la base de son chemin vers la libération.

L'explication du Bouddha rend très clair que la libération est la matière qui conduit au royaume de l'esprit. Pour être libéré est d'avoir un esprit qui est orienté correctement, pour que l'esprit soit orienté correctement, tout ce qui'il lui faut, c'est avoir une vision correcte càd comprendre la vie. Par ses pouvoirs intuitifs et plus particulièrement par le pouvoir du jugement que nous appelons "conscience", l'esprit humain peut aquérir cette vision de lui-même pour autant qu'il recoive la bonne guidance. Le rôle de la religion est de travailler à la libération de cette forme la plus nécessaire, et cei en donnant aux gens la guidance dont ils ont besoin.

Un schéma est utile pour indiquer ce que comprend la libération religieuse. La forme physique de l'être humain vu de l'extérieur et ses deux niveaux de personalité vus de l'extérieur pourraient être ceci:

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 DESSIN p. 19

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 A) être humain vu dans son aspect physique

B) vue de la personnalité interne au stade immature. La"self" de ce niveau est replié sur lui-même et déformé. L'humanité est son état squeletique

C) vue de l'aspect de la personnalité au stade adulte. C'est représentatif de l'humanité dans sa forme complète et emplie de vie.

 III. DEUX MENTALITÉS

 S'il est concevable qu'une religion ait une version clanique et une version adulte, on s'attend à ce que la religion soit apte à être pratiquée avec une mentalité clanique et adulte. Les deux mentalités néanmoins, sont si éloignées les unes des autres, que chaque élément de religion peut prendre deux aspects différents quand on les regarde. En guise d'illustration, nous prendrons quatre éléments qui sont généralement considérés comme étant constitutive de la religion, càd la foi( croyances), les rites et festivités, la communauté et l'église ainsi que la loi ou code de conduite.

 a) la foi (croyance)

En même temps à l'intérieur et à l'extérieur des êtres humains, il est un royaume que la raison argumentante ne sait pas atteindre. Ce royaume est approché par la foi ou les croyances. Les matières de la foi ont été depuis les temps les plus anciens exprimés dans un langage pictural, en gardant leurs propres buts, les formes clanique et adulte de la religion ont une approche de ce langage différent:

religion clanique: dans celle-ci, les croyances font partie de la tradition ancestrale, et doivent être professés par tout le monde d'une façon uniforme. Etant une matière de groupe, la conviction et l'engagement personnels ont moins d'importance. La religion clanique tend à attacher une plus grande importance à la formulation imagée de doctrines qu'à leur message de vie. L'uniformité est plus facile à préserver de cette façon. Les affirmation picturales d'anciens temps, formulés en dogmes rassemblés en croyances. Les croyances sont déclarées révélées et ainsi, inchangeables et non discutables.

religion adulte: ce qui importe ici c'est "la croyance" et non "les croyances". La croyance est la même chose que vue intérieure. La vue intérieure est ce qui montre aux êtres humains à vivre correctement et selon leur conscience. La croyance n'est une soumission aveugle à une tradition imposée, c'est ce qui amène la vision, le courage et la force de lutter avec les problèmes de la vie. La foi adulte ne sait pas être développée par des être professés uniformément. La foi est une route créative et joyeuse de regarder la vie et ses responsabilités.

 b) rites (célébrations)

Les rites et les célébrations sont une façon de s'exprimer et de dramatiser des sensations internes et des sentiments que les individus éprouvent devant la dimension mystérieuse de la vie. Les rites sont communs aux deux formes de religion, mais le font différement:

Religion clanique: dans un clan ou dans n'importe quelle communaute religieuse institutionalisée, les rites sont d'abord des gestes par lesquels les membres expriment d'une façon visible extérieurement, qu'ils appartiennent à une communauté homogène et ont donc des affinités avec tous les autres membres. Les rites assurent l'unité et l'identité du groupe et ainsi, ils sont faits par tout le monde de la même façon. Une erreur est considérée comme un acte d'infidélité à la communauté, pour la même raison, la participation aux rites d'un autre clan sont interdites.

Religion adulte: Ici les rites sont percus comme une aide dans les relations des individus, non limitées au clan mais s'étendant à tout ce à quoi ils se rattachent c'est-à-dire à toute l'humanité, à l'univers et au pouvoir invisible qui soutient la vie. Globalement, les rites sont l'expression de l'idée que les individus se font d'eux-mêmes et de leurs responsabilités devant toute la réalité de la vie.

c) communauté religieuse ou église

La notion de religion est intimement liée à la notion de communauté. la sensation d'unisson avec les les autres est partie intégrante de l'expérience religieuse, dans les deux formes de religion, il y a des différences:

Religion clanique: devant chaque institution religieuse de la forme clanique, il y a le clan-communauté dans lequel les membres sont reliés ethniquement ou quasi . Dans une telle communauté, l'aquisition du membership se fait plus par naissance, que par choix personnel. Une fois qu'un individu est à l'intérieur d'un clan, il doit obligatoirement accepter ses professions de foi, accomplir ses rites, accepter ses lois faites pour qu'il soit soumis à l'autorité.

Religion adulte : on se fait membre, non par naissance, mais par conviction: on appartient alors à la communauté religieuse aussi vaste que l'humanité. Les individus qui cherchent à être mentalement adultes, d'où qu'ils proviennent, forment une noble communauté même si celle-ci est invisible.Les limites de cette Eglise cosmopolite sont tracées d'une façon invisible.

 d) la loi et le péché

Tout autant que les notions de croyance, rites et appartenance, celle de loi est intrinsèque à la notion de religion. Ce qui dans une religion n'est pas en accordance avec sa loi, est considéré comme mauvais et est un péché. Il y a deux approches de la notion de loi dans les deux formes de religion.

Religion clanique : Tout comme des codes claniques, certaines lois sont de portée universelle, mais la majorité d'entre elles sont propres au clan. Elles varient d'insitution à institution: la plupart des lois sont des interdictions et sont destinées à préserver la pureté de la filiation des membres du clan, et ainsi l'uniformité de la tradition transmise. La communication avec d'autres clans dans les matières comme le mariage et l'adoration sont interdits, les lois étant présentées comme venant de Dieu ou d'une autorité quasi-divine. Enfreindre une de ces lois est commettre un péché, et les pécheurs doivent subir les punitions imposées par l'institution ou renier leur membership.

Religion adulte : dans la façon dont une religion adulte comprend la loi, son but est d'élever la personnalité des individus en les rendant indépendants en jugement et resposables dans l'action. Les lois qui permettent l'idépendance et la responsabilité ne peuvent être réellement formulées ni écrites, elles doivent être découvertes en regardant comment fait la nature et en écoutant son propre coeur, sa conscience. La sagesse des grands sages peut elle aussi d'une nature illuminative.

 La valeur de la distinction

Cette analyse comparative est d'un ordre très général, voire schématique, mais pour indiquer les mentalités selon lesquelles on peut suivre une religion, et sont de fait suivies, - un fait généralement ignoré- elle apporte de la lumière sur un certain nombre de questions que l'on se pose sur la religion aujourd'hui. La matière des mentalités est d'une importance si vitale, que si les enseignants omettent d'entrainer leurs étudiants à garder les deux bien coordonnés, les conséquences sur la société et même sur la vie personnelle des croyants pourraient être très graves.

Dans la société, les conséquences pourraient être si graves que de faire faire de l'ordre et de la justice devrait sur le champ impossible politiquement, car quand une religion dans sa forme institutionalisée prend plus de place que sa forme de spiritualié, les croyants tendent à devenir sectaires dans leur attitude envers la religion. Le sectarisme comme religion - au même titre que le racisme et le nationalisme auxquels elle s'allie facilement, est ce qui est la base du communalisme qui prévaut dans la société d'aujourd'hui. Le communalisme vient quand les gens prétendent que leur religion, leur race, leur nation sont supérieurs aux autres, et que pour cela, ils en concluent que le bien-être de leur communauté est ce qui est le plus important, et non le bien-être de l'humanité toute entière. Le communalisme en même temps que sa tendance à la domination politique, a été la cause la plus importante de guerre et d'écoulement de sang de toute l'histoire de l'humanité.

La folie du communalisme est largement due au fait les gens croient que leur naissance qui les a rendus différents en race, en nationalité et en religion, et qu'ils oublient la leçon de la mort qui rend tous les hommes égaux: Chinois, Japonais, Américains, Indiens, Hindous, Bouddhistes, Chrétiens, et Musulmans sont égaux quand ils arrivent au terme de leur existence corporelle. La tombe est commune à tous, la Mort est le plus grand enseignant de l'unicité de la nature humaine, si la nature humaine est une, alors le chemin spirituel de l'humanité dans sa forme la plus élevée et la plus parfaite a toujours été la même tous, toutes les races, toutes les nations, touites les religions. Les religions cessent d'être religieuses quand elles oublient de montrer cela.

Un mauvais regard dans les mentalités, peut aussi apporter beaucoup de désordre dans la vie personnelle des croyants, c'est pour cela que la clarification apportée plus haut, au sujet des deux mentalités sera profitable pour ceux qui sentent le besoin de fortifier leur attitude envers la religion. Pour voir ce que cela implique, voyons le seul cas du Christianisme.

Le Christianisme d'aujourd'hui est composé de beaucoup de traditions différentes. Un Chrétien peut être catholique romain, orthodoxe, anglican ou presbytérien, mais tous ne sentent pas le besoin de regarder vers la juste balance, et ce parce qu'un nombre d'entre eux n'ont aucune difficulté avec la communauté qui les a fait grandir et qu'ils considèrent comme leur tradition familiale, et étant assurés que leur religion est la seule valable, ils ne s'intéressent nullement aux autres Chrétiens.

Loin de là sont ceux qui sont dégoûtés de la religion au point de ne plus la pratiquer, et qui se considèrent comme nés chrétiens voire d'agnostiques.: ils prétendent que les demandes du Christianisme ne sont plus compatibles avec la vie moderne, et leur nombre ne fait que croître.

Mais entre ces deux extrèmes, il y a ceux qui aiment leur communauté mais éprouvent des problèmes: ils trouvent par exemple que certaines croyances et pratiques ne sont plus raisonnablement défendables; ils trouvent également que le lien qu'ils doivent maintenir avec leur institution les éloigne des relations proches avec les membres d'autres dénominations d'autres religions, du monde entier. Certains trouvent cette situation si dérangeante, qu'ils ne savent s'ils restent ou s'ils s'en vont.

C' est à de telles personnes, que la distinction entre forme adulte et clanique de la religion sera le plus bénéfique, et leur ouvrira les yeux sur le fait que la dénomination à laquelle ils appartiennent a en fait deux tendances; les éléments qui ne sont pas parlants au sens commun et qui cherchent à garder les individus séparés dans la forme clanique, et dans la forme adulte, que le Christianisme défend apporte une stature de vie selon les standards de Jésus, dont l'enseignement de base est l'amour.

Les Chrétiens qui sont prêts à accepter que leur dénomination contient les deux versions de religion, ne verront aucune difficulté à se sentir à l'aise avec elle, il leur suffit de voir les vraies priorités dans la réponse à leur demande faite par chacun. La fidélité aux vraies valeurs est la priorité, la fidélité aux traditions doit s'y soumettre. Si les vrais priorités sont maintenues, ils verront qu'il est possible pour eux d'être vraiment Chrétiens et à aspirer à l'humanisme le plus élevé envers les autres humains sans perdre le lien qu'ils ont avec leur propre église. Mais si cet ordre est inversé, et que la tradition se fasse plus importante que la vie droite, et que la communauté institutionelle soit plus importante que l'humanité, c'est qu'ils seront consciencieusement catholiques, orthodoxes, anglicans ou presbytériens, mais en réalité fort peu chrétiens.

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Griffith, RTH, JL Shastri Les hymnes du Rig Veda.

 <Sommaire>

Troisième chapitre

 COMPRENDRE LA RELIGION D'UNE FAÇON ADULTE

Nous avons examiné les formes de religion protectrices du clan et de Vision de la Vie et avons aussi vu combien importante est de présenter les religions dans leur Vision de la Vie dans le monde contemporain. Il n'est pas aisé de présenter les religions, y compris le Christianisme, dans leur Vision de Vie. La difficulté la plus importante est le langage.

Les religions utilisent un langage propre pour exprimer la vision qu'ils offrent aux gens. Cette vision est d'une part si sublime, et d'autre part à un niveau subconscient, tel qu'il ne peut être exprimé dans la langue de tous les jours des gens. La religion n'a d'autre alterantive que d'utiliser les dessins, les images, les mythes et les symboles à cette fin. Les "Images"sont utilisées généralement pour aider à la compréhension. Mais quand cette image est archaïque, ainsi que c'est le cas de la plupart des religions aujourd'hui, les personnes modernes éprouvent de grandes difficultés à comprendre ce que disent les religions. L'incompréhensibilité de la terminologie religieuse qui amène l'imperciptibilité du message de la religion, a le plus contribué à l'aliénation de nos contemporains de la religion.

Pour aider nos contemporains à surmonter cette barrière du langage est l'obligation impérative des professeurs de religion. Pour monter comment cela peut être fait, nous commencerons par analyser une des doctrines avec laquelle les gens éprouvent le plus de difficultés, la révélation. "Révélation" est le terme pivot pour une saisie exacte de plusieurs religions déistes. Toutes les religions déistes affirment que leurs Ecritures ont été révéles par un être divin.

 1. LA RÉVÉLATION : LA RÉALITÉ CACHÉE

 Dans le monde moderne, beaucoup ne savent pas admettre l'idée d'un Etre ou d'être d'un autre monde parlant à des êtres humains. Ils ont aussi des difficultés à admettre d'autre mondes. Certains se demandent si Dieu/les dieux, le ciel et l'enfer ne sont pas des supputations ou le fruit de l'imagination des peupes primitifs.La plupart des réponses données à cette question amène une position si externiste qu'ils outrepassent la vraie réponse.

Il y a d'abord les "rationalistes" pour lesquels il n'existe rien hors de ce qui est peçu par les sens. Ils croient tant à la puissance de la logique, que pour eux ils n'y aucune connaissance possible en dehors des sciences analytiques. Pour eux, hors de la science, il n'y a rien. Ensuite il y a le deuxième groupe, celui des fondamentalistes,rencontrés dans la plupart des religions.Ils insistent sur le fait que Dieu ou les dieux, les anges et les démons, le ciel et l'enfer, existent de la façon précise tel que décrit dans leurs livres, traditions et croyances. Les descriptions sont à prendre à la lettre, mot par mot, car elles sont "révélées". Pas étonnant à ce que "rationalistes" et fondamentalistes aient toujours été en guerre.

Ce que ces deux extrémistes oublient tous les deux, est que le langage de la religion est poétique et imaginatif. Ils oublient aussi que dans des matières actuelles, ce qui est affirmé à l'aide d 'images n'est vrai qu'en partie. Partons d'une phrase simple, en parlant d'une jeune et jolie femme, nous disons "elle est une rose". Une telle constation ne fait penser à personne à des pétales de rose sur le visage de cette femme. Tout le monde a compris que le signifié ici, est que l'attractivité de la rose se trouve également dans son visage,mais les gens ne se servent pas du sens poétique pour interpréter la terminologie religieuse.

le monde de l'au-delà

Parlons des mots "ciel" et enfer". Dans l'image utilisée, le ciel est un endroit "là-haut", où tout est ce qui est bien, attractif, et plaisant sur la terre, peut être trouvé à un degré hautement intensifié. L'enfer est un endroit "là en-bas", où tout ce sur terre est mauvais, répulsif et déplaisant, sur terre peut être trouvé et à un degré hautement intensifié. Au sens littéral, rien n'est moins crédible que le ciel et l'enfer.

Mais d'un autre côté rien ne peut mieux exprimer que le ciel et l'enfer, l'enoblissement de l'esprit vivant avec rectitude, et le pouvoir destructeur de la personnalité d'une mauvaise vie. Le ciel et l'enfer sont des images d'un niveau purement mental, dans lequel les humains passent leur vie actuelle. A ce sujet, nous dirons de la religion ce que Pablo Picasso disait de l'art: " l'art est un mensonge qui nous fait découvrir la vérité." Parler du ciel-enfer est donc assez relatif, car les humains étant des humains, cela ne peut être rejeté.

Parler de Dieu ou des dieux n'est pas totalement différent. L'idée de Dieu est commune à toutes les religions, et dans toutes les religions, Dieu est à image humaine. Comme les êtres humains, Dieu/les dieux est vivant et est intelligent. Ils possèdent la possibilité d'aimer et d'être aimés. Ils ont même tendance à devenir à être en colère, haïr et se venger. Ils peuvent aussi bien aider que blesser. La seule chose qu'ils n'ont pas, sauf dans les histoires d'incarnations, c'est un corps. Ceci est dû au fait que le corps est associé à la corruptibilité et à la mort. Néanmoins, ils peuvent être mâle ou femelle, et même se marier. Le concept judéo-chrétien de Dieu étant un père présuppose que Dieu est masculin.

Si les humains ont donné leur propre apparence à Dieu/dieux, c'est parce que cela a été été leur seule façon de visualiser les mystères de la vie que la raison argumentante ne savait pas pénétrer.Ainsi que le dit le philosophe grec Xenophane: "Si les chevaux et les boeufs avaient des mains et pouvaient dessiner, les chevaux dessineraient Dieu comme un cheval, et les boeufs, dieu comme un boeuf". C'est ainsi que nous dirions de la religion que Pablo Picasso a dit de l'art: "l'art est un mensonge qui nous fait decouvrir la vérité."

Il est indéniable que la conception humaine de Dieu/dieux est pure création de l'imagination,.Mais d'un autre côté,on ne peut en denier l'utilité, la justification et même la nécessité Les questions proviennent uniquement du fait que les professeurs de religion ne se donnent pas la peine de faire la distinction entre la peinture et la réalité décrite par la peinture. C'est ainsi que des personnes intéressées par la religion se trouvent devant un dilemne. Ils se trouvent dans la situation d'un homme tenant une tasse en mains dit " je ne sais pas boire car c'est chaud, je ne sais pas l'avaler, car c'est du lait.". C'est dans une sensation double de ce genre que beaucoup considèrent leurs croyances qu'ils sont obligées de professer. Ils ne peuvent les accepter car elles semblent si anti-intellectuelles, ils ne peuvent les rejeter car elles réchauffent le coeur.

Après cette introduction générale à ce cet autre langage qu'est celui des religions, nous examinons maintenant quel est le message qui se cache derrière l'image de la révélation divine. En règle générale, toutes les religions existantes soutiennent que l'enseignement qu'ils transmettent a été révélé par une personne divine ou quasi divine.

 Le contenu de la révélation

Pour saisir ce qu'implique la révélation, nous devons d'abord nous demander quelle est la réalité qui est derrière la compréhension humaine et de saisir quelle révélation par une puissance surpa-humaine est si nécessaire. Il est effectivement une telle réalité. C'est la véritable vie de l'être humain. A chaque être humain il y a le mystère de sa vie. Les êtres humains sont en possession de ce que l'on appelle "la vie". Mais ils ne savent pas affirmer avec certitude ce qu'est la vie, ni comment la vivre correctement. Pour tous les êtres humains, d'un point de vue strictement rationnel, leur vie est déconcertante. Nous pouvons regarder autour de nous sans pour autant trouver une preuve qu'il y a une utilité ni un but à notre vie individuelle. Chacun commence sa vie sur la terre, venant tel qu'il est de nulle part, et achevant sa vie allant vers nulle part .La raison humaine basée sur les sens physiques ne sait pas amener une réponse.

Etrangement, en dépit de l'incapacité de la raison analytique de découvrir le mystère de la vie, les humains ne sont pas prêts à une saisie correcte de celle-ci. Au profond de leur coeur, ils reconnaissent le sens et la signification de la vie. Ils ne doutent pas que la vie est bien et que si elle est vécue correctement, cela peut leur apporter le vrai bonheur. Ils se réfèrent à cette forme de connaissance appelée "croyance" ou "foi".

Mais que pourrait être la source et la fondation de cette forme supra-sensuelle et supra-rationelle de connaissance appelée "foi"? La réponse déistique est simple. C'est la "révélation". Un être divin parla dans le passé aux humains et leur dit que ce qui était à faire et ne pas faire. Les lois ou commandements à suivre ont été révélés aux êtres humains.

Comme une image, la "révélation" signifie énormément. Cela im:plique que les êtres humains ont des sources de connaissance autres que les sens ou la raison analytique. Si le mot est pris au sens littéral, et se réferre à l'évènement actuel d'un Dieu venant sur terre et divulgant une certaine vérité à un certain moment à une personne en particulier, nous devons admettre alors que cela peut mener à d'insolubles incompatibiltés. .

La première concerne les trois religions du Moyen Orient, le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam. Toutes trois croient en un Dieu unique et toutes proclament que leur religion dans la forme qu'elle revêt aujourd'hui a été révélée par le même Dieu. Elles diffèrent dans leurs enseignemenrts et ainsi que le prouve l'Histoire ont toujours été en rivalité

Une autre incompatibillité provient de ce que alors que les religions du Moyent Orient s'efforcent de prouver l'authenticité de leurs croyances, les religions d'origine indienne l'Hindouisme, le Boudisme et le Jainisme ne le font pas. Certaines incompatibilités naissent quand on oublie que le mot"révélation" est vraiment une imagerie exprimant la réalité qu'on ne saurait dire avec des concepts ordinaires

 La sagesse

La révélation néanmoins n'est pas qu'une image ayant été utilisée pour exprimer la source difficile à exprimer de la connaissance supra- rationnelle. La sagesse quant à elle, elle a été imaginée comme une déité féminine depuis des temps immémoriaux. L'image d'une déité féminine illuminant les humains et leur montrant le chemin vers le bonheur réel est commune à de nombreuses religions notamment au Judaïsme et au Buddisme Mahayana. Le livre des Proverbes de la Bible, la montre appelant les humains à suivre son chemin vers le bonheur réel.

"Ecoute comment la Sagesse élève sa voix et la compréhension apparaît Le Seigneur m' créé en commencant ses oeuvres avant toute chose qu'il fit il y a si longtemps au commencement bien avant que la terre n'existe...Ecoutez moi maintenant mes fils, écoutez ma parole et grandissez sages, ne la rejette pas. Heureux soit celui qui suit ma route, heureux l'homme qui m'écoute...(Prov.8: 1,22-23, 32-34)

Dans la Sutra du Pragna-pramita (Traité de la Sagesse) du bouddisme Mahayana, nous voyons les hommes s'adresser à la Déesse Sagesse:

Hommage à la Sagesse Parfaite

Croyance illimitée et transcendante, Tous Tes bras sont sans défaut

Sans faute sont ceux qui discernent

Enseignants du monde, les Boudhas sont Tes fils compatissants

Cette image de la "Déesse Sagesse" n'est pas différente de celle de la "révélation" quand elle est prise comme indicatrice de la conscience supra-rationelle de ce qui est à vivre réellement. Nous pourrions dire de même que d'un point de vue compréhension introspective, les termes séculaires de"connaissance"ou "intuition" sont ainsi utilisables pour percevoir ce qu'implique la nature supra-rationelle de la connaissance. Mais pour cela nous devons comprendre en quoi la connaissance est différente de la raison analytique et à quoi elle est reliée.

 Intuition et raison

L'intuition et la raison sont deux facultés du même esprit humain, quoique différentes en façon de procéder, il n'y a pas de dysharmonie entre eux. Comme les deux actions d'entendre et de voir par les sens extérieurs, l'intuition et la raison de l'esprit intérieur sont différents. Comme entendre et voir, l'intuition et la raison ne savent pas être en disparité l'un avec l'autre. La raison et l'intuition ont tous deux comme but ultime le bien-être humain. Mais ils le regardent d'un point de vue différents. La raison est concernée avec l'être humain dans la forme physique et quantitative, alors que l'intuition l'est par son aspect relationnel et quantitatif.

Les deux formes de connaissance, comme aussi ce qu'elles amènent à savoir la science et la religion, entendent que le bien-être de l'homme soit compris comme étant la libération de la douleur et de la souffrance. La science libère les êtres humains de la souffrance physique, la religion du mental et de l'intérieur. Ces deux formes d'aide sont nécessaires et leurs fonctions sont complémentaires. Néanmoins elles s'activent de façon différente. La raison fonctionne même chez des personnes égoïstes et égocentriques. L'intuition n'apparaît que que chez ceux qui cherchent une vie droite.

La raison explore la réalité en la regardant de l'extérieur, l'intuition en regardant sa propre expérience de vie.La raison argumente les choses de l'extérieur et découvre de nouvelles possibilités. L'intuition contemple et dans cette contemplation se rend compte de la valeur de vérités anciennes en regardant la vie et le vivant. Pour cette même raison, la certitude ou la conviction des deux engendre au sujet de n'importe quelle matière n'est pas identique.

Un exemple pourrait illuster ce point. Suivant la raison, deux moitiés valent plus qu'une unité. Deux demis petits pains rassasient plus un estomac vide qu'un seul. Mais supposons qu'une personne affamée coupe son petit pain en deux et rencontre un enfant qui lui aussi semble affamé. Il partage son petit pain et en donne un demi à l'enfant. Il sent que c'est la meilleure chose à faire. Quelle décision mathématique justifie un telle décision? L'intuition de cette personne lui dit qu'il sera plus rassasié avec un demi petit pain qu'avec un entier. Cette intuition, vue du côté de la raison est illogique. Mais la logique de l'intuition fonctionne à un niveau différent, non pas celui d'entités, mais celui de valeurs. Etant concernée pas les valeurs, l'intuition est ce qui construit la conscience. C'est la conscience qui dit à quelqu'un dans une circonstance donnée quelle chose à faire équitablement.

 Illumination et intuition

L'exemple classique de la façon inexprimable de la façon dont l'intuition fonctionne est l'expérience de la vie du Bouddha appelée "Illumination". Pendant six ans, en suivant différents maîtres, il a cherché comment surmonter les angoisses de la vie et arriver à la paix de l'âme. C'est en restant en médiation sous un grand arbre qu'il trouvé ce qu'il cherchait. Cette découverte est connue sous les noms de "révélation","réveil" illumination.La révélation est le fruit de l'intuition.

Les déistes traditionnels éprouvent des difficultés à voir la "révélation" équivalent à l'intuition, leur objection étant que l'intuition part de l'intérieur, alors que la révélation vient de l'extérieur.Prendrions nous l'intuition comme une activité commençant et se terminant à l'intérieur du cerveau humain? Une telle question semble étrange, voire fantasque, mais qui se devait d'être posée d'après le célébre psycho-analyste Carl.C.Jung. Sa réponse mérite réflexion.D'après lui, l'intuition est moins le résultat de l'activité d'un esprit individuel que le résultat de la psyché universelle agissant au travers d'un esprit individuel.

" C'est pour cette raison que je différencie ce que j'ai produit ou acquis par mon propre effort conscient et ce qui est clairement et indubitablement le produit de mon inconscient. On pourrait objecter que l'esprit inconscient est plutôt mon propre esprit et qu'une telle différentiation est superflue. Mais je ne suis pas du tout certain que l'esprit inconscient est simplement mon propre conscient, car le terme "inconscient" signifie ce dont je ne suis pas conscient.....

Mon expérience psychologique a vu à plusieurs reprises que que le contenu vient plus souvent de la conscience que de l'inconscient. Ils contiennent une analyse, un éclaicrissement ou connaissance que l'inconscient n'a pas été capable de produire. Nous avons un terme pour un tel événément: l'intuition. On ne crée pas une intuition, elle vient à vous.

 Le Bouddha lui-même n'a pas vu la révélation comme quelque chose qu'il avait crée lui-même, au moment de son éveil spirituel, il a dit :" la connaissance et la vision apparurent en moi. Insaisissable est la délivrance de l'esprit" L'idée d'une vision éclosant, suggère que cela est venu plutôt par l'intuition que par une activité de l'esprit individuel.

C'est ainsi que l'intuition, d'un point de vue introspectif, est réellement en-dessous du concept de la "révélation" et amène par là les fondations de "croyance" ou "foi" religieuses. C'est dans ce sens que nous admettons que les Ecritures de religions comme le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam sont révélees. Elles sont "révélées" car ce qu'elles contiennent n'a pas été trouvé au travers de la raison analytique de personnes centrées sur elles-mêmes. Ce sont des éclaircissements de personnes extraordinaires qui ont compris la vie en profondeur.La Bible hébraïque contient les indications sur la vie et la vie correcte de Moïse et des prophètes, le Nouveau Testament celles de Jésus et Paul, et le Coran celle de Mohammet.

 Le langage religieuse

Si nous comprenons la parler de Dieu correctement, nous devons réaliser que chaque mot dit avec le mot "dieu" est dans un sens symbolique. Des expressions telles que "Dieu parle, Dieu écoute, Dieu créé, Dieu protège, Dieu pardonne, Dieu punit" pris en eux-mêmes sont de la poésie et rien d'autre.Ce que cela veut dire, sont les qualités avec lesquelles les humains devraient parer leur vies.Ils doivent écouter leur conscience et respecter leurs obligations avec responsabilité. Ils doivent accepter les limitations de leur existence avec réalisme et ses fortunes avec joie et gratitude. Ils doivent se relier à la force de leur esprit intérieur et faire face aux problèmes de la vie avec espoir et courage. Ils doivent accepter leurs fautes, les corriger et toujours lutter afin de s'améliorer.

Des nombreux concepts qui s'expriment dans le langage imagé de la religion, celui de Dieu, est assurément, le plus important, mais il y en a d'autres: tels que des êtres non-corporels comme les anges et les démons, et des endroits non-terrestres tels que le paradis et l'enfer. Les professeurs de religion doivent expliquer ces croyances-là correctement de sorte que les fidèles en comprennent le sens exact.A ce sujet il est réjouissant de savoir que même en-dehors du Christianisme, des professeurs éclairés voient la nécessité d'éveiller les croyants à la réalité profonde de ces expressions picturales.

Un bon exemple est donné par un moine bouddiste thailandais Buddhadasa Bhikkhu qui éclaire dans son livre "Deux sortes de langages"que toute croyance religieuse peut être interprétée comme "langage quotidien" ou "langage Dhamma(spirituel). Succinctement il explique les deux sens dans lesquels les croyances principales du Bouddhisme peuvent être interprétées En guise d'illustration, nous citons ci-dessous son explicationh du "Nirvana" qui désigne l'ultime but du Bouddhisme qui représente populairement la place de l'immortalité où les croyants se retrouvent après leur mort.

" Dans le langage courant, le Nirvana est un endroit et une ville. Les prédicateurs parlent souvent de "Nirvana, ville de l'immortalité" ou "cité merveilleuse du Nirvana". Les personnes qui entendent ces termes ne les comprennent pas bien, ainsi ils veulent aller au Nirvana car là tous les voeux sont excaucés!! Dans le language Dhamma, le Nirvana signifie l'extinction absolue de souillure et de condition insatisfaisante...là on trouve le "ici et maintenant"(hic et nunc NdT)

 La valeur de la leçon donnée par le moine est indéniable.Il n'y a pas d'autre chemin à suivre par les professeurs de religion que de regagner la vie et être explicites envers nos contemporains. Quand on enseigne une croyance religieuse, on a l'obligation d'éclairer le message spirituel caché derrière une image matérielle.

 II. PERSPECTIVE DU LIVRE

 Après cette introduction générale sur le mot "religion",et sur la façon dont le langage religieux doit être déchiffré, nous pensons avoir situé comment le Christianisme sera expliqué ici: càd dans une perspective bien précise, celle sous la forme de la Vision de la Vie La méthodologie utilisée suit cette perspective..Il est bien entendu que nous ne suivrons pas la méthode uni-religieuse habituelle qui dit que le Christianisme est la seule et unique religion. Notre méthode est celle enseignée à des Chrtétiens de cette dénomination, elle est cosmo-religieuse, elle considère les adeptes de toute religion avec respect ,et le Christianisme uniquement dans sa dimension spirituelle..

L'étude est basée comme tout exposé sur le Christianisme, sur la Bible, un des plus grands livres jamais écrits qui a poussé des gens à aspirer à vivre les vraies valeurs de la vie enseignés non seulement par ce livre. Cette interprétation de la Bible n'est pas arbitraire, mais n'est faite pour être obligatoire. Notre but est uniquement de faire réfléchir les lecteurs afin qu'ils prennent leurs décisions par eux-mêmes. Le respect pour la liberté de pensée une obligation quand l'éducation religieuse est donnée dans une forme adulte.

C'est ainsi que le texte n'a pas été surchargé de notes, de références qui font autorité. Notre but n'est d'écrire une bibliographie. Ce que je pense que ce que j'ai fait est la seule façon de pouvoir soumettre un livre sur le Christianisme à la réflexion personnelle des Chrétiens ainsi que des non-Chrétiens.

La caractéristique de la présentation du Christiansime est que celui-ci est supra-culturel et supra-institutionnel. La présentation de la Vision de Vie permet à un lecteur non chrétien de bénéficier de cette religion sans pour autant devoir abandonner sa propre tradition religio-culturelle.

L'idée d'accepter les valeurs d'une autre religion, sans devoir abandonner sa propre religion, n'est pas seulement possible, elle se produit aussi dans la vie de tous les jours.Il y a des grands penseurs et professeurs hindous qui estiment le message spirituel du Christianisme et le font connaître, sans pour cela abandonner leurs propres croyances. Afin d'illustrer cela, nous proposons un bref extrait du livre "le Christ que nous adorons", par le révéré guru hindou Swami Ranganathananda de la mission Ramakrishna à Calcutta :

"Ici aux Indes, nous avons appris par notre religion, à regarder de grands professeurs avec un coeur ouvert à l'inspiration qu'ils ont pour toute l'humanité.Notre approche de la vie de tous les professeurs a quelque chose de beauté.Il n'est aisé de comprendre comment nous les Hindous savons ouvrir nos coeurs avec une égale ferveur pour recevoir l'inspiration de ce grand fils de l'homme, Jésus. L'approche indienne de la religion est expérimentale te non dogmatique. C'est dans sa spritualité que l 'Inde fait sa quête religieuse et non un besoin de dogme. Ainsi, l'approche de Jesus Christ explique l'hospitalité spirituelle de l'esprit hindou.

Cette approche ouverte sera appréciée et acceptée par les êtres pensants du monde dans les prochaines années. Ce qui est considéré comme étant une possession de la culture nationnale sera éventuellement devenue une part intégrale de la culture et de la civilisation humaine.Une telle consommation"permettera de libérer l'esprit christique des entraves de principes sectaires étroits dans lesquels il est figé depuis des siècles.Ce sera le service rendu par l'esprit de l'Inde d'aujourd'hui à la religion du grand Maître.

 Cette proclamation d'un maître religieux vénéré en Inde est très profonde, et contient une pensée servant notre but. Nous ne pouvions trouver meilleure pensée pour éclairer la section préliminaire de notre livre et pour souligner la perspective dans laquelle nous allons examiner le Christianisme dans les pages suivantes.

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1. Conze….

2. CG Jung....

3. Antony Fernando…

4. Buddhadasa Bhikkhu…

5. ibid.

6. Swami Ranganathananda…

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2E PARTIE: L'ANCIEN TESTAMENT:

LA CROYANCE EN DIEU COMME PROJET DE VIE

 Quatrième Chapitre

LES LIVRES DE L'ANCIEN TESTAMENT

( LA BIBLE HÉBRAÏQUE)

Aucune religion ne peut être comprise aujourd'hui sans avoir une connaissance des religions qui l'ont précédée. Certaines religions sont de nouvelles versions d'anciennes ou sont nées en réaction contre celles-ci. Nous ne comprendrons pas les enseignements du Bouddha sans avoir un idée du brahmanisme qui existait à son époque. De même comprendre l'enseignement de Mahomet sans idée préalable du Judaïsme, voire du Christianisme, est difficile.

Le Christianisme est la religion qui est dépendante du Judaïsme dont elle émane et qui a été fondée par un Juif. Le Christianisme n'abandonna jamais le Judaïsme et ne s'en distancia pas. Son but premier était d'ailleurs de corriger la façon dont le Judaïsme était pratiqué en son temps.

Les Chrétiens d'aujourd'hui ne parlent pas tellement de leurs racines juives quand ils expliquent leur histoire. Ils ne vont pas au-delà de l'époque de leur fondateur et insistent sur leur appartenance institutionnelle. Cette approche est aussi erronée que de faire commencer l'histoire du protestantisme avec Luther. Le protestantisme est une réforme du christianisme qui, lui, est une réforme du judaïsme. L'affinité entre les deux est manifestée par le fait que les Ecritures juives font partie intégrante des Ecritures chrétiennes. Elles ont été reprises sans la moindre modification.

Les Ecritures juives sont appelées aujourd'hui la "Bible hébraïque". Le mot hébreux se réfère à la langue dans laquelle elle a été écrite. Bible veut dire livre en grec ancien. Les juifs considéraient leurs écritures comme le livre par excellence. Jésus parlait de la Loi ou de la Loi et des Prophètes. Il se conformait à ce qui y était écrit et ne voulait rien y changer.

« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes. Je ne suis pas venu pour abolir mais pour accomplir. En effet, je vous le dis en vérité, il ne disparaîtra de la Loi ni un seul iota ni un seul trait de lettre jusqu'à ce que tout soit accompli » (Mt 5:17-18).

La bible hébraïque

Nous ne connaissons aucune religion qui ait repris toutes les écritures d'une autre mais les Ecritures Chrétiennes ne sont pas limitées à la Bible Hébraïque. Les chrétiens ont leurs propres écrits relatant la vie de Jésus et l'histoire de l'Eglise primitive. Ces deux livres n'en forment qu'un aujourd'hui. Ces deux parties sont de grandeur inégale: la Bible juive est le triple de celle des Chrétiens. Dans le langage israélite, "testament" signifie "contrat, alliance". Les Juifs se croyaient liés spécialement avec Dieu. Cette affirmation n'est pas le propre des Juifs, la plupart des communautés anciennes affirmaient avoir un lien spécial avec leurs dieux ou déesses. Pour les juifs, Dieu protégeait leur peuple pour autant qu'ils obéissaient à la loi de Dieu.

Les Chrétiens appellent les Ecritures Hébraïques Ancien Testament et les leur Nouveau Testament. Le mot « ancien » ne veut pas dire dépassé , cela signifie que les Chrétiens tout en respectant la conviction des Juifs d'être liés spécialement avec Dieu, croyaient en une nouvelle alliance, plus universelle, que Dieu avait faite avec l'Humanité entière. Une bonne compréhension de la Bible Hébraïque est donc nécessaire pour comprendre le Christianisme. Les écrits hébraïques sont divisés en trois parties : la loi, les prophètes et les écrits (livres poétiques et historiques).

 1. LA LOI

La première partie de l'Ancien testament appelée La Loi, est divisée en 5 livres :

1) la Genèse, 2) l'Exode, 3)le Lévitique, 4) les Nombres et 5) le Deutéronome.

Ces cinq livres sont considérés par les Juifs comme formant un tout, et sont appelés Pentateuque, mot grec signifiant les cinq livres. Si on appelle ces livres "la Loi",c'est parce qu'ils contiennent les éléments de base de la constitution politico-religieuse des juifs, et sont valables, aussi, en tant que livres d'histoire et de spiritualité.

 a) les livres de la loi

Le coeur de la Loi est constitué par les Dix Commandements donnés aux Juifs par Dieu lui-même. Le nombre des commandements était de dix pour pouvoir être facilement mémorisés. Ces commandements ne sont pas seulement énoncés mais aussi expliqués et commentés. La Loi juive insiste sur les obligations sociales des individus, mais ces lois peuvent être aussi appliquées dans n'importe quelle autre communauté.

"Tu ne feras aucun tord à une veuve ni à un orphelin. Si vous le faisiez et qu'ils élèvent leurs cris vers moi, j'entendrai leurs cris. Mon courroux s'enflammera, je vous ferai périr par l'épée et vos femmes deviendront des veuves, vos enfants orphelins. Si vous prêtez de l'argent aux pauvres de mon peuple vous n'exigerez pas d'intérêts. Si tu prends en gage le vêtement de ton voisin, tu le lui rendra avant le coucher du soleil car, sinon, dans quoi dormira-t-il? Vous ne ferez pas de faux témoignages. Vous ne suivrez pas les autres quand ils font le mal. Lorsque tu témoigneras dans un procès, tu ne te mettras pas du coté du plus grand nombre pour faire fléchir la justice. Tu ne favoriseras pas davantage le pauvre dans son procès. Tu n'accepteras aucun présent car les présents aveuglent les plus clairvoyants et perdent les causes justes."

La valeur de telles lois impressionne les lecteurs d'aujourd'hui qui peuvent être déconcertés par la violence de certaines paroles de Dieu. Ces expressions ne sont choquantes que pour ceux qui n'ont qu'une compréhension incomplète de ce que veut dire la révélation. Le fait que Dieu est l'auteur de la Bible ne doit pas être pris à la légère.

Les lois énoncées ici, sont présentées comme étant celles de Dieu. C'est Moïse qui apporta son éclairage visionnaire pour montrer qu'elles viennent de Dieu. Moïse, outre un visionnaire, était un chef énergique et intelligent. Il savait qu'un peuple impétueux ne pouvait être contrôlé et discipliné sans utiliser des menaces de mort. Il devait lui inculquer la crainte de Dieu.

La loi juive contient des prescriptions concernant les relations humaines à l'intérieur de la communauté, ainsi que la description de rituels pour les fêtes et festivals juifs. Elle contient également des prescriptions pour les prêtres. Dans la société juive , un famille, celle des Lévy, était destinée à la prêtrise, comme chez les Hindous, la caste des Brahmanes .

b) Partie historique

Le Pentateuque, même s'il contient beaucoup de lois, n'est pas constitué uniquement de lois, Il contient aussi l'histoire du peuple juif et c'est dans ce livre que l'on trouve leurs origines.

Ceux qui sont appelé "Juifs" aujourd'hui n'ont pas toujours été appelés ainsi. Au cours de leur histoire, ils ont reçus de nombreux noms. On les a appelés enfants d'Israël d'après le surnom de leur ancêtre Israël. Israël signifie qui combat avec Dieu, ce qui est une allusion au courage et à l'endurance que les juifs ont montré dans leurs luttes contre leurs voisins. On les reconnaissait aussi à leur langue, l'hébreu. Dans la Bible, ils sont appelés peuple élu de Dieu.

Les deux premiers livres du pentateuque, la Genèse et l'Exode, sont particulièrement prisés et aimés des juifs car ils contiennent l'histoire de leurs origines. La Genèse parle de l'histoire de leurs origines en tant que tribu et l'Exode de l'origine en tant que race. Jacob, fils d' Isaac, petit fils d'Abraham avait douze fils. Abraham vécut vers 18OO avant JC. Il est considéré comme le premier et le plus grand patriarche du peuple juif.

L'Exode parle de l'histoire de Moïse. En Egypte, du temps des pharaons, Moïse libéra son peuple de l'esclavage. Les hébreux étaient soumis à de durs travaux de constructions par leurs maîtres égyptiens. Moïse les emmena dans une région désertique où ils recouvrèrent leur liberté, leur dignité et devinrent un peuple libre. La sortie d'Egypte, ou exode, a eu lieu aux environs de 1250 av.J.C.

Cette histoire, du peuple hébreux n'est, probablement, pas un récit impartial, mais elle a contribué à leur donner une grande fierté.

 c) Spiritualité

On peut aussi étudier ces cinq livres du point de vue de la spiritualité car ils contiennent certaines des révélations les plus fondamentales de la pensée juive. On trouve dans ces livre l'histoire de la création du monde par Dieu; cette histoire a joué un rôle incommensurable en faisant reconnaître humblement aux gens leur état de créature et aussi, avec un sens de responsabilité, leur dignité d'êtres créés à l'image de Dieu. Nous y trouvons aussi la quête spirituelle d'Abraham qui est présenté comme le croyant modèle: il savait ce que voulait dire écouter Dieu. D'une autre grande importance, est l'histoire de Moïse qui apprit au peuple juif ce que devait être la croyance en Dieu, au travers des lois et de la révélation de l'alliance avec Dieu.

Il est à porter au crédit du judaïsme que s'il est au départ une religion de forme clanique, il contient en lui des éléments de la religion adulte à un niveau très élevé que des non-juifs peuvent adopter et aimer. Cette forme de monothéisme devint le fondement de deux religions multi-raciales, le Christianisme et l'Islam.

Le Pentateuque est la partie la plus ancienne de la Bible. Il y a très longtemps il constituait la totalité de la Bible. De fait, chez les Samaritains qui se sont détachés du judaïsme, il est demeuré le seul livre saint. Pour celui qui étudie l'Ancien testament pour rechercher ce que le christianisme a hérité du judaïsme, le pentateuque est un livre essentiel.

 II. LES PROPHÈTES

Le deuxième groupe important de livres de l'Ancien testament, s'appelle les "Prophètes". Ce nom, en grec, signifie ceux qui " parlent pour" et désignaient, parmi les Juifs, ceux qui étaient regardés comme les "porte-parole de Dieu". Les prophètes commençaient leurs messages par des mots tels que : « Le Seigneur m'a révélé que… » (Is22:14), « ainsi parle le Seigneur… » (Is22:15). Ces personnes animées par un grand amour pour la communauté montraient les mauvaises actions qui se passaient au sein du peuple, et ce faisant, ils prévenaient des conséquences fâcheuses qui arriveraient tant que de tels comportements perdureraient.

La notion de prophète et de prophétie que l'on trouve dans l'Ancien Testament n'est pas propre aux Juifs. La prophétie existe partout où vivent des personnes honnêtes et courageuses qui dénoncent les injustices et les malversations dans la société. Elle n'est pas limitée à une nation, une époque ou une religion. Des hommes tels que Matin Luther King et le Mahatma Gandhi, qui ont dénoncé des injustices perpétrées dans leur pays, peuvent aussi être appelés prophètes.

Les vrais prophètes ont été appréciés par des peuples de toute culture et en tous temps. Mais ils n'ont jamais été aussi appréciés que par le peuple juif, même s'ils reconnaissaient la valeur de leurs prophètes plus souvent après leur mort que de leur vivant. Lorsqu'ils reconnaissaient leur valeur, ils traitaient leurs messages comme venant de Dieu lui-même, et conservaient soigneusement leurs prophéties pour le bien de leur descendance. Elles furent rassemblées dans le livre des Prophètes.

Le livre des Prophètes a été divisé en deux groupes : "les premiers Prophètes" et les "Prophètes tardifs". Les "premiers prophètes" comptent quatre livres: a) Josué, b) les Juges, c) Samuel I et II. Les "prophètes tardifs" comptent quinze livres : les trois premiers a) Isaïe, b) Jérémie et c) Ezéchiel, sont appelés les prophètes majeurs, les douze autres, les prophètes mineurs : 1) Josué, 2) Joël, 3) Amos, 4) Abdias, 5) Jonas, 6) Michée, 7) Nahum, 8) Habakuk, 9) Sophonie, 10) Aggée, 11) Zacharie et 12) Malachie.

Dans la Bible hébraïque, les douze prophètes mineurs, copiés sur un seul rouleau, étaient considérés comme formant un seul livre, alors que dans les Bibles chrétiennes, ils sont traités comme douze livres séparés.

Tout comme la section dite "la Loi" ne contient pas que des lois, "les Prophètes" ne contiennent pas que des prophéties. D'ailleurs, les quatre livres dits « les premiers prophètes » n'en contiennent quasiment pas ! Ce sont essentiellement des livres historiques. Ils couvrent l'histoire du peuple juif depuis la mort de Moïse. C'est l'histoire des combats du peuple juif qui luttait pour pouvoir s'installer sur la terre de Canaan appelée ensuite Palestine et après cela pour y avoir leur propre gouvernement. Les Prophètes mineurs sont tout autres, ils contiennent des messages et des écrits des prophètes. Le lecteur remarquera que leurs propos étaient parfois très nationalistes. Ils appellent sur leurs ennemis la vengeance Divine. Ce qui est un comportement habituel des religions claniques.

 L'histoire politique d'Israël

L'histoire du peuple juif telle que décrite dans "les prophètes" est divisée en trois périodes. La première peut être appelée « l'ère du royaume unique » et s'étend de 1020 à 933 avant le Christ. Pendant cette période de 87 ans, sous les règnes de Saul, David et Salomon, les Juifs (appelés alors Israélites) possédaient leur propre royaume. La période qui suit fut celle des deux royaumes. Après le règne de Salomon, des conflits intérieurs entraînèrent la division de la nation en deux parties: le groupe le plus important garda le nom d'Israël, il occupait le nord du territoire. Il avait son propre roi. Ce royaume du Nord accumula les problèmes en deux siècles et disparut complètement en 721 av JC lors de l'invasion par les Assyriens qui étaient l'une des plus grandes puissances de l'époque. Le royaume du Sud, celui de Judée, resta indépendant un peu plus longtemps. Ses habitants, appelés Juifs, perdirent aussi leur indépendance après 346 ans.

La troisième période commence en 587 av. JC, sous l'occupation étrangère. Les citoyens de Judée ne perdirent pas leur identité ainsi que le firent ceux d'Israël au nord. Mais, par la suite, sauf sous la courte période des Maccabées, famille juive révolutionnaire, ils subirent la domination étrangère. Leurs occupants se succédèrent : Babyloniens, Grecs et Romains. Sous les Babyloniens, une grande partie des Juifs fut déportée à Babylone. Cette période est appelée L'Exil Babylonien. Au temps de Jésus, les juifs vivaient sous l'occupation romaine. À cette époque, ils avaient subi six siècles d'occupation étrangère. Mais, bien qu'ils aient perdus leur indépendance depuis si longtemps, ils n'avaient jamais perdu leur rêve : retrouver leur autonomie comme au temps du roi David.

Cet aperçu de l'histoire juive doit être gardé en mémoire si l'on veut comprendre les activités et les messages des prophètes. Autrement il est difficile de comprendre les espoirs et l'agonie de cette société clanique au sein de laquelle vivaient les prophètes. L'activité des prophètes était inséparable du caractère uni-racial juif dans lequel ils remplissaient leur mission. Par la suite, les Chrétiens qui avaient une tradition multiraciale ne comprirent pas le sens profond de l'enseignement des prophètes : ils ne virent dans les prophéties que des supputations, des projections dans le futur, et ne virent dans les prophètes que des personnes qui avaient été envoyées par Dieu pour annoncer la venue sur terre de Jésus-Christ. Ils réduisaient ainsi la perception juive du prophète en tant que réformateur de la religion et de la société.

Pour comprendre "les Prophètes" correctement, nous devons voir le rôle qu'ils jouaient en montrant aux Juifs ce qu'il fallait entendre exactement par l'adoration de Dieu. Cet enseignement que nous examinerons dans le chapitre suivant est excessivement important pour comprendre ce que signifie "croire en Dieu" d'après la Bible. La Loi et les Prophètes sont les deux livres les plus importants de la Bible. A cette époque, la Bible hébraïque n'était composée que de ces deux livres.

 

 III. LES LIVRES HISTORIQUES ET POETIQUES

Les grands écrits appréciés des Juifs au cours de leur histoire furent consignés et rattachés à la Bible par la suite ; ils comprennent des poèmes, des pages historiques, des écrits apocalyptiques et des proverbes. Il y en douze : 1) Job, 2) Psaumes, 3) Proverbes, 4) Ruth, 5) Esther, 6) Ecclésiaste, 7) le cantique de Salomon, 8) les lamentations, 9) les chroniques, 10) Esdras, 11) Nehémie, 12.) Daniel.

On appelle « livres de la sagesse » : Job, les Proverbes et l'Ecclésiaste. Des hymnes appelés « psaumes » se rattachent aussi à cette catégorie. Ces livres se détachent de tous les autres, ils comprennent des réflexions sur la vie qui ont une valeur universelle. Les idées contenues dans ces livres sont très proches des Ecritures de religions comme l'Hindouisme et le Bouddhisme.

 En lisant la Bible

Les quelques faits rapportés ci-dessus nous aident à avoir une idée de l'Ancien Testament. La Bible, même ainsi présentée, ne peut être lue comme un livre écrit à notre époque.

Pour comprendre toutes les ramifications d'un livre si ancien, beaucoup d'études et de réflexions sont nécessaires. Néanmoins nous n'irons pas jusqu'à dire que la lecture de la Bible est réservée à des érudits. S'il en était ainsi le but véritable de la Bible ne serait pas atteint : les écrits de toutes les religions s'adressent à tout le monde, et même s'ils sont écrits, ils se rattachent à une tradition orale. C'est pourquoi il ne faut pas oublier que, telles toutes les Ecritures sacrées, la Bible a en même temps une vision clanique et une dimension universelle : c'est ainsi qu'il faut comprendre le sens spirituel de la Bible. A chacun de découvrir dans son coeur s'il faut lire d'une façon méditative ou lire entre les lignes de la Bible éternelle.

Nous devons lire non pour étudier sa valeur littéraire mais pour y chercher le chemin de notre libération et de notre accomplissement en tant qu'êtres humains. La réponse simple de la Bible à cette recherche se résume à la phrase "Crois en Dieu".

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1. Les notations bibliques proviennent de la "nouvelle Bible Anglaise" Oxford Press.

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Chapitre Cinq

LA CROYANCE EN DIEU DANS L'ANCIEN TESTAMENT

UNE ATTITUDE ÉCLAIRÉE ENVERS LA VIE

Une bonne compréhension de la croyance en Dieu que les Chrétiens ont hérité du peuple juif trouve sa source dans l'Ancien Testament. Cette croyance, dans la Bible hébraïque, est naturellement exposée selon la tradition juive. Elle est inextricablement liée à l'histoire de leur race et fut façonnée par leur psychologie. Mais elle présente aussi des aspects universels car elle offre à des hommes de toute race et de toute culture une vision pour construire leur propre vie. Sept aspects de cette attitude sont étudiés ci-après, cinq proviennent des "Lois", un des "Prophètes", et le dernier des "Ecrits".

1. SE SENTIR PROTÉGÉ DANS L'ADVERSITÉ

D'après la pensée juive, la vie dans sa forme individualisée, n'est pas une entité laissée à elle même et qui dépend de ses propres ressources. Les êtres humains sont mystérieusement protégés. S'ils se confient à cette puissance protectrice, ils trouvent comment résoudre leurs problèmes et surmonter l'adversité.

Une preuve de cette dimension de la croyance en Dieu est illustrée par l'histoire d'Abraham, considérée par les Juifs, comme le Père de leur race et le modèle du croyant. Abraham était un chef de tribu vivant à Ur en Mésopotamie. Tout lui avait réussi, mais un de ses désirs était insatisfait : sa femme et lui n'avaient pas d'enfants. Quand la Bible commença à parler de lui, il était âgé de cent ans, et parlait de ce problème avec Dieu. Sceptique il demandait à Dieu comment réaliser ce souhait : « un enfant peut-il naître d'un homme âgé de cent ans, et dont la femme Sarah avait quatre-vingt-dix ans ? » (Gen.17.17) .

Cette histoire est une leçon sur la puissance qui protège la vie humaine. C'est la foi d'Abraham dans le pouvoir de protection miraculeux de la vie qui montre ici d'une façon symbolique la croyance en un Dieu personnel. En dépit de son scepticisme, Abraham croit en Dieu, et sa foi est récompensée sous la forme d'un enfant (Gen. 21-1.7).

Cette histoire nous montre que la Puissance de Vie de l'Univers est toujours aux côtés des êtres humains et leur offre son aide. Que nous appelions cette Puissance de Vie, Univers, Nature, Dieu ou Vie importe peu. Elle se préoccupe des besoins individuels de tous les êtres humains, que ce soit de la nourriture, du logement, de la descendance ou tout autre chose. Mais pour que cette Puissance devienne effective, l'être vivant doit mettre sa confiance totale en Elle/Lui.

Ainsi que dit la Bible, ce pouvoir protecteur mystérieux offre son assistance non seulement à un individu seul, mais aussi à des communautés entières ce qui est illustré d'une façon merveilleuse par l'histoire de Moïse dans le livre de l'Exode. A cette époque, les Juifs vivaient dans une situation excessivement pénible: ils étaient esclaves et opprimés par les maîtres de l'Egypte. Moïse voulait les délivrer de cette oppression, il croyait en Dieu et était convaincu que son plan réussirait.

Ce qui est frappant dans cette histoire, c'est la façon dont Moïse et le peuple israélite sont fortifiés et aidés dans leur lutte pour la libération. Dieu est montré venant les aider en se portant devant eux, comme le ferait un chef militaire. C'est ce qui effraya les chefs égyptiens. C'est Lui qui suggéra à Moïse ce qu'il fallait faire. Quand le peuple sortit d'Egypte, il les précéda le jour dans une colonne de nuée, et la nuit dans une colonne de feu.

D'après cette histoire et celle d'Abraham, Dieu vient non seulement au secours des humains, mais descendant vers eux, leur parle. Les entretiens de Dieu avec les humains, tels que décrits dans la Bible, sont des images, mais celles-ci expriment une vérité valable en tout temps et particulièrement en période d'épreuves et de souffrances. Cela montre que le Pouvoir de Vie de l'Univers, dont les hommes font partie, n'est ni mort, ni sourd, ni muet. En effet Il écoute, comprend, sent, et Il parle même. A ceux qui sont capables d'écouter cette voix, il dit " Tu es divinement protégé, n'aie pas peur."

L'impact de cette doctrine de protection divine sur le psychisme d'un peuple est d'une grande importance. Ce dont les gens manquent le plus dans la vie, ce n'est pas de nourriture, de logement, de santé ou d'éducation, c'est de courage et de confiance en soi. Face aux problèmes quotidiens, aux difficultés, les êtres humains, que ce soit comme individus ou en tant que membres d'une communauté, deviennent facilement la proie du désespoir et de la frustration. Un message tel que celui-ci, qui informe l'être humain démuni de l'existence d'une source miraculeuse de protection et d'aide, leur redonne confiance en soi et courage. Il leur permet ainsi de réaliser ce qu'ils n'auraient jamais osé faire.

On imagine aisément ce que la foi en Dieu représentait pour les juifs. Pour eux, Dieu était avant tout leur protecteur et leur libérateur. Jésus lui-même était imprégné de cette idée contenue dans la Bible et la présentait aux gens de son époque au travers de la notion de Dieu Paternel.

 II. AIMER L'UNIVERS

La deuxième intuition majeure du peuple juif était celle de sa relation avec l'Univers. Ainsi que nous l'avons vu, les êtres humains font partie du grand Univers avec le soleil, la lune, les étoiles, les arbres et les animaux. L'Univers est leur demeure. C'était quelque chose qu'ils se devaient d'aimer et de chérir. Le fait qu'ils sont une partie intégrante de l'Univers n'est pas gratuit : ils doivent apprendre à sauvegarder leur relation avec celui-ci. L'histoire de la Création décrite dans la toute première page de la Bible était destinée à donner au peuple les instructions nécessaires à ce sujet :
Au début de la Création, quand Dieu créa le ciel et la terre, la terre était informe et vide. Les ténèbres couvraient la surface de l'abîme et l'esprit de Dieu planait sur les eaux. Dieu dit « que la lumière soit! et la lumière fut, ....Il y eut un soir et il y eut un matin. Ce fut le premier jour. Dieu dit que le ciel et les eaux soient séparés et que la terre apparaisse et cela fut ainsi. Dieu appela le sol émergé « terre » et il nomma « mer » l'amas des eaux. Dieu vit que cela était bien...

Dieu dit " que des créatures vivantes apparaissent sur la terre selon leurs espèces : du bétail, des reptiles, et des animaux sauvages, de toutes les espèces" et Il vit que cela était bien.....Dieu dit alors " faisons l'homme à notre image et propre à régner sur les poissons des mers, les oiseaux du ciel, le bétail, tous les animaux sauvages et tous les reptiles qui rampent sur le sol."

Ainsi Dieu créa-t-il l'homme à son image ... il le fit mâle et femelle. Dieu les bénit et dit "croissez et multipliez, remplissez la terre et soumettez la, régnez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et sur tout ce qui bouge sur la terre.." Dieu contempla tout ce qu'il avait créé et vit que c'était très bien. Le sixième jour Dieu termina toute son oeuvre et se reposa le septième jour.(Gen.1) .

L'Ancien Testament n'est certes pas le seul livre à contenir un récit de la création, on trouve des histoires de la création dans les textes sacrés de la plupart des religions. L'Ancien Testament nous montre comment la tradition juive considérait la vie et l'Univers. L'Univers était un tout indivisible, tout était interdépendant et ne ressemblait nullement à un amoncellement où les éléments sont disposés au hasard.

Dans l'Univers, chaque fleur, chaque plume fait partir d'un plan précis dont les humains n'auront peut-être jamais la connaissance, mais qu'un tel plan existe est un fait que les hommes semblent capables de réaliser. Il y a plus d'unité dans l'univers que l'on puisse imaginer. Pris dans sa totalité, l'Univers est un corps animé par une âme vivante. Le véritable Esprit ou Souffle de Dieu est en lui. D'après le récit, l'Univers commença quand "l'Esprit de Dieu se mit à planer à la surface des eaux".

Dans l'optique de la Bible, chaque chose dans le monde est bonne et belle. Dieu déclara "cela est bien". Ainsi l'Univers et ce qui le compose mérite d'être admiré et employé utilement. La vision positive du Judaïsme sur l'Univers matériel est très spéciale. Même aujourd'hui il existe des interprétations religieuses selon lesquelles le monde matériel est hostile, malfaisant, même dangereux pour l'homme. Ce dont on doit se méfier ce n'est pas du milieu où nous vivons mais d'une mauvaise attitude vis-à-vis de ce milieu. La création dans ses moindres détails est bonne et la vie sur terre doit être appréciée.

Les Juifs pensaient que les hommes étaient responsables de la terre, ayant été faits à l'image de Dieu, le Maître d'œuvre. Les hommes ne sont pas les créateurs de l'Univers mais ils en sont les gardiens. De même qu'ils doivent prendre soin de la terre, ils ne doivent pas laisser les choses aller. Ils doivent aussi essayer d'améliorer leurs conditions de vie, même un tant soit peu. Comme dit un proverbe chinois " mieux vaut allumer une bougie que de maudire l'obscurité".

L'histoire de la création montre aussi aux hommes l'importance d'accepter leurs limites. Les hommes ne contrôlent pas entièrement leur vie. Ils ne sont pas entièrement autonomes. Leur vie est temporaire et se termine par la mort. En reconnaissant leur dignité intérieure comme créatures faites à l'image de Dieu, ils doivent accepter leur condition humaine.

L'histoire de la création est également une leçon pour mieux comprendre la société. Dieu créa toute l'humanité, pas seulement les Juifs (ou les Chrétiens..).Les êtres humains de toute couleur, culture ou religion, sont l'œuvre de Dieu. Quand nous réunissons toutes ces réflexions, nous pouvons dire que la foi des Juifs en Dieu émane de la façon très positive dont ils regardaient la vie, l'humanité et l'univers.

D'après la manière dont ce récit a été construit, il semble que l'auteur voulait inclure une leçon supplémentaire pour le peuple juif exclusivement. .Les Juifs divisaient la semaine en six jours ouvrables et un jour de repos le samedi (Sabbat). Il y eut des périodes où le besoin ou l'envie d'argent les a fait travailler le jour du Sabbat. Avec l'espoir de corriger cette tendance, l'auteur du récit Biblique montra que Dieu lui-même a travaillé six jours et s'est reposé le jour du Sabbat. Même quand il était occupé à créer le monde, Dieu est resté fidèle à cet horaire !

Au sens strict, réel, l'histoire de la Création n'a rien à voir avec l'origine historique du monde. Cet enseignement n'est pas adressé à des paléontologistes ou à des gens qui recherchent les origines de la vie. C'est une méditation destinée à faire saisir aux gens leur état de créatures ainsi que leur noblesse intérieure. Elle révèle aux hommes, l'importance d'aimer l'Univers et de vivre en communion constante avec lui. Rien ne montre la face cachée de Dieu autant que le mystère visible de l'Univers. Rien ne leur apporte la paix intérieure et la stabilité autant que de vivre en harmonie avec Lui. En résumé, la Création montre les attitudes de joie, d'admiration, de gratitude, d'espoir de responsabilité avec lesquelles les êtres humains se devraient d'embellir leur vie sur terre

 III. LA NATURE DE LA FAIBLESSE HUMAINE

La foi juive en Dieu contient une troisième révélation sur la vie. La nature humaine telle qu'elle est expérimentée par les individus a également un côté faible. L'inclinaison des êtres humains à tomber dans l'erreur et à mal agir leur est propre car ils sont nés "avec le péché originel" d'égoïsme et d'égocentrisme, ce qui veut dire que les êtres humains ne sont pas entièrement humains à la naissance. L'humanité, dans son sens noble, n'est pas innée, elle doit être achevée.

Le mauvais aspect de cette destinée humaine est décrit dans le récit de la création de l'homme qu'il faut appeler "chute des êtres humains". Selon ce récit, Dieu créa l'Univers. Il n'y avait personne pour cultiver la terre, et pour ce faire, il créa l'homme en prenant une poignée de poussière et en soufflant y insuffla la vie. Si on en juge par cette description, les êtres humains sont une combinaison étrange entre deux éléments opposés : ce qui est périssable comme de la poussière et ce qui est impérissable, le souffle divin.

Après sa création, l'homme fut amené dans un magnifique jardin, celui d'Eden. Cet homme fut appelé Adam (littéralement l'homme). Après sa création, Dieu lui fit une compagne appelée Eve. Dieu leur donna le jardin pour le développer et en profiter avec une seule restriction :

" Le Seigneur Dieu prit l'homme et le mit dans le jardin d'Eden et lui dit d'en prendre soin. Il dit à l'homme " mange ce que tu veux dans ce jardin sauf le fruit de l'arbre de la connaissance, si tu en manges, tu mourras...(Gen2: 15-17)".

C'est assurément une injonction étrange que fait Dieu à son jardinier Adam. Qu'y a-t-il de mal au fait de manger des fruits de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ? On penserait que c'est principalement de cet arbre qu'il devrait manger. La "connaissance" à laquelle on se réfère ici ne peut pas être ce qui éclaire la conscience de l'être humain, à savoir distinguer correctement entre le bon et le mauvais. C'est plutôt l'assertion, mauvaise en soi, qui fait affirmer "Je sais tout. Personne n'a à me dire ce qui est bien, ni ce qui est mal. Ce qui me déplaît est mauvais ".

Un individu qui aurait la capacité de décider ce qui est bien et ce qui est mal, et cela de lui même, deviendrait automatiquement l'égal de Dieu. Pour être pleinement humains, les hommes doivent être en harmonie avec les lois qui sont inscrites dans leur être. S'ils ne sont pas en harmonie avec la Nature universelle, et pour cette seule raison, ils cessent d'être humains, et dans cette optique, ils "meurent".

La suite de l'histoire dit que le premier homme et la première femme ont commis l'erreur de prendre la loi dans leurs mains. Le narrateur néanmoins réduit la culpabilité de leur action. Il insinue que le péché est moins l'expression de la méchanceté que la conséquence malheureuse de l'immaturité intérieure. L'immaturité provient du fait que les désirs des sens ne sont pas contrôlés. L'homme a été tenté par la femme, qui avait d'abord été séduite par le serpent, ce pouvoir maléfique qui induit le monde en tentation. L'histoire se termine par l'expulsion d'Adam et Eve du jardin d'Eden, destinés à travailler toute leur vie dans la misère et la souffrance, ce qui démontre clairement que l'infidélité à la Loi de la Nature et l'accomplissement humain sont incompatibles.

L'analyse de la situation pénible de l'homme se rapproche de celle du Bouddhisme. D'après le Bouddha, les hommes sont inévitablement dans un état de tristesse et d'agonie mentale. La cause en est leur égoïsme et leur égocentrisme. La cause profonde de leur égoïsme est leur manque de jugement. Ils sont incapables de saisir la vraie nature de la vie. S'ils surmontent leur ignorance et avec elle leur égoïsme, la voie sera ouverte, d'après Bouddha, à la libération. La libération est achevée quand on se conforme à la réalité de la vie, c'est-à-dire à la Loi du Dharma.

La deuxième histoire de la création contient une explication de la situation humaine qu'un être pensant ne peut ignorer : la nature humaine a un côté pathétique. Les être humains ne savent pas penser et agir aussi bien qu'ils le souhaitent, car ils sont victimes de leurs tendances à ne pas agir ainsi. C'est pour cela qu'il y a en eux un conflit perpétuel entre les désirs des sens et les demandes de la conscience. Les hommes n'ont pas à avoir honte de cette situation, car il y a un remède : c'est de parvenir à l'état de maturité mentale. Si les humains ne naissent pas parfaits, ils ont néanmoins les clés en mains pour le devenir..

 IV. LES OBLIGATIONS DE LA VIE

Une quatrième idée juive intéressante pour tout le monde, est celle qui concerne les obligations des individus envers leur société. Les Juifs considéraient ces obligations comme imposées par Dieu, et les appelaient "Commandements de Dieu" ou la "Loi de Dieu". Pour que tout le monde se les rappelle facilement, on les appela les Dix Commandements. On les trouve dans deux livres du Pentateuque, à savoir l'Exode (20 : 1-21) et le Deutéronome (5 : 6-21) Les numéros indiquant les commandements ont été rajoutés par la suite:

Dieu parla et ceci furent ses paroles:

Je suis le Seigneur ton Dieu qui t'ai fait sortir d'Egypte, le pays de l'esclavage.

1) Tu n'auras pas d'autre Dieu devant ma face.

Tu ne te feras pas d'images taillées ni aucune ressemblance des choses qui sont en haut dans les cieux, en bas sur la terre et dans les eaux plus basses que la terre.

Tu ne te prosterneras pas devant elles et tu ne les serviras pas ; car moi, l'Eternel ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui puni l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent et qui fait miséricorde jusqu'à la millième génération à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements.

2)Tu ne prendras pas le nom de l'Eternel ton Dieu en vain ; car l'Eternel ne laissera pas impuni celui qui prendra son nom en vain.

3)Observe le jour du repos pour le sanctifier. Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage mais le septième jour est le jour de repos de l'Eternel ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi ni ton fils ni ta fille ni ton serviteur ni ta servante ni ton boeuf ni ton âne ni aucune de tes bêtes, ni l'étranger qui est chez toi afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi.. Car, en six jours, le Seigneur fit le ciel et la terre, la mer et tout ce qui est dedans et le septième jour il se reposa. C'est ainsi que le Seigneur bénit le Sabbat.

4)Honore ton père et ta mère comme l'Eternel, ton Dieu, te l'a ordonné afin que tes jours se prolongent et que tu sois heureux dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne.

5) Tu ne tueras point

6) Tu ne commettras point d'adultère.

7) Tu ne voleras point

8) Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.

9-10) Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain ; tu ne désireras point la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

Tout le peuple entendait le tonnerre et l'éclair. Quand il entendit sonner la trompette et vit fumer la montagne, il trembla et se tint à distance. Ils dirent à Moïse "Parle-nous et nous écouterons, mais si Dieu nous parle nous en mourrons". Moïse dit "N'ayez pas peur, Dieu ne fait que vous tester afin que la crainte de l'Eternel reste en vous et soit ancrée dans votre âme." Le peuple se tint éloigné quand Moïse s'approcha de la nuée où était Dieu.

Tels qu'ils se trouvent dans la Bible, les Dix Commandements forment la base de la constitution civile des Juifs et sont destinés à eux seuls. Ceci éclaire si nous prenons le troisième commandement qui établit le samedi jour de repos. Ce commandement ne concerne pas les autres peuples. De plus, le Dieu auquel on attribue les Commandements n'est pas considéré comme le Maître du monde entier, mais comme le Dieu protecteur du peuple juif. "Je suis le Seigneur ton Dieu, celui qui t'a fait sortir d'Egypte, le pays de l'esclavage".

Néanmoins, le respect des vraies valeurs qui est présenté ici comme une nécessité vitale pour la survie et la stabilité de la communauté juive est aussi valable pour tous les autres peuples. Les peuples de toutes les races ont à défendre ces principes s'ils tiennent à faire progresser leur communauté.

Les deux premiers commandements soulignent le sens du religieux qui doit guider les individus pour l'accomplissement de leur vie personnelle. Le premier dit " Tu n'auras pas d'autre Dieu devant ma face, tu ne te feras aucune image de moi et le deuxième "tu ne feras pas un mauvais usage de mon Nom". Les Juifs présentent parfois le premier commandement comme étant l'image populaire de l'amour humain " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, avec toute ta force, avec tout ton esprit"( Lc 10:27) Cette formule dit que si on veut être vraiment humain, vraiment noble, vraiment divin, il nous faut chercher la bonté et les vraies valeurs avec tout notre coeur, toute notre âme, toute notre force, tout notre esprit.

Le deuxième commandement ,pris au sens littéral, signifie que le mot "Dieu" ne peut être utilisé à la légère, comme un juron; pris dans un sens plus profond, il sert à rappeler au peuple de ne pas prendre à la légère des hautes valeurs de la vie ou de tourner la religion en dérision. Ce que disent les deux commandements, " n'aie pas de faux dieux"signifie en réalité " ne construis pas ta vie sur de fausses valeurs". Cette idée est à la base de toutes les religions dans leur forme adulte.

Le troisième commandement, s'il est dans son application pratique, limité au seul peuple juif, contient également une leçon de portée universelle: l'obligation de prendre un jour de repos chaque semaine. Il rappelle au peuple que si l'oisiveté rend indigent, l'excès de travail peut faire de l'homme une épave. Le travail sans le repos, peut être motivé par l'avarice et peut provoquer la maladie.

Des dix commandements, les sept derniers forment un tout et montrent les responsabilités que les membres d'une communauté doivent prendre dans leurs rapports avec les autres. Le 4° (honore tes père et mère), le 6° (tu ne commettras pas d'adultère) et le 10° (tu ne convoiteras pas la femme d'un autre) sont destinés à préserver la cellule de base de la société humaine : la famille.

Le 5° (tu ne tueras point), le 7°et le 9° (tu ne voleras pas les biens des autres, ni les convoiteras), et le 8° (tu ne feras pas de faux témoignage), montrent les responsabilités non seulement vis à vis de la famille, mais vis à vis de la communauté. Les membres d'une communauté ne doivent pas blesser les autres, ni les exploiter. Ils s'abstiendront de détruire non seulement la vie des individus mais aussi leurs réputations et leur futur.

Les Dix Commandements sur la famille ou sur les responsabilités sociales ont des parallèles dans d'autres religions. Les "Cinq préceptes" (Pancha Seela) des religions qui appartiennent à la tradition indienne, Hindouisme et Bouddhisme, expriment la même chose sous forme de "serments" : 1. Je fais le serment de ne pas prendre la vie- 2. Je fais le serment de ne pas m'approprier les biens des autres- 3.Je fais le serment de m'abstenir de comportement sexuel malsain- 4. Je fais le serment de ne pas mentir- 5. Je fais le serment de ne pas prendre de boissons enivrantes.

Les commandements juifs et les préceptes hindous ont beaucoup en commun.

 V. LA PRATIQUE DE LA FOI

Les livres de la Loi nous éclairent sur la façon de pratiquer la foi en Dieu dans la vie personnelle .Le juste chemin pour suivre le commandement " pas d'autre Dieu" est montré par un épisode dramatique de la vie d'Abraham: le sacrifice d'Isaac. D'après le récit (Gen.22 :1-18)Dieu demande à Abraham de lui sacrifier son fils unique Isaac (Gen. 22:1-18).

La notion de sacrifice humain peut nous sembler horrible, mais à cette époque, les sacrifices humains n'étaient pas rares. Isaac était le fils unique d'Abraham, sa seule source de sécurité pour le futur. Sans Isaac, son avenir aussi bien que toute sa vie serait vide de sens. Mais Abraham avait une plus grande foi dans la vie et dans ses valeurs que dans sa propre descendance. Il obéit immédiatement et il prépara le bûcher pour le sacrifice. Quand Dieu vit l'esprit altruiste d'Abraham, il fut satisfait. Il arrêta le sacrifice et fit amener un bélier par un ange.

Le sacrifice est l'expression suprême de l'adoration . C' est le symbole de la soumission aux vraies valeurs de la vie en totale opposition à la satisfaction des désirs personnels. Le moi cherche à atteindre la sécurité au travers de ses possessions. Mais un être humain pourrait-il posséder quelque chose? Ainsi parla Bouddha dans le Dhamma pada (ch5, vers.3) " Si quelqu'un ne possède pas sa propre vie, comment pourrait-il posséder ses propres filles ou fils?" La Foi en un seul et unique Dieu n'est d'ailleurs qu'une confiance profonde et totale dans les vrais valeurs de la vie, en opposition avec celles qui son égocentriques, et par là même illusoires. Pris dans ce sens, nous devons dire que l'histoire d'Abraham est l'illustration authentique du commandement " tu n'auras pas d'autre Dieu devant ma face ».

 VI. VOIR DIEU CHEZ LES PAUVRES

Les livres de la deuxième partie de l'Ancien testament dits "les Prophètes", présentent d'estimables aspects de la foi juive en Dieu. Pour eux, la foi en Dieu représente la vision qui permet aux individus d'organiser leur vie quotidienne correctement. Nous en choisissons une leçon qui est particulièrement importante aujourd'hui, c'est l'identification de l'adoration de Dieu avec les soins aux pauvres.

On comprend généralement que le sacrifice est un acte de révérence à Dieu. Pour qu'un sacrifice soit réellement un acte de révérence à Dieu, il doit être fait dans un réel esprit de sacrifice.

Pour les prophètes, n'était authentique un sacrifice que s'il était offert par une personne qui était en relation juste avec les autres. Dans leur optique, sans un désintéressement authentique, une charité réelle, le sacrifice était stérile. Des prophètes tels qu'Isaïe et Amos se sont élevés d'une façon véhémente contre les sacrifices accomplis en dehors d'une vie juste. Isaïe mit dans la bouche de Dieu cette condamnation d'un rituel juif :

"Que sont pour Moi ces innombrables sacrifices, dit le Seigneur ? Je suis repu de l'offrande des béliers et de la graisse des boeufs. Je ne désire plus le sang des taureaux et des moutons. Qui vous a demandé de faire cela pour moi? Je ne supporte plus vos festivités de nouvelle lune, c'est devenu un désert pour moi et je ne supporte plus qu'à ces moments là vous éleviez vos bras pour prier. Je ferme mes yeux pour ne pas voir cela. Même vos innombrables prières, je ne les écoute plus. Il y a du sang sur vos mains, lavez-vous et soyez propres. Chassez le mal de vos actes, loin de ma vue. Cessez de faire le mal et apprenez à faire le bien. Soyez justes et défendez ceux qui sont opprimés, donnez des droits aux orphelins, plaidez la cause de la veuve" (Is 1/11-17).

Dans le livre d'Amos, Dieu condamne l'insensibilité des riches en Israël. Ils ne se souciaient pas de la ruine de leur pays, ni des souffrances endurées par le peuple, mais vivaient dans le luxe. Tout en se comportant de cette façon, ils prétendaient être religieux en accompagnant les chants de prière avec les harpes rituelles.

" Vous qui festoyez avec des agneaux et des veaux gras, couchés sur des lits d'ivoire, vous qui pincez les cordes du luth et inventez des instruments de musique comme David, qui buvez du vin dans des coupes et enduisez votre corps avec les huiles les plus riches, vous n'êtes pas peinés de la ruine de Joseph ( le peuple d'Israël), et maintenant, et pour cela, vous connaîtrez les chemins de l'exil et ce sera la fin de votre oisiveté et de vos festins. (Amos 6:4-7)"

De tels exposés révèlent le sens réel du sacrifice comme expression de l'adoration de Dieu. Ce que disent les prophètes semble révolutionnaire et, paraît même, anti-religieux à un croyant traditionaliste. En réalité, ils disent la même chose que des hommes éclairés qui ont compris, depuis toujours, que la religion est une façon de vivre juste. Ainsi, d'une façon similaire, parla le grand sage et prophète indien Rabindranath Tagore (1861-1941) dans son poème célèbre "Gitanjali" (Chants d'offrandes).

" Arrête cette façon de chanter, de psalmodier et de dire ton chapelet. Qui donc adores-tu dans ce coin sombre du temple aux portes closes? Ouvre tes yeux et vois que Ton Dieu n'est pas devant toi! Il est là où le laboureur laboure le sol dur et où le cantonnier casse les pierres. Il est avec eux au soleil, sous la pluie et son vêtement est couvert de poussière. Enlève ton saint manteau et, comme lui, vient sur le sol poussiéreux"

D'après les Prophètes, qu'ils soient Juifs, Indiens ou autres, la foi en Dieu n'est pas dans la profession publique des croyances ou principes. Pris ainsi, la foi en Dieu devient une façon simple de vraie humanité. Les hommes qui sont inhumains envers les autres, ne peuvent être appelés croyants en Dieu même s'ils offrent les sacrifices les plus coûteux dans leurs églises ou temples.

 VII. SAISIR LE MYSTÈRE DE LA SOUFFRRANCE

 Les livres de la troisième partie de l'Ancien testament apportent leur propre éclairage sur la foi en Dieu en tant que façon d'appréhender la vie. Nous étudierons ici le livre de Job pour la leçon qu'il nous donne sur la manière de comprendre le mystère de la souffrance.

Une question déroute les hommes partout, et ce depuis toujours : " pourquoi doit-on souffrir? Pourquoi tant d'innocents doivent-ils souffrir alors qu'ils n 'ont pas commis de fautes? Peut-on croire en un Dieu juste au milieu de tant de souffrance et de tant de souffrances injustes? C'est à ces vraies questions que la Bible, dans la courte histoire de Job, cherche à donner une réponse.

Job, né dans le pays d'Uts, homme sans reproches, qui craignait Dieu et se détournait du mal. Il avait sept fils et trois filles, possédait sept mille moutons et cinq cents vaches et boeufs, cinq cents ânes et un grand nombre d'esclaves. Cet homme était le plus grand des enfants de l'Orient ( Job 1 :1-3). Malgré sa bonté et son innocence, il devint la victime d'une succession de malheurs qui lui furent envoyés par Satan afin d'éprouver la vertu de Job.

D'abord il perdit ses possessions matérielles: les boeufs, les moutons et les chameaux. Mais ce n'était rien par rapport à ce qui suivit: ses fils et filles invités dans la maison du fils aîné pour une grande fête, furent pris dans un ouragan et disparurent. Son tourment fut grand mais Job l'accepta en disant :

" Je naquis nu

Je retournerai nu d'où je suis venu

Le Seigneur donne et le Seigneur reprend

Loué soit le Nom du Seigneur! (Job 1:21)

Ce n'est là que le début de ses souffrances: jusqu'ici, il n'avait perdu que des biens matériels, son corps était intact, mais il fut affligé d'abcès qui couvrirent tout son corps. L'histoire continue afin de nous éclairer sur la tempête conflictuelle qui se développait dans l'esprit de Job. Ses amis lui rendirent visite afin de le consoler mais finirent par essayer de le convaincre qu'il était en train de payer pour quelques péchés secrets. Leur opinion se basait sur le principe que seuls les pêcheurs souffrent.

A la fin de l'histoire, Job est profondément éprouvé, il ne peut pas prouver son innocence ni trouver une solution à la question " pourquoi les innocents souffrent-ils?" Ne voyant venir aucune consolation, il se tourne alors vers Dieu auquel il n'avait jamais osé poser la question. A cause de sa situation désespérée, il accuse presque Dieu de cruauté pour le traitement injuste qu'Il lui a infligé:

" J'appelle Ton aide et Tu ne viens pas

Je suis en train de plaider, mais Tu sembles sourd

Toi qui t'es retourné cruellement contre moi

et avec Ta main dure Tu me poursuis avec haine

J'en appelle à un témoin pour me défendre!

Que le Tout Puissant plaide sa cause contre moi! (Job 30:20-25; 31-35)

Dieu lui répondit, mais sa réponse était aussi une question. Cette question est le noeud du récit et laisse Job médusé mais réveille aussi son esprit engourdi et lui permet de voir la réalité de l'existence humaine sous un tout nouvel éclairage :

" Alors le Seigneur répondit à Job du milieu de la tempête :

Qui est celui qui obscurcit mes desseins

par des discours sans intelligence ?

Ceins tes reins comme un homme vaillant ;

Je t'interrogerai et tu m'instruiras.

Où étais-tu quand je posais les fondations de la terre?

Dis-le si tu as de l'intelligence.

Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu ?

Ou qui a étendu sur elle le cordeau ?

Sur quoi reposent ses piliers. (Job 38:1-5)

Aussi étrange qu'il puisse paraître, ces paroles de Dieu ne répondent pas à la question de savoir pourquoi les gens souffrent, ni même pourquoi ils souffrent injustement. Pourtant il ne pouvait y avoir de réponse plus claire à cette question: cette histoire dit simplement que l'esprit humain est trop petit pour comprendre le plan de Dieu au sujet de la souffrance, tout comme il est trop petit pour comprendre l'Univers dans sa totalité. Cette réponse est, certes, humiliante pour l'être humain, car elle rejette la possibilité pour l'esprit humain de comprendre aussi bien la souffrance que la mort et ce qui est au delà de la mort.

D'un autre côté, la réponse apporte un réel soulagement car il montre que ce qui est inintelligible à l'homme n'est pas nécessairement le fruit du hasard. C'est pourquoi les hommes doivent faire face à la vie dans un esprit d'humilité, mais également avec une confiance joyeuse car la vie est faite par Dieu, qui est en même temps intelligent, puissant et bienfaisant. La réponse de Job au Seigneur l'illustre très bien :

" Je reconnais que tu peux tout,

et que rien ne s'oppose à tes pensées

oui j'ai parlé sans les comprendre

des merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas (Job 42 :1-3).

Par ces mots, Job reconnaît sa folie et redit sa foi entière en Dieu. L'histoire se termine au moment où Job est récompensé, il retrouve ce qu'il a perdu. "Dieu bénit plus la fin que le début de la vie de Job".

Cette histoire peut paraître simple, mais son enseignement ne l'est pas. Sur la question de la souffrance humaine, aucune réponse ne pourrait plus consolante ou rassurante car elle montre que Dieu prend l'entière responsabilité de l'existence de la souffrance du monde. La souffrance n'est donc pas le fruit du hasard éventuel ni l'oeuvre d'un pouvoir maléfique. Dieu et lui seul, est la cause de la souffrance du moins dans sa forme inévitable et insurmontable. C'est ce qui rend la réponse si rassurante: si la souffrance est due à un Dieu bon et puissant, elle ne saurait être destructrice même si elle est humainement inintelligible. Son but est bon.

L'analyse que nous avons faite de la foi en Dieu dans l'Ancien Testament, devrait nous aider à voir des aspects vitaux de la foi en Dieu des Juifs, dont les Chrétiens ont hérité. Si nous avons analysé longuement la notion de la foi en Dieu, c'est d'abord pour la valeur durable des concepts juifs. Une autre raison en est que le Christianisme ne peut être bien compris sans avoir saisi convenablement la foi Juive. Jésus lui-même ne fit rien d'autre que d'éclairer ses fidèles sur la notion biblique de la foi en Dieu.

Si tous les aspects de la foi juive en Dieu tels que nous les avons expliqués, sont résumés très simplement, dans un langage ordinaire et séculier, c'est croire d'une façon juste en Dieu, c'est faire face à ses propres problèmes en assumant ses obligations d'une façon adulte.

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1. Tagore, Rabindranath, Gitanali (Mammillan, London 1953) poème 11.pp 8-9

 <Sommaire>

TROISIÈME PARTIE : LE MESSAGE DU NOUVEAU TESTAMENT

 Chapître Six

 LES ÉCRITS DES CHRÉTIENS - LE NOUVEAU TESTAMENT.

La bible des Chrétiens comprend, comme on l'a mentionné précédemment, non seulement les Ecritures Hébraïques, mais aussi un recueil d'écrits chrétiens: le Nouveau testament, que nous devons étudier pour connaître le christianisme dans sa forme primitive et la plus authentique. Il nous faut d'abord nous familiariser avec les livres qui le composent. Ce chapitre est une introduction générale et comprend deux parties. La première introduit brièvement le Nouveau testament et la deuxième étudie les Evangiles et pose un problème qui intrigue la plupart des lecteurs à savoir le récit des miracles.

1. LES LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT

Sous la forme que reconnaissent les chrétiens de toutes dénominations, le Nouveau Testament se compose de 27 livres différents. Certains de ces livres sont très petits, 2 ou 3 pages. Les plus importants n'en comptent qu'une trentaine. Ces livres sont traditionnellement divisés en quatre groupes :

a) les Evangiles (4 livres)

b) les Actes des Apôtres (un livre)

c) les Epîtres (21 en tout)

d) la Révélation (un livre)

Ces livres ont été écrits par plusieurs auteurs et s'adressent à des communautés différentes. Leur contenu peut poser problème aux lecteurs de la Bible. Pour résoudre aisément ces problèmes, il suffit de se souvenir que ces livres s'articulent autour de deux thèmes principaux : l'un est la vie et le ministère de Jésus, traité surtout dans les Evangiles, et le deuxième est la naissance de l'Eglise relatée dans les autres livres. Une fois que l'on a retenu ces deux thèmes, analyser le contenu des différents livres devient relativement aisé.

Les Evangiles

Les quatre Evangiles placés début du Nouveau Testament, en sont les livres les plus connus. Ils portent le nom des auteurs que la tradition leur attribue : Matthieu, Marc, Luc et Jean.

Le mot Evangile vient du grec et signifie "bonne nouvelle" . C'est aussi en ces termes que Jésus commença son ministère (Marc1:15) : il faisait allusion au message d'espoir pour lequel il était venu sur terre.

Le message de Jésus s'adressait directement à son peuple et son but était d'établir la valeur de la vraie foi en Dieu et de la vraie religion. Comme Jésus nous l'a dit, la vraie religion apporte de l'aide aux personnes qui traversent les pires épreuves. Les premiers Chrétiens trouvèrent dans ce message et chez ce messager une grande source d'espoir : « La Bonne Nouvelle ». C'est pourquoi ils appelèrent les récits de la vie de Jésus Evangiles.

Les premiers chrétiens essayèrent de nommer Jésus de manière à faire pleinement sentir la puissance salvatrice de son ministère. Etant essentiellement Juifs, ils utilisèrent les notions qui prévalaient à leur époque. Ils appelèrent Jésus " Messie" ou "Christ". Ces deux mots, l'un hébreux l'autre grec, voulaient dire « Rédempteur choisi par Dieu ». Par suite de toutes les souffrances endurées par le peuple juif, celui-ci avait nourri l'espoir, depuis des générations, que Dieu, le protecteur de leur peuple, enverrait un tel Rédempteur qui les libérerait. Les Prophètes partageaient cette croyance.

Les Juifs qui représentaient la majorité des premiers chrétiens, considéraient Jésus comme le "Rédempteur attendu" et l'appelaient pour cette raison "Christ". Parmi les non-juifs des premières communautés chrétiennes, qui ignoraient la signification profonde de ce mot, on adopta l'expression " Fils de Dieu". Pour eux le titre de Fils de Dieu était plus approprié pour indiquer la dignité et la noblesse de Jésus que le terme juif de Christ. Ces deux dénominations de Jésus sont utilisées dans les Evangiles.

Les trois premiers Evangiles, ceux de Mathieu, Marc et de Luc, ont beaucoup de points communs. Ce parallélisme indique que tous les trois ont été écrits dans un même esprit ou dépendent d'une ou de plusieurs sources communes. Pour cette raison on les appelle Evangiles Synoptiques, ce qui signifie, en grec, vu sous un même angle.

Le quatrième évangile, celui de Jean, est plus tardif et il a un style différent. Il est plus une méditation sur la portée du message de Jésus pour le réveil de l'humanité. Son message s'exprime avec beaucoup de symbolisme poétique. L'Evangile de Jean est considéré comme une étude de la spiritualité et du mysticisme chrétiens présentée dans le cadre de la vie de Jésus.

Dans leur forme littéraire, les Evangiles sont des biographies religieuses de Jésus. Même s'ils contiennent beaucoup d'éléments historiques, ce sont des récits et non des documents historiques. Les Evangiles ne sont pas des livres de référence mais des livres d'instruction religieuse. Ils se sont élaborés à partir de sermons et de méditations que les premiers chefs de l'église présentaient aux assemblées de chrétiens, ou dans les classes destinées aux nouveaux convertis. (fin de la relecture faite le 31.5)

Les actes des apôtres

Les quatre apperçus de la vie de Jésus appelé les Evangiles, sont suivis par l'apperçu de la vie de la nouvelle église dans ce qu'on appelle les "Actes des Apôtres". On emploie souvent le termes les "Actes" pour simplifier, ce qui sous entend ce que les Apôtres ont fait. Ils sont en général attribués à Luc, l'auteur du 3° évangile.

Dans sa forme actuelle, les "Actes" sont un livre d'histoire très important, et est considéré comme la meilleure source d'information sur l'Eglise dans sa toute première forme. Ils nous montrent comment l'Eglise qui naquit sous une forme quasiment uni-raciale, étant composée presque exclusivement de Juifs, a évolué vers une communauté multi-raciale ou catholique. L'auteur des Actes a présenté la transformation s'étant passé d'un façon plutôt pacifique, et spontanée. Les lettres de Paul, par contre laissent une toute autre impression, d'après lui, la transistion n'a pas été aussi douce quele décrivent les Actes.

Même s'ils ont intitulés les "Actes", ceux-ci ne décrivent pas les activités des Apôtres. Après acoir consacré les trois premiers chapîtres à l'origine de la communauté chrétienne sous Pierre, il continue par décrire longuement la vie et les activités de Paul, parce que le Christianisme doit une part importante de sa forme et expression aux activités de Paul, au point qu'un aurait pu appeler ce livre, le livre de Paul.

Les Epitres

Après les Evangiles et les Actes, nous trouvons dans le Nouveau Testament vingt et un écrits appelés les Epîtres. Celles-ci sont de vraies lettres écrites par les chefs de l'Eglise primitive à des groupes de Chrétiens ou à de simples individus habitant dans des contrées éloignées. Les Epitres servaient donc à éduquer les croyants qui n'étaient pas faciles à atteindre. D'après le nombre d'Epîtres conservées, on pourrait considérer" cum granum salis", les Apôtres comme les précurseurs du système d'éducation à distance.

Des vingt et une Epîtres, Treize sont de la main de Paul, et en général, elles sont antérieures aux autres; certaines sont même plus anciennes que les Evangiles eux-mêmes.

Le fait que tant d'Epîtres de Paul sont conservées indique aussi la grande estime dont il jouissait auprès des premiers chrétiens.

Les Epîtres de Paul, ne sont pas toujours faciles à comprendre, et le message qu'elles contiennent pourrait ne pas être compris si on ne tient pas compte du contexte de sa vie et de sa mission.Nous parlerons de la foi de Paul et son travail accompli, dans un chapître séparé.

La révélation

Le Nouveau testament se termine par un livre qui est très différent des autres par sa forme et son contenu. Attribué à un écrivain appelé Jean le Divin, il est appelé la Révélation. Ce livre qui contient un certain nombre d'allusions mystiques sur des endroits, des événements et des personnes qu'un lecteur moderne aurait peine à déchiffrer, tombe dans la catégorie de littérature dite "apocalyptique" ou "de fin du monde". La littérature apocalyptique apparaît lors de l"'existence ou des périodes où les croyants ont été brutalement torturés et persécutés par leur ennemis et surtout par des gouvernement puissants. En ce temps-là, les livres qui contiennent des prévisions sur le futur jour de victoire étaient écrits pour soulager et encourager les souffrants.

Le livre de la Révélation a été écrit aux temps où les Chrétiens subissaient la persécution du gouvernement romain, et par ce livre, il était rappelé aux Chrétiens que leurs souffrances cesseraient à la fin du monde, que l'on croyait être celui où les pouvoirs maléfiques cesseraient de régner et que viendrait l'avènement du royaume de Dieu.

Le Nouveau Testament : La façon de l'étudier

Ce bref sommaire nous aidera à avoir une idée générale de ce sont les livres du Nouveau Testament. Pour ceux qui veulent lire ces livres dans l'esprit de la Vision de Vie, il est important de signaler qu'ils ne sont pas aussi faciles à lire et à être compris qu'on le dit généralement. S'ils sont lus dans le désir de savoir par exemple ce que veulent dire les anges et les démons par exemple, ce qu'ils disent sur les valeurs de vie, il faut être particulièrement attentif; c'est d'autant plus important avec les Evangiles qui sont les livres les plus importants du Nouveau testament.

Les Evangiles proviennent d'un environnement historique et culturel particuliers, les événements auxquels se réfèrent ces livres, eurent lieu au sein d'une communauté qui était quasi entièrement juive. Comme les autres races, les Juifs avaient leur propre style de vie et leur propre façon de penser. pour ceux qui appartiennent à d'autres cultures et à une autre époque, ce qui se passa au sein d'une communauté isolée à une époque particulière, n'est pas facile à déchiffrer. D'autre part, en dehors du problème du contexte, il y a aussi le problème de la langue: les livres religieux emploient un langage qui n'est pas celui de l'homme de la rue.

Dans ces contextes particuliers du langage et du contexte, beaucoup de ce que les auteurs des Evangiles ont voulu dire pourrait être perdu ou incompris. Pour démontrer le genre de précautions et de d'introspection nécessaires, nous donnons ci-dessous une brève analyse d'un des aspects de ce racontent les Evangiles sur de Jésus. Nous l'avons choisi particulièrement à cause des difficultés qu'éprouvent les lecteurs modernes à le comprendre: il s'agit de l'image donnée par les Evangiles de Jésus comme une personne qui en a guéri beaucoup de malades miraculeusement.

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II. LES MIRACLES RACONTÉS PAR LES EVANGILES

Les Evangiles présentent Jésus comme un guérisseur. Il guérissait les gens par des miracles. Une place si importante est donnée aux miracles dans les Evangiles, qu'on les prendrait facilement pour des recueils d'histoires miraculeuses. Le texte suivant tiré de l'évangile de Marc en est un exemple :

"Jésus vint avec ses disciples à Capernaüm. Le jour du Sabbat, il se rendit à la synagogue et se mit à enseigner. Il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit impur. Il s'écria : "que nous veux-tu, Jésus de Nazareth, viens -tu pour nous détruire ? Je sais que tu es le Saint de Dieu ». Jésus le reprit sévèrement: « Tais-toi et sors de cet homme ». Poussant un grand cri, l' esprit impur sortit de lui.

" En quittant la synagogue, ils se rendirent dans la maison de Simon et André. La belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Ils lui en parlèrent. Jésus s'approcha et la prenant par la main la fit lever. La fièvre la quitta et elle se mit à les servir.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amena des malades et des démoniaques. Toute la ville était rassemblée dehors. Il guérit plusieurs malades atteints de divers maux et chassa plusieurs démons, ne permettant pas aux démons de dire qu'ils le connaissaient.

Un lépreux vint à lui et s'étant jeté à genoux lui adressa cette prière : « Si tu le veux, tu peux me guérir ». Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha et lui dit : " Je le veux, sois purifié " . Aussitôt la lèpre le quitta et il fut purifié.(Mc 1:21-42)

Dans l'Evangile de Marc, sur 666 versets, 209 parlent de miracles , ce qui fait 31%. Si nous laissons de coté le récit de la passion qui contient très peu d'éléments miraculeux, nous voyons que Marc traite à 44% de miracles. Les miracles ne constituent pas seulement une grande partie des Evangiles, mais ils en sont une partie très importante. Si on connaît mieux les Evangiles que la plupart des livres du Nouveau Testament, c'est parce qu'ils nous parlent des miracles. Les gens aiment les histoires. Ils s'en souviennent facilement. Plus elles sont frappantes et mieux on les retient. Rien n'est plus frappant au monde que les miracles. Les miracles ont un autre aspect. L'homme moderne est mal à l'aise face aux miracles car, pour lui, les miracles frisent la légende. Pour beaucoup, les miracles sont plus un obstacle qu'une aide à l'appréciation du message de l'Evangile.

Les miracles ne sont pas faciles à comprendre. La seule façon de les comprendre, est de les placer à la lumière du rôle qu'ils ont joué dans la communauté des premiers chrétiens: c'était pour montrer qui avait été réellement Jésus et quelle avait été exactement sa mission à l'intérieur de la communauté juive. Pour voir la relation entre le récit des miracles et la mission de Jésus, il y a des notions de base à garder en tête. En voici cinq :

1) Différences entre miracles et prodiges: le Christ n'aimait pas qu'on le prenne pour un faiseur de miracles: Pour comprendre les miracles il faut faire la différence entre miracles et prodiges. Les miracles soulagent les malades, ils apportent le soulagement et la libération, mais les prodiges ne font qu'étonner et mystifier. Les sages et les saints véritables ne souhaitent jamais étonner les gens, ils ne veulent pas être considérés comme des faiseurs de prodiges et de miracles. Seuls les faux saints et les faux sages le souhaitent. Bouddha vit clairement le danger de telles prétentions à la sainteté. C'est pourquoi il interdit à ses disciples d'essayer de faire des prodiges et fit de l'usage de tels pouvoirs un motif d'exclusion de ses communautés monastiques. Le Christ ne croyait pas non plus aux prodiges. Il condamnait ceux qui lui demandaient de faire des miracles pour prouver son autorité.

" Quand les docteurs de la loi et les pharisiens lui demandaient " Maître, nous voudrions te voir faire un miracle", Jésus leur répondit : " c'est une génération méchante et impie qui demande un signe"(Mt 12:38)

Nous voyons la même attitude dans le récit de la tentation dans le désert. Là aussi, Jésus dit clairement son refus d'apparaître au monde comme un faiseur de prodiges. Il refusa d'accéder à la demande de Satan de changer une pierre en pain et de sauter du faîte du temple sans se blesser. (Mt 4:1-11).

2) Raison principale de l'insistance des Evangiles sur les guérisons miraculeuses: Même si on trouve des récits de guérisons miraculeuses dans la plupart des religions, nous devons admettre qu'elles occupent une plus grande place dans les Evangiles que dans les autres religions. Il y a pour cela une raison spéciale. Le portait du Christ en guérisseur miraculeux avait, du point de vue des premiers chrétiens, une fonction très particulière à remplir.

Les Juifs qui acceptaient les enseignements de Jésus étaient convaincus que Jésus était le Messie que leur peuple attendait depuis longtemps. Le Christ était pour les juifs celui qui apporterait le soulagement à leurs douleurs et à leurs souffrances et qui inaugurerait le royaume de Dieu. Les chrétiens juifs devaient prouver la justesse de leur conviction aux autres membres de leur communauté. Pour cela, ils devaient montrer que Jésus soulageait réellement la douleur et la souffrance. L'image que les prophètes avaient donnée du Messie était celle d'un rédempteur. Le texte d'Esaïe que Jésus a cité lors de son premier sermon à la synagogue de Nazareth ( Esaïe 61:1-2) est très clair sur ce point :

"L'esprit du Seigneur est avec moi car il m'a oint

pour porter la bonne nouvelle aux pauvres

pour annoncer aux captifs la délivrance,

aux aveugles la guérison

pour renvoyer libres les opprimés

et pour proclamer une année de grâce du Seigneur (Luc 4:18-19)

Le type de miracles cités dans les Evangiles : la guérison des sourds, des muets, des infirmes, des paralysés, des possédés, a très clairement ce but en vue, c'est-à-dire montrer que Jésus est le Christ ou le libérateur de la souffrance, que le peuple juif attendait.

3) Attitude des gens face aux miracles: nous n'oublions certes pas que le besoin d'affirmer Jésus en tant que Messie et d'utiliser les guérisons miraculeuses comme argument dans ce but, était exclusivement destiné aux premiers chrétiens dont la plupart étaient Juifs. N'ayant pas idée de ce que représentait pour les Juifs la venue si longuement attendue du Messie, les chrétiens des époques ultérieures étaient incapables d'imaginer la valeur des miracles de l'Evangile dans leur intention première. Ils regardaient les miracles de la même façon que les membres d'autres religions. De tous temps, les gens ont adoré les histoires de miracles qui leur apportaient un message spécial. Pour des gens ordinaires, un faiseur de miracles est quelqu'un d'extraordinairement saint.

On discute autant de miracles aujourd'hui qu'à n'importe quelle période de l'histoire. On rencontre de temps en temps des faiseurs de miracles. Tous ceux qui ont entendu parler de Satya Sai Baba, un contemporain qui enseigne la religion aux Indes, le savent. Des millions de gens qui l'admirent et le suivent, lui attribuent de grands miracles. Ses fidèles n'ont aucune difficulté à le considérer comme une incarnation de Dieu, ils l'appellent "Bhagavan" ou "Seigneur Dieu".

Il n'est pas dans notre intention de décider de l'authenticité ou de la non-authenticité de tel ou tel individu, mais de montrer dans quel but on utilise les récits miraculeux. La plupart de ceux qui parlent de miracles ne se préoccupent pas de vérifier l'authenticité des miracles. Ils savent ce qu'implique l'attribution des miracles. Les individus auxquels on les attribue, sont extraordinaires.

4) les miracles comme expression de la foi: un autre point essentiel est l'explication que Jésus donne des miracles et le fait qu' il insiste sur la possibilité pour les croyants d'accomplir des miracles. Tout homme qui a la foi dans le pouvoir protecteur de la vie est capable de faire aussi des miracles, par lui-même. Cela apparaît clairement dans ce que Jésus dit à ses disciples :

"je vous le dis: si vous aviez la foi, comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne : déplace toi d'ici à là, elle se déplacerait et rien ne vous serait impossible". (Mt 17-20)

Selon Jésus, tout homme qui reste uni à la source de la vie reçoit une force miraculeuse pour surmonter les problèmes aussi insurmontables qu'ils semblent être. Jésus n'avait pas l'intention de faire de lui-même un faiseur de miracles unique car il regardait le miracle comme une expression de la foi individuelle. Ainsi qu'il le faisait comprendre au peuple, les guérisons miraculeuses qui se produisaient autour de lui n'étaient pas tellement l'émanation de sa propre action que celle de la foi des individus eux-mêmes. Cela apparaît clairement dans les paroles qu'il adressait à des gens qui avaient été guéris:" lève-toi et marche, ta foi t'a guéri". (Luc 17:19); "Prends courage ma fille, ta foi t'a guérie".(Mt 9:22).

De plus, la foi sur laquelle repose le pouvoir de guérison, ne s'appuie pas sur Jésus seul. Jésus aidait les gens à fortifier leur foi, mais la foi qui guérissait était la foi en Dieu ou, plus précisément, dans le pouvoir protecteur de la vie. Quand cette foi était absente, Jésus ne pouvait rien faire. Par ex., dans son propre village de Nazareth, Jésus ne pouvait faire aucun miracle parce que les gens n'avaient pas la foi.

« Il ne put faire là aucun miracle si ce n'est qu'il guérit un petit nombre de malades en leur imposant les mains et il s'étonna de leur incrédulité » (Mc 6:5)

Beaucoup de gens semblent ignorer que Jésus ne limitait pas le pouvoir de faire des miracles à lui-même et considérait que quiconque avait la foi était capable de faire des miracles. On utilise les miracles des Evangiles pour montrer que Jésus est de nature divine. Les Evangiles montrent aussi que Jésus voulait rendre tous les humains divins.

5) le ministère de guérison de Jésus: un autre fait est à prendre en considération si nous voulons comprendre correctement le rôle de Jésus en tant que guérisseur. C'est que la plupart des récits de miracles relatent la guérison de maux physiques. Ils pourraient nous amener à la conclusion que le seul but de Jésus dans son ministère était de guérir des maladies du corps. Les Evangiles néanmoins ne contiennent pas que des récits de miracles. Jésus ne fait pas que des miracles, il enseigne, il prêche, il convertit. On ne doit en aucun cas confondre Jésus avec un docteur en médecine. L' équipe d'apôtres qu'il envoya, n'était pas une équipe médicale de la Croix-Rouge, même s'ils avaient pour mission de "guérir toute maladie"(Mt 10:1). Les maladies qu'ils avaient à guérir était aussi d'un ordre différent.

Jésus s'intéressait au bien-être matériel des individus. Il s'occupait de leurs problèmes : nourriture, vêtements, logement et santé. Dans son enseignement sur la divine providence, il demandait aux gens de mettre leur confiance en Dieu qui s'occupe aussi des oiseaux du ciel et des fleurs des champs(Luc 12:22-28). Son intérêt n'était pas uniquement leur bien-être matériel car il termina son enseignement sur la divine providence par ces mots :

" ne vous mettez pas en peine de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez et n'ayez pas l'esprit inquiet, car tout cela, ce sont les païens de ce monde qui le recherche, et votre Père sait que vous en avez besoin. Mais vous, recherchez plutôt son royaume et tout cela vous sera donné par surcroît." (Luc 12:29-31).

Nous devrions interpréter les récits des miracles dans la perspective des enseignements de Jésus. La guérison que Jésus voulait réaliser était de soigner l'aveuglement, la surdité, la mutité et la paralysie dans le coeur des gens. Il voulait ressusciter les gens de la mort dans laquelle étaient tombées leurs âmes. Il voulait chasser les démons qui s'étaient emparés des esprits et non des corps. Aux yeux de Jésus, les gens autour de lui étaient plus malades qu'ils ne paraissaient l'être. Ils étaient malades d'envie, de haine, de désespoir, de peur, de frustration. Il leur manquait une vision intérieure, une bonne compréhension des valeurs. Intérieurement ils étaient morts. En réalité, ce n'étaient que des cadavres ambulants.

Cette courte explication sur les récits des miracles souligne le genre d'attention nécessaire à l'étude du Nouveau Testament et en particulier des Evangiles. Quand on lit les Evangiles à la lumière d'un réalisme adulte, ce ne sont pas des contes de fées ou de pieuses légendes, ce sont des livres qui offrent une vision intérieure sur la vie et montrent le chemin vers la vraie humanité.

 

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Chapitre sept

L'UNIVERSALITÉ DU MESSAGE DE JÉSUS

Si nous nous basons sur ce que le Nouveau Testament dit du ministère de Jésus, il apparaît clairement qu'il n'enseigna pas d'autre religion que le Judaïsme, et ce, au peuple Juif seul. C'est à cette conclusion que nous arrivons si nous relisons les directives qu'il donna à ses disciples quand il les envoya prêcher. Il dit: "N'allez pas vers les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis égarées de la maison d'Israël"(Mt 10:5-6). Il est vrai que les Evangiles disent aussi :" allez donc et faites de toutes les nations mes disciples...et enseignez-leur tout ce que je vous ai appris" (Mt 28:19-20). Mais cet ordre lui est attribué après sa résurrection d'entre les morts.

C'est pour cela que Jésus n'a rien prêché en dehors du Judaïsme. Si son enseignement contenait un message qui pouvait être prêché à toutes les nations, c'est parce que, au cœur du message qu'il apportait aux Juifs sur le Judaïsme, il y avait une Vision de la Vie qui avait de la valeur pour plus que le peuple juif seul. C'est pour cette raison que son enseignement pouvait devenir la base d'une religion multiraciale, multiculturelle qui est devenue le Christianisme. Si nous regardons cet enseignement d'assez près, nous verrons qu'il est faux de penser qu'il ne peut être utilisé que par ceux qui s'appellent aujourd'hui les Chrétiens.

Le dessein du message de Jésus est d'une valeur et d'une portée universelle, pas seulement pour la communauté chrétienne. Dans le monde d' aujourd'hui le nombre des non chrétiens est beaucoup plus grand que celui des chrétiens. Le message de Jésus apporte une vision de la vie que peut adopter une personne de toute culture et de toute religion. Pour comprendre la portée universelle de celle-ci, nous devons nous faire une idée claire de son message et trouver ce qui le rend si universel. Dans ce chapitre, après une brève description de la vie et du ministère de Jésus, nous examinerons l'essence de son message.

I - ESQUISSE DE LA VIE DE JESUS

Jésus était juif de race et de religion. Il vivait en Palestine que les Juifs considéraient comme leur Patrie. Quand Jésus est né, son pays était colonie romaine et l'autorité suprême était l'empereur de Rome. Jésus est né, d'après la tradition, en l'an 1. Notre calendrier compte les années à partir de cette date. Toutefois, des recherches récentes montrent que cette hypothèse n'est pas correcte et que le Christ serait réellement né entre 4 et 6 ans avant l'an 1.

Vie de Jésus avant son ministère.

On sait très peu de choses sur la vie de Jésus avant son ministère. Sa mère s'appelait Marie. Elle était mariée à un charpentier nommé Joseph. Une remarque des habitants du village natal de Jésus, rapportée dans les évangiles de Matthieu et de Marc, indiquent qu'il appartenait à une famille nombreuse. Des gens de Nazareth, après avoir écouté un de ses sermons, se demandaient : « n'est ce pas le fils du charpentier ? sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie ? et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? (Mat. 13 :55 ; Mc 6 :3).

Vu que les gens désignaient Jésus sous le nom de charpentier ou de fils de charpentier (Mt 13 :55), il est probable qu'il fut charpentier. Dans n'importe quel village, comme de même à Nazareth, le métier de charpentier ainsi que le charpentier, était respecté. Il se pourrait qu'il pratiquait très bien ce métier. En tant que juif, il connaissait bien la Bible et devait avoir méditer longuement sur son message.

En jugeant d'après son ministère, il est difficile d'admettre qu'il n'ait été qu'un charpentier ordinaire limitant ses préoccupations à son travail, sa famille et sa religion. Son esprit contemplatif était très ouvert. Il avait aussi une âme de poète. Il admirait la nature, sinon il aurait été incapable de parler de façon si enthousiaste des oiseaux du ciel et des fleurs des champs. Même s'il était charpentier de métier, il connaissait bien les agriculteurs et leur façon de semer et de moissonner. Il connaissait les bergers et comment ils veillaient sur leurs moutons et leurs chèvres.

Il avait aussi un cœur délicat et une conscience alerte. Il était blessé à vif quand il voyait une injustice, de l'hypocrisie. Il avait compassion des pauvres et des nécessiteux. Il s'exprimait avec beaucoup de franchise.

Si nous admettons qu'il avait dans sa jeunesse toutes ces qualités qui devinrent évidentes durant son ministère, nous pouvons être sûr qu'il avait un tempérament énergique qu'il lui permettait de prendre une part active dans les affaire de son village. Il avait certainement l'étoffe d'un chef. Il avait le don de se faire écouter et pouvait entraîner les gens à sa suite.

Rencontre avec Jean-Baptiste

Vers sa trentième année, âge auquel on considère généralement que quelqu'un est mûr, il commença son ministère. Les circonstances qui l'amenèrent à se lancer dans la prédication ne sont pas claires mais sa décision fut influencée par sa rencontre avec Jean-Baptise, l'ermite qui prêchait près du Jourdain, en Judée.

Dans ses sermons, Jean dénonçait publiquement la corruption qui régnait dans la société de son temps. A tous Jean prêchait la nécessité de la repentance et insistait sur le besoin de changer leurs vies égoïstes. Son message était simple : « Repentez-vous car le royaume des cieux est proche »(Mt 3 :2). Ceux qui décidaient de suivre son enseignement étaient soumis à un bain rituel dans le Jourdain. Du mot grec baptisma désignant le bain, provient le mot baptême. Jean fut appelé Jean le baptiseur ou Jean-Baptiste. D'après les évangiles, Jésus le rejoignit pour se faire baptiser.

« Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui. Mais Jean s'y opposait, en disant : c'est moi qui aie besoin d'être baptisé par toi et tu viens à moi ! Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Jean ne lui résista plus. Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau et voici les cieux s'ouvrirent et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : celui-ci est mon fils bien aimé en qui j'ai mis toute mon affection » (Mt 3 :13-17).

La façon dont cet événement est relaté montre comment les épisodes de la vie de Jésus ont été racontés par les membres des premières communautés chrétiennes, où s'était développée une grande dévotion pour la personnalité de Jésus. Si on interprète le langage religieux d'une façon réaliste, ce que dit ce passage est très révélateur. Jean était loin d'être un inconnu pour Jésus. Il était un proche parent. Etant les enfants de deux cousines et n'ayant que 6 mois d'écart ils peuvent même avoir été compagnons de jeux dans leur enfance.

Jean réalisait quelle était l'envergure de la personnalité de Jésus. Il a profité de la visite de Jésus pour montrer que celui-ci était plus apte que lui pour entreprendre le ministère dont la société juive avait un urgent besoin. Ce qui se passa alors dans l'esprit de Jésus ne peut être mieux exprimé que par la vision des cieux qui s'ouvrent, de l'esprit qui descend sous la forme d'une colombe et qui donne son approbation du haut du ciel. La rencontre avec Jean apporta à la vision intérieure de Jésus une confirmation qui orienta toute sa vie dans une nouvelle direction. Son moi profond lui parla d'une voix qui ne laissait aucun doute sur ce qu'il devait faire dans le futur. Il était sûr qu'il avait une grande mission à accomplir et qu'il possédait la force pour l'accomplir. Il sentait l'esprit de Dieu en lui. Dans la pensée juive, l'esprit était la puissance agissante de Dieu qui permettait aux humains éclairés de connaître leur mission dans la société et de l'accomplir consciencieusement. Suite à sa rencontre avec Jean, Jésus le charpentier devint Jésus le Rédempteur.

Le ministère

Jésus ne commença pas son ministère en Judée, comme Jean Baptiste, mais dans sa propre province, la Galilée. Son message initial était le même que celui de Jean : « Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche »(Mt.4 :17). A en juger par la façon dont Jésus commença son ministère, il est évident que l'exemple de Jean a eu un grand impact sur lui. C'est probablement ce qui est suggéré par la référence à Jean comme à quelqu'un qui a été envoyé pour « préparer le chemin du Seigneur »(Mt 3 :3). En ce qui concerne leurs ministères, Jésus et Jean avaient deux points communs, très importants : tous deux pensaient que la fin du monde était proche. Dans la pensée juive, la fin du monde voulait dire la fin du règne du mal et de la souffrance et la venue sur la terre du règne de la bonté et de la paix. C'est pour hâter ce règne de la bonté et de la paix et l'avènement d'un monde meilleur que tous d'eux engagèrent leurs vies.

Leur deuxième point commun était leur façon de comprendre la religion. Tous deux disaient clairement que la vraie religion était totalement différente de la forme clanique de la religion. Race et religion ne sont pas identiques. Personne n'est devenu religieux par simple appartenance à une race ou à une institution. La religion, c'est l'adhésion aux vraies valeurs de la vie et non l'adhésion à des croyances et des pratiques traditionnelles qui ne contribuent qu'à consolider les liens d'une communauté particulière. Jean montra clairement que le judaïsme, en tant que vision des vraies valeurs de la vie, n'avait rien en commun avec l'appartenance à la race juive. Il dit : « Je vous déclare que de ces pierres- ci, Dieu peut susciter des enfants à Abraham »(Mt 3 :9).

Entre Jésus et Jean, il y avait cependant une différence : chacun choisit un chemin différent pour son ministère. Jean choisit l'ascétisme rigoureux tandis que Jésus opta pour le service et la compassion. Il voulait apporter le Salut à la société dans laquelle il vivait.

Fin du ministère

Pour rendre sa campagne de réforme efficace, Jésus choisit un certain nombre de disciples qu'il forma pour cette tâche. Ceux qui lui était les plus proches furent appelés Apôtre. Ils étaient douze. Le ministère de Jésus était grandement apprécié par ses contemporains, surtout par les gens ordinaires.

Ils admiraient le courage avec lequel il dénonçait la corruption qui régnait dans leur société. Ils trouvaient une force intérieure au travers de l'interprétation qu'il donnait de la religion. Les pauvres, les laissés pour compte et les oubliés voyaient en lui un homme compatissant. Pour eux il était tout simplement un rédempteur.

Son travail, tout comme celui de tous les prophètes avant lui, ne plaisait pas aux leaders religieux. Ils voyaient, dans ses idées de réforme, une menace pour le judaïsme et pour le peuple juif. Ils firent campagne contre lui auprès des autorités romaines et firent en sorte qu'il fut condamné à mort. Jésus fut condamné à mourir sur la croix.

On ne sait pas exactement combien de temps dura son ministère : entre un et trois ans. D'après des calculs récents, Jésus est né en l'an 5 avant J.C. et mourut le vendredi 7 avril 30 apr. J.C. à l'âge de 35 ans. En comparaison avec d'autres maîtres religieux, Jésus mourut jeune. Bouddha poursuivit son ministère environ 45 ans et mourut à près de 80 ans.

Pour mesurer l'impact de son ministère il faut le rattacher à ce que réalisèrent , après sa mort, ceux qui crurent en Lui. Ses disciples organisèrent, après sa mort, une nouvelle religion qui ouvrit largement ses portes au non juifs. Ce résultat suffit à montrer la richesse et la profondeur du ministère de Jésus, qui étaient absentes dans celui des prophètes juifs et même dans celui de Jean Baptiste : leurs ministères ne suscitèrent pas la naissance d'une nouvelle religion et surtout d'une religion multiraciale et universelle.

II - L'ENSEIGNEMENT DE JESUS

Pour trouver ce qui était vraiment spécial dans le ministère de Jésus, il nous faut examiner le message contenu dans son enseignement. Il est dommage que nous n'ayons pas dans la bible un recueil de ses sermons ce qui faciliterait notre investigation. Il n'y a qu'un seul texte dans les évangiles que l'on appelle sermon. On le trouve dans Matthieu , chapitres 5,6,7. Il commence par ces mots : « Jésus, voyant la foule, se rendit sur la montagne, et quand il fut assis, il se mit à les enseigner ».(Mt 5 : 1-2).

Ce discours que l'on appelle « sermon sur la montagne » ne peut être considéré comme un sermon donné pour une occasion précise. D'après les spécialistes, nous trouvons ici un ensemble de déclarations faites par Jésus en différentes occasions. Ce durent être des déclarations qui ont frappés spécialement le cœur et l'esprit de ses disciples. On retient pendant longtemps de telles déclarations alors que l'on oublie facilement de longues prédications.

Ce qui est encore plus remarquable c'est qu'aux yeux des experts ce document serait la reproduction d'un très ancien recueil des paroles de Jésus, rédigé longtemps avant les évangiles. On appelle ce recueil : « L'Evangile perdu ». S'il en est ainsi, le sermon sur la montagne est un texte très important, car il nous permet d'approcher de très près la pensée de Jésus. Ce qui nous éclaire le plus dans ces paroles, c'est qu'elles nous permettent de saisir combien les leçons que Jésus donnait aux juifs, étaient valables pour tout un chacun. Jésus disait aux juifs, non pas seulement comment être juif, mais aussi, comment être humain. Il répondait aux questions que les juifs se posaient en tant que juifs, mais aussi en tant qu'hommes.

Parmi toutes ces questions que nous nous posons constamment, il y en a une qui est particulièrement cruciale. Cette question peut être exprimée de différentes manières, mais le problème qu'elle pose est un : « comment puis-je être juste ? Comment puis-je être réellement heureux ? Comment accomplir pleinement ma vie ? ». Les hommes qu'ils soient juifs ou non, chrétiens ou non, cherchent tous à savoir comment mener une vie droite.

Voici quelques extraits du sermon sur la montagne qui apportent la réponse de Jésus à ces questions.

La vraie noblesse

Le Sermon sur la Montagne commence par une série de pensées qui montre ce qu'est le vrai bonheur, la vraie noblesse :

Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les affligés, car ils seront consolés !

Heureux ceux qui sont doux, car la terre leur appartiendra !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !

Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,

car le Royaume des cieux est à eux ! (Mt 5 : 3-10).

Ces huit affirmations qui toutes commencent par le mot Heureux sont appelées « Les Béatitudes ». Leur but est clair. Elles montre que Jésus avait une conception du bonheur humain tout à fait différente de celle de la plupart d'entre nous. Pour beaucoup, être heureux c'est avoir du pouvoir, des plaisirs et des biens, alors que pour Jésus on atteint le bonheur, non parce que l'on possède de bonnes choses mais parce que l'on a un cœur bon.

Jésus ne présente pas ici une philosophie du bonheur dont on discutera dans les écoles. Il parle à des affligés. Il se préoccupe des soucis et des peines que les gens doivent affronter dans leur vie quotidienne. Les Béatitudes ne sont pas des rêveries philosophiques, mais des paroles de consolation, de compassion et d'encouragement.

Non seulement Jésus a compassion des gens, de leur affliction et de leur tristesse, mais il leur montre les grands trésors qu'ils possèdent cependant. Leurs biens ne sont pas quantitatifs mais qualitatifs : la douceur, la soif des vraies valeurs, la miséricorde, le désir d'apporter la paix à ceux qui se déchirent, accepter la souffrance pour qu'éclate la justice. Ces qualités apportent aux hommes un bonheur plus grand que la possession des biens matériels.

Il faut remarquer la façon dont Jésus parle ici du Royaume des Cieux et aussi de Dieu ou des Fils de Dieu. Les chrétiens d'aujourd'hui considèrent parfois le Royaume des Cieux comme l'endroit ou l'on arrive après la mort. Pour Jésus le Royaume est un état d'esprit, une attitude envers la vie. Ceux qui ressentent le « besoin de Dieu » ou ceux qui souffrent pour la justice sont déjà dans le Royaume des Cieux.

De plus, pour Jésus, les gens n'ont pas besoin d'attendre d'aller au ciel pour voir Dieu. Les cœurs purs voient Dieu maintenant. Aujourd'hui, la plupart des chrétiens utilisent le mot « Fils de Dieu » en parlant de Jésus seul. Mais ici, Jésus dit que ceux qui procurent la paix seront appelés « Fils » par Dieu lui-même. Jésus n'avait qu'un seul but, dans les Béatitudes, c'était de montrer ce qui rend les hommes véritablement humains et ce qui en fait de vrais « Fils et (filles) de Dieu ». 

Nécessité du bon exemple

Selon Jésus, les gens dont l'âme est noble, ont un grand rôle à jouer dans la société. Ceci, parce que la société et les individus ne deviennent pas bons automatiquement. Pour que la bonté gagne du terrain, elle doit être nourrie par le bon exemple. Les sociétés sont transformées et illuminées par des individus éclairés qui, dans leurs vies quotidiennes diffusent la bonté. Les gens qui cherchent a être vraiment nobles, doivent mener leurs vies de manière à être une inspiration pour les faibles et une lumière pour ceux qui sont dans l'obscurité. S'il n'y a pas de bon exemple, le mal triomphe :

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra t-on ? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ».(Mt 5 :13-16).

 Pour être vraiment riche

Pour Jésus , la religion c'est de donner la priorité à ce qui est vraiment prioritaire..Les humains se doivent de choisir à quoi ils donnent la priorité, ils doivent ancrer dans leur esprit les valeurs qu'ils veulen vivre et sauvegarder. Personne ne sait pas travailler dans deux buts opposés, une personne ne peut pas être cherchant en elle-même et altruiste en même temps.

Ne gardez pas pour vous même des trésors où ils poussent, rouillent, sont mangés des mites ou volés. Cachez les trésors au ciel où il n'y a pas de mites, ni rouille, ni voleurs pour casser et voler, car où est votre trésor sera votre coeur aussi.

On ne peut servir deux maitres en même temps, car on hait l'un ou l'autre, il pensera du bien du premier et rien du second. Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent"(Mt 6:19-24)

 Se voir avec réalisme

La religion selon Jésus est la réalisme:les personnes réalistes acceptent leurs fautes, mais sont rares dans ce monde. Une des plus grandes faiblesses au monde est qu'il y a plus de correcteurs du monde que de correcteurs d'eux-mêmes. Les gens vraiment corrects ne critiquent pas les autres.

"Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés , car si vous jugez les autres, vous serez jugés vous-mêmes, et ce que vous mesurerez pour les autres, le sera pour vous-même. pour regarder la sciure dans l'oleil de votre frère, vous ne verrez pas la planche qui est dans votre oeil"?

Comment savez-vous dire à votre frère " laisse moi enlever la sciure dans ton oeil, quand il y a une poutre dans votre oeil? Hypocrite! enlève d'abord la poutre qui est dans topn oeil avant de t'occuper de la paille dans l'oeil de ton frère!" (Mt 7:1:5)

 La force de caractère

Selon Jésus, la seule chose qui fait les gens grands et forts, c'est la fidélmiyté à la lumièe, c'est la fidélité aux vraius valeurs de la Vie, mais le chemin des vraies valeurs de la Vie est étroit, et ceux qui cherchent ce chemin doivent éviter les faux guides qui indiquent de mauvaises routes. Il y en beaucoup qui sous le couvert d'enseigner la religion ne cherchent qu'à établiur leur propre pouvoi, élargir leur institution ou promouvoir leur culture, ils ne sont pas intéressés par la diffusion les vraies valeurs ou de construire leur caractère, Jésus voyait de telles personnes comme des loups dans la bergerie.

Mais si les gens se sont détournés, et qu'ils découvrent ce que sont les idéaux auxquels il faut adhérer, alors ils récoltent les fruits et resteront forts comme du roc.

"Entrez par la voie étroite. La porte est grande celle qui mène à la perdition, elle est vaste, et beaucoup choisissent cette route; mais la route qui mène à la vie est étroite et ceux qui la trouve sont peu nombreux.

Evite les faux prophètes, des hommes quin viennent habillés en mouton sont des loups féroces, on les reconnait aux fruits qu'ils portent. Y a-t-il des raisins sur les ronces? De la même façon un bon arbre porte toujours des bons fruits et un mauvais des mauvais fruits.

Et l'homme qui porte ces mots qui sont les miens et agit selmon eux? Il est comme celui qui construit une maison sur le rocher.La pluis tombe, le vent souffle et frappe cette maison qui ne tombera pas à cause de ses fondations.(Mt 7:13-25)

 L'essentiel de la religion

Une autre parole de Jésus qui est trop courte pour être mla comprise et trop profonde pour être commentée est la suivante:

" traite toujours les autres comme ils te traitent, c'est la Loi et les Prophètes"(Mat 7:12)

 Jésus ne parlait que de Judaïsme aux juifs, en leur enseigant ce que contenait leur Bible,appelée alors " la loi et les prophètes", peuit etre résumés en moins d'une douzaine de mots.

On pourrait voir ici l'audace de Jésus de réduire ainsi un texte de mille pages en quelques unes, mais qu'est une longue phrase pour Dieu? La réponse est sim:ple: l'idée qu'avait Jésus de la religion est très différente de celle de la plupart des contemporains.La religion n'est pas matière à être conceptualisée ni disscutée, c'est quelque chose à être expérimenté et vécu. Aussi étrange qu'il puisse sembler, la vraie façon de faire l'expérience de Dieu et en même temps son propre soi, est de faire attention et d'aimer les gens. Cette vérité subtile a été exprimée d'une façon succinte par les vers suivants;

Je cherchais mon âme, et ne pouvais la voir

Je cherchais Dieu, mais Dieu m'évitait

Je cherchais mon frère et je trouvai les trois.

 Les quelques extraits du Sermon sur la Montagne que nous avons reproduit et qui d'après des savants sont d'évidents textes anciens des paroles de Jésus, éclairent un point particulier du ministère de Jésus. Il montre que le message de Jésus donné aux Juifs n'est pas valable que pour eux, mais est destiné à tout le monde en tout temps, car jésus parlait aux humains en tant qu'êtres humains. Il voulait montrer comment arriver au niveau le plus noble d'humanité, et pour y arriver, il ne mentionna pas des matières jugées importantes aujourd'hui qui sont les croyances, la performance de rites, l'appartenance à une institution; pour lui, la religion c'est l'adhésion aux valeurs qui anoblissent la vie et le vivant: c'est ce qui est marquant dans son message et le rend si universel. La façon dont il voyait la vie sera expliquée dans les chapîtres suivants.

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1. La Bible des lecteur d'Oxford

2.dans une fome plus courte, le sermon sur la montagne peut être trouve chez luc 6:20-49

3. MACK Burton l'évangile perdu le livre de Q et des origines chrétiennes

 <Sommaire>

Chapitre huit:

 LA RELIGION SELON JESUS

Le Sermon sur la Montagne que nous avons examiné dans le chapitre précédent est sans nul doute une source inestimable pour trouver ce que Jésus enseignait. Mais on trouve également ses enseignement ailleurs. Dans les évangiles, on les trouve sous forme de paraboles, de sentences, de conseils et d'avertissements. Quelle qu'en soit la forme, ce qu'Il disait n'avait qu'un seul but : enseigner à son peuple ce qu'est la vraie religion. Pour lui, établir le Royaume de Dieu, c'était établir la vraie religion.

Dans le but de trouver comment Jésus comprenait la religion, nous allons examiner ses enseignements selon trois critères :

I- les enseignements de Jésus sur la vraie et la fausse religion

II- le chemin de Jésus vers l'humanité parfaite

III- sa vision de l'Eglise.

I-La vraie et la fausse religion

D'après Jésus, il y a une forme vraie mais aussi une forme fausse de la religion. Dans sa forme vraie, elle aide les gens à grandir et à devenir adulte. Dans sa forme fausse, c'est une superstition trompeuse ; et la superstition, comme un ulcère, prive les gens de leur vitalité. Les religions succombent parfois à cette croissance maligne. Comme Jésus l'a vu, le judaïsme de son époque était tombé dans ce triste état et devait être guéri. La religion fausse a ses propres caractéristiques. On peut reconnaître les adeptes de la religion fausse. Jésus a montré bon nombre de leurs caractéristiques, nous en citerons quatre.

La suffisance

La religion fausse amène les gens à être trop surs d'eux-mêmes et leur fait croire, à tort, qu'ils sont supérieurs aux autres. C'est la leçon que Jésus enseigna par la parabole du pharisien et du publicain. Les pharisiens étaient membres d'une secte juive traditionaliste. Comme certains d'entre eux gardaient leurs distances vis à vis des gens du commun, le terme pharisien était symbole de suffisance religieuse. Les publicains étaient des percepteurs d'impôts. A cause de la malhonnêteté habituelle avec laquelle ils extorquaient de l'argent, on les considérait généralement dans la société juive, comme des gens irréligieux. Le pharisien et le publicain se rendaient tous les deux au temple pour prier :

« Le pharisien, se tenant debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces en ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ni même comme ce péager. Je jeûne deux fois la semaine ; je donne la dîme de tous mes revenus. Le péager, se tenant à l'écart, n'osait pas même lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. »( Luc 18 : 11-13)

Pour Jésus, il y avait une plus grande piété chez le publicain qui se reconnaissait pécheur, que chez le pharisien imbu de lui-même. Le publicain se voyait tel qu'il était. Le pharisien ne savait pas qui il était réellement.

L'ostentation

Une autre caractéristique de la religion fausse est l'ostentation. Les gens qui ne sont pas réellement religieux aiment pourtant montrer qu'ils sont religieux, ils aiment jouer « les saints ». Jésus voyait là une faiblesse de beaucoup de religieux de son temps. Il en parlait même d'une manière sarcastique. Il disait à ses disciples de ne pas les imiter :

« Gardez vous d'étaler votre justice devant les hommes…Quand donc tu feras l'aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être honorés des hommes. En vérité, je vous le dis, ils ont leur récompense. Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite, afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera. »( Matthieu 6 : 1 &endash; 6 )

Le ritualisme

Une troisième erreur est le ritualisme. Les rites et rituels sont naturels chez les hommes. Cependant ils sont seulement un moyen et non une fin. S'ils n'amènent pas les gens à bien s'acquitter de leurs responsabilités, ils deviennent grotesques. Dans le judaïsme du temps de Jésus, les rites et rituels étaient plus importants que le souci des pauvres et des nécessiteux. Jésus condamnait fermement de telles interprétations fausses du culte divin :

« Hypocrites. Esaïe a bien prophétisé à votre égard, lorsqu'il dit : ce peuple m'honore des lèvres ; mais son cœur est bien éloigné de moi. C'est en vain qu'ils me rendent un culte ; ils enseignent des préceptes qui ne sont que des commandements humains. » ( Matthieu 15 : 7- 9 )

Le légalisme

Une autre erreur est le légalisme. La loi est certes nécessaire à l'harmonie de la vie en société. Mais quand l'esprit de la loi est remplacé par la lettre de la loi et que les lois faites par l'homme ont priorité sur les lois naturelles de charité et de piété, la religion devient superstition et la Loi même , oppression.

Le légalisme était une des plus grandes faiblesses du judaïsme au temps de Jésus. La loi sur l'observance du Sabbat avait été interprétée d'une façon extrêmement légaliste. Jésus considérait cela comme une distorsion de la Loi et il exprimait son ressentiment lorsqu'il disait : « Le Sabbat a été fait pour l'homme et non pas l'homme pour le Sabbat. »( Marc 2 : 27 ). Les gens qui interprètent la religion d'une manière légaliste sont fanatiques au sujet de petites règles mais tout à fait indifférents aux obligations plus importantes des hommes. Jésus souligna ce défaut lorsqu'il dit aux pharisiens :

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Car vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et vous négligez ce qui est le plus important dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu'il fallait observer sans omettre le reste. Conducteurs aveugles, qui arrêtez le moucheron dans votre filtre et qui avalez le chameau. » ( Matthieu 23 : 23 &endash; 24 )

Ainsi Jésus faisait la distinction entre une religion vraie et une religion mauvaise de manière à montrer à ses auditeurs ce qu'était le Judaïsme sous sa forme adulte parfaite. Le langage drastique qu'utilisait Jésus pour condamner une religion erronée, formelle et mécanique peut choquer les lecteurs des Evangiles. De fait, son jugement est encore plus sévère que celui de ceux qui de nos jours condamnent la religion en l'appelant « opium » ou « illusion ». Mais Jésus est plus sage que ceux qui condamnent la religion en bloc. Il condamne la religion juive, non parce qu'il ne l'aime pas ou parce qu'il souhaite s'en débarrasser mais parce qu'il l'aime réellement et veut la sauver.

II-LE CHEMIN VERS L'HUMANITÉ PARFAITE

Jésus n'a pas seulement condamné la fausse religion mais il a montré ce qu'était la vraie religion. Il a indiqué le chemin vers la perfection. En voici les trois caractéristiques essentielles :

1- la foi en un Dieu protecteur

2- la foi en un Dieu qui pardonne

3- le souci des besoins des autres hommes.

Jésus ne faisait pas référence à ces caractéristiques seulement dans un but académique. Il le faisait pour aider les gens à parvenir à la guérison intérieure dont ils avaient besoin et leur faire atteindre le stade adulte.

1- Un Dieu protecteur

Du fait de sa connaissance de la nature humaine, Jésus voit que beaucoup de personnes sont incapables d'accepter leurs responsabilités d'adulte et d'agir comme des créatures libres et nobles car elles sont tourmentées par des sentiments d'angoisse et de désespoir. De nombreuses situations provoquent cette paralysie du psychisme chez les gens. A ces moments-là ils arrivent à un tel stade de désespoir qu'ils se disent : « Non, je ne peux pas. » « Je suis fini. » « Il n'y a plus rien à faire. » C'est pour arracher les hommes à un tel état de désespoir et de dépression que Jésus enseigna la doctrine de la foi en un Dieu qui protège :

« C'est pourquoi je vous dis : ne vous mettez pas en souci, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez ; ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel ; ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'amassent pas dans les greniers ; et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?…Et pourquoi vous faire le souci pour le vêtement ? Laissez-vous instruire par les lis des champs. Voyez comment ils croissent ; ils ne travaillent ni ne filent. Cependant, je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux ! Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui est aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, combien plus le fera-t-il pour vous, ô gens de peu de foi !… Votre Père céleste sait tout ce dont vous avez besoin. Cherchez premièrement son Royaume et sa Justice et tout cela vous sera donné par surcroît. »( Matthieu 6 : 25 &endash; 33 )

La doctrine de la Divine Providence ou de la « Foi » comme l'appelait Jésus, n'est pas propre à Jésus. Elle appartenait au Judaïsme depuis ses débuts. Elle n'est pas non plus limitée au seul Judaïsme. Bien qu'elle ne se présente pas sous la forme monothéiste, la foi en un ou plusieurs Dieux protecteurs est commune à la plupart des religions. Jésus mit l'accent sur elle, non à cause de sa nouveauté mais à cause de son importance. Elle a une valeur thérapeutique et la mission première d'une religion est d'apporter la guérison et la force intérieure.

La foi en un Dieu protecteur peut sembler mythique à beaucoup de gens aujourd'hui. C'est parce qu'ils ne parviennent pas à comprendre la façon imagée dont elle est exprimée. Si l'on saisit correctement cette image, elle est pleine d'un sens profond. Tout ce qu'elle dit est que dans les pires moments de l'existence, les êtres humains n'ont aucune raison de se sentir faibles. La faiblesse résulte du fait que l'on croit, à tort, être isolé, complètement abandonné. La doctrine d'un Dieu providentiel rappelle aux hommes qu'ils font partie de l'univers, sans cesse reliés à lui et constamment soutenus par sa force.

L'univers recèle plus de sources d'énergie que l'on ne pense. Aussi longtemps que les gens ne bloquent pas le flux de ce pouvoir en eux, ils peuvent maîtriser l'énergie vivifiante et salvatrice de l'Univers pour leur sauvegarde, leur progrès et leur accomplissement. Par la doctrine de la Providence, Jésus disait aux déprimés : Ayez confiance et restez unis à la force vitale de l'univers ; elle est en vous et elle attend de vous revitaliser.

La foi en Dieu, aux yeux de Jésus, est juste l'acceptation des vrais priorités de la vie. C'est ce qu'il pensait lorsqu'il disait :

« Cherchez premièrement le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît. »( Luc 12 : 31 ).

L'essence de l'enseignement de Jésus sur la Providence est ceci : pratiquez la bonté dans tout ce que vous faites et la bonté prendra soin de vous. On peut considérer ceci comme une loi éternelle reconnue par toutes les religions.

2- Un Dieu qui pardonne

Pour guérir les hommes d'une autre maladie qui les déstabilise et les détruit, Jésus a parlé du pardon des péchés. Pour comprendre la valeur du pardon, il faut visualiser l'immensité du dommage psychologique que les sentiments de culpabilité provoquent chez quelqu'un. La plupart des fondateurs de religion ont parlé du péché mais probablement aucun n'a attaché autant d'importance à la notion de culpabilité que Jésus. Bien des maîtres, faute de connaître la torture de la culpabilité se réfèrent uniquement au châtiment lorsqu'ils parlent du péché. Jésus, lui , insiste sur le pardon.

La doctrine du pardon d'après Jésus est illustrée par la parabole du « fils prodigue » qu'on pourrait aussi appeler « parabole du Père bienveillant »( Luc 15 : 11 &endash; 32 ). Selon ce récit , le plus jeune fils d'une famille décida de quitter son père, prit sa part d'héritage et s'en alla dans un pays lointain à la recherche des plaisirs du monde. Peu de temps après son départ, il gâcha sa vie et se rendit compte de la folie de sa décision. S'ensuivit une situation intenable et il décida de rentrer à la maison.

On s'attendrait à ce que le père d'un tel fils l'ait renié à son départ et l'ait chassé à son retour. Mais pas ce père-là. Depuis le départ de son fils, il espérait son retour et lorsqu'il revint, il le reçut à bras ouverts. Le père bienveillant de cette parabole est Dieu, éternellement bienveillant. Par cette histoire, Jésus a cherché à consoler ceux qui sont tourmentés par des sentiments de culpabilité, en leur disant que Dieu, source universelle de bonté et de vie ne les rejette pas et c'est pour cela qu'ils ne doivent pas se rejeter eux-mêmes.

Le pardon est une doctrine que certains ont des difficultés à approuver. Pour eux, c'est une incitation à continuer à pécher. De plus, ils trouvent le pardon injuste car il ignore la bonté des hommes vertueux. Dans la parabole du fils prodigue, c'est l'attitude du fils aîné dont l'intervention est dépeinte dans la deuxième moitié de la parabole. Il protestait contre l'attitude bienveillante de son père et son pardon.

Selon Jésus, ceux qui ne voudraient pas que les autres soient pardonnés, se font illusion sur eux-mêmes. Ceux qui émettent facilement des jugements sur les autres, cachent souvent une mauvaise conscience. Selon Jésus, même ceux qui semblaient vertueux étaient aussi pécheurs et n'avaient pas le droit de s'opposer au pardon accordé à ceux qui se sentaient coupables.

Comme pour la doctrine de la Divine Providence, l'évocation de Dieu n'est pas ce qui est important pour apprécier la doctrine du pardon. L'idée juive d'un Dieu qui pardonne vient de l'image d'un père qui pardonne. Elle aide notre imagination. Le but de Jésus n'est pas de dessiner une image de Dieu mais d'amener les hommes à une conception correcte de l'acceptation de soi.

Les psychologues modernes qui ne s'arrêtent pas à cette image attachent une valeur thérapeutique grandissante à la doctrine du pardon de Jésus. D'après eux, toute personne immature présente une personnalité éclatée. Le moi émotionnel et le moi intuitif sont irrémédiablement séparés. Le pardon représente l'état où le moi intuitif assure au moi émotionnel : « je t'accepte ». Ainsi la fracture provoquée dans la personnalité par le sentiment de culpabilité se trouve guérie. La personne qui est alors rétablie peut reprendre sa vie sans être perturbée par le mépris que la société peut lui manifester. Dans la parabole, le père représente la Nature. La Nature dit à la personne coupable : « Je te comprends même si la société ne le fait pas ». La société est représentée par le frère aîné.

Si Jésus parlait souvent de Dieu, ce n'était pas tellement pour faire mieux comprendre Dieu aux hommes, mais pour leur faire mieux comprendre leur propre nature. Cela apparaît clairement dans ses enseignements sur la Divine Providence et le pardon. Il parlait de la bonté de Dieu et de son pardon pour donner aux hommes plus de force intérieure et plus de maturité mentale.

3- Se soucier des autres

D'après Jésus, il y a une troisième déficience qui empêche les hommes d'atteindre une vraie humanité. C'est leur aveuglement au fait qu'intérieurement ils sont un avec les autres êtres humains. Les gens immatures, par suite de la conception infantile qu'ils ont d'eux-mêmes et de la vie, pensent que la seule façon d'atteindre la vraie grandeur est de vivre exclusivement pour eux-mêmes. Jésus a montré qu'une telle attitude détruit son but lui-même.

Par essence, les hommes sont reliés entre eux et ne peuvent être vraiment pleinement humains s'ils vivent sans tenir compte de cette relation. Jésus a utilisé deux très belles paraboles pour démontrer cela. La première est l'histoire de l'homme riche et de Lazare ( Luc 16 : 19 &endash; 31 ). L'homme riche vivait dans le luxe. Il portait de riches vêtements. Il mangeait et buvait somptueusement. A sa porte se tenait Lazare un mendiant malade et couvert d'ulcères. Sa seule nourriture était les miettes de pain tombées de la table du riche et que les serviteurs lui apportaient. L'histoire se termine en montrant ce qui arriva à ces deux hommes après leurs morts. Lazare est au ciel et l'homme riche en enfer.

La leçon que Jésus nous enseigne par cette histoire est très importante. D'après la sagesse populaire, il n'y avait rien dans la conduite de l'homme riche qui fut répréhensible et qui put justifier sa condamnation au feu de l'enfer. Il n'y avait rien d'immoral dans sa vie. Il n'avait pas tué, volé ou commis d'adultère. Il n'avait pas fait de mal au pauvre homme à sa porte. Il ne l'avait pas frappé lorsqu'il passait à côté et ne l'avait pas chassé ; et qu'y a-t-il de mal si quelqu'un profite de la vie après avoir fait un riche héritage ? Mais Jésus dit que l'homme riche était coupable. Il était même coupable au point de mériter le feu de l'enfer. Son seul crime était d'ignorer le pauvre à sa porte. Il n'était pas concerné par la misère des gens qui l'entouraient. Il menait une vie égoïste et infantile. Pour Jésus, aucune personne responsable ne peut être indifférente aux nécessiteux. Les êtres humains ne peuvent être vraiment humains que dans la mesure où ils assument l'interdépendance humaine.

La seconde parabole de Jésus est aussi instructive : c'est l'histoire du Bon Samaritain ( Luc 10 : 29 &endash; 37 ). Dans cette histoire, il y a trois personnages : un prêtre juif, un lévite juif et un Samaritain. Les deux premiers personnages symbolisent la piété orthodoxe. Le troisième est un réprouvé dont la religion semblait impure aux juifs. Tous les trois passent à côté d'un blessé grave que des brigands ont laissé au bord du chemin. Les deux premiers le voient et passent outre. Ils sont probablement pressés de prendre part à une cérémonie religieuse. Seul le Samaritain, que l'on méprise, porte secours au malheureux. C'est le Samaritain que Jésus désigne comme étant la seule personne vraiment religieuse, vraiment adulte de ce groupe. Ce qu'était un Samaritain pour les juifs d'il y a 2000 ans, un hindou ou un bouddhiste le serait pour un chrétien d'aujourd'hui. De même un prêtre juif et un lévite seraient un évêque et un prêtre chrétien. Adapté au contexte religieux du vingtième siècle, ce que Jésus dit c'est qu'un hindou ou un bouddhiste charitable est plus religieux qu'un évêque ou un prêtre prétentieux, dont la religion est machinale. Pour Jésus, c'est seulement lorsqu'on se préoccupe réellement des autres, qu'on est vraiment religieux.

Les trois doctrines que nous venons d'exposer : la foi en un Dieu Protecteur, la foi en un Dieu qui pardonne, et l'amour du prochain ne laissent aucun doute sur ce qu'était la vraie religion pour Jésus. Pour lui, la vraie religion n'était pas telle ou telle organisation. C'était une façon de vivre qui permettait aux hommes d'être vraiment humains non pas seulement en apparence mais en réalité. Ainsi la religion était ce qui libérait les hommes de leur condition primitive et les faisait parvenir à la condition adulte. Les adultes sont des personnes qui prennent la vie entre leurs mains avec toutes les responsabilités, les obligations et les joies qui l'accompagnent.

 III. LA VISION DE JÉSUS SUR L'ÉGLISE

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 D'après ce que le Nouveau Testament raconte du ministère de Jésus, il est évident que le thème principal de ses prêches, est le Royaume de Dieu, et son établissement dans la société était son souci principal. Le Royaume de Dieu est un concept que tout le monde acceptait dans la communauté chrétienne, mais la majorité d'entre eux regardaient çà comme étant une sorte de "fin du monde", Jésus aussi utilisait l'image populaire de "fin du monde" très souvent,quand il parlait de ce qui le concernait réellement, mais il était surtout concerné par son établissment ici et maitenant, ce qui apparaît clairement dans la prière qu'il fit avec ses disciples " que ton royaume arrive et qu'il soit fait sur la terre comme il l'est au ciel"; pour Jésus, le Royaume était ouvert pour ceux qui faisaient la volonté de Dieu sur la terre.

Avec le désir de construire le Royaume de Dieu sur terre, Jésus réunit une équipe d'apôtres autour de lui et les commença à les entraîner, ils avaient en effet à être les chefs de l'organisation qui travaillerait à l'établissement du Royaume, cette organisation est devenue l'Eglise d'aujourd'hui. ?éanmoins, l'après les Actes, l'Eglise ne commença à exister vraime,nt qu'après de le Saint Esprit descendit cinquante jours après la mort de Jésus qui est la vrai fondateur de l'Eglise.

La forme prise par l'Eglise a été déterminée par des circonstances historiques dans lesquelles elle grandit et se développa. Quand le Christianisme devint la religion officielle de l'empire romain, elle engloba tout le territoire de celui-ci, et la forme dans laquelle nous trouvons l'Eglise aujourd'hui a été déterminée par les événements socio-politiques de ce qui a été l'empire romain. L'Eglise d'aujourd'hui n'est unifiée, mais éclatée, et comme expliqué dans un autre chapitre, elle est constituée d'un grand nombre d'appelations, dont les principales sont l'église catholique, les orthodoxes orientaux, les protestants et les post-protestants.

En dépit de la diversité structurelle de ces dénominations, toutes reconnaissent en Jésus leur fondateur; pris dans au sens large, l'Eglise désigne l'ensemble des chrétiens. de plus toutes ces dénominations considant le baptème comme rite fondamental pour en faire partie, la forme collective peut être appelée" l'Eglise des baptisés rituellement".

Il est n'est pas dans notre intention de remettre en question le forme pris par l'Eglise car on ne peut pas refaire l'histoire, mais la seule question à nous poser, est celle d'éclairer ce que Jésus voulait dire en disant établir le royaume de Dieu., car parmi les croyants, un grand nombre d'entre eux croient que le salut n'est possible qu'au sein de l'Eglise et que le seul moyen d'entrer dans le Royaume est d'être baptisé, mais en regardant attentivement les enseignements de Jésus, nous voyons que la condtion impérative pour entrer dans le Royaume est autre chose que le Baptème.

Il suffit de regarder la parabole du Jugement dernier à ce sujet. Jésus utilisa la langage "fin du monde"des Juifs pour leur expliquer la condition principale pour être admis dans le Royaume de Dieu.

Quand le Fils de l'Homme arriva à sa gloire et tous les anges avec lui, il sera asssis sur le trône avec toutes les nations autour de lui. Il séparera les les gens en deux groupes comme un berger séparé les chèvres des moutons, et il placera les mloutons à sa main droite, et les chèvres à sa main gauche.

Alors le roi dira à ceux qui sont à sa droite " vous avez la bénédiction de mon Père, entrez et prenez possession du royaume qui était préparé pour vous depuis que le monde est. Car vous m'avez donné à manger quend j'avais faim, et à boire quand j'avais soif, quand j'étais un étranger, vous avez ouvert votre maison, quand j'étais nu, vous m'avez habillé, quand j'étais malade, vous m'avez soigné, quand j'étais en prison, vous m'avez visité."

Alors les justes répondirent: " Seigneur, quand j'ai vous que vous aviez faim, je vous ai nourri, quand vous aviez soif, je vous ai donné à boire, quand vous étiez étranger, j'ai ouvert la porte, quand vous étiez nu, je vous ai habillé, quand vous étiez malade ou en prison, je vous ai soigné et visité. " Alors le Roi répondit:" Je vous le dis: ce que vous avez fait pour l'un de mes frères, même les humbles, vous l'avez fait pour moi". (Mt 25:31-40)

 La leçon de cette histoire est évidente: la caractéristique essentielle de ceux qui sont vraiment nobles, est leur aptitude de voir l'anxiété dans le coeur des autres, et d'être altruistement la source d'aide pour ceux-ci. Etre concerné par les autres, est une qualité si difficile à atteindre, que ceux qui l'ont, ont en même temps les autres qualités qui est la base de la vraie religiosité.

C'est pourquoi, Jésus la considérait comme condition décisive pour atteindre le salut, de plus pour lui, c'était une qualité que n'import qui de n'importe quelle culture ou religion se devait d'atteindre. Le Juge suprême ne demande pas si une personne est baptisée ou non, et ne demande pas si qui se présente devant lui est hindou, bouddhiste, musulman ou agnostique. La qualité qu'il demande est d'être attentif aux nécessiteux.

Cette histoire est sans nul doute dérangeante pour ceux qui soutiennent qu'il n'y a pas de salut hors de l'Eglise, mais il n'y a aucune autre parabole qui montre aussi clairement l'optique de Jésus de ce que la vraie religion et le vrai Christianisme se doivent d'être.

 <Sommaire>

Chapitre neuf

 LA RELIGION SELON PAUL

 Si après avoir examiné ce qu'a dit Jésus, nous désirons en savoir plus sur le Christianisme, il n'y a pas de meilleure personne à consulter que Paul. Après Jésus, c'est de Paul que l'on parle le plus dans le Nouveau Testament, la plus grande partie est d'ailleurs écrite par lui.

Les "Actes des apôtres" ont été écrit par lui. On s'attendrait que ce livre raconte les faits des apôtres, mais il parle surtout d'un des douze, à savoir Paul, un converti au Christianisme après la mort de Jésus. Des 28 chapitres, 23 parlent de ses activités et de sa vie, une preuve très nette du rôle important qu'il a joué dans la construction de l'église. Les 13 lettres qu'il a écrit sont comprises dans le Nouveau Testament sont une preuve supplémentaire du combat qu'il a livré pour l'établissement de l'Eglise primitive.

I. L'ENTRÉE DE PAUL DANS L'EGLISE

 D'après les Actes (2/1-41) l'inauguration de l'Eglise Chrétienne eut lieu pendant la fête juive de la Pentecôte, une fête des moissons et d'actions de grâce qui se tenait cinquante jours après la Pâque. C'est lors de la Pâque que les prêtres juifs condamnèrent Jésus à mort. Quand les apôtres venus à Jérusalem, pour participer aux festivités, que l'Esprit de Dieu descendit sur eux comme "des langues de feu qui se répandirent autour d'eux et restèrent au-dessus de chacun d'eux". Fortifiés par l'expérience, Pierre, entouré des autres disciples se mit à prêcher au peuple au sujet de Jésus. Ceux qui l'écoutèrent, acceptèrent le message et furent " baptisés, et trois se joignirent à eux ce jour".

La leçon de cette histoire est claire: l'Eglise est le fruit de l'Esprit, la puissance de Vie de Dieu. Chaque fois que des fonctions spéciales furent confiées à des particuliers l'Esprit Saint descendit sur eux pour leur apporter la lumière et la force nécessaires pour leur tâche. Quand après son baptême par Jean, Jésus sortit de l'eau pour inaugurer son ministère de prêcheur, l'Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colombe.

L'histoire nous éclaire sur le genre de personnes qui formèrent la première communauté chrétienne. Les premiers trois mille étaient venus participer à le fête juive de la Pentecôte. Il est important que parmi les participants certains n'étaient pas de race juive, c'étaient des convertis au Judaïsme, et étaient appelés "prosélytes" ( des résidents étrangers) ou "craignant Dieu". Les Juifs donnaient un genre de membership aux "gentils" nom qui désignaient ceux qui n'étaient pas Juifs, ces convertis devaient abandonner leurs traditions culturelles et adopter les coutumes juives en commençant par la circoncision; c'est parmi ces gens, notamment des prosélytes que se répandit d'abord le Christianisme.

Au début, le Christianisme était une branche ou secte du Judaïsme, les Chrétiens restaient adhérents au Judaïsme dans tous ses aspects sauf la dévotion à leur maître Jésus qu'ils considéraient comme le "Christ" le libérateur tant attendu des Juifs. Ils allaient adorer au temple, comme le disent les ""Actes", avec un esprit ils gardaient leur attirance du temple"(Acts2:46). Cette situation ne durerait pas, les leaders juifs qui avaient condamné Jésus à mort, ne voulaient pas traiter ses suivants différemment, c'est pourquoi ils insistèrent que les portes du Temple restent fermés pour cette nouvelle secte, et qu'il soient exterminés.

La communauté chrétienne fit face à cette situation, et se réorganisa cela amena un nombre de problèmes dont le plus vital et le plus urgent fut le choix que l'Eglise en tant qu'organisation indépendante dut prendre. La majorité trouvaient que devenus une organisation indépendante, ils devaient garder les traditions ancestrales juives, les non-juifs convertis devaient se plier à la circoncision, car les Juifs en tant que peuple choisi par Dieu le salut ne pouvait venir que par affiliation à ces traditions. ceux qui proposèrent ce point de vue furent appelés " Judaïseurs".

Un autre groupe, voyant plus loin et moins nombreux, se rendaient compte que cette procédure étant un obstacle à l'expansion du Christianisme .Selon Jésus, le salut serait obtenu par celui qui adhère aux valeurs vraies de la vie, indépendament de sa race et de sa culture. Ensuite, ils défendaient fermement l'idée que les pratiques culturelles juives ne devaient pas être imposées aux convertis, les nouveaux venus peuvent rester fidèles à leur traditions culturelles, la seule chose qu'ils devaient faire, c'est de suivre la vie de l'Esprit,ceux qui pensaient ainsi étaient les "anti-judaïsants" D'après ce que raconte le Nouveau Testament, la bataille entre les partisans de ces deux théories, l'avenir de la nouvelle Eglise en dépendait; c'est alors que Paul arriva.

La conversion de Paul

Selon les Actes, le chemin suivi par Paul est complètement inimaginable: il fut un persécuteur du Christianisme avant de se convertir. Il était un adepte fervent du Judaïsme, et considérait le petit nombre de Juifs qui appelaient Jésus le "Christ" comme des hérétiques.Les Actes racontent un incident qui eut lieu lors de la mort par lapidation d'un Chrétien appelé Etienne : "

Les témoins déposèrent leur vêtements au pied d'un jeune homme appelé Saul, à ce moment-là. Pendant qu'ils lapidaient Etienne, celui-ci "Seigneur, recevez mon esprit", et en tombant à genoux, " Seigneur ne retenez pas de péché contre eux", et disant cela, il expira. Saul était parmi ceux qui approuvaient ce meurtre.(Actes 7:58- 8:1)

 C'est à cause de ce que dit Etienne, que Saul voulait sa mort, Etienne avait dénigré le Judaïsme, il disait qu'un ne devait pas aller au temple juif, d'après la Bible, on pouvait encontrer Dieu partout dans le ciel ou sur la terre, d'après ses pararoles,Stépahen était un Chrétien "anti-judaïsant". On voit Saul comme persécuteur de Chrétiens qui changea son nom en Paul par après, fut le plus grand propagateur du Christianisme. D'après les Actes, c'est en portant des lettres de prêtres à Damas, que le changement se fit car Saul eut une vision de Jésus

"Pendant qu'il s'approchait de Damas, une lumière fulgurante vint du ciel, il tomba par terre et entendit une voir lui dire " Saul,Saul,pourquoi me persécutes-tu? "Dis-moi, Seigneur, dit-il,qui es-tu?, la voir lui répondit : je suis Jésus que tu persécutes" (Actes 9.1:5)

 Il nous est difficile d'après ce récit seulement de conclure ce qui se passa exactement, mais d'après le détail " une lumière fulgurante tomba du ciel et l'entoura nous en concluons qu'il s'agit là d'une illumination. Il semble qu'il a été montré ainsi à Paul la solution au problème qui le tarraudait depuis quelque temps. Des moments d'illumination peuvent surgir brusquement mais peuvent être aussi le point culminant d'une longue et difficile recherche des vérités profondes de la vie, pour comprendre quelle illumination, fut celle de Paul, nous devons regarder à la transformation qui s'opéra dans sa vie par après.

Paul est né vers l'an 10 AD, sa conversion ayant eu lieu en l'an 36, il avait 26 ans au moment de sa vision. Juif de par sa race et sa religion, il connaissait bien la Bible qu'il avait étudié auprès d'un maître réputé Gamaliel. Paul grandit hors de son pays dans la cité grecque de Cilicie, Tarse, au sud de la Turquie actuelle. Il était tout le temps en contact avec d'autres peuples que les Juifs, et connaissait leurs religions et leurs cultures.

Dans ses 26 premières années, il pratiqua la religion dont il hérita par la naissance de la façon dont lui avait appris, et de la façon dont l'entendait la société à laquelle il appartenait. Sa religion, le Judaïsme lui avait été expliquée càd comme elle l'est généralement à ses fidèles, vu dans l'angle protection du clan. Il pratiquait le Judaïsme dans cette optique. S'il persécutait les Chrétiens, c'est parce qu'il sentait que c'était le bonne façon d'être fidèle à sa religion et à sa race. Mais dans la profondeur deson coeur, appararut le problème de la compréhension de la religion.

Si l'illumunation résolvait son problème, c'est en lui faisant voir une autre dimension de la religion; il constata que le Judaïsme pouvait aussi prendre une dimension de la Vision de la Vie aussi. Pris dans cette dimension, le foi juive en Dieu amenait une vision que n'importe qui, de n'importe quel clan pouvait vivre. C'est de cette façon que Jésus concevait le Judaïsme.

Paul ne rencontra jamais Jésus de son vivant, et nous ne savons pas comment il en arriva à ce point de vue. Il se pourrait que Jésus parla à Paul au travers des sermons que lui faisaient ses fidèles que Paul persécutait. Nous connaissons au moins un des sermons qu'il a entendu, celui de Etienne, mais quelque soit la source d'information, une chose apparaît clairement, par après le nom de "Jésus" désignait " le Salut n'est pas que pour les Juifs, il est pour les Juifs et non pour ceux qui ressemblent aux Juifs".

II. LA LUTTE DE PAUL CONTRE LE CHRISTIANISME PROTECTEUR DU CLAN

Peu après sa rencontre avec Jésus, Paul rejoignit le Christianisme, mais il faut préciser ici qu'il ne rejoignit pas n'importe quel Christianisme, c'est ce nous voyons clairement en lisant attentivement les lettres de Paul; d'après ses lettres, il est clair qu'il voyait deux Eglises dans le Christianisme, une protectrice du clan et l'autre, adulte. Les apôtres eux-mêmes, étaient du type protection du clan, et Paul ne voulait pas se joindre à cette optique.Il parla ainsi aux Galates:

"Vous avez entendu ma façon de vivre quand j'étais encore un Juif pratiquant, combien sauvagement j'ai persécuté l'Eglise de Dieu et essayais de la détruire; et comment dans la pratique que notre religion nationale, combien j'étais fidèle aux traditions de nos ancêtres. Mais dans sa grande bonté, Dieu qui me vit à la naissance et m'appela par sa grâce a choisi de me révéler son Fils et au travers de moi afin que je le proclame parmi les Gentils. Quand cela se fit, sans consulter qui que ce soit, sans aller voir ceux qui étaient les apôtres avant moi à Jérusalem, je partis en Arabie et je revins à Damas. Je suis allé trois mois après à Jérusalem pour connaître Céphas (càd Pierre), et je suis resté auprès de lui sans voir d'autre apôtre sauf Jean, le frère du Seigneur. Ce que j'écris est la vraie vérité, devant Dieu, je ne mens pas . (Gal. 1:13-20).

 Cette position de Paul a un côté intrigant, il se convertit au christianisme, mais il ne fréquenta personne de l'Eglise pour une éducation religieuse, il évita soigneusement de le faire, selon les Actes, sa seule source de connaissance de Jésus et de son enseignement est la vision qu'il eut sur le chemin de Damas.Cela consistait à une seule question posée par Jésus "Pourquoi me persécutes-tu?" Paul comprit ce que voulaient dire ces mots, et ce que cette question lui dit et troublait son esprit est quelque chose comme " Tu me persécutes en pensant que je suis contre le Judaïsme, c'est vrai que préconise le Judaïsme sous sa forme de Vision de la vie et non le Judaïsme sous la forme protectrice du clan, mais n'est pas le Judaïsme plus profond, le Judaïsme valable pour toute l'humanité?"

Cette question contenait toute l'instruction religieuse dont il avait besoin. En comprenant ce qu'était le Judaïsme dans sa dimension adaptable universellement, il rencontra Jésus face à face, et dit ainsi dans une Epître aux Ephésiens:

" C'est par une révélation que ce secret me vint. J'ai déjà écrit brièvement à ce sujet, et lisant cela, vous comprendrez le secret du Christ. Dans les générations antérieures, ce n'était pas révélé à la race humaine, et maintenant il a été révélé par l'inspiration et dédié aux apôtres et prophètes au travers de l'Evangile. Les Gentils se joignent aux Juifs, partie du mêm corps, et partagent la promessse faite par Jésus. Tel est l'Evangile dont je fus fait le ministre par le don que Dieu me fit d'une façon imméritée" (Ephes 3:3-7)

 Cette nouvelle vérité qu'il découvrit et qu'il appela "le secret du Christ",est que "les Gentils ont rejoint les Juifs, ils font partie du même corps. Il est difficile de comprendre de ce que "le secret du Christ" implique à cause du mot "Gentil" car cela ne nous frappe pas avec la même force que le fit Paul. Pour lui, les Gentils (les non circoncis) se rapporte à tous ceux qui ne sont pas Juifs, "Gentil" voudrait dire dans notre esprit actuel, les Chinois,les Africains, les Hindous et les Boudistes.

Ainsi, si nous répétons l'idée de Paul et son application à notre époque, cela donnerait ainsi: " le secret du Christ...(qui) les générations antérieures.. n'était pas révélé au genre humain..(est que)..;les Gentils( tous les non-Juifs, comprenant les Chinois et les Africains, les Hindous et les Boudistes) ont rejoint les Juifs, partie du même corps". La conviction de Paul dans le salut de l'humanité de la plus haute stature, est atteignable par les peuples te toutes religions, et les religions - une conviction que la théologie hrétienne, étant protectrice de l'institution aurait des difficultés à concéder- est ce amena Paul à se joindre aux anti-judaïsants quand il rejoignit l'Eglise. Il est généralement admis que c'est entre 3 et 6 ans après la mort du Christ, que Paul eut la vision de Jésu, et qu'il rejoignit l'Eglise. Pendant cette période, un nombre de Juifs et de npn-Juifs avaient rejoint le Christianisme et admettaient selon la méthode suivie par le Judaïsme l'admission des prosélytes, qui devaient adopter les traditions propres au peuple juif.

Paul connaissait cette méthode d'admission et le support apporté par les chefs de l'église, c'est pourquoi il décida de lancer sa propre campagne de conversion sans même les consulter à ce sujet; c'est aussi pour ca qu'il évita de les rencontrer au début, et pendant tout un temps.

 Sans circoncision

La raison pour laquelle il allait contre une coutume acceptée était simple: si les non-Juifs convertis au Christianisme devaient se soumettre aux traditions culturelles juives, c'est simplemement parce que le Christianisme était né d'une culture juive, et Paul vit où était l'erreur, les gens liaient induement la religion avec la culture et rendaient la religion tributaire de la tradition. Donc selon Paul, si le Christianisme comme Vision de la Vie devait être adopté par les peuples de toute race et culture, il devait être était au-dessus de la culture.

Mais d'après cette approche de la diffusion du Christianisme ,Paul - et c'est que beaucoup de dévôts pourraient trouver dérangeant, avait des problèmes avec les chefs de l' Eglise qui étaient les Apôtres, et pire encore, il avait même des problèmes avec Pierre leur chef qui était un implusif parfois, et était alors le chef de l'Eglise, et qui comme pour la plupart des êtres humains, ce n'était guère aisé de lui faire changer d'avis, on lui avait appris dès sa naissance que sa race était la seule à être pure, et tant que membre d'une race pure, il ne pouvait pas partager son repas avec un non-circoncis, et pour changer un idée venant de l'enfance il fallait que quelque chose d'inhabituel se passe.

Dans le cas de Pierre, cela se passa en ayant une vision - une très étrange - qui lui permit de découvrir la vérité (Actes 10:9-)16): il vit un navire qui contenait des tas d'animaux dont certains n'étaient pas purs selon les critières juifs, on demanda à Pierre de pouvoir s'en servir comme nourriture, et Pierre refusa qu'on utilise les impurs. Une voix céleste lui parla alors : " Ce n'est pas à toi de considérer comme impur ce que Dieu considère comme pur". Pierre ne comprit pas tout de suite le message , la distinction entre animaux purs et impurs était le fait de l'homme,et Pierre vit que les Chinois, les Africains et les Indiens n'avaient pas besoin de la circoncision juive pour être propres.

Après cette vision, Pierre fut convaincu par la vérité, mais une conviction ne pouvait changer des habitudes ancestrales, et ainsi, même après la vision, et avec aucune autre raison que sa timidité, il ne pouvait prendre la bonne décision, et Paul le confronta en public.

" Mais quand Céphas (Pierre) vint à Antioche, je m'opposai à lui car il était clairement dans son tort. Quand des personnes virent manger chez Jean, icelui-ci mangeantr avec des des Chrétiens gentils, mais quand Pierre arriva il se retourna et devint muet de stupeur, car il avait peur des avocats de la circoncision, les autres Chrétiens juifs montrèrent le même manque de principes....mais quand je vis que leur contact ne gènait pasd la vérité, je dis à Céphas devant tout le monde : "si toi, né et élevé comme un juif, vis comme un gentil et non comme un juif, pourquoi veux-tu que des gentils vivent comme des Juifs?"(Gal 2:11-14)

 Dans beaucoup d'endroits les gens qu'il avait admis à la Chrétienté sans circoncision, furent obligés de s'y soumettre par les autres chefs de l'Eglise, il avertit ses convertis devant de telles pratiques fausses, et il n'hésita pas d'exprimer son opinion contre de tels prêcheurs qui cherchaient à diffuser leur culture sous le couvert de la religion, l'attaque la plus violente contre ceux qui imposaient la circoncision, est très certainement celle contenue dans une lettre adressée aux Philipiques, et appelle ceux qui cherchent à imposer la circoncision les "chiens":

"Je répète ce que j'ai dit auparavant est une sauvegarde pour vous, éloignez-vous de ces chiens et de leurs pratiques malfaisantes, gardez-vous de ceux qui insistent sur la mutilation "circoncison", je ne le demande pas. Nous sommes circoncis, ceux qui adorent au spirituel, ceux qui sont fiers de Jésus-Christ, et n'avons pas confiance dans les extérieurs" (Phil 3:1-3)

 Le Concile de Jérusalem

Nous pouvons dire que Paul a réussi à faire accepter son idée aux autorités religieuses, et quand ses conviction rencontrèrent de sérieuses oppositons et amenèrent de grandes contreverses à Jérusalem et à Antioche, Paul appela les chefs de l'Eglise, surtout Pierre, le chef des Apôtres, et Jean, l'évèque de Jérusalem à prendre position. Cette décision prise au concile (Actes 15:3-35), le premier des nombreux conciles de l'Eglise, montre que non seulement Pierre mais même Jean qui était hésitant quant à l'attitude de Paul, en vint à accepter que cette vision était conforme à l'idée de Jésus.

Le fait que Paul combattit l'imposition de la circoncision aux convertis du Christianisme , fait croire qu'il n'était concerné que par cela, car il voyait la solution aux principes des missionnaires qu'ils voulait voir établir et sauvegarder. Lui même n'y attachait pas grande importance : " la circoncision n'est rien, la non circoncision n'est rien" (Gal 6-15) "La nouvelle création" se rapporte à la transformation intérieure que la conversion apportait à un individu et qui ne concernait que lui.

 La conversion : le bon chemin

Son combat réel était celui de le tendance que les missionnaires se devaient de suivre en diffusant le Christianisme et en convertissant. Cette position vint de la compréhension très réaliste de ce qu'est la religion et de ce qu'elle devrait être, et dans ce sens, il suivait les idées de Jésus: tous les deux objectaient que la tendance des religions à être soumises induement à la culture d'une communauté raciale ou régionale, ce qui arrivait même quand la communauté grandissait.

Un religion devait être diffusée dans la vision de vie et la la vraie vie qu'elle contient. Une vision perd son esprit et sa puissance à transformer les gens de l'intérieur quand elle est contrôlée par la culture. Les membres d'une culture ou d'un clan devraient accepter la religion sans avoir à renoncer à leur culture. C'est pour cela que les missionnaires doivent selon Paul, diffuser ce sont des valeurs et non la culture d'une communauté.

Pour une compréhension plus complète du principe missionnaire que Paul défendait il nous faut voir quelles valeurs qu'il voulait diffuser et dans quelle mesure elles sont propres au Christianisme., et ceci est la partie la plus importante de l'étude sur Paul. C'est ce que nous présentons comme étant le Christianisme selon Paul, mais auparavant, un conseil trouvera sa place ici pour les lecteurs prospectifs, afin de leur montrer comment ils doivent lire les écrits de Paul, car beaucoup aujourd'hui éprouvent des difficultés avec le concept paulien du Christianisme.

 III. LE LANGAGE PAULIEN

Les écrits de Paul ont assurément un coté complexe, qui est inévitable dans les pièc'esd d'écriture anciennes (elles remontent il y a 2000ans), mais elles ont aussi leur difficultés propres car ce nous lisons aujourd'hui ne semble pas correspondre à qu'il voulait dire à son époque, et il est malaisé de s'y retrouver, et pour illuster notre propos, nous prendrons deux écrits très importants au point de vue de la théologie chrétienne, à savoir la résurrection et le Fils de Dieu.

Regardons combien introspectif il faut être pour voir le dit principal et le dit secondaire dans l'écrit sur la résurrection: il dit certaines choses qui n'appartiennent pas du tout au coeur de son message, et proviennent des assertions populaires du peuple juif de son époque, notament en disant que la fin du monde était immanente ainsi que le moment de la résurrection, et prétendit que c'était la "parole du Seigneur" de dire que certains ne devaient même pas mourir pour resusciter.

" Nous croyons que Jésus est mort et rescucité, et ce sera ainsi pour ceux qui sont morts en tant que Chrétiens, ils seront ramenés à la vie par Dieu avec jésus. Je vous dis ceci comme la parole de Dieu, ceux qui seront vivants le jour de la venue du Seigneur, ne précéderont pas ceux qui sont morts, car au moment où on entendra la voix qui commande et quand on entendra la voix de l'archange, et la trompette de Dieu qui appellera, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et les Chrétiens défunts se lèveront et ceux qu'ils ont perdus, les rejoindront dans les nuages pour renconter Dieu dans les airs"(Thes.4:14-17)

 L'immanence de la fin du monde et les résurrection des morts était les croyances caractéristiques de la socité paulienne, et cette croyance était partagée par Jean-Baptiste et Jésus lui-même, ainsi que par ¨Pierre et les apôtres. Cette croyance a été trouvée fausse par les faits: la résurrection n'eut pas lieu du vivant de Paul ni après, et ne peut donc être considére comme le coeur de son message car on voit que la mort et la résurrection pris comme tels, sont la fondation de toute croyance chrétienne.

Il y a d'autres positions à comprendre sur la résurrection par la compréhension de la méthode très spéciale que Päul utilisa . Nous donnons en exemple le texte dans lequel Paul discute du sens spirituel du rite du baptème en utilisant à cette fin la résurrection physique de Jésus, Paul croyait être ressuscité uniquement parce qu'il croyait que Jésus était rescucité comme il croyait que chacun à son époque allait le faire, mais quand il parlait de la résurrrection il dit qu'il ne concernait pas le corps physique, mais de vie droite.

" Avez-vous oublié que quand nous avons été baptisés en union en Jésus-Christ, nous l'avons baptisés dans sa mort. Par le baptème, nous avons été enterrés avec lui et que quand le Christ s'est levé de la mort, dans la splendeur du Père, nous pouvons nous aussi mettre le pied sur un nouveau chemin de vie. Car si nous sommes incorporés à lui dans une mort telle que celle-ci, nous serons aussi avec lui dans la résurrection avec lui. Nous savons que l'homme que nous avons été a été crucifié avec le Christ, pour la destruction de la self pleine de péchés... Car dans sa mort, il mourrut au péché une fois pour toutes, et dans la vie qu'il vit, il la vit en Dieu. de la même façon, nous devons nous regarder comme morts au péché et vivre en Dieu en union avec le Christ."(Rom 6:3-11)

 Cet argument de Päul est tel qu'un étudiant logique y trouve facilement quelque anomalie. Au début il parle de la résurrection physique de Jésus, et on pourrait en conclure qu'il veut parler de la résurrection physique, mais c'est de la résurrection spirituelle qu'il parle de leur possibilité de ressusciter quand ils sont vivants. De la façon donc Paul voyait être "mort au péché et vivant en dieu", est d'une telle grandeur qu'on ne saurait que le comparer à se relever de la mort. La résurrection est une transformation profonde du comportement d'une personne qui est contenu dans l'essence du message paulien, le langage de la résurrection corporelle date du temps et la culture de l'époque à laquelle il appartenait.

L'autre affirmation, celle de la foi en Jésus, ne nécessite pas plus de perspicacité pour la comprendre. Paul parle de Jésus en tant que Fils éternel de Dieu, ainsi que de la foi en Jésus d'une telle façon prolixe que la croyance en Jésus de Judée comme fils éternel de Dieu est le point central du message et qui est nécessaire finalement pour le salut des gens .

Si Paul parlait de cette façon de Jésus, il le faisait car il combattait un groupe puissant à cette époques, les "judaïseurs", et voulait démarer son entreprise en admettant des non-juifs non circoncis et retourna contre eux l'argument selon lequel la circoncision était nécessaire au salut car donné dans la loi de Dieu telle que donnée aux Juifs. Cette affirmation était stupide selon lui car le salut , n'est pas apporté par la Loi, mais bien par Jésus. en disant cela, il considérait "Jésus comme fils éternel de Dieu" comme étant "le principe éternel de Dieu au sujet du salut". Il est dommage que beaucoup de chrétiens d'aujourd'hui affirment fermement leur foi en Jésus comme fils éternel de Dieu, alors qu'ils sont loin d'être ouverts à l'idée du salut universel, et selon Paul ces idées sont indiscociables.

Le texte ci-après indique très clairement la méthode utilisée par Paul quand il voulait prouver quelque chose, et montre aussi les pensées profondes de Paul sur Jésus. Dans un souci de clarification, remplacons les mots gentils et non-circoncis quand ils apparaissent.

"Maintenant je vous le dis tout à fait indépendament de la Loi, la justice de Dieu a été amenée à la lumière... Pour tous les vivants qui ont péché et sont privés de la splendeur divine, et tous sont justifiés par la grâce de Dieu seul, et ce par cet acte de libération dans la personne de Jésus. car Dieu l'a désigné pour le sens de l'expiation des péchés par son sacrifice dans la personne de Jésus au travers de la foi. Dieu veut dire qu'il justifie en cela pour démonter sa justice...et pour démontrer qu'il justifie chaque homme qui met sa foi en Jésus...car notre argument est que l'homme est justifié par la foi en dehors de respecter la Loi. Pensez-vous que Dieu est seulement Juif? N'est-il pas le Dieu des gentils (chinois,africains,hindous,bouddhistes) aussi? Certainement des gentils Chinois,africains,hindous,bouddhistes) aussi car il est vrai que Dieu est un. Et il jugera aussi bien les circoncis que les non-circoncis en vertu de leur foi." (Rom3:21-31)

 Nous voyons dans cet extrait que l'argument de Paul que nous trouvons dans cet enseignement ne concerne pas directement Jésus, Jésus est le début, la conclusion est ce qui arrive. Non seulement les Juifs, mais aussi les Chinois, Africains, Hindous et Bouddhistes on le salut car 60Dieu est un. Cela montre la complexité du langage paulien, et combien il est important de le comprendre à la lumière de la totalité de son message.

S'il est vrai que Paul voyait dans le début de son argument sur le salut que celui-ci vint au travers de la mort de Jésus et que tout qui croyait en Jésus était sauvé. Mais ce type de position ne doit être rendu absolue et interprétée sans référence à l'argument et à la leçon qu'il veut enseigner. Selon cette leçon, Abraham qui vivait 1800 ans auparavant devait lui aussi être sauvé par sa foi, s'il ne connaissait pas Jésus, il avait foi en lui.

" considérez: nous disons que la foi d'Abraham était droite telle qu'on nous l'a raconté, mais qui le fit? était-il circoncis ou non? il ne l'était pas circoncis...; il s'en suit qu' il est le père de tous ceux non-circoncis, (Chinois,africains,hindous, bouddhistes) qui ont la foi en non-circoncis, et on leur donne la droiture" (Rom4:9-11)

 Et tout ceci pour dire que quand il parle de la foi en Jésus, ce que raconte Paul, doit être pris à la lumière de la leçon principale qu'il donnait à une audience essentiellement composée de Juifs. Ce qui sauve est la foi en Dieu, et l'expression foi en Jésus rappelait à son audience juive que la foi en Dieu est valable universellement et non limitée aux seuls suivants de la tradition juive, et que selon Paul, la "foi en Jésus" impliquait que avant Jésus, les Juifs n'avaient pas une bonne idée de l'universalité du salut.

 IV. LE CHRISTIANISME SELON PAUL

 Pour comprendre d'une façon plus positive que ce Paul pensait et ce pourquoi il se battait, nous devons voir quelle était sa vision du Christianisme, qui était une façon de vivre sublime, d'après ses nombreuses épîtres, il en est une qu'il écrivait spécialement pour monter ce qu'était la Christianité. dans sa lettre aux Romains écrite vers 56-58AD, à la communauté chrétienne de Rome, composée de Juifs et de non-Juifs, nous cherchons à examiner ce que Paul prenait pour vraie Christianité, l'explication qu'il en donne est si profonde qu'à part le Sermon sur le montagne de Jésus, cette épître doit être considérée comme l'expression la plus authentique que l'on puisse avoir de ce qu'est la spiritualité chrétienne.

 Les deux niveaux de la vie

La pensée de base de Paul dans cette matière est la distinction qu'il fait des deux niveaux auxquel un individu pour conduire sa vie, il l'appelle une "le niveau de nature inférieure" et l'autre " le niveau de l'esprit".

"ceux qui vivent au niveau de leur nature inférieure, ont cet aspect extérieur, qui s'appelle la mort, mais ceux qui vivent à leur niveau supérieur, celui de l'esprit, ont un aspect spirituel qui est celui de la vie et de la paix. L'aspect de nature inférieure est contre Dieu, n'est pas soumis à la loi de Dieu, et ne saurait l'être, ceux qui vivent à ce niveau ne sauraient plaire à Dieu" (Rom 8:5-8)

Paul soutient le niveau de l'esprit, et regarde la vie de l'esprit( ! sans majuscule!), comme celle vécue sous le pouvoir de l'Esprit (avec une majuscule!) de Dieu ou Saint-esprit. Cet Esprit est plus facilement vécu que de pouvoir l'expliquer. Ce concept est aussi étranger aux contemporains qu'il l'était aux Ephésiens qui, demandant à Paul s'ils recevaient l'Esprit lors du baptème, il leur répondit " Non, nous n'avons jamais parlé d'une telle chose de l'Esprit"(Actes 19:1-4). Selon Paul, le Christianisme était la vie de l'Esprit.

 L'esprit de Dieu, l'esprit du Christ

En différents endroits de l'épître aux Romains, Paul fait référence au Christ de différentes façons. Quand il veut établir sa thèse du salut universel, le Christ est le fils éternel de Dieu, l'emblème véritable du Salut universel, mais quand il veut expliquer la spiritualité aux Chrétiens, il est l'Esprit qui anime les humains. L'Esprit de Dieu et l'Esprit du Christ sont une seule et même chose.

" Vous n'êtes à niveau spirituel uniquement quand l'Esprit de Dieu descend sur vous, et quand un homme n'a pas l'esprit du Christ, il n'est pas Chrétien, mais si le Christ descend en vous,alors quand le corps est une chose morte parce que vous avez péché, maitenant l'esprit est la vie elle-même car vous avez été jugés. De plus, si l'Esprit avec lequel Jésus s'est relevé de la mort descend en vous, alors Dieu qui releva Jésus de la mort, vous donnera aussi une nouvelle vie à votre corps moral par la descente de l'Esprit."(Rom 8:9-11)

 L'enfant divin

Selon Paul, le but du Christianisme est de faire des humains, des enfants de Dieu. "Les Enfants"sont différents des esclaves et des serviteurs même s'ils habitent la même maison. Les inférieurs font ce qu'on leur dit par crainte, mais les enfants font les choses vspontannéments, car ils savent pourqoi ils sont choyés, désirés et aimés. Les gens vraiments saints vivent leur vie naturellement et spontanément, en dedans , ils sont heureux et en paix.

" car tous ceux qui sont mus par l'Esprit de Dieu sont les fils de Dieu. L'esprit que vous avez reçu n'est pas un,esprit d'esclavage vous ramenant vers une vie de peur, mais un Esprit qui nous fait les fils, capables de crier "Abba, père!" Dans ce cri, l'Esprit de Dieu rejoint notre esprit en testifiant que nous sommes des enfants de Dieu, et ses héritiers. Nous sommes les héritiers de Dieu et les suivants de Dieu, quand nous partageons ses souffrances maintenant afin de partager sa splendeur après" (Rom 8:14-17)

En parlant de spiritualité, ou de la façon de vivre nous pouvons appeler la chrétienté, qui est selon Paul, l'Esprit. Tout comme Jésus était le fils de Dieu parce que 'l'esprit de Dieu était en lui, tous les êtres humains de tout clan, culture seront les enfants de Dieu si l'Esprit de Dieu est en eux. Ils sont les héritiers des suivants du Christ, et ainsi ses frères et ses soeurs. Avec lui ils peuvent crier "Abba" en appelant Dieu (En araméen, abba signifie père)

 La bonne attitude de l'esprit

Pour Paul, le christianisme n'est pas la performance de rites, mais bien de vivre droit. L'adoration et le sa crifice doivent être vécus, ils ne sont des rites accomplis comme frimes. La religion est une attitude de l'esprit.( laissez votre esprit être re-fait)

Et pour cela mes frères, j'implore la grâce de Dieu pour offrrir votre vraie self comme un sacrifice vivant, lui dédié pour son acceptation, l'adoration offerte par l'esprit et par le coeur. Ne vous adaptez plus aux modèles de ce monde, mais laissez votre esprit être refait et votre nature entière transformée. Alors vous serez apte de discerner la volonté de Dieu et de savoir ce qui est bon, acceptable et parfait"(Rom 12:1-2)

 Le sens des responsabilités

Selon Paul, être chrétien implique aussi de comprendre son rôle dans la société et d'excécuter ce rôle avec le sens de la responsabilité, peu importe la profession excercée, et la position tenue, ce qui est important, est l'accomplissement correct avec un sens de l'humilité et de la responsabilité. Pour Paul, la religion n'est pas d'abord l'ascétisme et le monastisme, mais bien d'excécuter les devoirs séculiers dans un esprit de dédicace illuminé.

Les dons que nous possédons par la grâce de Dieu, et qui doivent être excercés ainsi: le don de parole, est en proportion de la foi de l'homme, et le don d'administration doit être excercé dans l'administration. Un professeur doit utiliser son don d'enseigner, et celui qui a le charisme, doit charmer ses auditeurs. Si vous donnez la charité, donnez avec votre coeur. Si vous êtes un leader, excercez-vous à être un chef, si vous aidez les autres dans la détresse, faites-le avec coeur." (Rom12:6-8)

Devoirs politiques

Les êtres humains vivent dans une société politique qui a besoin d'une autorité gouvernante. Les citoyens d'une nation ont le devoir de remplir leurs obligations en se soumettant vraiment à l'autorité.L'accomplmissement correct des devoirs politiques est un devoir pour les Chrétiens.

" Il n'a pas d'autorité qui ne soit du fait de Dieu, et les autorités existantes sont instituées par lui...C'est pourquoi vous êtes obligés de vous soumettre, c'est une obligation imposée non par la crainte de la rétribution, mais par la conscience. Les autorités sont au service de Dieu et à ces devoirs ilaut consacrer son énergie"(Rom13:1-6)

 Quand Paul écrivit cette lettre, le Christianisme était religion interdite, et être Chrétien était une offense criminelle qui était punie par la mort, et Paul lui-même mourrut en l'an 62 en martyr sous le règne de Néron. Paul ayant rappelé ces obligations dans des régions où les chrétiens étaient persécutés, montre bien l'importance qu'il attachait à ce devoir civique.

 Le respect des autres cultures

Quand Paul écrivit cette lettre aux Romains, des contreverses s'élevaient dans la communauté romaine qui pouvaient amener des divisions, l'une d'elle était le végétarisme ou le non-végétarisme. Lers Juifs consommaient de la viande, mais des convertis d'autres nationalités, s'en abstenaient; il y avait aussi des discussions sur le jouir férié hebdomandaire (les juifs célébraienbt leur sabath le samedi, ceux d'autres nationalités n'étaient pas d'accord).

La position de Paul fut décisive, il fallait choisir les priorités, dans les primordiales, tous devaient se conformer, dans les autres, il laissait le choix en respectant les autres:

Si un homme est faible dans sa foi, vous devez l'accepter sans chercher à trouver ses points faibles. Un homme peut croire pouvoir manger toutes les nourritures, alors qu'un autre ne mangera que des végétaux, l'homme qui mange quelque chose ne doit pas s'occuper de ce qu'un autre ne mange pas, et doit s'abstenir de le juger.

Si un homme considère un jour plus important que ne le fait un autre homme, et chacun est bconvaincu de la justesse de son point de vue , car celui qui respecte un jour de repos a le seigneur dans son esprit en le faisant, tout comme celui qui mange de la viande fait de même, celui qui a certaines coutumes respecte le seigneur de la même façon que ceux d'autres coutumes;

Cessons dorénavant de juger les autres, mais disons simplement: ne mettons riens en travers du chemin d'un frère, car le Royaume, ce n'est pas manger et boire, mais la justice, la paix et la joie inspirée par le Saint Esprit.

Continuons ce qui fait la paix et construisons la vie commune (Rom 14:1-9)

 La situation qui demanda un tel conseil, n'est difficile à imaginer, les communautés chrétiennes étant composées de personnes provenant de cultures diverses, et Paul ne demanda pas l'uniformité pour garder l'unité, il leur permit de rester sur leur propre route pour autant que la vie de l'Esprit était sauvegardée.

 L'amour par dessus tout

Les points mentionnés ci-dessus doivent donner une idée de la façon dont Paul entendait le Christianisme. Pour conclure notre analyse des éclairages de Paul, il n'y a pas mieux à faire que de lire les Romains qui montre ce que doit être la place de la charité, même envers les persécuteurs dans la vie d'un chrétien.

Appelez des bénédictions sur vos persécuteurs, pas de vengeances. avec les joyeux soyez joyeux, faites attention aux autres comme vous faites attention à vous, ne soyez pas hautaiuns avec les humbles, ne montrez pas votre intelligence.

Ne rends pas le mal pour le mal, que vos pensées disent que tous les autres sont honorables, et autant que possible, vivez en paix avec tout le monde. Mes chers amis ne cherchez pas à vous venger mais laissez une place pour la divine rétribution, car un texte dit "cette justice est mienne je repayerai dit le Seigneur", mais un autre texte dit:"si ton ennemi a faim, nourris le, s'il a soif donne lui à boire, tu calmeras son esprit. ne vous laissez pas conquérir par le mal, combattez-le.

Celui qui aime son voisin,obéit à la loi, car les commandement "tu ne tueras point, tu ne commetras pas l'adultère tu ne voleras point, tu n'envieras pas" et les autres commandements peuvent être résumés en un seul " aime ton voisin comme toi-même, l'amour ne sait pas faire de mal, toute la loi se résume en l'amour."(Rom 12:14-21; 13:8-10)

<Sommaire>

 

 QUATRIÈEME PARTIE: LE CHRISTIANISME AUJOURD'HUI

 Chapître dix

LES DIFFÉRENTES FORMES

DU CHRISTIANISME

 Jusqu'à présent, nous avons examiné l'origine du Christianisme et le système de valeurs qu'il représente comme écrit dans les deux parties de la Bible à laquelle se réfèrent les Chrétiens, l'Ancien et le Nouveau testament, mais pour une compréhension plus complète du christianisme, nous ne pouvons pas nous arrêter là. Nous devons étudier la communauté chrétienne appelée "Eglise" telle qu'elle se présente aujourd'hui.

L'Eglise de la communauté chrétienne telle qu'elle est aujourd'hui est très complexe et n'est pas facile à examiner, aucune institution ne pourrait s'appeler "l'Eglise de la communauté chrétienne", un grand nombre d'institutions qui sont appelées chrétiennes, on pourrait dire y a-t-il un Christianisme ou plusieurs Christianismes ?

La fragmentation de la religion n'est pas propre au Christianisme, il n'a aucune religion qui n'a qu'une seule forme, on pourrait également parler du Boudisme et des Boudismes, Hindouisme et Hindouismes, Islam et Islams. Mais cette fragmentation est plus forte dans la communauté chrétienne, d'après les statistiques, il ya aujourd'hui 20.780 dénominations d'églises indépendantes; dans une telle diversité de formes,il; n'y a pas que des gens de l'extérieur qui ne s'y retrouveraient pas!

Les différentes dénominations n'existent pas depuis les origines, elles naquirent tout au long d'une histoire de 2000 ans. Certains naquirent suite à une rupture brutale, d'autres virent le jour au départ d'idéologies provenant d'un individu. Néanmoins,l'origine des différentes dénomination est claire,on peut distinguer 4 catégories :

1) l'Eglise catholique romaine

2) les Eglises orientales orthodoxes

3)les Eglises protestantes

4)les nouvelles Eglises protestantes

La façon la plus aisée de comprendre ces divisions est de la voir au départ d'une évolution historique. La quatrième catégorie est récente, elle remonte au 19°siècle. Nous nous contenterons d'une idée générale en parlant des principales.

 1. LES EGLISES PRINCIPALES

 Comme il est expliqué par ailleurs, le Christianisme débuta, en tant qu'Eglise très vite après la mort de Jésus. D'après les actes des Apôtres,les disciples de Jésus s'organisèrent rapidement en communauté-église lors de la fête juive de la Pentecôte qui eût lieu cinquante jours après la mort de Jésus. D'après les "actes", une nouvelle religion se répandit alors dans les différentes parties de l'empire romain, et surtout où étaient établis des Juifs.

Le début du Christianisme en tant que religion, ne fut guère aisé, car durant près de trois cents ans, le Christianisme fut interdit dans l'empire romain, et était pratiqué et se propageait en secret. Depuis les premiers temps, les chrétiens utilisèrent le mot catholique (du grec: universel ou multi-racial) pour désigner leur religion, et ils le firent pour le distinguer du Judaïsme qui ne s'adressait qu'à une seule race. Le Christianisme était ouvert à toutes les races, était dit pour cela catholique,même si pour l'implication contextuelle, il nous faudra parler plutôt de Christanisme quand on parle dans un sens large.

L'empereur Constantin autorisé la pratique du Christianisme en 313 AD et en 383AD, ses successeurs le déclarèrent religion d'état de l'empire romain. Suite à cette libération, les portes s'ouvrirent sur le monde, et les divisions internes apparurent. Tout comme l'empire, le Christianisme se divisait en deux groupes culturellement différents: ceux de l'Orient avec comme centre Constantinople (aujourd'hui Istamboul) parlaient grec, ceux de l'ouest avec Rome comme centre, parlaient le latin. Les deux groupes admettaient un certain nombre de croyances très proches, mais étaient relativement indépendantes pour les formes d'adoration et d'administration. On appelé cette Eglise "l'ancienne Eglise Catholique", dénomination que l'on garda jusqu'au 10°siècle.

 Premiere division: les catholiques romains et les orthodoxes de l'Orient

Le première rupture du Christianisme remonte à 1054 quand les Orientaux qui parlaient le grec, se séparèrent des occidentaux qui parlaient le latin. La première cause de division était la primauté de l'évêque de Rome que l'on appelait Pape (mot latin signifiant Père), qui proclama sa suprématie sur le Patriarche (en grec Père en chef) et demanda à celui-de se soumettre à son autorité, le Patriarche refusa alléguant au contraire une tradition de mille ans. Le groupe latin retint le nom de catholique et à Rome on l'appela "l'Eglise catholique romaine", le groupe grec prit le nom d'orthodoxe (qui veut dire "enseignement correct" ou "tradition originale")

 Deuxieme division : catholiques romains-protestants

Jusqu'à la fin du 15°siècle,certains catholiques romains se mirent à protester contre des pratiques qui s'étaient installées dans l'Eglise, et demandèrent une réforme. Le personnage le plus important de ce groupe, fut un moine augustin, Martin Luther (1483-1546); du probablement à un manque de sensibilité de la part des enthousiastes de la réforme, et à un manque de vision des autorités romaines, ce qui n'aurait être qu'une réforme interne, amena la deuxième grande rupture à l'intérieur du Christianisme.

 Luthériens, Presbytériens, Anabaptistes: Suivant Martin Luther et quelques autres leaders, un grand nombre de catholiques romains refusèrent l'autorité du Pape. Après cette rupture, se formèrent de nouvelles églises que l'on nomme protestantes.Le mot "protestant" désigne ceux qui protestaient contre le contrôle autoritaire de Rome, tandis que "la réforme" demnadait une réforme des structures de l'Eglise.La "protestation" était uniforme parmi les catholiques qui quittaient l'eglise romaine,, tandis que la "réforme" était variée et se fit de façons différentes par des groupes dissidents. Quelques soient le degré de réforme à laquelles ils adhérèrent,les ex- catholiques se firent appeler Protestants ou Chrétiens protestants.

Suite aux différentes idées que les réformateur protestants avaient de l'organisation que prendrait leurs Eglises, ils se séparèrent en plusieurs corps d'eglises.Les trois premiers furent les luthériens, les presbytériens et les anabaptistes.

Les luthériens voulaient l'indépendance de Rome, et aujourd'hui ils forment l'Eglise Luthérienne Evangélique, L'Eglise lthérienne allemende, l'Eglise luthérienne américaine et l'Eglise luthérienne finlandaise.

Les presbytériens n'étaient pas satisfaits de leur indépendance, ils demandaient une réforme de la structure institutionnelle de l'église, et aujourd'hui, il y a l'Eglise réformée d'Ecosse, l'Eglise protestante française,l'Eglise réformée hollandaise,et l'Eglise réformée allemande.

Les anabaptistes furent plus radicaux dans les réformes qu'ils envisageaient, ils réservaient le baptème aux seuls adultes et introduisirent dans leurs communautés socio-économiques, un mode vie très simple; aujourd'hui il a les Hutterites et les Mennonites.

 Eglise anglicane: Quand on parle du protestantisme, où se situe l'eglise anglicane? celle-ci n'est une émanation au sens strict du protestantisme, car l'idée de la séparation de Rome n'est pas due à l'idée de réforme, mais provient d'un différent entre le roi d'Angleterre et le Pape à Rome au sujet d'une histoire de divorce. Mais cette séparation apparut au moment de la réforme protestante et fut facilité par celle-ci. L'Eglise anglicane est aussi classée parmi les Eglises protestantes.

L'Eglise anglicane posède des branches hors de l'Angleterre et s'appellent Anglicane ou Episcopalienne. Leurs Eglises d'aujourd'hui sont: l'Eglise épiscopalienne américaine, l'Eglise du Pays de Galles, l'Eglise épiscopale écossaise, l'Eglise d'Irlande, l'Eglise du Canada et l'Eglise du Sri Lanka.

 Eglises revivalistes et puritaines: On crut attendre de la Réforme protestante qu'elle cesserait après que la formulation des Reformateurs protestants soit définitive dans leurs nouvelles Eglises, mais cela ne se fit pas. Des mouvements réformateurs surgirent des Eglises réformées, multipliant le nombre d'Eglises.

Il y a les Puritains qui insistent sur le retour à des formes simples du Christianisme du Nouveau Testament; ce sont les Disciples, les Congrégationistes, les Baptistes et les Quakers.

Les Revivalistes demandaient des formes plus chaleureuses et revivifiantes de l'adoration chrétienne, ce sont les Méthodistes, l'Armée du Salut et les Frères Moraves.

 Les eglises a l'interieur des eglises

L'histoire de l'éclatement du Christianisme ne s'arrête pas ici. Ce problème est encore aggravé par le phénomène appelé "les églises à l'intérieur de l'Eglise" Il y a aujourd'hui des tendances idéologiques qui divisent les membres de la même Eglise en sous-groupes, qui existent dans les trois tendances principales.

Nous limitant aux trois principales d'entr'elles il y a a) les Conservateurs, b) les Progressistes c) les Fondamentalistes ou Evangélistes.

Les conservateurs veulent conserver les vieilles traditions sous la forme où elles ont été crées, les progressistes insistent sur le fait que la religion doit s'adapter aux besoins du temps et de l'endroit. Quant aux Evangélistes ou fondamentalistes, ils défendent fermement l'idée que l'Eglise est d'origine divine et exigent sept croyances essentielles qui sont : 1) l'inspirant verbale de la Bible, 2) la naissance de la Vierge, 3) les miracles du Christ, 4) la résurrection de Jésus, 5) la dépravation totale de l'homme, 6) l'atonement substitutionnaire, 7)le retour du Christ. Ils s'opposent fermement aux interprétations modernes de la Bibles, tels que l'Oecuménisme, et insistent particulièrement sur l'engagement personnel envers la religion et attachent une grande importance à l'expérience de la conversion appelée nouvelle naissance.

Le fait que des membres de la même Eglise peuvent adhérer à une grande variété de tendances idéologiques, n'aide en rien à l'unité des Eglises, et cela mène souvent à une situation décrite comme "les églises dans les églises". Par ailleurs, de tels groupes savent couper les barrières de dénomination et réunir des membres d'Eglises autrefois séparés, il n'est pas rare en effet de voir un Anglican progressiste plus lié avec un catholique romain progressiste qu'avec les membres conservateurs de sa propre église.

 II. CATHOLIQUES, ORTHODOXES, PROTESTANTS

Leurs caractéristiques

 Pour une meilleur compréhension des Eglises principales, en dehors de l'histoire de leur séparation, nous apprendrons un peu plus sur leurs caractéristiques.

  Les eglises orthodoxes orientales

 La moins connue des trois branches principales, l'histoire de l'orthodoxie remonte aux premiers âges de la Chrétienté.C'est à Antioche qui est un patriarchat, de l'église orthodoxe, que se réunirent les disciples du Christ suivant le Nouveau testament et ils y furent dénommés Chrétiens. (Actes 11:26). L'Orthodoxie Chrétienne est administrée sur une base régionale, chaque région appelée patriarchat a comme chef un Ptriarche. Chaque patriarchat est indépendant même s'il y subordination des plus jeunes envers le plus âgé. Suite à cette forme d'administration la chrétienté orthodoxe s'appelle au pluriel "les eglises orthodoxes".

Un caractéristique propre à l'orthodoxie est leur forme d'adoration: utilisant les langues anciennes ou bien vernaculaires, ils ont une adoration en forme de cérémonie, leurs églises sont aussi très richement ornées, les vêtements portés par le clergé, les chants liturgiques, les différents instruments utilisés et les gestes rituels, tout cela amène les particpants aux offices à un sens particulier du mystère de la présence de Dieu. Leur calendrier lunaire, de fêtes est différent; l'Epiphanie ou"manifestation du Christ" est fêté le 6 janvier remplace la Noel, Les Pâques sont célébrées une semaine ou dix jours après celles des catholiques et des protestants.

Leur attitude vis à vis des images religieuses diffère également de celle des catholiques et des protestants, ils n'utilisent pas des statues en trois dimensions, elles sont diffférentes des catholiques qui les emploient à profusion. Par contre ils ont des images à deux dimensions appelées "icônes", ce qui les différencie des protestants qui n'utilisent jamais d'images, ou alors très peu.

Les prêtres et les moines ont aussi une tradition qui leur est propre, la vie monastique est bien respectée, et il y a beaucoup de moines. Ils se rapprochent des catholiques à cet égard, mais diffèrent des protestants qui insistent sur l' importance du mariage, et qui n'ont que peu de moines. En ce qui concerne la prêtrise, is sont proches des protestants car leur prêtres, sauf les évêques sont mariés. Le nombre d'adhérents à l'orthodoxie est moindre qu'auparavant, car ils ont du cèder les églises du Moyen Orient à l'Islam, alors qu'en Russie, le plus grand des états orthodoxes, les prêtres ont été jusqu'à peu souvent emprisonnés. D'un point de vue religieux leur petitesse numérique n'est pas un signe de faiblesse, on admet généralement que la petitesse des Eglises orthodoxes est due au fait qu'ils pratiquent la non-violence ou la non-résistance lors d'invasions, ou d'oppressions.

 L'eglise catholique romaine

C'est la branche numériquement la plus nombreuse des trois courants principaux, et c'est administrativement la plus forte car fortement centralisée. Le Pape qui est traditionnelement l'évêque de Rome, est le gouverneur religieux de l'Eglise catholique. Les évêques, répartis dans le monde, partagent le pouvoir avec le Pape, mais dans toutes les matières d'enseignement, ils se doivent d'être rigoureusement en conformité avec le Pape. Dans toutes les matières décisives de foi et de moralité, le Pape est considéré par les Catholiques comme étant sans erreur possible, ils disent qu'il est "infaillible".

La valeur et la validité de la concentration de pouvoir d'enseignement de l'Eglise dans les mains d'une seule personne et pose des questions à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Eglise. De tous temps, des séparations, voire des schismes ont toujours eu lieu. Il n'est pas impossible que le système de gouvernment centralisé de l'Eglise catholique romaine trouve son fondement dans le fait que le Pape, n'est pas que l'enseignant religieux de l'Eglise, mais a aussi été le chef politique des Etats Pontificaux.

Une deuxième source de la force de l'organisation catholique est peut-etre que son management est dans les mains de célibataires, car le pape, les évêques et aussi les prêtres càd ceux qui détiennent l'autorité de présider l'adoration religieuse, ne sont pas mariés. En plus des prêtres, l'Eglise catholique a également beaucoup de nonnes et de moines; en diminuation numérique, il y a environ 230.000 moines et 710.000 nonnes. En plus du fait qu'ils ne peuvent pas être mélés directement avec la supervision de l'adoration, ou de l'administration des communautés appelées paraoisses, ils ont beaucoup d'activités d'assistance, tels les missionaires, des travailleurs sociaux, des enseignants.

En se basant sur leur supériorité numérique, les nonnes qui ont de grandes responsabilités dans le système médical et éducationnel de l'Eglise, nous pouvons dire que les nonnes jouent un rôle majeur dans l'Eglise. Malheureusement, les mêmes opportunités de servir ne sont pas offertes aux gens mariés. depuis peu, l'Eglise catholique a fait un grand effort a été fait pour renverser cette situation, et on autorise des gens mariés à avoir certaines responsabilités dans les matières administratives de l'Eglise. Mais cela se remarque encore très peu. L'importance attachée au célibat dans l'église catholique est unique sauf dans le Boudisme Theravada.

L'Eglise catholique romaine a souvent été critiquée pour son état de fermeture, et de ne pas être suffisament ouverte à de nouvelles formes de foi. Elle a été critiquée par les autres dénominations et d'autres religions pour être trop protectrice d'elle-même, et d'être ainsi complètement imperméable à d'autres croyances que la sienne. Ces critiques ont une base de vérité si nous regardons l'histoire pas trop ancienne de l'Eglise catholique romaine, mais nous portons à son crédit que des choses changent lentement.

La preuve en est donée par des documents du dernier Concile dit "vatican 2"(de 1962 à 1965). Ce concile montre que l'Eglise catholique grandit consciente des besoins et évalue la possibilité de repenser ses attitudes traditionalistes envers les autres cultures, les autres religions et les autres Eglises chrétiennes, c'est son besoin d'être concernée avec les problèmes de la société contemporaine.

 Les eglises protestantes

La première caractéristique qui frappe celui qui regarde le protestantisme, est son aspect multiforme. Les dénominations internes du protestantisme n'ont rien en commun avec celles des catholiques, ni des orthodoxes, et est une aglomération de communautés chrétiennes indépendantes. A cause de ses divisions et subdivisions, le protestantisme peut sembler faible, mais l'institutionalité multiforme est propre à la nature profonde du protestantisme, et il opta pour le libéralisme en matière de foi religieuse qui est un élément intrinsèque du christianisme.

Le protestantisme adhère au principe que les individus sont libres sous la guidance de l'Esprit afin d'interpréter et comprendre la religion; ce principe a remplacé celui des catholiques où ils est demandé aux fidèles d'obéir à une autorité qui enseigne.

Vu de cet angle,le protestantisme n'est pas faible, il apporte une contribution vitale qui a fait entrer le Christianisme dans l'ére moderne et scientifique.Pour comprendre objectivement et contextuellement le protestantisme, il est préférable de ne pas le regarder comme une branche de la chrétienté séparée des autres,il a contribué à rendre le christianisme plus intelligible par l'introduction du phénomène de l'auto-critique et de l'examen de soi.

Le protestantisme a aidé le christianisme à se demander si le christiansime était chrétien,et d'un autre côté,il est concerné par le monde contemporain. Que le christiansime aie été réveillé au besoin de l'auto-critique, ce que l'on ne peut nier, est porté à son crédit.

Le Protestantisme réveille le Christianisme à ses manques dans certains domaines, dont deux doivent être mentionnés,d'abord il montra la place que peuvent occuper des laïcs et des gens marriés au sein d'une Eglise, le christiansime occidental était dirigé par des personnes qui s'étaient retirés de la vie familiale, notament les évêques, les prêtres, les moines et les nonnes qui tous firent voeu de célibat.

En deuxième lieu, le protestantisme montra que la religion, pour être compréhensible au peuple, il lui faut parler dans sa langue, les services liturgiques en langue vulgaire furent en effet introduits par le protestantisme, qui diffusa aussi la Bible dans la langue maternelle des gens. Le protestantisme ne créa là rien de nouveau, car aux premiers temps de la chrétienté,les gens mariés jouaient un grand rôle dans les églises, et le langage de l'église était celui du peuple, ces deux aspects furent supprimés par la suite dans le christianisme.

Les leçons faites par le protestantisme ont été longuement ressenties par l'Eglise catholique et même totalement ignorés, peut-être parce qu'elles furent mises en avant d'une façon assez aggressive, mais ces leçons n'ont pas cessé d'avoir des effets. Il fallut près de quatre cents ans pour que l'Eglise catholique introduise la langue vulgaire dans les offices. Les protestants ne virent pas que les manquements de l'Eglise catholique avant la Réforme, mais au fil du temps, ils virent aussi leur propres limitations: 400 ans après la Réforme, ils virent les dégats provoqués par leur désunions et dissentions à leur véritable Cause. Ils virent l'importance d'un esprit de collaboration et d'un programme d'actions conjointes parmi leur différentes dénominations;

Ce mouvement est à rapprocher de ce qui est appelé le "mouvement oeucuménique" qui peut dit celui du mouvement d'"une seule Eglise". L'organisation centrale des protestants a été appelée " Conseil mondial des Eglises", organisé en 1948 en est l'aboutissment. Cettte organisation regroupe 300 corps d'églises et se propose de planifier un travail commun tout en respectant leur identités individuelles. Les églises orthodoxes ont accepté d'en faire partie, et l'église catholique longtemps opposée à ce projet, travaille maintenant dans le Conseil Mondial des Eglises en association avec les Protestants.

 III. LES NOUVELLES ÉGLISES ET MOUVEMENTS

 L'esprit libéral libéré par la réforme protestante, n'arrêta pas le mouvement réformateur à

l'intérieur des Eglises réformées. Aux 19° et 20°siècles, se créèrent un grand nombre de nouvelles églises, appelées parfois "Sectes" ou "nouveaux mouvements".

La plupart furent crées par des personnes qui quittaient des cercles protestants, et aujourd'hui , dans leur forme ou leurs desseins, ces églises sont si non-traditionnelles, qu'il est difficile de les classer comme protestantes. Pour simplifier, nous parlerons d' églises post-protestantes" ou "nouvelles églises", que l'on diviser en Adventistes, Pentecôtistes, Rationalistes et d'autres.

Les Adventistes attendent la venue du Christ en tant que juge de la fin du monde qu'ils estiment très proche. On notera les Adventistes du 7°jour,l'église adventiste, la foi d'Abraham, les Témoins de Jéhovah, l'église adventiste primitive.

Les Pentecôtistes mettent l'accent sur l'action du Saint Esprit dans le coeur des individus. On citera les Assemblées de Dieu, l'église de Dieu dans le Christ, l'église pentecôtiste unifiée et les Chrétiens indigènes (non-blancs)

Les Rationnalistes, insistent sur le besoin de respecter l'esprit rationnel quand on parle de religion: les Unitaristes, les disciples du Christ, Science Chrétienne et les Scientologues.

Les "divers" sont l'église des saints des derniers jours (Mormons) et l'église unifiée du Saint-Esprit.

Le nombre d'églises chrétiennes crées depuis les débuts du Protestantisme, ne cesse de s'élever; il n'est pas possible de retenir tous leurs noms; certaines fondateurs de ces églises sont encore en vie, et il ne fait aucun doute que des nouvelles églises naîtront encore dans le futur. La caractéristique de ces nouvelles églises est leur grande popularité, et attirent plus particulièrement les jeunes que les églises traditionnelles. Elles se créent dans un espace laissé libre par les églises traditionnelles, et sont de ce fait un fait important dans la société contemporaine.

 IV. UNE SOLUTION À LA DISCONTINUITÉ

 Dans cette brève histoire de l'évolution de la Chrétienté au 20°siècle nous avons un aspect multi-dénominationnel et multi-idéologie. Cette image de désunion n'est aps attrayante, et n'est probablement pas mieux dépeinte que par un cartoon de l'encyclopédie du monde chrétien", le seul de cette encyclopédie, comporte quatre parties :dans les quatre, un vieil homme au crâne dégarni, signe propable de l'âge de raison, fait une déclaration sur un "mec" appelé Jésus et l'Eglise que celui-ci a fondée; voici ces 4 images:

1) il y a 2000 ans, ils demandaient au "mec" quel est ton message le plus important?

2) il répondit "aimez-vous les uns les autres".

3) de son message sortirent 20.780 dénominations.

4) ils se haïssent tous les uns les autres

Ce qui est important, c'est de ne pas être dérangé, ni déprimé par ce qui s'est passé, mais de voir où se trouve la solution à ce problème de division, elle ne se trouve que dans l'aspect institutionnel et non dans l'aspect spirituel du christianisme.

Si comme cela est précisé dans ce livre, le Christianisme est pris comme une forme de spiritualité, il est évident que tous les membres se sentiront spontanément unis et que les barrières entre les instituions tombera d'elle même. Il ne faudra jamais oublier que le Christianisme a endans le dynamisme spirituel d'amener une unité profonde dans le coeur des chrétiens de toutes les dénominations et ce qui encore plus important, entre les chrétiens et les non-chrétiens.

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1. Barrett David B

2. ibid.

<Sommaire>

 

 

Chapître onze

LES DOCTRINES CHRETIENNES

Même si la Chrétienté est divisée, elle a des doctrines qui sont communes à toutes les Eglises. La plus importante et la plus complexe concerne Jésus-Christ. Elle a donné lieu à des controverses sans fin, si bien que dans le Christianisme d'aujourd'hui, il y a, non seulement les enseignements de Jésus mais aussi les enseignements sur Jésus.

Les croyances des Chrétiens sont réunies dans ce qu'on appelle les « Credo », mot qui provient du latin « credere » : croire. Le Crédo le plus ancien est le « Symbole des Apôtres » qui daterait du temps des apôtres, mais qui aurait été rédigé seulement au quatrième siècle. C'est le Crédo le plus utilisé par les Chrétiens pour leur profession de foi. Le Symbole des Apôtres se divise en six parties :

Je crois,

a) en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre,

b) et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu de la vierge Marie. Il a souffert sous Ponce-Pilate ; il a été crucifié ; il est mort ; il a été enseveli ; il est descendu aux enfers. Le troisième jour, il est ressuscité ; il est monté au ciel ; il s'est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ; de là il reviendra pour juger les vivants et les morts.

c) Je crois au Saint-Esprit.

d) Je crois à la Sainte Eglise Universelle, à la communion des Saints,

e) à la rémission des péchés,

f) à la résurrection de la chair et la vie éternelle.

Parmi ces six thèmes, celui qui concerne Jésus est le plus long et montre l'importance qu'on y attache. C'est une biographie abrégée de la vie de Jésus, depuis sa conception dans le sein de sa mère jusqu'aux évènements qui se sont produits après sa mort et même jusqu'à ceux qui doivent se produire.

Parmi les nombreuses affirmations des Chrétiens au sujet de Jésus, deux sont essentielles : l'une, qu'il est le Fils de Dieu, l'autre, qu'il est ressuscité des morts. Ces attributs indiquent le caractère unique de Jésus en tant que maître spirituel. La tendance à considérer que le fondateur de sa propre religion est unique, n'est pas spécifique aux Chrétiens. Elle existe chez tous les croyants. Les Bouddhistes et les Musulmans, par exemple, pensent qu'aucun maître spirituel ne peut égaler le leur. Pour les Bouddhistes, Bouddha est le seul homme qui soit omniscient. Pour les Musulmans, Mahomet est le dernier et le plus grand des prophètes.

On retrouve ces deux pensées, à savoir que Jésus est le Fils de Dieu et qu'il est ressuscité des morts, dans le Nouveau Testament. Nous les étudierons ici l'une après l'autre.

I-JESUS FILS DE DIEU

Depuis les origines du Christianisme, les Chrétiens ont l'habitude de désigner Jésus, leur maître sous le nom de « Fils de Dieu ». Les Evangiles montrent clairement l'origine de cette coutume. Un bon exemple en est le récit de la naissance de Jésus, dans l'Evangile de Luc :

Dieu envoya l'ange Gabriel dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à un homme nommé Joseph, de la maison de David ; cette vierge s'appelait Marie. L'Ange, étant entré dans le lieu où elle était, lui dit : « Je te salue, toi qui a été comblée de grâces ; le Seigneur est avec toi ». Elle fut troublée de ces paroles, et se demandait ce que signifiait cette salutation. Alors l'Ange lui dit : « Ne crains point, Marie, car tu as trouvé grâce devant Dieu. Voici tu concevras et enfanteras un fils, à qui tu donneras le nom de Jésus. Il sera grand, et il sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. »

Alors Marie dit à l'ange : « Comment cela arrivera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? » L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c'est pourquoi, aussi, le saint enfant qui naîtra sera appelé le Fils de Dieu… » Marie répondit : « Me voici : je suis la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon ta parole. » Puis l'ange la quitta…

Le récit continue. Jésus naquit à Bethlehem où Joseph et Marie durent aller se faire enregistrer pour un recensement national. Le bébé naquit dans une étable. Elle l'emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait point de place pour eux dans l'hôtellerie.

Or il y avait dans la même contrée des bergers, qui couchaient dans les champs et gardaient leurs troupeaux pendant les veilles de la nuit. Un ange du Seigneur se présenta à eux ; la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux, et ils furent saisis d'une grande crainte. Alors l'ange leur dit : « Ne craignez point. Car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie ; c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur, vous est né… » Et tout à coup, se joignit à l'ange une multitude de l'armée céleste, louant Dieu et disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre, bienveillance envers les hommes. » ( Luc 2 : 1 &endash; 14 )

Un récit tel que celui-ci peut agir sur les lecteurs de façons différentes. Il peut provoquer une vénération profonde pour Jésus. La forme narrative, empreinte de surnaturel, les aide à voir le sublime de sa vie et de son œuvre. Mais elle peut amener certains à rejeter les Evangiles qui, pour eux, contiennent des histoires incroyables et n'ont aucune valeur historique. C'est pourquoi il est important, lorsqu'on lit de tels récits, de comprendre ce que les auteurs voulaient exprimer.

Evaluation

Les récits qui mettent en scène des anges ( ou des démons ) ne doivent pas être pris à la lettre. Mais ils ont quelque chose d'important à nous dire. Ce que disent les anges, au début de la vie de Jésus reflète les convictions que les disciples juifs de Jésus avaient après sa mort. En lui, ils voyaient se réaliser leur rêve d'un Sauveur, le Messie. Les anges disent aux bergers : « Aujourd'hui un Sauveur vous est né, le Messie, le Seigneur. » Pour faire comprendre aux bergers qui est le Messie, les anges évoquent ses liens de parenté avec David : « Joseph, descendant de David », « le trône de son ancêtre David », « dans la cité de David ».

Les juifs voyaient dans le Messie un libérateur de la trempe de David, le plus grand roi de l'histoire Juive, Un libérateur qui leur rendrait l'autonomie politique et un royaume indépendant. En fait, Jésus n'a pas établi un tel royaume. Cependant les disciples de Jésus ont reconnu en lui le Messie, parce que Jésus les avait convaincus que son royaume n'était pas un royaume terrestre. Cette idée est perceptible dans le chant de l'armée céleste : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre parmi les hommes qu'il agrée ». Les anges résument ce que Jésus va faire et ce qu'il représentera pour le peuple parmi lequel il travailla. Ce qui nous est présenté ici comme le récit de la naissance de Jésus, est en réalité une évaluation de sa vie après sa mort.

Fils de Dieu

Selon l'annonce faite à Marie par l'ange Gabriel, Jésus serait appelé « Fils du Très-Haut » ou « Fils de Dieu ». Il est probable que ce titre a été introduit dans la communauté Chrétienne par des convertis païens familiers des dieux et déesses. Dans le cadre monothéiste de la pensée Juive, l'expression « Fils de Dieu » convenait mieux que seulement « Dieu ». Si Jésus était né en Inde plutôt qu'en Palestine, on l'aurait simplement appelé « Dieu ». Aujourd'hui, en Inde de nombreux « gourous » ou maîtres spirituels sont appelés « Bhagavan » mot dont le sens n'est pas différent de « Seigneur Dieu ».

Dans l'antiquité, il n'était pas rare de donner le titre de « Dieu » à de grands hommes. Des monarques, des saints et des fondateurs de religion furent appelés « Dieux ». Cette tradition a disparu en Occident. Pourtant il en reste des réminiscences. On utilise toujours des titres honorifiques tels que « Votre Grandeur », « Votre Majesté », « Votre Sainteté », « Votre Excellence ». De la même façon, les termes de « dieu » ou « Fils de Dieu » expriment une profonde révérence à l'égard d'une personne douée d'un charisme exceptionnel.

Naissance virginale

Pour celui qui a lu quelques biographies de saints appartenant à différentes religions, l'introduction de Luc à la vie de Jésus n'est pas une surprise. Dans les biographies religieuses de la plupart des cultures, le fait de naître d'une vierge est un début traditionnel. Les Puranas Hindous contiennent de nombreux récits où des vierges deviennent mères de saints hommes.

Dans les Evangiles, la signification Chrétienne de la naissance virginale est soulignée par les paroles de l'ange à Marie : « L'Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c'est pourquoi, aussi, le saint enfant qui naîtra sera appelé le « Fils de Dieu » » . Jésus est le « Fils de Dieu » parce qu'il est empli du « Saint-Esprit ». Cette petite phrase de l'ange résume le secret de la vie intérieure de Jésus et de la dignité de Marie, mère d'un être guidé par le Saint-Esprit. La naissance virginale est une croyance qui peut être bien ou mal interprétée. Mal interprétée, elle devient une insulte à l'humanité, insinuant que donner le jour de façon naturelle est un acte mauvais et impur.

La naissance virginale, une prérogative de tous les enfants de Dieu

Si la naissance virginale de Jésus est comprise selon la pensée des Evangélistes, cela implique que la naissance virginale n'est pas une prérogative exclusive de Jésus, mais qu'il la partage avec tous ceux qui atteignent un degré de spiritualité tel qu'on peut les appeler « Enfants de Dieu ». Le fait que tous les « Enfants de Dieu » sont ceux qui « ne sont pas nés de la volonté de l'homme » est clairement affirmé par l'auteur du quatrième Evangile lorsqu'il décrit la venue de Jésus sur la terre.

Il ( Jésus ) est venu chez les siens ( la communauté Juive ) et les siens ne l'ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l'ont reçu il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à tous ceux qui croient en son nom, qui ne sont pas nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais qui sont nés de Dieu. ( Jn 1 : 10 &endash; 13 )

D'après ce texte, il est clair que tous ceux qui obéissent à Jésus ne sont pas nés de la chair, ni de la volonté d'un homme. S'il en est ainsi, la naissance virginale est un statut auquel peuvent prétendre tous les vrais disciples de Jésus. Tout homme est appelé à être un « enfant de Dieu ».

 

II-LA RESURRECTION DE JESUS

D'après le récit des Evangiles, la vie de Jésus ne s'est pas terminée par sa mort. Il est ressuscité des morts. Telle que les Evangiles nous la présentent, la résurrection de Jésus n'est pas un détail accessoire mais l'élément central du récit de la vie de Jésus. L'Evangile de Marc la relate ainsi :

Quand le Sabbat fut passé, Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates pour aller embaumer le corps de Jésus. Le premier jour de la semaine, de grand matin, comme le soleil venait de se lever, elles se rendirent au tombeau. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre qui ferme l'entrée du tombeau ? » Ayant regardé, elles virent que la pierre avait été roulée ; or elle était très grande. Puis, étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis du côté droit, vêtu d'une robe blanche ; et elles en furent épouvantées. Mais il leur dit : « Ne vous effrayez point ! Vous cherchez Jésus de Nazareth qui a été crucifié : il est ressuscité. Il n'est pas ici ; voici le lieu où on l'avait mis… »

Après cela, Jésus se montra sous une autre forme à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour se rendre à la campagne… Plus tard, il se montra aux Onze, pendant qu'ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. Puis il leur dit : « Allez par tout le monde et prêchez l'Evangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira point sera condamné… » Le Seigneur Jésus, après leur avoir ainsi parlé, fut enlevé au ciel, et il s'assit à la droite de Dieu. (Mc 16 : 1 &endash; 20 )

Croyance Juive en la résurrection

L'affirmation du Nouveau Testament selon laquelle Jésus s'est relevé d'entre les morts est difficile à accepter pour les membres d'autres religions et même pour de nombreux Chrétiens. La raison en est simple. Dans l'histoire de la race humaine, il n'y avait eu jusque là aucun cas avéré de résurrection d'entre les morts. C'est pourquoi ce que relate le Nouveau Testament doit être étudié à la lumière de la croyance Juive en la résurrection, qui prévalait du temps de Jésus.

A cette époque &endash; d'une façon qui est presque inconcevable de nos jours &endash; les Juifs croyaient que la fin du monde était sur le point de se produire. La fin du présent monde devait être immédiatement suivie par l'avènement d'un nouveau monde pacifique nommé le « Royaume de Dieu ». A l'aube de ce nouveau monde, toutes les générations Juives du passé sortiraient de leurs tombes pour partager les joies du Royaume.

L'idée selon laquelle ce monde serait totalement détruit n'est pas spécifique aux Juifs du temps de Jésus. Elle existait chez les Juifs depuis le temps où ils perdirent définitivement leur indépendance politique. Pendant longtemps ils crurent que ce monde où leur peuple était constamment harcelé et torturé par des nations ennemies, serait détruit et qu'une nouvelle ère de paix et de joie commencerait. Cette croyance en la fin du monde s'appelle « eschatologie ». L'eschatologie des juifs se composait de cinq éléments : a) la venue d'un libérateur, le Messie ou le Christ, b) la destruction du présent monde mauvais, c) l'avènement du Royaume de Dieu, une ère de paix et de joie sur la terre, d) la descente de l'Esprit Divin pour éclairer les hommes et e) la résurrection des générations passées pour qu'elles partagent les joies du Royaume.

Bien que cette perspective eschatologique de la fin du monde ait caractérisé la pensée Juive pendant longtemps, nous ne savons pas si cette préoccupation a jamais été aussi forte que du temps de Jésus. Le nouveau Testament indique clairement cette préoccupation. Jean Baptiste et Jésus attiraient l'attention sur elle dans leurs prédications. Ils annonçaient publiquement : « Le Royaume de Dieu est proche » ( Mt 3 : 2 ; 4 : 17 ). Paul, le premier grand propagateur du Christianisme, soutenait que la fin du monde se produirait avant sa propre mort et que lui-même et ceux qui vivaient avec lui, ne mourraient pas mais seraient physiquement transformés pour pouvoir entrer dans le nouveau Royaume ( 1 Th 4 : 14 &endash; 17 ).

Pierre, le chef des apôtres, dans son premier sermon, le jour de la Pentecôte, déclara que le don du Saint-Esprit était un événement qui, d'après les prophéties, devait se produire dans les derniers jours ( Ac 2 : 17 ). Les Evangiles donnent à penser que l'ère nouvelle commença au moment de la mort de Jésus. Il devait en être ainsi parce que les disciples de Jésus voyaient en lui le Messie à venir et celui qui inaugurerait l'ère où les hommes sortiraient de leurs tombeaux. C'est pourquoi lorsque Jésus rendit son dernier soupir, sur la croix, le Nouveau Testament signale qu'on vit des Juifs sortir de leurs tombeaux.

Jésus, ayant de nouveau jeté un grand cri, rendit l'esprit. Alors, voici que le voile du temple se déchira en deux, du haut en bas. La terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de plusieurs saints qui étaient morts ressuscitèrent ; étant sortis de leurs tombeaux, ils entrèrent dans la ville sainte après la résurrection de Jésus, et ils apparurent à plusieurs personnes ( Mt 27 : 50 &endash; 53 )

C'est ainsi que, vu la façon dont on concevait la résurrection au tout début, Jésus n'est pas le seul qui soit ressuscité des morts. Plusieurs autres ressuscitèrent aussi, comme l'affirme Matthieu « Ils entrèrent dans la ville sainte où plusieurs les virent ». Et, de fait, tous les juifs auraient du ressusciter des morts si la fin du monde et l'avènement du Royaume s'étaient déroulés comme l'imaginaient les Juifs à cette époque. Il ne faut pas perdre de vue cette conception Juive de la fin du monde si l'on veut comprendre le fondement de la croyance des premiers Chrétiens en la résurrection de Jésus et la future résurrection de l'humanité.

Etude du récit de la résurrection

Dans les Evangiles, il y a une grande différence entre la façon dont sont rapportés le procès, la condamnation et la mort de Jésus, qu'on appelle en résumé, la « Passion » et la façon dont est relatée la résurrection. La première partie est un compte-rendu. En fait, le récit de la Passion est le récit le plus précis de tous les Evangiles. Le récit de la résurrection, au contraire, est de style religieux et imagé. Il débute avec l'apparition d'anges, un chez Matthieu et Marc ( Mt 28 : 2 ; Mc 16 : 5 ) et deux chez Luc ( Lc 24 : 4 ). La fin du récit est tout aussi imagée. Les disciples voient Jésus enlevé au ciel. Les images de personnes qui montent au ciel ou qui descendent en enfer appartiennent au style religieux.

Ce qui est le plus mystérieux au sujet des apparitions de Jésus, c'est que Jésus n'est pas reconnu même par ceux qui le connaissaient le mieux. Jésus apparaît d'abord à Marie-Madeleine, une femme qui était très proche de Jésus et qui lui était très attachée. Le dimanche matin, de bonne heure, elle va au tombeau où elle avait déposé le corps le vendredi soir. Voyant le tombeau vide, elle est troublée et lorsqu'elle se retourne pour partir, elle voit Jésus mais elle ne peut pas le reconnaître. Elle pense que c'est le jardinier. Elle le reconnaît seulement lorsqu'il l'appelle par son nom.

Le fait que Jésus n'ait pas été reconnaissable apparaît encore clairement dans l'apparition du Christ aux deux disciples d'Emmaüs ( Lc 24 : 13 &endash; 35 ). Les deux disciples se rendaient à Emmaüs, village situé à douze kilomètres de Jérusalem. En chemin, ils sont rejoints par un compagnon inconnu mais amical. Il fait route avec eux. Ce compagnon est Jésus. Les deux disciples ne le découvrent qu'au moment du repas, à la manière dont Jésus rompit le pain. Cette histoire est étrange. Les disciples qui avaient été proches de Jésus, auraient du le reconnaître tout de suite aux traits de son visage.

Un récit qui est encore plus révélateur à cet égard est le récit de l'apparition de Jésus à Thomas. Thomas, l'un des douze apôtres, refuse de croire que Jésus est ressuscité jusqu'à ce qu'il puisse mettre le doigt sur les blessures de Jésus. Il y a quelque chose d'étonnant dans cette remarque de Thomas. Pourquoi un disciple devrait-il voir les blessures de Jésus pour le reconnaître ? Ce pourrait-il que ses traits, son accent, sa démarche aient tellement changé en 3 ou 4 jours, après le dernier repas qu'ils avaient pris ensemble ? Quoiqu'il en soit, d'après le récit Evangélique, Jésus apparaît à Thomas et l'invite à faire le test qu'il souhaite. Puis Jésus fait une déclaration qui indique clairement que la réalité de la résurrection est mieux perçue par intuition que par la vue.

Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ! ( Jn 20 : 24 &endash; 29).

Cette affirmation qui déclare bienheureux ceux qui croient en Jésus sans l'avoir vu ressuscité, offre une leçon précieuse à ceux qui s'imaginent qu'un événement tel que la résurrection de la chair possède en lui-même le pouvoir de susciter la foi en Jésus. Jésus ne le pensait pas. Cela apparaît clairement dans la parabole de l'homme riche et de Lazare. L'homme riche qui brûlait dans les feux de l'enfer demanda à Abraham d'envoyer Lazare sur terre pour prévenir les autres membres de sa famille. L'homme riche pensait « si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront ». Mais Abraham lui dit : « S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas non plus persuadés quand même quelqu'un des morts ressusciterait » ( Lc 16 : 27 &endash; 31 ).

De plus il n'est pas déplacé de mentionner ici que Jésus lui-même peut ne pas avoir envisagé sa vie après la mort en terme d'une résurrection le troisième jour. Les paroles qu'il adressa au criminel repentant, exécuté à côté de lui sur le Calvaire, indique le contraire. Lorsque celui-ci plaida « Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras en ton règne ! » Jésus lui répondit : « En vérité, je te le déclare, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » ( Lc 23 : 42 &endash; 43 ). La conception Evangélique de la résurrection a une signification beaucoup plus large que ce qui s'exprime uniquement par l'image de la résurrection physique.

Apparition principale

Le récit de l'apparition sans doute la plus révélatrice est celui où l'on voit Jésus ressuscité donner l'ordre à ces disciples de prêcher l'Evangile à « toutes les nations ». On lit dans Matthieu :

Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. Quand ils le virent, ils l'adorèrent… Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi : « Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici : je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » ( Mt 28 : 16 &endash; 20 ).

L'apparition de Jésus est également rapportée dans les trois autres Evangiles. Cependant les récits diffèrent. D'après Matthieu que nous venons de citer, Jésus apparaît à ses disciples sur une montagne de Galilée. D'après les autres, Jésus leur apparaît à Jérusalem. Dans Marc, « il apparut aux Onze, pendant qu'ils étaient à table » ( Mc 16 : 14 ). Dans Jean, il apparaît « les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées par crainte des Juifs » ( Jn 20 : 19 ). Dans Jean encore, l'Esprit est donné aux disciples à la fin de cette apparition. « Alors il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l'Esprit Saint » » ( Jn 20 : 22 ). D'après Luc, la venue du Saint Esprit est seulement annoncée : « J'enverrai sur vous ce que mon Père a promis. Pour vous, demeurez dans cette ville, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut » ( Lc 24 : 49 ). De telles variations pourraient poser question, si l'événement décrit était purement historique.

Les quatre Evangiles s'accordent sur le but principal de l'apparition de Jésus. Les quatre récits comportent de façon explicite ou implicite l'ordre pour les disciples d'enseigner « toutes les nations ». L'ordre que Jésus donne ici aux apôtres de prêcher l'Evangile au monde entier, est en opposition avec l'ordre qu'il leur donna de son vivant. Là, il leur interdit de prêcher en dehors de la communauté Juive.

Jésus envoya ces douze en mission, après leur avoir fait les recommandations suivantes :

« N'allez pas du côté des païens, et n'entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez de préférence auprès des brebis perdues de la maison d'Israël. Sur votre route, prêchez que le Royaume des cieux est proche ».

La nouvelle injonction de Jésus apparaît très appropriée dans le contexte des problèmes qui se posaient à la nouvelle Eglise lors de ses débuts. Contrairement à la communauté Juive dans laquelle Jésus travailla jusqu'à sa mort, l'Eglise Chrétienne était multiraciale. Les apôtres commençaient à admettre des gens qui n'étaient pas Juifs et cela, même sans leur demander d'adhérer aux pratiques Juives, telle que la circoncision. Cela provoqua naturellement des heurts au sein de l'Eglise primitive.

Nous avons vu précédemment la controverse qui fit rage entre les « Judaïsants » et les « anti-Judaïsants » à propos de la manière d'admettre les nouveaux membres. Le conflit fut si grave qu'il fallut, pour le résoudre, convoquer un conseil œcuménique, le « Concile de Jérusalem », en 50 après J.C.. Si l'on devait instituer la nouvelle pratique d'annoncer l'Evangile aux païens et de les admettre sans la circoncision, l'ancienne ordonnance devait être annulée et une nouvelle donnée à sa place. Si la circoncision devait être abandonnée, un nouveau rite devait être officialisé. C'est ce que Jésus fit lors de sa dernière apparition. En tant que chef de la nouvelle Eglise, il dit à ses apôtres d'instruire toutes les nations et d'utiliser le baptême en tant que rite initiatique.

Cette apparition de Jésus qui visait à préciser la mission universelle de l'Eglise répondait à un grand besoin de l'Eglise primitive. Néanmoins diverses raisons font douter que l'apparition, telle qu'elle est relatée dans l'Evangile, soit historique. Beaucoup d'éléments du commandement attribué à Jésus ne peuvent être compris que si on les envisage par rapport à des situations beaucoup plus tardives.

L'un de ces éléments est l'allusion à la formule du baptême. Les historiens pensent que la formule actuelle : « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » est d'origine tardive. Il en est de même pour des déclarations attribuées à Jésus : « Qui croira et recevra le baptême sera sauvé ; mais qui ne croira pas sera condamné » ( Mc 16 : 16 ) et « A qui vous pardonnerez leurs péchés, ils seront pardonnés ; à qui vous les retiendrez, ils seront retenus » ( Jn 20 : 23 ). De telles déclarations ne peuvent être comprises que si l'on pense qu'elles apparurent à l'époque où l'Eglise devenait une institution, où l'on considérait que les chefs de l'Eglise avaient le pouvoir de décision sur la destinée post mortem de leurs membres. Lorsqu'on l'envisage dans ce contexte, le commandement que Jésus donne après sa résurrection prend tout son sens si on le considère comme la découverte intuitive par les premiers Chrétiens de l'esprit missionnaire de Jésus et de l'universalité de son message.

La résurrection comme affirmation de la valeur de la mort de Jésus

Pour voir une signification spéciale de la croyance des premiers Chrétiens dans la résurrection de Jésus, il faut regarder la situation tragique des premiers Chrétiens après la mort de Jésus sur la croix. Il nous est difficile, aujourd'hui, d'imaginer le choc que la mort de Jésus provoqua chez ses disciples. La croix est l'équivalent de la condamnation aux galères. Sa mort souleva naturellement dans les esprits des questions pour lesquelles ils devaient trouver des réponses adéquates. Comment un homme bon pouvait-il souffrir ainsi ? La croix indiquait-elle une faille dans ce qu'enseigna Jésus ?

Ils se mirent à penser à ce que Jésus leur avait enseigné. Ils réfléchirent à son attitude face à la mort. Dans cette attitude ils trouvèrent la réponse. D'après les Evangiles, Jésus parla au moins à trois reprises de sa mort prochaine. En voici l'une d'elles :

… Il se mit à leur enseigner qu'il fallait que le Fils de l'homme ( c.-à-d. lui ) souffrit beaucoup, qu'il fût rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes ; qu'il fût mis à mort… Il s'exprima ouvertement. Le tirant alors à l'écart, Pierre se mit à le reprendre. Mais lui, se retournant, regarda ses disciples et réprimanda Pierre, en disant : « Arrière de moi, Satan ! La pensée que tu as n'est pas de Dieu, elle est tout humaine » ( Mc 8 : 31 &endash; 33 )

( Pour éviter une possible confusion, il est utile de mentionner que, dans le texte de Marc, après les mots « qu'il fût mis à mort » se trouve la phrase « et qu'il ressuscitât au bout de trois jours ». Des savants pensent que cette phrase a été rajoutée plus tard, car si Jésus avait mentionné sa résurrection à ce moment, Pierre aurait approuvé et non résisté. De plus les mots qui suivent « Il s'exprimait ouvertement » ne peuvent se comprendre que si Jésus parlait ici exclusivement de ses souffrances et de sa mort.)

En réfléchissant sur ce que Jésus avait dit au sujet de sa mort prochaine, ses disciples réalisèrent qu'ils ne devaient pas penser à sa mort sur la croix « comme le font les hommes » mais comme « le pense Dieu ». Ils réalisèrent que s'ils avaient été initialement bouleversés, comme Pierre, c'est parce qu'ils pensaient « comme des hommes ». A la lumière du plan de Dieu, Jésus avait regardé sa souffrance et sa mort comme un pas essentiel pour l'établissement sur terre des valeurs de vérité et de justice pour lesquelles il avait vécu. Il savait que, de la façon dont Dieu avait ordonné les choses, les hommes qui luttent pour la vérité et la justice doivent tout sacrifier à cette cause, y compris leurs propres vies. Ainsi il regardait sa passion prochaine et sa mort comme l'heure qui glorifierait Dieu et lui-même. Cela apparaît clairement dans ces deux passages de l'Evangile de Jean :

( Quand Judas fut parti ) Jésus dit : « Maintenant le Fils de l'Homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié par lui » ( Jn 13 : 31 )

Après avoir parlé ainsi, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l'heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie » ( Jn 17 : 1 )

Les premiers Chrétiens virent clairement que la mort de Jésus sur la croix n'était pas quelque chose d'abominable qu'il fallait déplorer mais un titre de gloire dont on devait se réjouir. La croix n'était pas une défaite pour Jésus mais un signe de sa victoire. La conviction, que la mort de Jésus, lorsqu'on l'envisage selon la pensée de Dieu, est réellement une glorification, constitue un élément important que les premiers Chrétiens affirmèrent par leur croyance en la résurrection de Jésus.

La résurrection des êtres humains

Non seulement la résurrection de Jésus, mais aussi la résurrection de tous les êtres humains constituent une des bases de la doctrine Chrétienne. Pour voir ce que cela implique, nous devons réaliser qu'il existe, chez l'homme, un niveau de conscience au-dessus de la vie purement physique. Ce niveau de conscience échappe à la mort. Lorsqu'elle est envisagée sous la bonne perspective, la doctrine de la Résurrection n'est pas une doctrine de survie, mais de plénitude de vie. Ce n'est pas un enseignement sur la vie après la mort, mais sur une vie plus parfaite. La résurrection n'est pas la conséquence de la mort mais de la mort à soi-même. Un tel niveau de vie spirituelle parfaite est attesté par toutes les religions sous leurs formes adultes. L'idéal Hindou de « Moksa » ( libération ) et l'idéal Bouddhiste du « Nirvana » ( abnégation ) ont beaucoup de points communs avec la résurrection Chrétienne.

La résurrection en réfère donc à un niveau de vie sublime qui peut être déjà atteint dans la vie présente. C'est pendant sa vie que Jésus a dit, « Je suis la résurrection et la vie » ( Jn 11 : 25 ). S'il en est ainsi, la croyance en la résurrection n'est pas croyance en une vie de Jésus qui aurait suivi sa mort physique mais croyance en une vie parfaite dont Jésus jouissait déjà de son vivant. C'est ce type de résurrection qu'il envisageait également pour tous ses disciples lorsqu'il disait :

« En vérité, je vous le dis, quiconque écoute ma parole et croît en Celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle, il échappe au jugement, car il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le déclare, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue, vivront » ( Jn 5 : 24 &endash; 25 )

S'il en est ainsi, la résurrection n'est pas tant une doctrine qu'il faut croire, qu'une ligne de conduite adulte qu'il faut suivre. Etre ressuscité c'est être déjà « passé de la mort à la vie ». « L'heure est déjà venue » de se relever d'entre les morts. Cela apparaît clairement dans la parabole de l'Enfant Prodigue. Lorsque le fils aîné désapprouva les célébrations pour le retour de son jeune frère, le père dit : « Comment aurions-nous pu ne pas célébrer cet heureux jour ? Ton frère, que voici, était mort et il est revenu à la vie. » ( Lc 15 : 32 ) La résurrection est un état que tout être humain est appelé à connaître en devenant adulte mentalement.

Les deux croyances dont nous venons de discuter, à savoir la filiation divine de Jésus et sa résurrection sont l'essence même de la foi Chrétienne. Mais elles en sont l'essence seulement si la foi est considérée comme un modèle pour la vie de tous les jours. Les croyances lorsqu'elles sont bien comprises, ne sont pas destinées à être mémorisées ou professées. Elles sont connaissance profonde de la vie qui donne aux hommes une vision sur laquelle ils peuvent construire leurs vies.

 

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Chapitre douze

 RITES ET CÉLÉBRATIONS

 

 Si nous cherchons à comprendre une religion dans sa forme telle que pratiquée aujourd'hui, il faut être familiarisé avec deux éléments, que sont les rites et les croyances. Le deuxième est le plus difficile à comprendre que le premier.Dans le dernier chapître, nous avons examiné les croyances chrétiennes, nous voyons ci-après, leurs rites et célébrations.

Si les rites sont plus difficiles à comprendre que les célébrations, la raison est simple à trouver: les sentiments exprimés par la religion au travers de ses rites, appartiennent à un niveau plus subconscient que conscient de l'esprit humain.; et ce qui est senti à un niveau subconscient, ,ne peut être exprimé dans les mots qui appartiennent au niveau conscient, ils ne peuvent être exprimés que par des gestes corporels, afin d'être perçus, ils doivent s'exprimer à l'extérieur, ces gestes sont plus difficiles à déchiffrer que des mots, c'est pour cette raison que les rites sont plus difficiles à êtrediscutés que les croyances.

Même on ne peut pas dire grand chose d'une façon analytique des rites, nous essayerons d'abord, avant d'examiner les rites propres au Christianisme, les différents rites des autres religions.

 1. LES RITES DANS LES RELIGIONS

 S'il est difficile pour de dire tous les sentiments exprimés qui sont ancrés dans le subconscient, nous voyons néanmoins qu'il est deux sentiments basqiues dans les différentes religions qui s'expriment: l'un est le sentiment que nous pouvons appeler le sens du Sacré ou du Sublime et qui amène au rite d'adoration, l'autre est celui de l'affinité entre les membres d'une communauté entre eux et qui amène le rite de communion.

 L'adoration

Quelle que soit la difficulté de l'exprimer, les humains semblent avoir la conviction profonde en eux qu'ils ne sont pas entièrement autonomes, voyant la vie qu'ils mènent, ils sont dépendants. Cette conviction subconsciente crée en eux le sens du Sublime, et ce qui est ressenti par là, est dépeint dans les différentes religions, en images qui satisfont la curiosité naturelle de l'imagination.

Les religions monothéiques l'expriment en termes de Dieu tout puissant, les polythéistes comme un panthéon de dieux et déesses. Quelle que soit la façon la réalité est imaginée dans les différentes cultures, toutes ont des positions et gestes pour exprimer leur connaissance aussi bien que leur réponse personnelle. Nous mentionnerons des gestes communs à plusieurs religions.

D'abord les gens quittent leurs maisons et vont dans des chapelles, églises et temples pour prier, ils trouvent que ces endroits considérés comme sacrés sont le lieu approprié popur manifester l'expression du sens du Sublime. Le besoin qu'ils éprouvent de sortir de chez eux à cette fin, représente leur besoin de sortir d'eux-mêmes pour entrer en contact avec le Sublime.

Deuxièment, dans la plupart des traditions, les gens éprouvent le besoin de se purifier avant d'aller prier, ils se lavent avant de pénétrer dans le lieu de prière, certaines religions utilisent à cette fin de l"eau bénite" qui asperge les fidèles au début des services religieux. Ce comportement est subconscient et montre qu'on est sale devant le Sublime. Les dévôts connaissent la nature de la purification dont ils ont besoin, c'est pour enlever en fait la crasse de leur esprit égoïste.

La troisième position la plus symbolique est la vénération, les gens s'agenouillent, se prosternent. Cette forme est plus courante en Asie. D'autres gestes sont joindre les mains, fermer les yeux, lever les bras. La vénération semble exprimer la compréhension de l'état de créature, et les humains semblent ainsi reconnaître qu'en eux-mêmes et sans lien avec le Sublime, ils ne sont rien.

Un quatrième geste que nous considérerons comme typique est l"offrande". Les dévôts offrent au Pouvoir Sacré inconnu quelque chose qu'ils possèdent ou qu'ils ont fait de leurs mains. Ce qui est offert, des fleurs, de la nourriture des animaux tués exprès ou de l'argent, quelque soit la chose offerte, montre que ce que l'on possède ne l'est qu'en illusion au niveau subconscient, rien n'est possédé, même la vie.

Un facteur que nous mentionnerons pour terminer, est que les gens éprouvent le besoin d'être en union avec le Sublime aux moment les plus importants de leur vie, notament aux étapes significatives de celleci: des rites particuliers règlent la naissance,, l'apprentissage de la lecture, l'âge de la puberté et de l'adolescence, le mariage le début d'une nouvelle vie professionnellle, une nouvelle maison, une maladie et enfin, la mort. A ces moments-là, les individus se rendent compte qu'à ces moments -là, ils ne controlent pas leur vie.

 La communion

Ce sens du Sublime n'est pas le seul sentiment subconscient qui est exprimé au travers des rites, qui sont aussi utilisés pour exprimer l'affinité des membres d'une communauté entre eux, qui désigne ici du type racial, régionnal ou institutionnel homogène, si des fidèles se réunissent périodiquement c'est afin d'exprimer leur sens de la communauté. Ces services sont généralement tissés autour d'un repas commun, et vu le nombre de participants, le repas est soubvent pris symboliquement sous forme de nourriture ou de boisson.

Nous nous devons de noter ici que quand pris dans sa forme de communion, les rites ne sont exclusifs à la religion, ceux-ci existent aussi dans la socité séculière: les nations ont leur parades,leurs lever de drapeau national, des cérémonies de l'indépendances ou de guerres gagnées.

Les familles ont aussi leurs rites: la cérémonie du thé, des fêtes de naissance, et mêm le souper familial en font partie, il ne s'agit pas toujours de satisfaire sa faim ou sa soif, on se sert alors sans chichis à la cuisine. On observe aussi que des rites séculaires sont plus attirantes parmis les gens d'aujourd'hui que les cérémonies religieuses. Il se pourrait que les gestes et postures sont moins archaïques et plus faciles à faire et sont ainsi plus significatifs pour s'en accomoder.

 L'harmonie inter-religieuse

Un dernier à mentionner dans cette étude de la religion est celui que les rites sont accomplis,aujourd'hui n'amènent pas le bien-être le l'humanité prise comme un tout, c'est parce que la communauté rassemblée autour d'une religion l'est autour d'elle-même, les membres d'autres communautés ne sont pas les bien-venues à certaines cérémonies, voire elles sont interdites.

La situation qui s'en suit, fait se demander l'observateur impartial, que si les religions réunissent leurs propres fidèles, elles ne sont pas en train de diviser et compartimentaliser l'humanité. Ce serait pltôt dans le vrai sens de religion que de, en utilisant leurs propres rites, il se créerait des nouveaux rites comprenant les membres des autres communautés et qui ainsi promouvraient l'unité religieuse au sujet de l'unité de l'humanité. S'il est un manque criant aujourd'hui, c'est bien celui de rites interreligieux.

 II. LES CÉLÉBRATIONS CHRÉTIENNES PRINCIPALES.

 Les Chrétiens ont des rites qui peuvent différer d'une dénomination à l'autre, et même d'un endroit à l'autre; mais il en est qui sont considérés plius importants que les autres et qui sont communs à la plupart des dénominations. Nous les expiquons en détail, dans les églises principales, on les appelle les "sacrements", leur nombre est variable, et les catholiques et les otrhodoxes en ont sept qui sont:

a) le baptème: quand un nouveau membre est admis dans une église, on l'immerge dans l'eau ou on asperge son front. ce rite s'adresse aux enfants et aus adultes.

b) la confirmation: sert à confirmer l'appartenance individuelle d'un individu à une église, et est accompli par un évêque à ceux qui ont reçu le baptème dans leur enfance, et ont atteint l'âge de raison.

c) l'eucharistie: repas rituel amenant les Chrétiens ensemble le dimanche.

d) la pénitence: les Chrétiens confessent leurspéchés et recoivent pardon et absolution.

e) l'extrème-onction : oindre ceux qui sont à l'article de la mort

f) les ordres: quand quelqu'un veut accéder à la prétrise, au diaconat, à l'évèché.

g) le mariage: les fiancés s'acceptent davnt un prétre comme mari et femme .

 

Les protestants, sauf les anglicans, ne reconnaissent pas tous ces sacrements. Le concile de Trente (1545 AD) qui les fixa, eut lieu après la séparation des protestants, qui ne reconnaissent comme sacrement que le baptème et l'eucharistie, et qui sont d'ailleurs les seuls à être mentionnés dans le Nouveau testament, et qui ne sont reconnus par les Quakers et l'Armée du salut qui ont d'autre observances.

 L'Eucharistie.

Le sacrement le plus révéré par les Chrétiens, est l'eucharistie qui veut dire en grec "remerciement", et remonte aux premiers âges du christianisme.

Ce repas observé chez les catholiques, orthodoxes et protestants, consisite en l'absorption de pain non levé et de vin. Vu le nombre élevé de participants, ce pain se sert sous forme d'hosties (=pastilles plates), le vin (suivant les confessions) n'est consommé que par le prêtre. Chez les anglicans et les luthériens, on sert une rasade de vin prise d'un calice et l'hostie est trempée dans le vin. Des boissons non-alcoolisées ont remplacé le vin chez certines dénominations plus tardives.

Beaucoup de non-chrétiens sont étonnés de voir servir de l'alcool à un repas rituel, mais il faut remarquer que c'est en signe de l'origine de la religion chrétienne qui provient d'une région où le pain et le vin sont rituels, au même titre que le sont le café, le thé ou l'eau dans d'autres communautés.

L'eucharistie tire son origine dans le dernier repas pris par le Christ avec ses apôtres avant la fête de Pâque juive qui commémore la sortie d'Egypte des juifs esclaves des pharaons, peu après ce repas, le Christ fut arrété, torturé et mis à mort par ses opposants. Quelques heures avant son arrestation,il célébra le repas pascal avec ses apôtres, et étant conscient du danger de mort qui était là, il profita de l'occasion de la fête de la Pâque pour clarifier à ses disciples - l'esprit dans lequel il était face à la mort, il leur montra que si la mort était inéluctable, il l'acceptait avec la confiance en Dieu et dans un esprit d'auto-sacrifice. En partageant le pain et le vin il eut les mots qui écliaraient sa décision:

" pendant le souper, Jésus prit le pain et après l'avoir bénit, il le brisa et le donna à ses disciples en disant " prenez ceci et mangez, ceci est mon corps" ensuite il prit une coupe de vin et aveoi rendu grâce à Dieu il leur donna avec ces mots "buvez-en tous, ceci est mon sang, le sang partagé pour tous pour le pardon des péchés".(Mat 26:26-29)

 Les chrétiens ont toujours considéré ce texte non seulement comme un compte rendu du dernier repas de Jésus, mais comme l'institution du rite de l'eucharistie; et dans cette compréhension-là, le texte est répété avec les mots mots aujourd'hui par le prêtre qui préside à l'eucharistie, et ce texte est considéré comme le plus sacré de ce rite.

De plus, et ce depuis les premiers temps, les chrétiens ont cru que quand ce rituel est observé, Jésus est présent d'une certaine façon et préside ce repas rituel et le partage, sa présence a été expliquée de diverses façons par lesdifférents groupes chrétiens, les catholiques et les orthodoxes prennent les mots "ceci est mon corps" et "ceci est mon sang" au sens littéral et affirment la présence physique de Jésus à ce moment là, même s'il reste invisible, dans la pain et dans le vin.

On comprend aisément pourquoi l'eucharistie porte le nom de communion ou sainte communion. Le nom insiste sur les fonctions principales de ce repas rituel qui est d'amener l'unité parmi les participants. Un autre nom populaire est le "repas du Seigneur". Les chrétiens ont toujours considéré le dernier repas de Jésus comme un événement qui se doit d'être rappelé constamment 'et qui sert à la méditation. Aucun autre évenement qui montre aussi clairement la spiritualité de Jésus que celui)ci. On retire des grandes leçons de ce qu'il a dit et fait lors de ce repas, et montre particulièrement l'esprit d'amour de Jésus. Selon Jean, le grand et le plus long sermon sur l'amour a été donné à cette occasion (J14:17-29), c'est à ce moment là qu'il a dit "aimez-vous les uns les autres".

Parmi les catholiques romains, l'eucharistie est célébrée lors de la messe ( du latin qui vient du mot missa qui termine l'office), qui est célébrée tous les jours dans les églises, et qui est obligatoire le dimanche. Depuis 1960, elle est célébrée dans la langue vernaculaire, alors qu'elle l'a été en latin jusqu'alors.

La célébration eucharistique étant centrée autour d'un repas, on n'a pas l'impression -qu'il ne s'agit que de cela. Le service de la communion comporte deux parties dont le deuxième est le repas en commun; la première est une sorte d'excercice de méditation où les participants méditent sur des extraits choisis des Evangiles ou de la Bible. Ensuite vient le sermon donné par un précheur qui parle alors d'autres aspects des croyances chrétiennes. La contribution, de cette première partie à l'éducation des chrétiens esténorme. Le service du dimanche est la plus grande insitution d'instruction religieuse du christianisme.

 les fêtes

Comme dans les autres religions, il n'y a pas que des fêtes religieuse à être célébrées pendant toute l'année, certaines le sont une fois par an.Les fêtes chrétiennes les plus importantes sont Pâques et Noel.

Les Pâques sont fêtées depuis le début du christianisme qui l'adoptèrent des Juifs qui héritèrent des premiers habitants de la Palestine; les chrétiens donnèrent une nouvelle signification à celle des juifs en adoptant une de leurs fêtes, c'est la mort et la résurrection de Jésus qui sont célébrées à cette occasion.

En anglais, Pâques s'appelle "Eastern" qui provient du mot anglais ancien "Easter " qui désignait la déesse du printemps; et peut être considéré comme la version chrétienne de la fête du printemps, qui amène dans les pays froids une nouvelle vie dans la nature, comme Pâques le fait à l'esprit mort de l'individu. Fêté le dimanche, Pâques est calculée d'après le calendrier lunaire et varie d'année en année, souvent en avril, et est précédé par la semaine sainte, tout comme la fête juive de la Pâque était précédée par une semaine de préparatifs.

A la Noel, anniversaire de la naissance de Jésus, est d'un origine plus récente, et remplaça une fête populaire d'un dieu soleil. Les catholiques et protestants fêtent Noel le 25 décembre, les orthodoxes deux semaines après sous le nom d'épiphanie qui signifie la manifestation de Jésus au monde.

Ces deux fêtes qui sont célébrées avec beaucoup de gaieté et de joie sont précédées d'une période de pénitence et d'abstinence. La période précédent Pâques, est de quarante jours, appelée Carême (en anglais ancien Lent qui signifie aussi printemps) Le début du carème est marqué du mercredi des cendres ou des feuilles de palmiers brulées sont apposées sur le frontdes fidèles pour leur rappeler la condition de la vie, et rappele aux croyants que la mort les réduira en cendre et poussière.

Quatre semaines avant la Noel, l'Avent (du latin "qui vient") fait féférence à la venue du Christ dans le monde des croyants. Les périodes de carème et d'Avent servent à rappeler aux croyants que les joies et la gaieté ne doivent pas être séparées du self-contrôle et des vraies valeurs de la vie.

 Dévotions à observer

D'autres pratiques sont suivies par les chrétiens à la maison et dans leur vie privée; Certain,s disent une prière avant chaque repas et avant d'aller se coucher. Les catholique romains ont une forme de prière méditative appelée Rosaire où on égrène une chapelet comme ailleurs, et cette pratique a été adoptée par les chrétiens.

Certains maisons chrétiennes sont ornées de crucifix et de croix, d'images de la vierge Marie et d'autres saints. certians portent des croix ou des images sur eux et ces pratiques sont appelées sacrementelles afin de les distinguer des sacrements proprement dits.

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PARTIE V. LA CHRÉTIENTÉ: UNE FAÇON DE VIVRE

 Chapître treize

 UNE VISION D'UN MEILLEUR SOI-MÊME

 Ayant vu ce que l'Ancien et le Nouveau Testament disent du Christianisme sous sa forme primitive, et ce qu'est devenue l'Eglise ou communauté des chrétiens , aujourd'hui, nous commençons par la dernière partie de notre étude à savoir la vision offerte par le Christianisme aux gens de toutes croyances ou castes au sujet de l'état de noblesse que l'être humain peut atteindre, et le chemin qui y mène.

Si dans le religion prise dans le sens propre opte pour la Vision de la Vie, sa tâche est alors de rendre possible aux gens de répondre aux questions qu'ils se posent sans cesse: "qu'est-ce qu'une vie droite et remplie?" Comment puis-je vivre la vie humaine à son niveau le plus noble et le plus élevé?" Pour répondre à ces questions, il faut avoir un éclairage profond de la vie, car il n'est guère aisé de dire d'une façon catégorique ce qu'est d'être parfaitement humain, il est plus aisé de décrire ce qui est inhumain ou non-humain que de dire ce qui est d'être humain.

D'autre côté, nous devons aussi admettre qu'il n'y a pas d'effort nouveau ou inhabituel à faire pour devenir complètement et entièrement humains. Si les gens peuvent éloigner les pressions internes et externes qui aveuglent leur esprit, les êtres humains sont sublimement humains naturellement. La véritable nature des yeux est de voir ce qu'il y a autour, mais si les yeux sont occultés, comme dans les jeux d'enfants, même en plein soleil, les yeux ne peuvent pas voir, la seule chose à faire est d'enlever le bandeau qui recouvre les yeux.

Ce n'est pas à la religion de créer la vision, les humains en ont la potentialité, la religion n'a qu'à aider les individus à dissiper les distorsions qui se sont incrustées par les influences extérieures obscurcissantes et par ses propres désirs malorientés. C'est en indiquant la vie dans sa bonne forme que la religion rend les gens spirituels, bénis ou saints. dans ce chapître nous examinerons deux aspect vitaux de la vie plus élevée et d'une self plus complète. Nous terminerons par une note sur une prière personnelle, l'excercice qui permet à quelqu'un de maintenir et de fortifier ce niveau plus élevé et plus complet de la vie.

I. LA VIE PLUS ÉLEVÉE

 Comme indiqué dans la plupart des religions, les humains ont devant eux deux niveaux à choisir comme modèle de vie sur terre; chaque niveau a ses attractions et le choix est là avec ses conséquences. Jésus distinguait clairement les deux niveaux et identifiait la vraie religion avec le niveau le plus élevé de comportement.

Dans cet aspect de la vision de Jésus de la vie forme la base particulièrement de l'Evangile de Jean. Dommage que peu ne sentent pas aussi à l'aise avec cet évangile qu'ils le sont avec les trois autres, car il est rempli de symboles et d'images, dont le but est de dépeindre les deux niveaux de vie, et ainsi l'evangile de Jean est le livre significatif de la spiritualité chrétienne ou de la forme chrétienne de la maturité mentale.

Jésus employa un grand nombre de symboles, les plus courants sont sont de la "vie" et de la "mort". Il appelait la vie la plus élevée "la vie éternelle", dont les joies ne sont pas de courte durée ou transitoires comme le sont les plaisiers atteintspar la gratification des sens. En opposition avec cette vie plus élevée, est la mort, ceux qui n'ont le bon type de vie sont des corps ambulants.

"En vérité je vous le dis, celui qui afoi en ce que je dis, et met sa confiance en celui qui m'envoie aura la vie éternelle, et ne doit pas être jugé, mais est déjà passé de la mort à la vie (J 5/24)"

 Quand il parlait à la samaritaine près du puits, il employa l'image de l'eau, cette "eau vivante" en opposition avec la simple eau du puits, pour désigner le plus haut niveau de vie. " Je donnerai cette eau et celle deviendra un printemps éternel qui jaillira pour la vie éternelle"(J4:13-14). Une troisième image est celle de la nourriture. Le niveau le plus élevé était soutenu par la "nourriture de la vie éternelle". " il ne faut pas travailler pour cette nourriture périssable, mais pour la nourriture qui rassasie, la nourriture de la vie éternelle"(J6:26-26). Une autre image, la plus révélatrice est celle de "chair"et "esprit". Quanbd Nicodème lui demanda à renaître physiquement et à entrer dans le Royaume, Jésus répondit: " la chair donne naissance à la chair, c'est l'Esprit qui donne naissance à l'Esprit"(J3:3-7). Pour Jésus, la vie de l'esprit opposée à la vie de la chair comprenanit évidement la vie dans "l'Esprit".

 La vie dans l'Esprit

Paul qui comprenait bien la distincton de Jésus entre les deux niveaux de vie, comme exprimés particulièrement dans l'image de la "chair" et celle de l"esprit", expliquait sans ambiguïté aucune ce que signifiait la vie dans l'Esprit dans sa lettre aux Galates:

Si vous êtes guidés par l'Esprit, vous ne remplirez pas les désirs de votre nature inférieure, car cette nature oppose ses désirs à l'Esprit qui lui la combat; ils sont en conflit perpétuel. Tout le monde connaît le genre de comportement qui appartient à la nature inférieure: la fornication, l'impureté, l'indécence, l'idolatrie et la sorcellerie, les disputes, un tempérament vindicatif, l'envie, les crises de rage, des ambitions égoïstes, les dissentions, les intrigues partisanes et les jalousies, boire beaucoup, les orgies etc,etc.Je vous avertis avant que ceux qui ont de comportements de cette sorte n'iront jamais dans le Royaume de Dieu.

La récolte de l'Esprit, par contre, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience; la gentillesse, la bonté, la fidélité, le savoir-vivre et le self-contrôle. Il n'est d'autres lois que celles-ci à ce sujet, et ceux qui appartiennent à Jésus Christ ont crucifié leur nature inférieure avec ses passions et ses désirs. Si l'Esprit est source de notre vie, laissez l'Esprit guider votre chemin.(Gal 5:16-25)

 II. LA PLENITUDE LA PLUS COMPLÈTE

 Quelle pouvait donc être cette réalité que Jésus et Paul comprenaient dans le mot "Esprit"? L'Esprit auquel il font référence, n'est pas la psyché de l'individu, car l'Esprit serait différent d'une personne à l'autre, c'est la référence à la dimension indicible animant tous les êtres humains à un stade mental particulier. L'idée d'un Esprit quasi-cosmique animant les individus implique le fait que l'individu humain est partie d'un plus grand tout. Y a-t-il quelque chose de palpable derrière cela? Pour le voir, nous devons d'abord avoir une vague idée des dimensions invisibles de l'existence individuelle.

La vision de la vie doit toujours commencer avec une perception exacte dans ce qu'on appelle la "self", mais pour percevoir celle-ci dans sa totalité n'est guère facile , les sens ne pouvant pas la saisir seuls. Le concept de "self" basé sur la perception sensuelle est insuffisant et fait penser à chaque être qu'il a sa propre self. Une compréhension de la "self" dans sa forme la plus compréhensive ne peut venir que d'un éclairage particulier, cette perception-là est très différente de la perception de la "self"par les sens.

 Le lien physique interne

Les êtres humains sont certes les unités les plus indépendantes de tout l'univers, contrairement aux arbres et aux montagnes, ils savent bouger, contrairement aux animaux, ils pensent et décident d'eux-mêmes, mlais sont-ils indépendants? Sont-ils réellement indépendants de l'univers et leur environnement? Les faits en réalité vont à l'encontre de l'illusion crée par les sens.

Les êtres humains ne peuvent pas se tenir debout sans la force de la gravité, tout comme ils ne peuvent respirer sans air, ils ne peuvent survivre que si la température le leur permet, ils sont donc inextricablement liés à la Nature, et ce par une force magnétique invisible et connectés avec un réseau intriqué.

L'individualité indépendante que les êtres humains aspirent à avoir est plus une illusion d'optique qu'une réalité objective, le fait réel est que les humains appartiennent à une entité cosmique plus vaste dont ils font partie intégralement, l'appartenance est donc la colonne vertébrale de l'existence, et voilà pourquoi les humains devraient se dire en toute honnêteté "j'appartiens, donc j'existe"ou mieux encore "je suis une partie du tout et pour cela j'existe". L'univers de la Nature est comme un corps, dont les humains seraient les membres.

Les mains et les pieds n'ont pas de centre indépendant, leur centre est le corps en entier, et c'est pourquoi les êtres humains ne savent pas être centrés sur eux-mêmes, ce n'est que quand les individus se sentent un avec la Nature toute entière et restent unifiés avec ce que la Nature considère comme étant son centre, qu'ils deviennent orientés correctement dans leurs pensées et actions.

Le lien entre les individus et la nature est relevé par les sciences physiques, mais celles-ci ne vont pas plus loin que de constater le fait, elles ne nous expliquent pas comment ce lien est maintenu, développé et sauvegardé, et pour cela, nous devons nous tourner vers la religion, et nous ne pouvons ignorer que la plupart des religions ont quelque chose de vital à,dire à ce sujet.

L'Hindouisme dans sa philosphie du vedanta explique que l'être suprème appelé Brahman est ausis l'Atman qui anime l'âme de l'univers visible; la tragédie de l'homme selon cette philosophie, est que les humains ignorent cette unité de l'Un. Les humains doivent abandonner leur auto-centrisme et reconnaître leur unicité avec le brahman ou Atman. Dans l'hindouisme, le chemin spirituel vers l'expérimentation de cette union s'appelle "le chemin de la sagesse"(Gnana Marga).

L'idée exprimée dans la narration de la crétauion s'en rapproche très fort, mais cette narration a été comprise à tort comme un conterendu chronologique exact de la création par Dieu, alors qu'il s'agit d'un poème sur la bonté, l'unité et même la divinité de l'univers tel qu'il est devant nos yeux. Rien ne peut montrer le visage de Dieu aux humains de tout âge et de toute race, comme peut le faire l'univers, la Nature est là où l'homme rencontre Dieu le plus facilement.

 Le langage mystique

 Dans le Nouveau testament les meilleurs indications à ce sujet se trouvent dans l'evangile de Jean, mais pour le comprendre, il faut savoir décrypter son langage mystique. Le mot mystique est une compréhension particulière de l'existence, et en suivant cela, l'humain n'est pas ce qui est limité à son corps seul, mais vit en union avec l'entité suprème au-dela de lui-même. Jean a une vision de la vie et s'exprime clairement dans le langage mystique utilisé pour décrire le personnage de Jésus, qui d'après cet évangile était quelqu'un de bien orienté, qui ne se considérait pas comme le centre de sa propre vie.

Jésus regardait Dieu comme étant la source de toute existence, et ce comme une personne attentionnée à qui on pouvait s'adresser en tant que "Père". Il vivait dans la conviction que le Père et lui n'étaient qu'un, et à cause de son union mystique avec Dieu, il était en union avec toute chose et tout un chacun. Il était chez lui parmi les "oiseaux des airs" et les lys des champs".(Mat6:26-28). Il était uni avec tous les êtres humains et surtout avec les nécessiteux qu'il considérait comme frère et soeur. C'est çà cause de sa vie d'union mystique qu'il vit l'amour comme la grande loi de la vie et comme la grande force magnétique qui tenait tout l'univers et tout particulièrement l'humanité réunis.

Jésus demandait à ses disciples d'atteindre cette stature, il les voulait pénétrés par l'Esprit, afin d'être unis à lui et à travers lui avec le Père. Pris dans sa forme la plus conrète, vivre dans l'Esprit est la même chose que d'avoir la foi dans les vraies valeurs; les gens vivant dans l'Esprit accomplissent leurs resposabilités comme des adultes, ils suivent les "commandements" de Jésus, et surtout le plus grand d'entr'eux: s'aimer les uns les autres.

"si vous m'aimez, vous obéirez à mes ordres, et je demanderai au Père et il vous donnera quelq'un d'autre pour être votre avocat, car il sera toujours avec vous, l'esprit de vérité. Le monde ne sait pas le recevoir, car le monde ne sait ni ne le voit, mais vous le connaissez car il descend en vous, et est en vous...Celui qui reçoit mes ordres et leur obéit, est celui qui m'aime, et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, et je l'aimerai et me découvrirai à lui, et alors mon Père l'aimera et nous irons vers lui et monterons vers lui"(J 14:15-23)

 Beaucoup se sentiront en difficulté pour comprendre un tel langage, car il semble y avoir certaines contradictions: Jésus dit qu'il demandera au Père d'envoyer l'Esprit à ses disciples et dans la même phrase, il dit que l'Esprit est déjà en eux, mais le langage mystique est au-delà de toite logique, sa signification ne peut pâs être comprise, elle ne peut être que sentie.Les enseignements mystiques ne sont pas pour être compris, mais pour être vécus, Jésus parle du Père, de lui-mêm et de l'Esprit poour montrer à ses auditeurs le sens du niveau divin qu'ils peuvent vivre eux aussi dans leurs vies.

Malheureusment, le mysticisme a été confiné au monasticisme dans la chrétienté, et pire encore, le monasticisme a été montré dans sa voie contemplative, voire cloitrée comme étant la meilleure voie à suivre, ce qui est contraire à la nature humaine qui est de vivre en société et d'être marié. Cette assomption est due probablement au fait que les écrivains mystiques étant cloitrés eux-mêmes, n'ont pas senti le besoin de faire la distinction entre le monde et le sans-monde. Pour une vie de sainteté, n'est que l'abandon de la mondanité.

Jésus n'était pas un moine et ne vivait pas dans un cloitre, mais se présentait lui-mêm comme le modèle d'une vie vécue dans l'Esprit ou une vie vécue à un niveau divin. De la façon dont c'etait expliqué par Jésus, l'union mystique est à portée de gens ordinaires vivant une vie familiale et en société, ce n'est d'ailleurs pas la seule qui peut être suivie par tout le monde ou devrait être suivie par tout le monde.

Les êtres humains ne comprennent pas aisément ce que veut dire vivre dans l'esprit, ni de vivre à un niverau divin, mais d'après les enseignements de Jésus, ce chemin est évident, c'est de pratiquer l'amour, pris dans son sens mystique, l'amour est utilisé d'abord pour être unifiés à la source invisible de sa propre existence, mais la preuve et le test de cette union avec l'invisible est l'union avec ce qui est visible, notament avec les autres humains et avec l'univers dans son entièreté.

 III. LA PRIÈRE PERSONNELLE

 Si les êtres humains avaient une vision du niveau plus élevé et plus rempli dans lequel ils peuvent vivre leur vie, ce niveau deviendrait celui qu'ils doivent maintenir avec soin et fortifier sans cesse, et on sait faire cela aisément, notamment par la prière comme on dit en chrétienté.

Quand on la prend comme un excercice personnel, la prière a un effet guérieeur et un pouvoir de remonter la personnailté. La prière aide les gens à rester unifiés avec le centre de leur vie et en même temps trouvent la force de vivre avec leurs problèmes quotidiens, et à cause de cette fonction duelle, la prè-ière est généralement dite sous deux formes: la première dite de contemplation ou d'union et d'autre part celle de demande. Ces deux formes ne sont pas nécessairement séparées.

La prière faisait partie de la vie de Jésus, selon Marc il commencait la journée de son ministère par la prière "très tôt le lendemain, il se leva et partit, vers une endroit isolé et y resta en prière"(Mc 1:3-5). Souvent après certaine activité de son ministère, il se retirait pour prier; Mathieu décrit après avoir préché la masse de cinq mille personnes qui lui demandait de la nourriture aussi. "Alors il prit ses disciples et alla de l'autre côté et là il pria"(Mt 14:23)

Aux moments de crise, il trouvait guidance et courage dans la prière, à Getsémanie il se prépara à son arrestation par la prière "Jésus vint alors à getstémanie avec ses disciples et leur dit :"restez ici pendant que je vais prier"(Mat26:36)

Jésus priait Dieu comme un autre être humain, et c'est dans sa prière humaine qu'il était divin. Les apôtres virent Jésus en prières si souvent qu'ils lui demandèrent comment prier "montre-nous comment prier"(L11:1) Pour apprendre à prier à ses duisciples, il leur donna un modèle qui est encore utilisée par les Chrétiens, c'est le "Notre Père", dont la première partie est contemplative et la seconde une série de demandes:

1) Notre Père qui êtes aux cieux

béni soit ton nom

Ton règne arrive

Ta volonté sera faite sur terre

comme elle est faite au ciel

2) Donne-nous notre pain de ce jour

Pardonne nos péchés

comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés

Ne nous laisse pas tomber en tentattion

mais delivre-nous du mal (Mat6:9-13)

La première partie du "notre Père" est une ouverture de salutation pleine de respect et de déférence à Dieu, mais en-dessous est la;plainte intérieure d'un personne qui prie pour être unifié avec le vrai centre de sa vie, s'il était exprimé d'une façon plus simple et moins juive, le sens serait plutôt:

"Toute puissante source de notre vie, notre très vénéré et aimé Père,que vos plans et intentions prévalent parmi les humains comme ils prévalent ailleurs dans l'univers. Le soleil, la lune(au lieu de ciel)les rivières et les montagnes, les oiseaux, les poisssons et les animaux de la jungle suivent les lois de la Nature qui sont tes lois qui sont focalisées correctement, nous les humains ne le sommes pas, nous qui sommes focalisés sur nous-mêmes et suivons les inclinaisons de nos sens plutôt que les indications de notre conscience. Aide-nous à être bien focalisés.

 La deuxième partie est une suite de demandes, qui se concentrent sur la bonne façon qu'une personne devrait suivre pour elle et ses aspirations, besoins, problèmes et faiblesses. Les êtres humains qui ne sont pas orientés correctement, ont les mêmes besoins et problèmes que les autres, mais les regardent en ne perdant pas le sens des priorités, et le font avec une attitude relaxée et assurée. La première supplique "donne-nous notre pain de ce jour" expose franchement le besoin physique des êtres humains; la nourriture, les vêtements, l'abri, le sexe la famille et l'amitié ne sont pas des besoins profanes à ne pas être exposés dans une prière, ce sont des besoins humains divinement désignés, mais il y a une bonne et une mauvaise façon de les chercher. Les valeurs les plus élevées ne doivent jamais être sacrifiées dans leur recherche.

Les trois autres suppliques "pardonne-nous nos dettes","ne nous laise pas tomber en tentation" et "délivre-nous du mal" montre une autre zone des besoins humains, celle d'être guéris, protégés et fortifiés de l'intérieur. La courte phrase "pardonne à nos débiteurs" suit une condition "pardonne nos dettes", a en elle sa propre leçon: la réunion avec Dieu est la réunion avec les autres êtres humains, pardonner aux autres, c'est être réunis à ceux dont nous sommes séparés.

Il est dommage que le "Notre Père" qui n'était qu'un modèle de prière soit devenu la formule la plus utilisée, et les formules présentent le danger, d'abord de devenir mécaniques et que au sens propre, la prière n'a pas besoin de mots, et le Christ avertit clairement ses disciples à ce sujet :

"quand vous allez prier, ne faites pas comme les hypocrites, qui aiment prier debout à la synagogue et au coin des rues pour être vus de tout le monde, allez prier seuls dans une pièce, fermez la porte et parlez au Père qui est en un endroit secret mais qui vous voit et vous écoutera attentivement. Dans vos prières ne parlez pas trop comme le font certains qui croient que plus,ils disnet, mieux cela est. Ne les imitez pas, votre Père connaît vos besoins avant de les entendre"(Mt 6:5-8)

 La prière est si personnelle qu'aucune formule ne peut être donnée, le but du "notre Père" est de monter certains aspects de la prière silencieuse.

 Prière de demande

Pour Jésus, la demande est une bonne forme de prière autant que l'est la contemplation, et il conseillait ses disciples de prier ainsi, il cherchait à les éveiller au fait qu'ils étaient toujours protégés et n'avaient ainsi aucune raison de tomber dans le désespoir au sujet des problèmes de la vie, et il leur dit entr' autres:

"Demandez, vous recevrez; cherchez et vous trouverez; frappez à la porte et on vous ouvrira, car tout qui demande, aura, tout qui cherche trouve et tout qui frappe à la porte la vera s'ouvrir? Si vous savez comment donner à vos enfants ce qui est bon pour eux, ô combien votre Père qui est aux cieux le sait et donne des bonnes choses à celui qui le lui demande" (Mt7:7-11)

La demande de pétition si elle est faite ouverte, fortifie les gens de l'intérieur en face de ses problèmes avec la confiance en soi. Il faut cependant être attentifs dans notre interprétation de la réponse donnée, car la demande d'un homme n'est pas répondue de la même façon, pour ceux qui demandent la même chose. La Nature de Dieu ne décide pas d'aider des individus de la même façon que sont répondues les demandes parmi les humains.

Dieu ou la Nature ne fait de nouveau à l'instigation de la personne qui prie. La prière agit de la même façon que comme ouvrir une fenêtre quand on a besoin de lumière, quand la fenêtre est ouverte, la lumière entre automatiquement, le soleil ne fait rien d'autre que de fournir cette chambre de lumioère. L'aide de la Nature ou de Dieu, tout comme le soleil, est toujours là au profit des gens, mais beaucoup ne font usage de ce don, car ils gardent leur coeur fermé. La prière c'est tout simplement ouvrir la fenêtre de son coeur. La prière implique un changement chez l'humain et non un changement chez Dieu ou de la nature. C'est ce changement qui permet aux êtres humains de maintenir et de sauvgarder leur vie à son niveau le pus élevé et le plus complet.

 

<Sommaire>

Chapitre quatorze

 UNE ATTITUDE ADULTE FACE À LA VIE

 Dans le dernier chapitre, nous avons vu un aspect excessivement vital de la vision chrétienne de la vie. Les êtres humains, peuvent malgré la forme physiquement individualisée de leur existence être en contact avec leur esprit et avec leur coeur, entrer en union avec la source universelle de leur existence, et de ce fait, expérimenter une conscience profonde de leur self plus élevée et plus complète. Tout en affirmant cette sublime potentialité, le christianisme ne considère pas dans son entièreté, le côté terrestre de l'existence humaine, le christianisme lui-même est réaliste: des questions sur des réalités telles que la naissance, la croissance, les relations sociales et la mort des les individus sont pris au sérieux. Dans ce chapître,nous verrons que des attitudes adultes vis à vis de la vie sont capables d'apporter une vraie sensation de paix, de joie et de plénitude.

 1. LA SOUFFRANCE ET LA MORT

 Nul humain ne peut échapper ni à la mort, ni à la souffrance, la peur, l'anxiété et la douleur qu'elles provoquent, appartiennent aussi à l'existence humaine.

 La souffrance

La souffrance touche le corps et l'esprit: tout comme un membre brisé amène une souffrance physique, une famille brisée amène une souffrance mentale. La souffrance peut provenir de causes naturelles comme des sècheresses et des innondations, tout comme des causes volontaires telles la guerre ou le terrorisme. Par l'ingénuité humaine, tout comme de la nôtre,ou celle des autres, tels que les médecins, les politiciens et les scientifiques, certaines souffrances peuvent être soulagées. La maladie peut être guérie et même prévenue; des désastres naturels peuvent être controlés et prévenus, mais certaines souffrances comme le mort d'un être cher, une maladie fatale, une difformité physique sont insurmontables.

Même si la souffrance peut être classifiée, sa raison est difficile à expliquer; comme on le dit populairement, la souffrance est provoquée par ses propres péchés. Dans la tradition hindouiste et boudiste, la loi régissant ce processus est appelée le "karma", en accordance avec cette loi,les gens qui souffrent ont commis des péchés d'une façon ou d'une autre, dans cette vie, ou dans une vie antérieure. Une souffrance comme le cancer du poumon peut être due au "péché" de fumer.

Les Juifs croient que les souffrances de certains sont dues aux péchés d'autres, particulièrement des parents. Il y a une part de vérité là-dessous: l'ivrognerie d'un parent peut amener des carences chez ses enfants, et ainsi sont expliquées de cette façon pour l'ensemble du genre humain. Cela serait du au péché des premiers parents, Adam et Eve, mais le péché que ce soit des individus eux-mêmes, de leurs parents ou ancêtres ne suffit pas à expliquer toutes les souffrances.

La raison et la science sont muettes et particulièrement au sujet de la plus insurmontable d'entre elles. L'incapacité de l'esprit humain à trouver une raison à la souffrance d'une façon aussi forte que dans l'histoire de Job racontée auparavant n'a jamais été apportée d'une façon si évidente. Quand Job demanda à Dieu comment lui un être si propre et sans péchés que lui pouvait être la victime une souffrance aussi insupportable, la réponse qu'on lui fit, était une contre-question: " où étais-tu quand je posais les fondations de la terre? " (Job 38:1-4) Cette réponse est sans nul doute humiliante pour l'intelligence humaine, mais ce qu'elle dit cruement " n'essaie pas de comprendre! tu en es incapable. As-tu imaginé les plans du monde?" Mais d'un autre côté, rien ne pourrait être plus rassurant que le fait que Dieu prend l'entière responsabilité pour son existence dans le monde, si un Dieu bon et tout puissant est la cause de la souffrance, celle-ci ne saurait en aucun cas être destructive ni même futile, elle ne peut avoir d'un bon but.

En réalité, quand nous regardons la souffrance d'une façon impartiale,nous voyons qu'elle n'amène pas que la détresse et la cruauté, elle a aussi un côté positif et constructif. Rien en effet, n'a fait autant au progrès de la société que la détermination de l'homme à surmonter la souffrance, la science n'aurait jamais progressé autant, s'il n'y avait eu autant de souffrance à surmonter, de même, rien n'a autant aidé les individus à atteindre le stade adulte que l'expérience de la souffrance. Cela a réveillé beaucoup aux valeurs profondes de la vie, la souffrance dans ce sens-là est ce qui permet de retrouver la joie. Paul lui-même le disait:

" ajoutons ceci: exultons dans nos souffrances présentes, car nous savons que la souffrance nous apprend à endurer, et l'endurance apporte la preuve que nous avons résisté à l'épreuve, et cette preuve est la base de l'espoir."(Rom.5:3-4).

 La souffrance peut sembler inintelligible, mais celui la regarde avec la foi, elle n'est pas insupportable, pour devenir supportable, la souffrance soit d'abord être regardée d'une façon adulte. Ceux qui regardent la souffrance d'une façon enfantine, pensant que personne d'autre qu'eux ne souffre, la trouvent très difficile à supporter. mais comme le remarque le Boudha, pour celui qui reconnaît que les "huit éléments positifs-négatifs de la vie" comme le gain-perte, le plaisir et le déplaisir, le succès et la déroute, le louange et le blâme, sont le lot commun à tous, le fardeau est plus léger à porter.

N'oublions que une grande partie de la souffrance provient de nous-mêmes, ce qui est un autre fait sur lequel le Boudha insista fortement: beaucoup souffrent car ils sont "sur-attachés"(dépendants), la dépendance n'est un signe d'amour, c'est signe de solitude intérieure. Si la possession matérielle était moins utilisée pour camoufler son insécurité intérieure, le genre humain souffrirait moins lors de leur perte. Les gens qui aiment vraiment, sans attachement inutile, souffrent moins.

En fait, la souffrance n'est quelque chose à seulement devoir supporter, il y a une souffrance qui peut être choisie librement et abandonnée volontairement. La souffrance volontaire en aidant à diminuer la souffrance des autres, enrichit et ennoblit la oersonnalité du souffrant. Ceux qui partagent la faim des autres en partageant leur nourriture, découvrent que la faim librement consentie, a un pouvoir nourrissant en elle et le pain un pouvoir de guérison.

 La mort

Aussi dure que puisse être la souffrance, les êtres humains pourraient s'en accommoder s'il n'y avait la mort. Rien n'est plus désarmant et pénible que la mort, c'est une pensée que nous aimerions savoir enterrée profondément afin de pouvoir vivre sans problèmes psychologiques. Un certain nombre de forces y contribuent. Dans le monde actuel, les gens préfèrent plus facilement à tenir la pensée de la mort enfouie hors de leur esprit, et une certain nombre de forces sociales y contribuent; le commerce par ses publicités dans les médias, présente la vie en termes d'un confort plus grand, d'un plus grand plaisir et un plus grand luxe, ce qui se comprend aisément en se plaçant dans son optique, la commercialisation de des marchandises serait perdue si la vie était présentée dans la réalité de quelque chose qui se termine par la mort.

L'attitude de la religion n'est guère différente ! les précheurs parlent généralement de la mort en termes de récompenses et de punitions au ciel ou en enfer (ou au purgatoire pour les catholiques). Un tel langage peut avoir un effet sécurisant sur les gens qui détestent la perspective de la mort, mais en général, ce parler d'un autre monde n'en n'appelle pas à la croissance intérieure. Ils préfèrent faire face à la vie et à la mort d'une façon réaliste.

L'approche du Boudha est exemplaire à ce sujet, dans ses enseignements, il n'oublie jamais d'attirer l'attention sur la réalité de la mort; pour lui, l'éducation religieuse qui met la fin sur une voie de garage, est fausse: un bon exemple en est la façon dont il a appris à Kisogatami, la jeune femme qui l'approcha avec un enfant mort dans les bras, et qui ne savait pas admettre cette perte, et elle demanda au Boudha de rescuciter son enfant.

Voyant dans quel état d'esprit elle était, le Boudha lui répondit avec prudence et avec tact: il accepta de rendre la bébé à la vie à la condition qu'elle trouve un ingrédient essentiel pour le traitement; cet ingérdient était de la moutarde, mais pas n'importe laquelle, mais elle devait provenir d'une maison où personne n'était décédé. Avec un espoir fou, elle commença à chercher de maison en maison, mais elle ne trouva aucune maison de la sorte, quand elle revient, sa frénésie avait disparu, elle avait compris la leçon, elle était devenue mature, elle véréra le Boudha et en se résignant à la loi universelle de la vie, elle prit le corps pour l'incinération.

La meilleure réponse au problème de la mort, est la vie vécue de la façon mature d'endosser toutes ses responsabilités. Tout monde a à apprendre de la Nature: un grain est mur quand enterré, il devient une plante, alors qu'un grain immature n'a pas cetteoussibilté, quend celui-ci tombe sur le sol, il se corrompt et se désagrège. Une vie menée à un niveau mental mature a une telle façon de préserver la vie,le pouvoir d'engendrer la vie. C'est une vie mentalemnt mature qu'on appelle en religion comme étant la vie supérieure (ou surnaturelle).

Dans la vie présente, cette vie supérieure est liée à celle du corps, mais contrairement à la vie corporelle, la vie supérieure n'est pas dépendante du pouvoir de la respiration, et ne suit pas le modèle de croissance du corps; elle ne grandit pas et meurt ensuite, car ellle est soutenue par le pouvoir de la Vérité et de la Bonté. Le Boudha a dit " le corps atteint un grand âge, mais le Dharma (réalité, vérité) du bon ne devient pas vieux!"

Il n'est pas possible d'imaginer ce qu'est cette vie supérieure dans sa forme après le corps, les humains ne connaissent de la vie que la forme limitée dans le temps et dans l'espace. Ils peuvent comprendre l'existence d'entités quantitatives, mais non celles d'entités qualitatives, mais cette ignorance n'est pas une raison pour dénier que la vie fondée sur des qualités telle que la vérité et la bonté peut survivre à un niveau qui transcende les catégories espace-temps.

Dans le christianisme, la vraie vie est celle dans l'Esprit. Les chrétiens sont convaincus de ce que ce fait prend un attitude vraiment positive face à la mort. Ils ne craignent pas la mort, car ils savent que la vie supérieure est immortelle, l'Esprit de Dieu en eux ne peut pas mourir. Pour être capable d 'attendre la mort dans la joie, il faut auparavant avoir un carctère correct, c'est d'abandonner son égocentrisme et permettre à l'Eprit de prendre le contrôle de sa propre vie.

 II. LE PÉCHÉ ET L'ÉTAT DE PÈCHEUR

 Les êtres humains doivent face face d'une manière responsable non seulement à la soufrance et à la mort, ils doivent aussi faire face aux fautes morales et les surmonter. Ils succombent à des maladies morales au même titre qu'aux maladies physiques, et ils aspirent à la santé morale comme ils le font de la santé physique. Surmonter des fautes morales et acquérir la bonté et un état sans péchés càd acquérir des des matières reliées au dévelopement d'un esprit adulte.

 Le péché de faute morale

Etant un mot commun à toutes les religions, le péché ne demande pas une longue explication, même s'il n'est toujours possible d'expliquer pourquoi on y succombe. La mauvaise volonté et la mauvaise intention sont certes une des raisons, mais en général, le péché est la sortie de la faiblesse humaine innée par laquelle les êtres humains tendent à abuser de leur instincts véritables dont la Nature les a pourvus.

Parmi ces désirs naturels, certains sont prédominants, tel est le désir de nourriture et de boisson, que les humains ont besoin four se conserver eux-mêmes et pour des célébrations communautaires. Quand ce désir est exagéré, cela se termine par la gloutonnerie et l'ivrognerie. Un autre est celui du désir sexuel: le sexe est vital pour assurer la procréation pour l'unité des partenaires mariés, mais quand on en abuse, cela mène à la passion pour l'auto-indulgence qui mine l'équilibre mental et la stabilité familiale.

Le trosième désir est celui de la possession de biens matériels, qui sont certes nécessaires pour la sécurité individuelle et familale, mais une fois celui-ci hors contrôle mène à l'avarice et à la tendance d'exploiter les autres. Il y a aussi ledésir d'achèvement et de victoire. L'achèvement est nécessaire aussi bien pour le sens de la plénitude aussi bien que pour l'efficience au service de la communauté; mais quand on en abuse, elle mène au despotisme et à la domination.

Le péché est donc un usage incorrect des désirs humains. Dans le christianisme, ces abus sont expliqués d'une façon imagée comme étant des actes de désobéissance à Dieu car Dieu a ordonné lla façon correcte dans lequel les désirs doivent être staisfaits. Si les humains savent contrôler leurs désirs à la fin de leur santé intérieure, ils doivent devenir mentalement matures. Dans l'immaturité qui les vit naître, leurs émotions ou leurs sentiments des sens de sont pas correctement subordonnés à leur raison.

L'attitude chrétienne envers le péché et le non-péché,en sont les deux facettes; pour la première, les chrétiens ne peuvent pas diminuer les autres à cause du péché; le péché n'est pas un signe de méchanceté ni d'immaturité, car une personne immature peut croître, les pécheurs d'hier étant souvent les saints de demain, et Jésus n'a jamais dédaigné les pécheurs, à ceux qui agissaient ainsi, Il leur enseigna une amère leçon devant le dilemne qui était présenté par un groupe de Juifs qui lui avaient amnené une femme prise en adultère. Comme la loi juive le prescrivait, cette femme devait être lapidée; la réponse de Jésus fusa "que celui qui n'a jamais péché, lui jette la première pierre" (Jo8:7) Pour lui, les accusateurs de la femme adultère n'étaient pas moins adultérins dans leur coeur que ne l'était la femme. Dans leur état immature, tous les humains sont, sinon en actes du moins en pensée, des adultèriens, des voleurs, des menteurs et des assassins.

Deuxièmement, les chrétiens ne doivent pas se rabaisser à cause de leur état de pécheur, car s'il est une chose que d'admettre que quelqu'un est tombé dans le péché, il en est une autre de subir soi-même cette auto-condamnation et auto-rejet pour cette raison. Un sens erronné de culpabilité crée une situation pathologique qui inhibe le fonctionnement de l'esprit humain. Les chrétiens ont accepté que, en tant qu'êtres humains, ils ont une tendance naturelle au péché, et cette tendance diminue leur volontarité, le chrétien ne pense au péché qu'en terme de pardon, car chaque pardon est pardonnable.

 Etre attentif aux émotions

En ne se méprisant pas eux-mêmes à cause de leurs fautes passées, les gens réellement religieux font ce qu'il faut pour ne pas en refaire. Une sécurité certaine à ce su-ujet est de faire attention au jeu de ses émotions. Beaucoup tombent dans l'erreur non parce leurs intentions sont mauvaises, mais parce que leurs émotions fonctionnent mal. Jésus conseillait ses disciples de surveiller leurs émotions et de garder l'esprit éveillé s'ils ne veulent pas tomber dans les différentes épreuves que leur réserve la vie. Il leur dit "Restez éveillés, et priez pour être épargnés par l'épreuve, l'esprit est fort, mais la chair est faible" (Math.26:41. La "chair" fait allusion à la pression des émotions sur les actes des individus.

Le Boudha aussi parla d'une façon insistante sur le besoin de l'éveil. Selon lui, la meilleure technique afin d'éviter des actions incorrectes est d'être alerté de l'état de ses émotions à chaque instant. Il appela sa technique "être attendtif à ses émotions "et l'inscrit comme un élément important le Chemin comprenant les Huit, qui menait à l'humanité parfaite.

Il y a une grande vérité derrière ces enseignements de Jésus et du Boudha, dans notre comportement, apparaît comme actions volontaires ce qui sont réellement des réactions basées sur l'état de nos émotions. Un mari blesse les sentiments de son épouse, en se plaignant de ce que sa cuisine est mauvaise et sans goût, alors que la raison profonde en était qu'il avait vu sa femme parler gentillement avec quelqu'un que lui-même n'aimait pas ; telle était la véritable raison de ses plaintes! Etre attentif aux motifs subconscients est une aide précieuse dans la recherche de l'action correcte et du self-contrôle. Surmonter les réactions émotives est une aide positive pour surmonter les fautes morales.

 Grâce et péchhé

L'état d'absence de péché ou sainteté n'est pas facile à atteindre, mais avec effort, on peut y arriver et on y arrivera. La victoire sur le péché est une grand accomplissement, mais pour les chrétiens, il ne faut pas s'en vanter quand on atteint cet état-là, car la fièrté et la sainteté ne vont pas de pair! Une personne réellement adulte reconsidère la vistoire sur le pèché avec humilité, les chrétiens ont toujours épinglé l'état sans péché le "salut" comme un don de Dieu, quand elle est prise comme un cadeau, on parlera de "grâce" ou de "sanctification".

Certains trouvent que la notion chrétienne de la "grâce" une assomption arbu-itraire, ils trouvent que la noblesse du caractère que les humains obtiennent est le résultat de leurs efforts personnels, et non de l'intervention d'un Dieu éloigné. La notion chrétienne de grâce ne sous-estime pas l'indispensabilité de l'effort humain, et considère celui-ci d'une façon plus compréhensible et dans le contexte de toute la Nature.

Si nous acceptons, où que ce soit, que l'effort humain est dépendant de l'aide d'autres forces, nous voyons que la compréhension chrétienne de l'état snas péché comme un don dfe Dieu comme entièrement logique. Ce qu'affirme le christianisme est un fait observable dans la vie quotidienne: nous voyons dans les médecins, des gens qui par leur ingéniosité et leurs efforts guérissent, mais quand nous savons comment une maladie ou une blessure guérissent,nous savons que le véritable guérisseur est la Nature. Le médecin enlève seulement les obstacles avant l'action de la Nature.

Le cas d'un cultivateur est un autre exemple: quand un arbre est rempli de fruits,nous l'attribuons à l'inguiosité et au travail du cultivateur, mais le rôle de celui-ci est de préparer les bonnes conditions afin que la nature agisse. Les fruits dépendent le plus de l'action de la Nature.

Nous pouvons regarder de la même façon d'état de santé intérieure ou la fructification des humains, appelés salut, état sans péché, sainteté ou l'état adulte.

Le développement humain compris de cette façon imlique de n'être jamais achevé sans un très grand effort personnel, comme les achèvements des médecins et des cultivateurs, cela vient du dedans plutôt que d'être un simple effort personnel.

 III. RELATIONS HUMAINES

 Il faut être très attentifs à ne pas penser que la bonté morale comme étant purement un état sans péché. La morale se réfère à une forme de comportement positif et selon les enseignements de Jésus, il n'y aucun doute sur ses caractéristiques essentielles: cela concerne tous les humains! Tous les humains sont les membres d'une seule famille, être concernés par le bien-être est l'affaire de tous. L'accomplissement de cette resposabilité incombe à l"amour", qui au sens religieux n'est pas qu'une émotion qui ne demande pas un grand effort pour être accompli d'une façon adéquate, pour aimer vraiment, il faut vaincre son égocentrisme, aimer de cette façon qui rend l'humanité rellement humaine. Quand nous voyons ce qui se passe aujourd'hui, on doute sérieusement que l'amour entre humains et ce qui les gouverne: le manque de relations épanouissantes est de plus en plus flagrant. Nous vivons dans une société que l'importance du système économique prive un grand nombre des besoins minima de survie, où les conflits interethniques, politiques ou religieux sont considérés comme la norme,où l'argent et les armes ont le pouvoir de justifier les despotes et les teroristes qui disent que cela peut être. Le désordre règne dans de telles proportions que pour beaucoup, une transformation radicale de la société, càd une révolution peut rectifier la situation, qui peut être dans son sens de compréhension correcte, la seule solution.

La révolution néanmoins est un mot qui peut être compris de deux façons. D'abord, elle peut être comprise, "comme religion", dans un sens de protection du clan,ou clan-centrique. Pour ceux qui la comprennnent ainsi, la solution pour de telles crises est pour une communauté raciale, nationale ou même religieuse, d'engager une guerre contre ce qu'ils considèrent comme étant la source de leur problème; dans de telles guerres, la violence amène la violence, et l'intolérance l'intolérance. Beaucoup de guerres de ce type ont été déclarées ainsi dans le passé et ont été proclamés par les leaders religieux comme "justes", ou même "saintes". Mais qu'elles soient justes ou saintes, a eu un tout autre résultat.

La deuxième forme de révolution celle sous la forme de vision de vie, est différente. Cette révolution là est marquée de l'empreinte qu'y mit Jésus en son temps, et qui à l'époque moderne, a été menée par des leaders visionnaires tels que le Mathatmz Gandhi et Martin Luther King. L'arme utilisée auparavant pour détruire les vies ou les biens, servira à détruire l'égoïsme des gens. Cette arme que nous avons utilisée contre notre propre self, n'est autre que la transformation de l'esprit; quand l'esprit est ransformé, l'amour remplace dans les coeurs lm'avarice, la haine et la folie, qui sont la cause de toute souffrance et ennuis dans la société.

L'amour porte en lui un secret qui transforme les inactifs en actifs et timides en audacieux. Les peuples ainsi transformés, ne resteront plus indifférents aux situations et tendances qui minent le bien-être de la société. Leur volonté par eux mêmes ou à l'unission avec des autres, cherchera le remède efficace à appliquer. Le principe qui assure la faisabilité et l'efficience de cette forme de révolution est à portée de main. Quand la majorité des gens sera assez mature pour prendre leurs responsabilités envers les autres êtres humains, les plans des immatures restants d'accomplir leurs buts égoïstes ont bien peu de chance d'arriver.

Quand on regarde les problèmes de la société de cette façon, nous voyons très nettement que les religions ont été largement responsables des maladies de notre société actuielle, les religions ont suivi un système de protection clanique dans leur éducation religieuse qui était de rendre les individus soumis à la tradition institutionnelle. L'éducation religieuse dans sa version de vie, qui est de rendre les gens suffisament indépendants pour pouvoir penser, juger et agir selon leur conscience a été complètement négligée.

La forme de Vision-de-Vie de l'éducation commence par chercher pourquoi les contemporains ne sont pas assez murs pour être reliés correctement aux autres; c'est parce cela fonctionne selon le fait évident, même si ignoré, dans leur état d'immaturité initial,ils ne savent pas aimer; il leur est facile en effet de haïr les autres et leur souhaiter le pire. Les gens sont tellement menés par la jalousie qu'ils ne peuvent pas se rejouir du bien arrivé à l'autre, ils ne savent pas pardonner au point de vouloir exterminer ceux qui leur ont quelque mal. Il est difficile d'imaginer combien de personnes sont malades aujourd'hui à cause des sentiments de jalousie et de revanche dans leurs coeurs.

Aussi invraisemblable qu'il puisse paraître, quand deux personnes se rencontrent, ils ont tendance, même s'ils sont amis, à montrer leur supériorité et à écraser l'autre; ce qui s'ensuit, n'est une poignée de main chaleureuse, mais une bataille psychologique! Ce ne sont pas deux coeurs qui se rencontrent, mais deux masques. C'est pour cette raison que nous disons que dans un monde où la maturité mentale est rare, il faut apprendre à aimer.

 Apprendre à aimer

Regarder les autres avec un esprit ouvert, comme d'autres types humains, n'est pas chose aisée, l'esprit doit y être entraîné avec soin. Une façon de la faire est de prier pour les autres, Jésus voulait que ses disciples le fassent et spécialement pour les ennemis.

"en vérité je vous le dis: aimez vos ennemis et priez pour vos persécuteurs, ainsi vous serez les enfants de votre Père céleste" (Mt 5:44)

 Jésus lui-même avait adopté cette façon de prier, et sur la croix, il priait pour ses meurtriers en disant " Pardonne-leur, Père, ils ne savent pas ce qu'ils font"(Lc 23-34). Cette montre à quel point Jésus comprennait les êtres humains, car la plupart des humains blesent les autres, non par leur cruauté naturelle, mais par ignorance.

Le Bouddhisme adopte la technique de souhaiter le bien pour obtenir ce que le Christianisme essaye par la prières. Un excercice de souhaiter le bien utilisé par Bouddhisme, le "Maitri Bhavana" ou " méditation développant la gentillesse" peut être très utile dans ce cas, cela constite en un excercice mental silencieux de diffuser des bons souhaits aux autres par la formule suivante :

" que tous les êtres soient en bonne santé

que tous les êtres soient heureux

que tous les êtres se portent bien"

 Cette formule doit être répétée plusieurs fois, en appelant chaque temps par le nom d'un individu ou d'un groupe. Au début, on appelle ceux qui sont très intimes, comme les membres de la famille et les amis, ensuite on passe à un cercle plus éloigné, comme les condisciples et les collègues, et finalement on termine parceux qui sont considérés comme des ennemis à cause du mal qu'ils ont infligé.

Quelle que soit la méthode utilisée, les êtres humains doivent se libérer de la coquille d'égo-centrisme s'ils veulent voir les autres comme d'autres êtres humains. Quand on regarde l'autre comme un être humain, une rencontre de deux personnes devient une expérience mutuellement enrichissante, ils voient l'image de Dieu dans le visage de l'autre.

L'amour devient particulièrement facile si l'autre est vu comme un frère ou une soeur, car si les humains se voient comme frère ou soeur, l'autre ne devient pas une charge.

Un vieil homme était abasourdi de voir un gamin porter un autre sur le dos qui avait à peu près le même poids et le même âge que lui, et demanda : "n'est-il pas trop lourd pour toi?" "non lui répondit-il, il n'est pas lourd, c'est mon frère".

Le christianisme n'a pas d'autre doctrine à enseigner, que celle de l'amour: pas d'autre demande si ce n'est que les gens mettent l'amour en pratique. C'est très clair d'après ce que Paul, le premier et le plus grand créateur de formules, de doctrines et de demandes chrétiennes;

Et maintenant, je vous montrerai le meilleur des chemins Je sais parler la langue des hommes et celle des anges, mais si je suis sans amour, je suis un gong qui résonne ou un symbole bruyant. Je peux avoir le don de prophétie, et connaître toute vérité cachée, je peux avoir une foi qui soulève les montagnes, mais si je n'ai pas d'amour, je ne suis rien, je peux distribuer tout ce je possède, je peux donner mon corps pour le faire brûler, mais si je n'ai pas d'amour je ne suis pas meilleur que les autres.

L'amour est patient, l'amour est gentil et n'envie personne. L'amour n'est jamais fanfaron , ni prétentieux, ni grossier, ni égoïste, ni prompt à offenser. L'amour ne fait pas de compte des erreurs, ne se réjouit pas d'une façon malveillante des péchés des gens, mais est enchanté par la vérité. Rien ne résiste à l'amour, il n'y a pas de limite à sa foi, à son espoir ni à son endurance (Cor 12:31-13-7).

 L'attitude adulte envers la vie que nous avons essayé de dépeindre dans ce chapître représente un niveau de comportement qui est beaucoup plus haut que celui les êtres humains tentent de mener. Ce niveau de vie est appelé dans le Christianisme comme " vie spuernaturelle" ou "vie éternelle", "la vie dans l'Esprit" ou "la vie des enfants de Dieu".

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Dhammapada vers 151

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Chapître quinze

 LA MISSION DU CHRISTIANISME AUJOURD'HUI

 

 S'il ya un aspect du Christianisme qui est aussi intéressant pour les Chrétiens que pour les non-Chrétiens, c'est indubitablement celui de sa mission dans le monde contemporain; ce que cette mission est devrait être devenu clair de ce que nous avons dit auparavant. Nous savons que récement, la mission chrétienne, et surtout le travail des missionnaires est devenu un sujet de discussions et de contreverses. Beaucoup se demandent en-dedans, comme au dehors du christianisme si les méthodes adoptées par le Christianisme d'atteindre le plus grand monde sont de qu'elles devraient être. Quelques observations à ce sujet sur ce que devrait être la mission du Christianisme dans le monde contemporain servira de conclusion appropriée à notre étude du Christianisme sous sa forme adulte.

 La religion : le double sens

Si nous devons trouver d'une manière concrète que la mission contemporaine du Christianisme est, nous devons commencer à demander ce qu'est en général une mission religieuse. La réponse en est quelque peu complexe, car comme montré dans la première partie du livre, le mot "religion" a deux sens, qui pris séparément ont un rôle différent à accomplir.

Son rôle est celui de la protection du clan-communauté auquel la religion est reliée, car si toutes les religions sont nées au sein d'une culture d'une communautée donnée et s'adressait au début, uniquement à ses membres, on ne peut s'attendre qu'à ce qu'elle s'intéresse au bien-être de ce groupe. Le religion protectrice du clan forme une traditions de croyances, lois et pratiques que ses membres sont obligés de suivre, la conformité à la tradition clanique est considérée comme vitale pour l'unité et la solidarité de la communauté . La religion de la forme "illumination de l'esprit" considère les individus, non comme membres d'une communauté particulière, mais comme membres de la famille humaine globale; son rôle est de construire dans les individus une attitude mature envers la vie et le vivant, et ce en amenant une vision des valeurs qui permettent à une personne de comprendre la vie d'une façon réaliste et de faire face à ses problèmes d'une façon éclairée.

Les deux fonctions sont justifiables, elles répondent à deux exigences de base des êtres humains, le besoin d'appartenir à une communauté particulière et le besoin d'achever personnellement la plus haute stature en tant qu'être humain. Mais pour que les deux fonctions mènent à un bien-être individuel, une balance correcte doit être préservée dans leur exécution. Si la religion est prise plus dans son sens le plus propre de "religiosité", le rôle auquel il faut donner la priorité est évidement celui de rendre les gens mentalement matures, la fonction protectrice du clan doit rester en arrière dans ce cas. Le fait malheureux que l'histoire atteste d'ailleurs, est que dans la plupart des religions, et c'est probablement du au combat que les communautés claniques ont du engager pour assurer leur survie, a fait que les priorités ont été changées et que la forme protectrice du clan est devenue prédominente, ce qui n'est pas le but essentiel de la religion. La fidélité à la culture clanique comme résultat, devint une exigence plus fondamentale de la religion que la fidélité aux vraies valeurs.

Ce fait devient encore plus évident quand on voit comment les communautés claniques ont fait pour apporter leur religion aux peuples d'autres clans et cultures. Ce qui a été exporté le plus est la culture dont provient la religion, et la philosophie universelle de la vie a été largement reléguée à la périphérie. L'expansion de la religion a suivi le modèle de celui de l'expansion économique.

 Les vues de Jésus et de Paul

Cette distinction entre une religion protectrice du clan et les fonctions anoblissantes de la personnalité peuvent sembler nouvelles à beaucoup, mais ce n'est pas une nouveauté, car déjà au temps de Jésus le fondateur du Christianisme et de Paul son premier et son plus grand missionnaire ils en étaient conscients et le considéraient comme essentiel. Cela devient évident quand nous regardons attentivement les message qu'ils préchèrent et propagèrent. Comme dit plus haut, ils prirent le message de la religion à laquelle ils appartenaient, à savoir le Judaïsme , et du livre sacré du Judaïsme, la Bible; mais ce n'est pas du Judaïsme en tant que tel qu'ils enseignèrent.

Ils trouvèrent ce qu'était valable pour toute l'humanité et laissèrent ce qui ne convenait qu'aux Juifs. Ils savaient de faire ainsi car ils virent clairement que le Judaïsme, et la Bible en elle-même, contenait à la fois les éclaircissements de la Vision de Vie et les traditions protectrices du clan, et ils se concentrèrent sur la première. C'est pour cela que Jésus protestait énergiquement contre l'attention que les leaders religieux juifs de donner plus d'importance aux traditions qu'aux valeurs spirituelles de portée universelle. " Tu quittes le commandement de Dieu, et maintiens les traditions des hommes."(Mc 7;8)

Si Paul de son côté combattait si ardemment contre les missionnaires qui voulaient imposer les traditions juives, telles que la circoncision, c'est parce qu'il voyait que ce qui était tout profit pour l'humanité c'était bien la partie contenant la Vision de Vie qui était importante, et non les traditions juives. C'est par cette perspective que l'essence du judaïsme devint les fondations d'une religion internationale appelée Christianisme aujourd'hui.

 Le Christianisme comme religion d'Etat

La distinction que Jésus et Paul surent faire au sujet du Judaïsme, c'est ce que les missionaires chrétiens n'ont pas été capables de faire avec le Christianisme quand celui-ci devint religion d'état de l'empire romain. Le Christianisme qui était hors la loi auparavant devint religion d'Etat après la conversion de l'empereur Constantin au 3°siècle. Si nous regardons l'histoire du Christianisme en remontant à cette époque, nous voyons que ce qui a donné la plus grande impulsion au travail missionnaire est dans le compréhension du Christiansime en tant que Royaume des Chrétiens . Les missionaires trouvaient que les terres qui étaient maintenant chrétiennes, avaient été divinement attribués pour permettre l'expansion universelle du christianisme.Après Constantin, l'expansion du Christianinisme alla de pair avec l'expansion politique.

Le lien entre l'activité missionnaire et l'expansion politique devient encore plus évident quand on voit la large aire développée au 16°siècle quand le Christianisme éclata dans les différentes dénominations de la réforme protestante. Chaque partie de l'Europe devint soit luthérienne, soit anglicane, soit catholique romaine, ou presbytérienne, et quand les nations européennes, Portuguais, Espagnols, Hollandais, et Anglais, eurent conquis d'autres contrées, leurs missionnaires diffusèrent dans ces pays conquis la branche de Christianisme de leur patrie.

Nous avons ouligné ici une tendance générale, et nous n'excluons pas des exceptions valables, mais si nous disons cà, le chemin suivi par les missionnaires européens, est loin de celui suivi par Jésus et Paul, cequi reviendrait à mettre sur le même pied les missionnaires d'aujourd'hui. La théologie enseignée à leur époque n'était pas suffisament éclairée pour faire la distinction entre Christianisme et terres chrétiennes. De plus, aucune faute ne peut être trouvée dans le comportement des occidentaux en diffusant leur culture dans les autres pays;car la culture d'un pays peut être très enrichissante pour d'autres,mais ce qui est mauvais est la diffusion d'une culture sour le déguisement de la religion, ainsi que de mélanger la religion et le pouvoir politique.

 L'attitude envers les autres religions

L'incapacité des Chrétiens de distinguer entre les éléments spirituels et culturels d'une religion pourrait bien être la raison de l'arrogance dont ils regardent les autres religions. L'attitude prise par la Christianisme envers les autres religions, même après son établissment comme religion en Europe, est loin de l'ouverture des coeurs. Pendant des siècles, les Chrétiens ont dédaigné les autres religions et étaient méprisants à leur égard, un non-chrétien était appelé païen, mot latin désignant un "villageois" et devint synonime de "noncultivé" ou "non-civilisé".

Il est consolant de voir que cette attitude ancienne est en train de changer. Ce changement est appelé "dialogue" quand les Chrétiens parlent d'autres religions. Ce mot indique que les Chrétiens -du moins certains d'entre eux"- sont prêts à entrer en communication avec les adeptes d'autres religions. "Dialogue" est un nouveau mot, mais beaucoup de Chrétiens ne veulent pas en entendre parler, les non-chrétiens souvent envisagent cette rencontre avec suspiçion, et l'attitude intransigeante des Chrétiens jusqu'à peu est trop fraîche dans leurs esprits pour pouvoir se sentir à l'aise autour d'une tablede "dialogue" avec les Chrétiens. Mais le fait actuel que des Chrétiens montrant leur vouloir dialoguer avec les autres religions a certainement le pouvoir de guérir les 95blessures causées par le passé. Si on continue le "dialogue" sérieusement,celui-ci sera l'instrument pour réduire la forte antipathie que beaucoup de non-chrétiens ont à l'encontre du Christianisme.

 Du dialogue à la collaboration

Le dialogue est vu comme un grand pas en avant, mais ne peut être considéré comme l'ultime pas que les Chrétiens peuvent faire, car il a un côté qui le rend aussi incomplet qu'une formule de missoniaire. Ses promoteurs ne semblent pas étre conscients que chaque religion a chacune deux dimensions en elle; ce qui amène qu'ils n'accordent pas assez d'importance au fait que les religions sont différentes les unes des autres, seulement partiellement et non totalement. Les religions ne sont différentes que quand on voit leur lien avec une culture particulière et non quand elle est prise dans son aspiration à la spiritualité, c'est ce comprit très bien Thomas Merton, un moine catholique romain.

"Quand on en arrive à une meilleurs compréhension de ces religions, et quand on en voit la plénitude de la croyance et de la pratique religieuse sont plus clairement exprimés par des symboles, on reconnait que ces symboles des différentes religions ont plus en commun que les doctrines officielles , formulées d'une façon abstraite."

 Ceci n'implique pas que toutes les religions soient indentiques ou que toutes les religions convergeront un jour pour faire une religion universelle. Les religions ont leurs différences, une de celles-ci est qu'elles s' expriment dans des symboles propres à une culture particulière dans laquelle elles sont nées. Chaque religion , à première vue ,est différente dans ses croyances et ses pratiques, ces différences et avec elles l'unicité de chaque religion doit être respectée. Mais l'unicité n'est d'une nature telle qu'elle invalide la mission supérieure dans la quelle toutes les religions du niveau de la

Vision de la Vie se sont engagées. Cette mission est de sauver le peuple de leur propre immaturité et de les rendre mentallement adultes.

Si nous voyons le schéma ci-dessous, montrant la transformation intérieure de l'individu dont la religion est concernée et étend son application à l'humanité au sens large, nous pouvons avoir une idée du comment religion se doit de concevoir sa mission globale.

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dessin p. 172

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a)Dessin de gauche : a)l'humain dans sa forme physique visible

b)la personalité intérieure de l'humain ego-centré, de forme non-adulte

c) l'humain dans sa forme entièremen,t adulte, avec une vision correcte de la vie et du vivant

Dessin de droite:la société humaine dans sa forme adulte, appelée dans le Christianisme, le Royaume de Dieu

 

Si toutes les religions ont une mission en commun, elles n'ont pas besoin de se complèter l'une l'autre, ni se limiter à être les partenaires d'un dialogue, mais elles pouraient s'unir et devenir des partenaires dans l'excécution de leur mission commune. La conversion à la religion prendrait alors un autre aspect, ce ne sera plus le passage d'un camp à un autre, mais une ascension de l'individu de l'immaturité vers la maturié. Si on conçoit ainsi la mission et la conversion, les missionnaires s'éveilleront à l'urgence et aux obligations de travailler ensemble. La tâche de rendre l'humanité adulte est si grande qu'elle ne sera jamais achevée si les religions ne s'unissent pas pour travailler en équipe.

La différence dans la façon dont les religions voient le chemin vers la parfaite humanité ne doit pas être un obstacle à la collaboration. Les approches peuvent être différentes, mais ne s'excluent pas mutuellement, elles peuvent être complémentaires et ce serait un avantage pour les religions de réaliser les approches des autres religions, certains de leurs éléments pourraient être intégrés dans leur propre système.

 La mission du Christianisme aujourd'hui

Si certaines observations que nous avons faites au sujet des missionnnaires chrétiens, aident à la compréhension du christianisme en tant qu'"état chrétien", peuvent avoir sembler dures et offensives, ces observations - et nous devons souligner cela très fermement ici - ne doivent pas être interprétées comme une atteinte de notre part afin de trouver une faute dans le lien entre le Christianisme et la culture occidentale ou de minimiser son rôle qu'il a joué comme élément intégral dans la culture de la société occidentale. Personne ne connaissant l'histoire européenne,ne peut ignorer que le Christianisme a contribué grandement à l'aspect et à la stabilité de la société européenne (et américaine aujourd'hui). Le Christianisme a été un élément déterminant de la culture européenne des vingt derniers siècles.

Ce que nous voulons affirmer au travers de la position que nous avons prise en présentant le Christianisme aux peuples de toutes cultures, c'est que nous avons été attentifs à ne pas identifier le Christianisme de la forme universelle avec sa forme occidentale. Le christianisme occidental demande à ses fidèles, en plus d'une fidélité aux valeurs chrétiennes de la vie, une fidélité à ses propres traditions. Ces traditions sont si liantes qu'une personne qui ne s'y conforme pas risque d'être exclue ou excommuniée de cette communauté.

Maintenant si nous revenons à la question du départ, à savoir la mission du Christianisme dans la société contemporaine, on ne saurait trouver meilleur exemple que celui de Jésus: la façon dont il remplit sa mission est la façon dont les Chrétiens zélés devrait suivre. Le travail de Jésus était celui de guérir; " Il fit le tour de Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle (= Evangiles) et guérissant les infirmes parmi le peuple".(Mt 43:23)

Ce n'est pas à l'humanité prise dans le sens abstrait que Jésus s'adressait, mais aux humains malades, privés de vitalité intérieure. Les gens peuvent avoir tout, la richesse, la santé, le savoir et la puissance, mais au plus profond d'eux-mêmes ils souffrent d'envie, de haine, de fierté,de désir, de malhonnêteté et d'hypocrisie,ce qui enlève la vigueur intérieure et empèche la paix de l'esprit. De plus les gens vivent dans la peur du malheur, de la souffrance et de la mort, et même les plus riches, les plus sains, les plus savants et les plus puissants se lamentent pour obtenir une meilleure vie.

La plainte intérieure des gens pour satisfaire la vie, était dans l'esprit de Jésus quand il commença à répandre le"Royaume de Dieu", son unique désir était de donner la "vie" aux gens, surtout à ceux qui en manquaient, et comme il le dit :"Je suis venu pour que les gens aient la vie, et l'aient dans toute sa plénitude.

Les individus matures savent qu'ils doivent se partager équitablement entre d'abord leur propre self, avec le clan qui en fait partie, et ensuite avec leur famille, leur race, leur nation ou le groupe religieux, et avec l'entièreté de la famille humaine, et finalement avec ce qui invisible et humainement incompréhensible avec la force ultime de leur existence. Etre correctement reliés avec autant de réalités est difficile certes, mais en faisant ainsi c'est ce qui amène au sujet de la stature de la vie, ce qui dans la Bible est appelé comme vivre dans l"Esprit"ou comme vivre en "enfant de Dieu".

Attendu la complexité de la relation à maintenir, il n'est facile de trouver une jauge appropriée pour trouver si notre vie est correctement coordonnée ou non, mais Jésus pointa du doigt que ce qui est terre à terre, c'est le fait des individus d'être concernés par les besoins de leur voisins humains et surtout les pauvres et les souffrants. C'est pour montrer ce texte déterminant pour la maturité humaine que Jésus raconta la parabole du jugement Dernier, où le juge Suprème dit :

" Entrez, venez, possédez le royaume qui est prêt pour vous depuis que le monde existe;;;; Car quand j'avais faim, tu m'as donné à manger, quand j'avais soif, tu m'as donné à boire, quand j'étais un étranger, tu m'as fait entrer dans ta maison, quand j'étais nu, tu m'as habillé, quand j'étais malade, tu es venu m'aider, quand j'étais en prison, tu es venu me visiter" (Mat 25:31-40).

 Selon cette parabole, ce qui fait arriver quelqu'un à la stature de noblesse véritable est simplement l'amour dont il fait preuve à l'égard de ceux qui sont dans le besoin, et elle nous montre ce qu'est l'unique qualité requise pour jouir de la compagnie éternelle de Dieu.

Ce qui est aussi à noter cette position de Jésus - qui semble parler à ceux qui s'imaginent que le salut ne vient que de l'appartenance à une communauté particulière- nous dit que le Juge suprème ne demande à personne s'il est luthérien,catholique romain,hindou ou bouddhiste, le seul critère retenu est quelle que soit l'instituiton qui le vit grandir, est d'être être relié correctement.

Dans la lumière du Royaume que Jésus voulait rétablir, la mission de la Chrétienté dans le monde contemporain devient évident de lui-même, il s'agit de rendre les humains immatures, suffisament matures pour qu'ils soient reliés correctement. Il est certes difficile de guérir les humains de leur tendance naturellle à l'égoïsme, néanmoins c'est la tache à laquelle les Chrétiens zélés doivent s'atteler et accomplir s'ils suivent les traces de Jésus.

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Thomas Merton, symbolisme: communication ou communion? Nouvelles Directions 2O (NY, New directions, 1968, pp11-12)

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