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TO MENTAL MATURITY Published: Feb.1998 Revised edition: July
1999 Third edition: April
2000 All rights reserved (C) by the
author Typesetting : Inter-cultural
Research Centre, With permission to Foundation Teilhard de Chardin in
the Netherlands for publication on worldwide
web
Part I. Religion: La clarification nécessaire
1. Religion: Ambiguité du mot
2. Religions d'aujourd'hui: Leurs formes clanique et adulte
3. Comprendre la religion de façon adulte
4. Les Livres de l'Ancien Testament (La Bible Hébraïque)
5. La Croyance en Dieu dans l'Ancien Testament: Une Attitude éclairée envers la Vie
6. Les Écrits des Chrétiens: Le Nouveau Testament
7. Jesus: L'Universality de son Message
8. La Religion selon Jesus
9. La Religion selon Paul
10. Les Diverses Formes de Christianisme
11. Les Doctrines chrétiennes
12. Les Rites et Celebrations
13. La Vision d'un Meilleur Soi-même
14. Une Attitude Adulte de Vie
15. La Mission du Christianisme aujourd'hui
Il fut un temps où la religion n'intéressait que ses propres fidèles, si on parlait de religion, ce n'était que parmi ceux-ci. Les fidèles d'une religion ne s'intéressaient pas aux'autres religions. L'Hindouisme ne disait rien aux musulmans, ni le Bouddhisme aux chrétiens. Cela est encore vrai aujourd'hui, une religion n'est intéressante que pour ses propres dévôts.
Ecrire pour les seuls fidèles d'une religion est aisé. Le besoin de définir le mot "religion", ou éclairer sa signification véritable, ne les effleure même pas. Pour les fidèles, il n'y a qu'une seule et vraie religion au monde, celle à laquelle ils se réfèrent. C'est "notre religion", il n' y a rien de vrai ni de bon en dehors d'elle.
Dans le monde actuel , nous sommes témoins d'une deuxième attitude qui est beaucoup plus ouverte. De plus en plus de gens deviennent intéressés par des religions autres que la leur, et nous observons cela particulièrement dans les écoles et les universités, où nous rencontrons des jeunes qui étudient les religions qu'ils ne suivent pas nécessairement. La presse et les autres médias sont conscients de l'intérêt des publics modernes pour les religions, et cela explique qu'ils relatent tellement sur les matières de religion.
L'étude des autres religions n'est pas chose aisée, et tôt ou tard, la plupart des étudiants réalisent qu'ils ne savent pas comprendre les religions individuellement, en profondeur, et avoir une compréhension correcte de ce que signifie la "religion" en général. Cette difficulté est compréhensible: une personne qui ne connaît pas la signification du mot "oiseau", aura des difficultés à comprendre la différence entre un pigeon, un moineau ou un perroquet. De même, une personne qui ne sait pas ce que veut dire "religion", aura des difficultés à saisir " Hindouisme, Bouddhisme, Christianisme, Islam." C'est pour cette raison qu'un livre sur la religion destiné à d'autres qu'à ses propres fidèles est obligé de commencer en cherchant le sens du mot "religion".
Il y a une autre raison, pour laquelle dans un livre sur la religion, la clarification du mot "religion" est nécessaire, car il y a trop de conflits dans la société et dans l'esprit des individus dont
l'origine se trouve dans la religion, et les conflits sont si nombreux que beaucoup se demandent si la religion est aussi bonne et utile pour les humains qu'on le prétend. Quelques exemples à ce sujet:
1) querelles entre le religions ; il existe un grand nombre d'églises établies aujourd'hui, toutes prêchent l'amour et la tolérance, mais elles se regardent en chiens de faïence, et il y a de plus en plus de querelles entre les gens de religions différentes.
2) le problèmes des divisions d'une même église: les querelles existent aussi à l'intérieur des religions. Chaque grande religion est divisée elle-même en "dénominations ", "sectes" et il y a peu d'accords entre elles en ce qui concerne les croyances et pratiques, et dans le partage avec les autres, il y a plus d'inimitié que de respect mutuel.
3) la proclamation de la supériorité: chaque religion établie se proclame supérieure à celle des autres, et dans chacune, chaque division le fera aussi; si un groupe seulement le faisait ainsi, ce serait logique, mais chaque groupe proclame sa supériorité sur les autres.La conviction "nous sommes au-dessus des autres" prime!
4)désaccord entre religion et science: une guerre psychologique existe entre la religion et la science, les scientifiques considèrent les religions comme illogiques, et la religion traite la science comme un opposant, et pour cetyte raison, beaucoup de gens quittent les religions et leurs institutions et bien peu y adhèrent.
5) querelles avec les systèmes socio-philosophiques: il y a des querelles constantes entre les institutions religieuses et les philosophies socio-politiques. Les religions ont été limitées, voire bannies dans des zones aux philosophies telles que le marxisme.
Dans les milieux sociologiques et philosophiques, beaucoup pensent que les religions sont plutôt un handicap qu'une aide dans l'unité et le progrès de l'humanité.
6) les problèmes de conscience des fidèles : il y a aussi le cas de fidèles qui ont de sérieux problèmes avec leur propre religion; ils sont incapables de reconcilier ce que prescrit leur religion comme étant bon ou mauvais, et ce que leur conscience leur dit.
Dans de pareilles situations, il n'est guère surprenant que les gens se demandent : est-ce que la religion qui est derrière ces conflits est-elle la même que celle qui dit rendre les gens heureux, sublimes, voire divins? D'autres questions sont aussi pertinentes: " la religion est-elle là pour unifier l'humanité ou la diviser? La religion éclaire-t-elle les individus, ou les aveugle-t-elle? Il n'y a qu'une seule réponse possible: il y a une ambiguité dans le mot "religion" tel qu'il est employé aujourd'hui. La religion doit avoir d'autres dimensions ou des sens totalement différents.
Il est consolant de savoir que de nombreux étudiants en religion sont conscients de cette ambiguïté et y cherchent de solutions. Selon certains, la meilleur solution d"évacuer" le mot tous ensemble est d'avoir des discussions sur la religion; d'autres tels que Wilfred Cantwell Smith dit dans son livre "la signification et la fin de la religion":
que si le mot religion a plusieurs sens, qui pourraient mieux être compris, c'est dû en partie au fait de son ambiguité et en partie à ses significations traditionnelles sur la vision qui sont illégitimes"
La solution d'évacuer le mot ne fonctionne pas aujourd'hui mais la proposition drastique de cette proposition ferait réaliser la confusion et la non-compréhension que ce mot provoque. Cette suggestion suffit à montrer suffisament pourquoi un prélude est indispensable dans l'étude de la religion et même dans une exposé sur le Christianisme. C'est pourquoi les trois premiers chapitres de ce livre sont séparés pour une analyse de la notion de religion et plus particulièrement à la recherche de la source de son ambiguité.
La nouvelle vision que je tiens à monter ici comme solution au problème de l'ambiguité est une idée toute simple: ce que je tiens à monter que la "religion" ne sait pas être comprise d'une façon double. Avec chaque interprétation, cela devient une réalité distincte avec son propre but. L'ambiguité provient du fait que deux réalités ne se distinguent pas nettement quand on utilise le mot "religion".
Des deux façons de comprendre la religion, celle dont les frontières sont les plus faciles à délimiter, et dont on parle plus le facilement apparaît au travers du dialogue suivant, extrait d'un cours de sociologie religieuse et montrant un enseignant et son élève dans une école française.
Catherine quelle est ta nationalité ?Ma nationalité est française
Catherine quelle est ta religion ?
Ma religion est le christianisme
Catherine, quelle aurait été ta nationalité si tu étais née auTibet?
Si j'étais née au Tibet, ma nationalité aurait été tibétaine
Quelle aurait été ta religion si tu étais née au Tibet ?
Ma religion aurait été vraisemblablement le Bouddhisme
Cathérine quelle aurait été ta nationalité si tu étais née en Arabie Saoudite ?
Si j'étais née en Arabie Saoudite, j'aurais été Saoudienne.
Quelle aurait été ta religion, si tu étais née en Arabie Saoudite?
Ma religion aurait été l'Islam.
Catherine quelle aurait été ta nationalité si tu étais née aux Indes ?Ma nationalité aurait été indienne.
Quelle aurait été ta religion si tu étais née aux Indes ?
Ma religion aurait été l'Hindouisme.
Et ainsi, Catherine n'est-ce par hasard que tu es chrétienne et française? N'est-ce pas de cettea même façon que les gens aquièrent leur nationalité et leur religion ? Si les choses sont ainsi, n'est-ce pas que cela implique que eux, qui comme les Français défendent la suprématie du Christianisme auraient défendu la suprématie d'une autre religion s'ils étaient nés ailleurs ? Ne devrions-nous pas réexaminer notre attitude habituelle vis à vis de la nationalité et de la religion, que ce soit la nôtre ou celle des autres ??
Ce dialogue a certes un côté heurtant, car son auteur semble avoir voulu marteler ses étudiants avec une vérité que beaucoup d'entre nous préfèreraient voir enterrée profondément. Il n'est pas aisé de montrer de l'honnêteté et de l'humilité pour regarder sans crainte les racines de notre affiliation religieuse. Il est un fait que la religion à laquelle nous appartenons, et dont nous sommes fiers et hissons sur le pavois comme étant la meilleure au monde, est quelque chose que chacun d'entre nous a reçu accidentellement tout comme la couleur de sa peau.
Si je suis catholique, hindou, bouddhiste ou musulman, c'est uniquement parce que mes parents le sont. Je n'ai pas choisi ma religion librement et en conscience, et avant d'en être membre, je n'ai eu aucun examen à passer, je n'ai pas pesé le contre et le contre à son sujet, simplement je suis né dedans. La forme de religion "né dedans" est ce dont les gens parlent fièrement en disant "notre religion" et veulent l'établir dans le monde entier comme la seule et vraie religion.
Il est aussi important de noter que la religion n'est pas aquise par sa propre naissance, mais par celle des parents, la religion des parents étant celle des ancêtres, et est donc héritée d'un clan. Un clan peut être une race avec des ancêtres communs ou une nation avec une habitation commune. Chaque clan a sa propre religion comme il a son propre langage, et de même qu' un langage commun, une religion commune aide les membres d'une race à comprendre les autres membres et à agir ensemble à l'unisson.
La religion héritée a certes un côté réconfortant, car ses membres se sentent les membres d'un clan ou d'une grande famille. Par la religion, ils comprennent qu'ils ne sont pas des individus isolés, mais une partie intégrale d'une communauté intrinsèquement unie. Les membres s'entraident et partagent joies et peines, les chefs voyant les besoins des sujets.
Le sens d'appartenir des êtres humains est à mettre en parallèle avec les animaux qui appartiennent à un troupeau ou une meute. L'instinct clanique des êtres humains et l'esprit de troupeau des animaux a beaucoup de choses en commun. Dérivant de l'instinct plutôt que de la raison, tous deux agissent à niveau sub-conscient, et tous deux sont basés sur le sens d'appartenir à un groupe, et engendrent le sentiment de l'identité du groupe et la sécurité de ce groupe.
La religion héritée néanmoins n'est pas la seule chose à laquelle le mot "religion" est appliqué aujourd'hui, il y a un autre sens à ce mot: on entre en religion uniquement quand on est assez mûr pour chercher le sens de la vie et regarder comment parvenir à sa plénitude. Les grands fondateurs des religions étaient concernés principalement par cette forme adulte de religion. La religion telle qu'ils la comprenaient, en appelait à la réflexion, au jugement et à la décision. Ce que cela signifie devient clair si nous jetons un oeil sur la vie et des enseignements de Bouddha et de Jésus.
Siddharta Gautama, qui devint éventuellement un Bouddha, commenca à l'âge de 29 ans à chercher la religion qu'il désirait pour lui-même, comme il ne la trouva pas dans des écoles d'ascétisme et de méditation, il la chercha en lui-même, et la trouva à l'âge de 35 ans. Il rappela ce moment de découverte "éveil" ou "illumination" car c'est à ce momemnt-là que son esprit se réveilla à la réalité de la vie et avec celle le chemin qui mène au vrai bonheur.
Après cela, le Bouddha ( l'éveillé) prêcha cette religion de l'"éveil de l'esprit" autour de lui. Sa mission était d'éveiller les gens de l'état de dormance de leurs esprits. La religion était une matière d'éveil de l'esprit et ainsi la religion vraie n'est pas celle dont on hérite par naissance.
Jésus de Nazareth ne pratiqua, ni ne prêcha ce que nous avons appelé plus haut le type de religion "né avec", il se référa à cette forme de religion comme étant celle par laquelle, une personne "re-naît". Quand Nicodème vint trouver Jésus, pour trouver par lui le chemin du Royaume de Dieu,, Jésus le voulut "re-né", et prenant ce mot à la lettre, Nicodème s'enquit: " mais comment est-ce possible pour un homme d'être "re-né" quand il est vieux? peut-il retourner dans le ventre de sa mère une deuxième fois et naître?" La réponse de Jésus, qui était d'une nature poétique, éclaire ce que nous devons comprendre par une religion de la forme " réveillé pour" ou "re-né pour". Jésus dit: "la chair ne peut donner naissance qu'à la chair, c'est l'Esprit qui donne naissance à l'esprit".(Jn 3:1-8)
L'argument que nous avons donné ci-dessus pour montrer que "religion" est un mot ayant deux connotations spécifiques est très simple, et est basé sur le sens commun., mais la lumière apportée ainsi sur une problème complexe signifie beaucoup plus.
Pris dans un sens, la religion se réfère à une association, à un ensemble de croyances et de pratiques que ses adeptes suivent, et dans l'autre sens, la religion est une matière personnelle et se réfère à l'illumination du comportement d'une personne mentalement adulte.
Pour voir plus clairement cette double compréhension, nous allons voir les recherches menées par des chercheurs occidentaux sur la religion. Depuis longtemps, des maîtres ont essayé de résoudre les problèmes au sujet de cette réalité appelée "religion", parmi ceux-ci il en est deux qui au travers des perspectives indépendantes ont quelque chose de puissant au sujet qui nous préoccupe, à savoir les deux formes de religion.
Un éminent sociologue des religions est Emile Durckheim(1858-1917) qui écrivit un livre initulé "Les formes élémentaires de la vie religieuse" qui défendait l'idée selon laquelle la religion était un élément constituif du comportement de la vie de communautés claniques. Selon lui, les religions sont là pour assurer l'unité et la solidarité de communautés claniques, mais il n'utilisa pas le terme "clan" en tant que tel, mais comme la communauté qu'il impliquait, le terme "société" correspondait parfaitement. Il n'employait pas le terme de société dans le sens de la famille humaine universelle.
Une idée typique de la pensée sociologique qui habitait Durkheim est que la religion n'est rien de plus que ce qui est contenu dans le concept du clan-communauté. S'il arriva à cette conclusion, c'est parce qu'il vit plus dans la structure du clan-communauté, comme on le fait généralement, qu' un clan n'était pas qu'une agglomération d'individus, mais de plus, ses membres sont inter-reliés et le sens d'affinité que cela amenait, transformait la communauté en un corps moral ou en une unité corporale. De cette façon, c'était un seul corps animé d'un seul esprit., et pour désigner le corps moral, il utilisa le terme judéo-chrétien d'"église".
Pour lui, la religion n'était qu'une "église" ou une association dans laquelle les membres avaient le sentiment d'être unis , inséparables. Le code de croyances et de pratiques que contenait l"église" n'avait d'autre but que de garder le groupe-communauté lié les uns aux autres, et de lui donner une identité propre. Il insista sur le clan-communauté pour expliquer la croyance en Dieu comme étant une création de la soumission individuelle à la communauté.
" en fait, nous pouvons dire que le croyant n'est pas déçu quand il croit à l'existence d'un pouvoir moral au-dessus de lui dont il dépend, et duquel il reçoit le meilleur pour lui, ce pouvoir existe, c'est la société."" d'une façon générale, on ne sait pas s'interroger sur le fait qu'une société possède ce qu'il faut pour faire naître la sensation du divin dans les esprits et le pouvoir qu'il a sur lui. Pour ses membres, c'est ce que Dieu est pour ses adorateurs."
L'idée que Durkheim se fait de Dieu peut être vue comme celle qui est ou n'est pas d'importance pour nous, mais nous ne pouvons ignorer l'idée que la religion est un élément intégral de la vie du clan-communauté; car le clan et la religion sont inséparablement liés, et l'appartenance d'une religion est transmise par les parents tout comme le membership d'une communauté.
Cette idée peut aussi servir à comprendre la façon parfois fanatique que beaucoup de gens ont en matière de religion en ce qui concerne leurs croyances et pratiques, et selon Durkheim, en matière de religion, les individus agissent plus aux dictats de la conscience clanique que suivant leur conscience personnelle, et elle ne peut être ignorée par des enseignants ou des analystes en religion.
C'est dommage que Durkheim ne parla que d'une seule forme de religion, celle de "né avec", il survola complètement celle de "re-né pour" ou "réveillé-pour", mais pour comprendre les problèmes et complications de la religion dans notre société, la vue de Durkheim sur le clan-groupe et sur le comportement religieux des individus, est plus que valable.
Une autre autorité dont les vues sont fondamentales pour une compréhension plus profonde de cette question, est Rudolf Otto (1869-1936). Celui-ci parla de l'autre forme de religion: selon son livre "l'idée du saint", la religion est ancrée non selon un lien individuel avec le clan, mais selon la conscientisation du "sacré" qui dans le coeur de chacun. Le sens du Sacré est l'expression naturelle du sentiment concret de l"état de créature", que chaque être humain a fait l'expérience.
Etant intéressé par les systèmes religieux hindou-bouddhistes des Indes - pour lesquels l'idée d'un Dieu personnel n'est pas considéré comme indispensable au sens surnaturel comme dans la religion judéo-chrétienne, Rudolf Otto s'abstint de décrire la source de la religion comme "conscience de Dieu", et il s' y réfère longuement en l'appelant "conscience numineuse", "numineux étant synonyme de "vie plus élevée". Selon lui, la conscience du "Sacré" est à la base de toute religion;
"Il n'y a pas de religion dans laquelle ne vive que le vrai noyau interne, et sans cela, aucune religion ne pourrait s'appeler ainsi."
Pour Rudolf Otto, la religion n'est comme pour Durkheim une sorte d'"église", mais une forme de spiritualité, qui représente l'état de maturité qu'un individu cherche à atteindre; le début du stade de maturité est une vision d'une vie plus élevée que l'on apperçoit au travers de sa propre expérience de vie. Rudolf Otto, tout comme Durkheim, se limite à un seul sens du mot religion, il le prit dans le sens " la religion de re-naissance" ou "religion de l'éveil", et il n'y pas meilleur exposé scientifique que celui de Rudolf Otto.
Il est évident que la différence d'interprétation de ces deux maîtres est énorme: pour Durkheim, la religion n'est qu'une matière clanique et sert à conserver l'affinité entre ses membres, tous les aspects de la religion, tels que croyances, rites, fêtes, pélerinages n'ont d'autres buts que que de faire penser à l'unisson les membres du clan, et agiront ainsi comme des communautés uni-raciales ou quasi.
Le dialogue entre l'élève et le maître corrobore entièrement cette vue de la religion. Pour les Français, les Tibétains, les Saoudiens et les Indiens, le fait d'avoir des religions différentes est tout à fait normal.
Par contre pour Rudolf Otto, la religion est une matière strictement personnelle, car c'est ce qui aide une personne à atteindre la plus haute stature comme être humain. La différence entre "sacré" et "numineux" si personnelle à son niveau divin, est la même dans toutes les races.
Mais le fond du problème est qu'aussi légtimes que ces deux points de vue puissent être, le mot religion peut désigner les deux. Le mot que ces maîtres cherchent à définir, est équivoque.
Une religion agissant pour le bien-être d'un seul clan et une autre agisant dans celui de l'humanité, ne peuvent être identiques. La religion de soumission aux demandes d'un clan, et la religion comme soumission aux lois universelles qui rendent les gens complètement humains, ne sauraient être les mêmes. Ce qui encore plus dérangeant, est la question suivante:" comment deux grands maîtres ont-ils pu donner des sens si différents au mot "religion"?" Ce qui pose des problèmes à ceux qui lisent les deux auteurs "qui donc est encore à blâmer si un peuple engage la guerre et d'une autre façon s'engage dans des activités qui font la promotion de la paix et de l'harmonie? Il est hors de doute que la plupart des conflits entre individus et ceux à l'intérieur des individus, sont dus au manque de précision vis de la façon dont le mot "religion" est compris.
La "religion de l'éveil" est d'après Rudolf Otto est la religion personnelle, signifiant le développement intérieur de chaque individu de la race humaine, en donnant à l'individu une vision de ce qu'est vivre et mourir correctement et c'est pour cela que nous l'appelerons " la religion de Vision de la Vie"; la Vie n'est pas que physique, mais aussi celle au-dessus du physique càd la Vie dans sa plénitude. On pourrait même l'appeler "religion adulte", car elle rend les gens mentalement adultes.
En eux-mêmes, les mots ont peu d'importance, car un lecteur bouddhiste ayant lu la 1°édition suggéra d'employer les mots " éclairant l'esprit" au lieu de "vision de la Vie" qui ferait ressorit la différence avec "clanique". Si vous avez les suggestions, nous sommes à votre écoute...
Quelle que soit la terminologie employée, il n'y a nul doute que nous ne serons jamais capables de surmonter l'ambiguité du mot "religion", le manque de précision à cet égard,est lié à la façon dont nous regardons notre propre religion et même la façon de l'enseigner et de la propager. Nous ne pouvons en effet pas ignorer que les religions d'aujourd'hui peuvent s'exprimer dans le forme adulte et clanique ensemble.
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1. Wilfred Cantwelle
2. Emile Durkheim
3. ibid
4. ibid
5. Rudolf Otto
6. ibid
7. ibid
La conclusion à tirer de ce qui a été dit au chapître précédent est clair, "religion " est un mot commun à deux réalités distinctes qui correspondent chacune à une réalité bien précise. La religion clanique sert une communauté clan et sa fonction essentielle est d'assurrer l'unité et le bien-être de la communauté; alors que la religion adulte (ou de vision de la Vie) est destinée à l'humanité toute entière et son but principal étant de rendre les individus suffisament matures afin qu'ils soient capables d'agir correctement et d'une façon responsable d'eux mêmes.
Le fait que les deux réalités soient distinctes ne sous-entend pas qu'elles agissent isolées, sans relation l'une avec l'autre., car en général,on les voit opérer de l'intérieur de la même tradition religieuse. Leur mode opératoire est tel qu'elles ont le pouvoir de créer deux versions d'une et même religion. Si nous prenons l'exemple du christianisme, nous pouvons dire qu'il peut y avoir un christianisme de forme clan protectif et un christianisme dans la forme Vision de la Vie.
Une deuxième opportunité que leur mode opératoire offre, permet aux gens de suivre une religion, avec soit le mentalité protectrice du clan, soit avec une mentalité adulte. Tout ceci est pour affirmer que la distinction clan-adulte telle que nous la montrons ici est plus imbriquée qu'il n'apparaît initialement., mais cette imbrication éclaire aussi sur la façon réaliste et dénuée de passion par laquelle nous les présentons dans cet ouvrage
Des deux formes de religion dont nous parlons ici, celle que l'on peut trouver nouvelle et intriguante, est la forme de religion clanique; et d'autant plus qu'aucune importance n'est donnée à ce concept dans les cours d'éducation religieuse. Quand une religion est enseignée à ses fidèles, elle est prise comme un tout et ainsi le besoin de montrer les deux aspects de celle-ci n'est jamais senti, mais il n'y a plus que les fidèles qui étudient les religions aujourd'hui.
Pour comprendre ce que représente la religion clanique, il nous faut retourner aux premiers jours de l'histoire humaine quand les tribus vivaient séparées les unes des autres, et que chaque tribu ou clan avait sa propre religion à lui tout seul. La religion faisait partie de la culture du clan, à cette époque, la culture consistait en six éléments de base: 1) localisation géographique dite patrie, 2) une histoire ancestrale, 3) une langue considérée comme langue maternelle, 4) une subsitance de nature économique, 5, un chef politique et 6) une religion.
Le rôle de la culture était de donner un environnement convenable au clan pour qu'il puisse être stable et se développer, le procédé variait d'un clan à l'autre et donnait au clan une identité qui le distinguait des autres clans. Etant un élément intégral de la culture, la religion aussi était destinée à protéger le clan.
La religion de chaque clan comprenait tout ce qui est généralement associé avec la religion tels que croyances, rites et fêtes, code de conduite, des souvenirs historiques (souvenue ou enregistré) et un système d'éducation religieuse. Même dans leur forme primordiale, toutes les religions contenaient non seulement des éléments qui étaient significatifs pour le clan, mais encore d'autres de portée universelle, qui remontaient l'esprit du peuple de chaque clan. Pour illuster ce que nous voulons dire, nous prenons l'exemple de deux religions d'aujourd'hui dont les origines remontent aux temps anciens, à savoir le Judaïsme et l'Hindouisme.
Le deux religions appartiennent à deux religions claniques qui durent depuis très longtemps. Un fait caractéristique de religions claniques si âgées est que leur religion n'a de nom propre. La religion porte le même nom que celui du clan, le mot "juif" indique l'appartenance à un clan et à une religion, idem pour l'hindouisme. Etre hindou est être hindou. la seule différence entre ces deux groupes est que le sens juif de communauté clanique vient de l'unicité de leur ancêtre, alors que l'hindoue provient de l'unicité de la région qu'ils habitent. Les Ecritures des Juifs s'appellent la Bible, celle des Hindous les "Veddas". Pour notre exemple, nous lirons un enseignement qui est quasi paralèlle dans les deux écritures, à savoir la Création.
Selon l'histoire juive de la création, tel qu'écrite dans le livre de la Genèse, (Gen 1:1-2:1), Dieu créa le monde en sept jours. Cette histoire a été divisée de telle façon qu'elle satisfasse en même temps les fonctions clanique et adulte. D'un côté, l'idée d'un monde qui est le travail d'un bon et tout Puissant Dieu, et non le fruit d'un pur hasard, donne aux Juifs la vision leur permettant de se regarder et de regarder tout ce qui existe comme enveloppé de sens et de destination. Cette leçon de l' histoire de la Création était universelle en valeur et appartenait à la religion de la forme de la" Vision de la Vie" ou "adulte"
Mais ce n'était pas la seule fonction que cette histoire devait remplir, cette histoire disait aussi que le travail de la Création était excécutée par Dieu en six jours, et que Dieu se "reposa" le septième, Le samedi ou le septième jour était le jour férié des Juifs, leur Sabath. L'exemple de Dieu travaillant six jours et se reposant le septième était destiné à montrer au peuple juif comment organiser le travail de la semaine et de se reposer le reste. La fonction de cette partie de l'histoire était de structurer la société juive d'une façon amenant à leur bien-être socio-économique, et cet enseignement appartenait à la fonction protectrice du clan et n'était pas destinée au non-juifs, même si rien n'empèche les non-juifs de se reposer le vendredi ou le samedi.
Comme l'histoire juive, le poème hindou de la création est contenu dans leur plus vieux livre d'Ecritures, le "Rig vedda" qui lui aussi à deux dimensions ou thèmes, çad deux niveaux de lecture. Dans la première partie de ce poème, l'univers et les saisons, tous les êtres animés étaient le résultat du sacrifice à Purasha que les dieux inférieures firent d'une entité divine personnifiée. Cette idée poétique que l'univers provenait d'un sacrifice d'un être divin fit accepter aux Hindous que l'univers naquit empreint de divin. Cette idée leur fit voir une dignité et une valeur dans leur propre existence: ils étaient une partie de Dieu. Cet enseignement comme la leçon de l'histoire juive, était de valeur universelle et appartenait à la religion "Vision de la Vie" .
Mais tout comme l'histoire juive, ce poème avait aussi une fonction clanique à remplir, il tendait à la structuration de la société indienne, et à assurer leur bien-être socio-économique. D'après le second poème, lors du sacrifice du Parusha, la société indienne, consistant en quatre castes, vit le jour. De la bouche de la déité sacrifiée, naquit le Brahmana, de ses bras naquit le Rajanya, de ses flancs naquit le Visaya, et de ses pieds naquit le Sudra. Le système des castes se forma pour assurer la division du travail dans la société indienne et assurer son bien-être socio-économique. Cette partie du poème est de nature purement clanique, et n'a aucune valeur pour les non-indiens.
Ce qui est vrai pour le Judaïsme et l'Hindouisme, peut être la vérité de toutes les religions dans leur forme primordiale, mais la particularité d'une religion qui a ses racines dans la culture est que ensemble, les éléments de la Vision de la Vie et de la protection clanique, sont inséparablement joints pour former la "tradition". Cette tradition devient alors l'héritage exclusif au clan et est transmis intact de génération en génération. Dans son sens primordial, la religion est une tradition clanique destinée à être préservée intacte à l'intérieur du clan.
Depuis les religions dans leur forme primordiale, qui sont en réalité des religions exclusives d'une race ou d'un région, nous passons maintenant à ce nous appelons les "religions majeures", qui répandues dans plusieurs pays, à savoir le Bouddhisme, le Christianisme et l'Islam. On pourrait inclure l'Hindouisme dans cette catégorie car il commence à se répandre dans le monde occidental. Mais il y a plusieurs raisons pour lesquelles on peut se demander pourquoi ces religions majeures sont vraiment différentes de celles limitées à une région, à une race.
L'aspect multi-culturel des religions majeures doit être approché avec un grand discernement, car les apparences peuvent être excessivement trompeuses. Il y a deux raisons de penser ainsi, la première étantque les religions majeures ne sont pas si uniformes qu' on pourrait le penser. L'Hindouisme, le Christianisme, le Bouddhisme et l'Islam sont des religions d'une forme fixées, mais en réalité ce n'est pas ainsi, Le Bouddhisme du Tibet est différent du japonais, ou du Sri Lanka,; la même chose du Christianisme, où il y a e.a les orthodoxes,des catholiques et des protestants, qui diffèrent énormément entre eux.
Quand une religion se présente sous des formes aussi différentes, nous nous demandons quelle est la cause d'une telle diversité, de tant de divisions. Est-il possible que toutes ces variétés proviennent du membre fondateur? Le Theravada et le Mahayana viennent du même Bouddha, les orthodoxes, catholiques et protestants du même Jésus!?
Sans nul doute la pensée des religions crées par des grands visionnaires, en dépit qu'ils vécurent au sein de certaines cultures, était supra-culturelle et ainsi universelle. Mais dès que leur pensée a été acceptée par un clan, une nation voire un empire, elle ne fut pas prise dans son intention originale. Comme un vêtement coupé et cousu à la taille d'un individu avant d'être utilisé comme un ornement, les religions furent taillées aux vues culturelles des communautés avant qu'elles ne l'acceptent. Vu de ce angle, nous dirons que les religions majeures ont perdu de leur confiance à partir du moment où elles ont été digérées par les exigences des différentes cultures.
La deuxième raison pour la quelle le lien entre la culture et la religion est encore vrai aujourd'hui, apparaîot clairement quand on voit comment les différentes religions se sont diffusées. Ce que les missionnaires ont amené dans d'autres pays n'est pas seulement le message spirituel de leur religion, mais aussi la culture de la région d'où ils venaient, ce qui fit que des gens d'autres pays ont eu à accepter la religion et la culture à laquelle celle-ci est inmanquablement liée. Même les religions majeures sont ancrées dans une certaine culture, celle du Christianisme est Européenne, celle de l'islam, arabe, celle de l'Hindouisme indienne et celle du Bouddisme de divers cultures asiatiques.
Ces cultures-mères ont agit comme un moule qui retaillait les cultures des nations où était introduit une religion. Un bref aperçu de ce qui se passa avec le Christianisme nous éclaire à ce sujet: née dans le pays des Juifs, il entra dans son enfance dans le monde occidental, fut exclu dans l'empire romain pendant trois siècles jusqu'à ce que l'empereur Constantin le fit religion d'état en 313AD, et s'imprégna de la culture romain, la forme romaine ( éventuellement européenne)du Christianisme se diffusa largement dans le monde; Les vêtements portés par les prêtres catholiques dans certaines cérmonies n'ont rien à voir avec Jésus Christ., ils dérivent des vêtements des dignitaires de l'empire romain, et même le système hiérarchique des églises chrétiennes s'inspira largement du système administratif de l'empire romain.
Ceci est aussi vrai pour les quatre religions. L'aspect extérieur actuel doit beucoup plus à la culture de la région d'où provient la religion, que des enseignements visionnaires de leurs fondateurs.
Le turban des Sikhs, la cape des Musulmans, la robe des Bouddhistes ou l'étole du swami hindou sont enracinés dans la culture plutôt que dans les directives des fondateurs. La tendance des religions de se servir de la langue maternelle de leurs premiers ancêtres - hébreu,latin,grec,arabe,sanscrit,et pali- ont la même origine.
Tout ceci pour montrer combien les religions, même les majeures, sont liées avec la culture, et particulièrement avec le rôle de protéger une communauté-clan particulière, et que les religions majeures ne sont différentes sur ce point des religions claniques du passé, les religions majeures peuvant être multi-régionales (elles le sont) mais ne sont pas multi-culturelles, elles recèlent une nette tendance uni-culturelle. Aussi bien que les religions claniques limitées à une race ou région, les religions majeures sont diffusées dans plusieurs pays et considèrent la religion sur la base d' une
tradition qui doit être transmise de génération en génération, et ce à l'intérieur du clan. Ce besoin de tradition sert de garder le passé, le présent et le futur du clan unifié comme un très grande famille. Nous voyons ci-dessous un dessin schématique qui peut nous aider à visualiser d'une façon générale ce que sont les religions, même les majeures, quand elles sont prises dans leur forme de protection du clan:
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dessin p.17
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Dans sa forme clanique, la religion est une tradition de croyances et de pratiques à transmettre de génération en génération. Le besoin de la tradition est de garder réunis les membres du clan. Le clan est montré comme une famille avec les ancêtres, les parents et les enfants. Les ancêtres sont des corps ratatinés. Le lien entre le passé, le présent et le futur des membres est montré au travers les mains reliées. Les trois cases montrent que quand pris dans le sens de protection du clan, la religion est différente d'un à l'autre.
Ce dessin n'explique bien entendu pas tout le système clanique, mais montre bien ce qui arrive aux religions majeures quand elles sont dans la fonction de protection du clan. Tel l'Hindouisme devint la religion des Indiens ou de la communauté indianisée, de même, le Christianisme devint européen, et l'Islam celui de la communauté arabisée.
En comparaison avec la religion clanique, la forme "adulte" ou de "Vision de la Vie" d'un religion est plus aisée à saisir, du moins en théorie, car la religion a toujours compris la "spiritualité" et la "religiosité"., ce que nous considérons comme étant le sens propre de la religion. La religion adulte à son propre but qui, contrairement à la religion clanique ne sert pas à faire d'une personne un Français parfait, ni un parfait Saoudien, ni un parfait Indien, ni un parfait Thibétain, mais à faire de tous, des êtres humains parfaits. Cela semble plutôt paradoxal, mais l'humanité est quelque chose qui n'est pas aquise à la naissance, ni parce les gens ont une forme humaine, on nait uniquement avec le seul potentiel de devenir un humain. C'est pourquoi l'achèvement de l' "humanité" ** à son niveau parfait devient le but ultime des êtres humains.
**l'humanité dont parle l'auteur ne désigne pas la totalité de la population humaine, mais bien l'individu en lui-même, ce terme est utilisé ici dans une sens plutôt psychologique ou philosophique"ndltr.**
L'élévation de l'individu du "non entièrement humain" vers le "complètement humain", est appelé en religion la "libération", et c'est aussi ce que la religion de la Vision de la Vie intéresse. Mais aujourd'hui beaucoup de gens ont de la peine à réaliser ce qu'implique la libértaion religieuse, car ils préfèrent la libération que les docteurs offrent à l'humanité en soignant les gens de leurs maladies, celle que les enseignants apportent en les sortant de leur ignorance, et celle que les travailleurs sociaux apportent en sortant les gens de la pauvreté.
S'ils sont incapables d'apprécier le travail des éducateurs religieux comme celle des docteurs,enseigants et travailleurs sociaux, c'est qu'ils ne savent pas imaginer que la religion peut être le rédempteur de la maladie, de l'ignorance et de la pauvreté aussi. Une des raisons en est que la rédemption offerte par la religion, n'est pas celle du corps physique visible,mais celle de l'esprit invisible, extérieurement ce seront les mêmes, un saint et un criminel se ressemblent par leurs traits faciaux.
Des nombreuses explications données à la libération religieuse,une qu'une personne moderne peut trouver facilement et comprendre est celle donnée par le Bouddha. Pour celui-ci, la libération dont les humains ont besoin, est du à l'état encombré de leur esprit qui apporte de la peine et de l'anxiété aux hommes. L'esprit humain dans son état initial d'obscurité, est contrôlé par les désirs émotionnels, et à ce stade les hommes ne savent pas voir ce qui leur apporte la vraie paix et la joie, et courrent vers des objets inutiles qui finalement leur apportent encore plus de tristesse que de contentement;et c'est pourquoi le Bouddha vit de la compréhension correcte de la vie" la base de son chemin vers la libération.
L'explication du Bouddha rend très clair que la libération est la matière qui conduit au royaume de l'esprit. Pour être libéré est d'avoir un esprit qui est orienté correctement, pour que l'esprit soit orienté correctement, tout ce qui'il lui faut, c'est avoir une vision correcte càd comprendre la vie. Par ses pouvoirs intuitifs et plus particulièrement par le pouvoir du jugement que nous appelons "conscience", l'esprit humain peut aquérir cette vision de lui-même pour autant qu'il recoive la bonne guidance. Le rôle de la religion est de travailler à la libération de cette forme la plus nécessaire, et cei en donnant aux gens la guidance dont ils ont besoin.
Un schéma est utile pour indiquer ce que comprend la libération religieuse. La forme physique de l'être humain vu de l'extérieur et ses deux niveaux de personalité vus de l'extérieur pourraient être ceci:
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DESSIN p. 19
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A) être humain vu dans son aspect physique
B) vue de la personnalité interne au stade immature. La"self" de ce niveau est replié sur lui-même et déformé. L'humanité est son état squeletique
C) vue de l'aspect de la personnalité au stade adulte. C'est représentatif de l'humanité dans sa forme complète et emplie de vie.
S'il est concevable qu'une religion ait une version clanique et une version adulte, on s'attend à ce que la religion soit apte à être pratiquée avec une mentalité clanique et adulte. Les deux mentalités néanmoins, sont si éloignées les unes des autres, que chaque élément de religion peut prendre deux aspects différents quand on les regarde. En guise d'illustration, nous prendrons quatre éléments qui sont généralement considérés comme étant constitutive de la religion, càd la foi( croyances), les rites et festivités, la communauté et l'église ainsi que la loi ou code de conduite.
En même temps à l'intérieur et à l'extérieur des êtres humains, il est un royaume que la raison argumentante ne sait pas atteindre. Ce royaume est approché par la foi ou les croyances. Les matières de la foi ont été depuis les temps les plus anciens exprimés dans un langage pictural, en gardant leurs propres buts, les formes clanique et adulte de la religion ont une approche de ce langage différent:
religion clanique: dans celle-ci, les croyances font partie de la tradition ancestrale, et doivent être professés par tout le monde d'une façon uniforme. Etant une matière de groupe, la conviction et l'engagement personnels ont moins d'importance. La religion clanique tend à attacher une plus grande importance à la formulation imagée de doctrines qu'à leur message de vie. L'uniformité est plus facile à préserver de cette façon. Les affirmation picturales d'anciens temps, formulés en dogmes rassemblés en croyances. Les croyances sont déclarées révélées et ainsi, inchangeables et non discutables.
religion adulte: ce qui importe ici c'est "la croyance" et non "les croyances". La croyance est la même chose que vue intérieure. La vue intérieure est ce qui montre aux êtres humains à vivre correctement et selon leur conscience. La croyance n'est une soumission aveugle à une tradition imposée, c'est ce qui amène la vision, le courage et la force de lutter avec les problèmes de la vie. La foi adulte ne sait pas être développée par des être professés uniformément. La foi est une route créative et joyeuse de regarder la vie et ses responsabilités.
Les rites et les célébrations sont une façon de s'exprimer et de dramatiser des sensations internes et des sentiments que les individus éprouvent devant la dimension mystérieuse de la vie. Les rites sont communs aux deux formes de religion, mais le font différement:
Religion clanique: dans un clan ou dans n'importe quelle communaute religieuse institutionalisée, les rites sont d'abord des gestes par lesquels les membres expriment d'une façon visible extérieurement, qu'ils appartiennent à une communauté homogène et ont donc des affinités avec tous les autres membres. Les rites assurent l'unité et l'identité du groupe et ainsi, ils sont faits par tout le monde de la même façon. Une erreur est considérée comme un acte d'infidélité à la communauté, pour la même raison, la participation aux rites d'un autre clan sont interdites.Religion adulte: Ici les rites sont percus comme une aide dans les relations des individus, non limitées au clan mais s'étendant à tout ce à quoi ils se rattachent c'est-à-dire à toute l'humanité, à l'univers et au pouvoir invisible qui soutient la vie. Globalement, les rites sont l'expression de l'idée que les individus se font d'eux-mêmes et de leurs responsabilités devant toute la réalité de la vie.
La notion de religion est intimement liée à la notion de communauté. la sensation d'unisson avec les les autres est partie intégrante de l'expérience religieuse, dans les deux formes de religion, il y a des différences:
Religion clanique: devant chaque institution religieuse de la forme clanique, il y a le clan-communauté dans lequel les membres sont reliés ethniquement ou quasi . Dans une telle communauté, l'aquisition du membership se fait plus par naissance, que par choix personnel. Une fois qu'un individu est à l'intérieur d'un clan, il doit obligatoirement accepter ses professions de foi, accomplir ses rites, accepter ses lois faites pour qu'il soit soumis à l'autorité.Religion adulte : on se fait membre, non par naissance, mais par conviction: on appartient alors à la communauté religieuse aussi vaste que l'humanité. Les individus qui cherchent à être mentalement adultes, d'où qu'ils proviennent, forment une noble communauté même si celle-ci est invisible.Les limites de cette Eglise cosmopolite sont tracées d'une façon invisible.
Tout autant que les notions de croyance, rites et appartenance, celle de loi est intrinsèque à la notion de religion. Ce qui dans une religion n'est pas en accordance avec sa loi, est considéré comme mauvais et est un péché. Il y a deux approches de la notion de loi dans les deux formes de religion.
Religion clanique : Tout comme des codes claniques, certaines lois sont de portée universelle, mais la majorité d'entre elles sont propres au clan. Elles varient d'insitution à institution: la plupart des lois sont des interdictions et sont destinées à préserver la pureté de la filiation des membres du clan, et ainsi l'uniformité de la tradition transmise. La communication avec d'autres clans dans les matières comme le mariage et l'adoration sont interdits, les lois étant présentées comme venant de Dieu ou d'une autorité quasi-divine. Enfreindre une de ces lois est commettre un péché, et les pécheurs doivent subir les punitions imposées par l'institution ou renier leur membership.Religion adulte : dans la façon dont une religion adulte comprend la loi, son but est d'élever la personnalité des individus en les rendant indépendants en jugement et resposables dans l'action. Les lois qui permettent l'idépendance et la responsabilité ne peuvent être réellement formulées ni écrites, elles doivent être découvertes en regardant comment fait la nature et en écoutant son propre coeur, sa conscience. La sagesse des grands sages peut elle aussi d'une nature illuminative.
Cette analyse comparative est d'un ordre très général, voire schématique, mais pour indiquer les mentalités selon lesquelles on peut suivre une religion, et sont de fait suivies, - un fait généralement ignoré- elle apporte de la lumière sur un certain nombre de questions que l'on se pose sur la religion aujourd'hui. La matière des mentalités est d'une importance si vitale, que si les enseignants omettent d'entrainer leurs étudiants à garder les deux bien coordonnés, les conséquences sur la société et même sur la vie personnelle des croyants pourraient être très graves.
Dans la société, les conséquences pourraient être si graves que de faire faire de l'ordre et de la justice devrait sur le champ impossible politiquement, car quand une religion dans sa forme institutionalisée prend plus de place que sa forme de spiritualié, les croyants tendent à devenir sectaires dans leur attitude envers la religion. Le sectarisme comme religion - au même titre que le racisme et le nationalisme auxquels elle s'allie facilement, est ce qui est la base du communalisme qui prévaut dans la société d'aujourd'hui. Le communalisme vient quand les gens prétendent que leur religion, leur race, leur nation sont supérieurs aux autres, et que pour cela, ils en concluent que le bien-être de leur communauté est ce qui est le plus important, et non le bien-être de l'humanité toute entière. Le communalisme en même temps que sa tendance à la domination politique, a été la cause la plus importante de guerre et d'écoulement de sang de toute l'histoire de l'humanité.
La folie du communalisme est largement due au fait les gens croient que leur naissance qui les a rendus différents en race, en nationalité et en religion, et qu'ils oublient la leçon de la mort qui rend tous les hommes égaux: Chinois, Japonais, Américains, Indiens, Hindous, Bouddhistes, Chrétiens, et Musulmans sont égaux quand ils arrivent au terme de leur existence corporelle. La tombe est commune à tous, la Mort est le plus grand enseignant de l'unicité de la nature humaine, si la nature humaine est une, alors le chemin spirituel de l'humanité dans sa forme la plus élevée et la plus parfaite a toujours été la même tous, toutes les races, toutes les nations, touites les religions. Les religions cessent d'être religieuses quand elles oublient de montrer cela.
Un mauvais regard dans les mentalités, peut aussi apporter beaucoup de désordre dans la vie personnelle des croyants, c'est pour cela que la clarification apportée plus haut, au sujet des deux mentalités sera profitable pour ceux qui sentent le besoin de fortifier leur attitude envers la religion. Pour voir ce que cela implique, voyons le seul cas du Christianisme.
Le Christianisme d'aujourd'hui est composé de beaucoup de traditions différentes. Un Chrétien peut être catholique romain, orthodoxe, anglican ou presbytérien, mais tous ne sentent pas le besoin de regarder vers la juste balance, et ce parce qu'un nombre d'entre eux n'ont aucune difficulté avec la communauté qui les a fait grandir et qu'ils considèrent comme leur tradition familiale, et étant assurés que leur religion est la seule valable, ils ne s'intéressent nullement aux autres Chrétiens.
Loin de là sont ceux qui sont dégoûtés de la religion au point de ne plus la pratiquer, et qui se considèrent comme nés chrétiens voire d'agnostiques.: ils prétendent que les demandes du Christianisme ne sont plus compatibles avec la vie moderne, et leur nombre ne fait que croître.
Mais entre ces deux extrèmes, il y a ceux qui aiment leur communauté mais éprouvent des problèmes: ils trouvent par exemple que certaines croyances et pratiques ne sont plus raisonnablement défendables; ils trouvent également que le lien qu'ils doivent maintenir avec leur institution les éloigne des relations proches avec les membres d'autres dénominations d'autres religions, du monde entier. Certains trouvent cette situation si dérangeante, qu'ils ne savent s'ils restent ou s'ils s'en vont.
C' est à de telles personnes, que la distinction entre forme adulte et clanique de la religion sera le plus bénéfique, et leur ouvrira les yeux sur le fait que la dénomination à laquelle ils appartiennent a en fait deux tendances; les éléments qui ne sont pas parlants au sens commun et qui cherchent à garder les individus séparés dans la forme clanique, et dans la forme adulte, que le Christianisme défend apporte une stature de vie selon les standards de Jésus, dont l'enseignement de base est l'amour.
Les Chrétiens qui sont prêts à accepter que leur dénomination contient les deux versions de religion, ne verront aucune difficulté à se sentir à l'aise avec elle, il leur suffit de voir les vraies priorités dans la réponse à leur demande faite par chacun. La fidélité aux vraies valeurs est la priorité, la fidélité aux traditions doit s'y soumettre. Si les vrais priorités sont maintenues, ils verront qu'il est possible pour eux d'être vraiment Chrétiens et à aspirer à l'humanisme le plus élevé envers les autres humains sans perdre le lien qu'ils ont avec leur propre église. Mais si cet ordre est inversé, et que la tradition se fasse plus importante que la vie droite, et que la communauté institutionelle soit plus importante que l'humanité, c'est qu'ils seront consciencieusement catholiques, orthodoxes, anglicans ou presbytériens, mais en réalité fort peu chrétiens.
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Griffith, RTH, JL Shastri Les hymnes du Rig Veda.
Nous avons examiné les formes de religion protectrices du clan et de Vision de la Vie et avons aussi vu combien importante est de présenter les religions dans leur Vision de la Vie dans le monde contemporain. Il n'est pas aisé de présenter les religions, y compris le Christianisme, dans leur Vision de Vie. La difficulté la plus importante est le langage.
Les religions utilisent un langage propre pour exprimer la vision qu'ils offrent aux gens. Cette vision est d'une part si sublime, et d'autre part à un niveau subconscient, tel qu'il ne peut être exprimé dans la langue de tous les jours des gens. La religion n'a d'autre alterantive que d'utiliser les dessins, les images, les mythes et les symboles à cette fin. Les "Images"sont utilisées généralement pour aider à la compréhension. Mais quand cette image est archaïque, ainsi que c'est le cas de la plupart des religions aujourd'hui, les personnes modernes éprouvent de grandes difficultés à comprendre ce que disent les religions. L'incompréhensibilité de la terminologie religieuse qui amène l'imperciptibilité du message de la religion, a le plus contribué à l'aliénation de nos contemporains de la religion.
Pour aider nos contemporains à surmonter cette barrière du langage est l'obligation impérative des professeurs de religion. Pour monter comment cela peut être fait, nous commencerons par analyser une des doctrines avec laquelle les gens éprouvent le plus de difficultés, la révélation. "Révélation" est le terme pivot pour une saisie exacte de plusieurs religions déistes. Toutes les religions déistes affirment que leurs Ecritures ont été révéles par un être divin.
Dans le monde moderne, beaucoup ne savent pas admettre l'idée d'un Etre ou d'être d'un autre monde parlant à des êtres humains. Ils ont aussi des difficultés à admettre d'autre mondes. Certains se demandent si Dieu/les dieux, le ciel et l'enfer ne sont pas des supputations ou le fruit de l'imagination des peupes primitifs.La plupart des réponses données à cette question amène une position si externiste qu'ils outrepassent la vraie réponse.
Il y a d'abord les "rationalistes" pour lesquels il n'existe rien hors de ce qui est peçu par les sens. Ils croient tant à la puissance de la logique, que pour eux ils n'y aucune connaissance possible en dehors des sciences analytiques. Pour eux, hors de la science, il n'y a rien. Ensuite il y a le deuxième groupe, celui des fondamentalistes,rencontrés dans la plupart des religions.Ils insistent sur le fait que Dieu ou les dieux, les anges et les démons, le ciel et l'enfer, existent de la façon précise tel que décrit dans leurs livres, traditions et croyances. Les descriptions sont à prendre à la lettre, mot par mot, car elles sont "révélées". Pas étonnant à ce que "rationalistes" et fondamentalistes aient toujours été en guerre.
Ce que ces deux extrémistes oublient tous les deux, est que le langage de la religion est poétique et imaginatif. Ils oublient aussi que dans des matières actuelles, ce qui est affirmé à l'aide d 'images n'est vrai qu'en partie. Partons d'une phrase simple, en parlant d'une jeune et jolie femme, nous disons "elle est une rose". Une telle constation ne fait penser à personne à des pétales de rose sur le visage de cette femme. Tout le monde a compris que le signifié ici, est que l'attractivité de la rose se trouve également dans son visage,mais les gens ne se servent pas du sens poétique pour interpréter la terminologie religieuse.
Parlons des mots "ciel" et enfer". Dans l'image utilisée, le ciel est un endroit "là-haut", où tout est ce qui est bien, attractif, et plaisant sur la terre, peut être trouvé à un degré hautement intensifié. L'enfer est un endroit "là en-bas", où tout ce sur terre est mauvais, répulsif et déplaisant, sur terre peut être trouvé et à un degré hautement intensifié. Au sens littéral, rien n'est moins crédible que le ciel et l'enfer.
Mais d'un autre côté rien ne peut mieux exprimer que le ciel et l'enfer, l'enoblissement de l'esprit vivant avec rectitude, et le pouvoir destructeur de la personnalité d'une mauvaise vie. Le ciel et l'enfer sont des images d'un niveau purement mental, dans lequel les humains passent leur vie actuelle. A ce sujet, nous dirons de la religion ce que Pablo Picasso disait de l'art: " l'art est un mensonge qui nous fait découvrir la vérité." Parler du ciel-enfer est donc assez relatif, car les humains étant des humains, cela ne peut être rejeté.
Parler de Dieu ou des dieux n'est pas totalement différent. L'idée de Dieu est commune à toutes les religions, et dans toutes les religions, Dieu est à image humaine. Comme les êtres humains, Dieu/les dieux est vivant et est intelligent. Ils possèdent la possibilité d'aimer et d'être aimés. Ils ont même tendance à devenir à être en colère, haïr et se venger. Ils peuvent aussi bien aider que blesser. La seule chose qu'ils n'ont pas, sauf dans les histoires d'incarnations, c'est un corps. Ceci est dû au fait que le corps est associé à la corruptibilité et à la mort. Néanmoins, ils peuvent être mâle ou femelle, et même se marier. Le concept judéo-chrétien de Dieu étant un père présuppose que Dieu est masculin.
Si les humains ont donné leur propre apparence à Dieu/dieux, c'est parce que cela a été été leur seule façon de visualiser les mystères de la vie que la raison argumentante ne savait pas pénétrer.Ainsi que le dit le philosophe grec Xenophane: "Si les chevaux et les boeufs avaient des mains et pouvaient dessiner, les chevaux dessineraient Dieu comme un cheval, et les boeufs, dieu comme un boeuf". C'est ainsi que nous dirions de la religion que Pablo Picasso a dit de l'art: "l'art est un mensonge qui nous fait decouvrir la vérité."
Il est indéniable que la conception humaine de Dieu/dieux est pure création de l'imagination,.Mais d'un autre côté,on ne peut en denier l'utilité, la justification et même la nécessité Les questions proviennent uniquement du fait que les professeurs de religion ne se donnent pas la peine de faire la distinction entre la peinture et la réalité décrite par la peinture. C'est ainsi que des personnes intéressées par la religion se trouvent devant un dilemne. Ils se trouvent dans la situation d'un homme tenant une tasse en mains dit " je ne sais pas boire car c'est chaud, je ne sais pas l'avaler, car c'est du lait.". C'est dans une sensation double de ce genre que beaucoup considèrent leurs croyances qu'ils sont obligées de professer. Ils ne peuvent les accepter car elles semblent si anti-intellectuelles, ils ne peuvent les rejeter car elles réchauffent le coeur.
Après cette introduction générale à ce cet autre langage qu'est celui des religions, nous examinons maintenant quel est le message qui se cache derrière l'image de la révélation divine. En règle générale, toutes les religions existantes soutiennent que l'enseignement qu'ils transmettent a été révélé par une personne divine ou quasi divine.
Pour saisir ce qu'implique la révélation, nous devons d'abord nous demander quelle est la réalité qui est derrière la compréhension humaine et de saisir quelle révélation par une puissance surpa-humaine est si nécessaire. Il est effectivement une telle réalité. C'est la véritable vie de l'être humain. A chaque être humain il y a le mystère de sa vie. Les êtres humains sont en possession de ce que l'on appelle "la vie". Mais ils ne savent pas affirmer avec certitude ce qu'est la vie, ni comment la vivre correctement. Pour tous les êtres humains, d'un point de vue strictement rationnel, leur vie est déconcertante. Nous pouvons regarder autour de nous sans pour autant trouver une preuve qu'il y a une utilité ni un but à notre vie individuelle. Chacun commence sa vie sur la terre, venant tel qu'il est de nulle part, et achevant sa vie allant vers nulle part .La raison humaine basée sur les sens physiques ne sait pas amener une réponse.
Etrangement, en dépit de l'incapacité de la raison analytique de découvrir le mystère de la vie, les humains ne sont pas prêts à une saisie correcte de celle-ci. Au profond de leur coeur, ils reconnaissent le sens et la signification de la vie. Ils ne doutent pas que la vie est bien et que si elle est vécue correctement, cela peut leur apporter le vrai bonheur. Ils se réfèrent à cette forme de connaissance appelée "croyance" ou "foi".
Mais que pourrait être la source et la fondation de cette forme supra-sensuelle et supra-rationelle de connaissance appelée "foi"? La réponse déistique est simple. C'est la "révélation". Un être divin parla dans le passé aux humains et leur dit que ce qui était à faire et ne pas faire. Les lois ou commandements à suivre ont été révélés aux êtres humains.
Comme une image, la "révélation" signifie énormément. Cela im:plique que les êtres humains ont des sources de connaissance autres que les sens ou la raison analytique. Si le mot est pris au sens littéral, et se réferre à l'évènement actuel d'un Dieu venant sur terre et divulgant une certaine vérité à un certain moment à une personne en particulier, nous devons admettre alors que cela peut mener à d'insolubles incompatibiltés. .
La première concerne les trois religions du Moyen Orient, le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam. Toutes trois croient en un Dieu unique et toutes proclament que leur religion dans la forme qu'elle revêt aujourd'hui a été révélée par le même Dieu. Elles diffèrent dans leurs enseignemenrts et ainsi que le prouve l'Histoire ont toujours été en rivalité
Une autre incompatibillité provient de ce que alors que les religions du Moyent Orient s'efforcent de prouver l'authenticité de leurs croyances, les religions d'origine indienne l'Hindouisme, le Boudisme et le Jainisme ne le font pas. Certaines incompatibilités naissent quand on oublie que le mot"révélation" est vraiment une imagerie exprimant la réalité qu'on ne saurait dire avec des concepts ordinaires
La révélation néanmoins n'est pas qu'une image ayant été utilisée pour exprimer la source difficile à exprimer de la connaissance supra- rationnelle. La sagesse quant à elle, elle a été imaginée comme une déité féminine depuis des temps immémoriaux. L'image d'une déité féminine illuminant les humains et leur montrant le chemin vers le bonheur réel est commune à de nombreuses religions notamment au Judaïsme et au Buddisme Mahayana. Le livre des Proverbes de la Bible, la montre appelant les humains à suivre son chemin vers le bonheur réel.
"Ecoute comment la Sagesse élève sa voix et la compréhension apparaît Le Seigneur m' créé en commencant ses oeuvres avant toute chose qu'il fit il y a si longtemps au commencement bien avant que la terre n'existe...Ecoutez moi maintenant mes fils, écoutez ma parole et grandissez sages, ne la rejette pas. Heureux soit celui qui suit ma route, heureux l'homme qui m'écoute...(Prov.8: 1,22-23, 32-34)
Dans la Sutra du Pragna-pramita (Traité de la Sagesse) du bouddisme Mahayana, nous voyons les hommes s'adresser à la Déesse Sagesse:
Hommage à la Sagesse ParfaiteCroyance illimitée et transcendante, Tous Tes bras sont sans défaut
Sans faute sont ceux qui discernent
Enseignants du monde, les Boudhas sont Tes fils compatissants
Cette image de la "Déesse Sagesse" n'est pas différente de celle de la "révélation" quand elle est prise comme indicatrice de la conscience supra-rationelle de ce qui est à vivre réellement. Nous pourrions dire de même que d'un point de vue compréhension introspective, les termes séculaires de"connaissance"ou "intuition" sont ainsi utilisables pour percevoir ce qu'implique la nature supra-rationelle de la connaissance. Mais pour cela nous devons comprendre en quoi la connaissance est différente de la raison analytique et à quoi elle est reliée.
L'intuition et la raison sont deux facultés du même esprit humain, quoique différentes en façon de procéder, il n'y a pas de dysharmonie entre eux. Comme les deux actions d'entendre et de voir par les sens extérieurs, l'intuition et la raison de l'esprit intérieur sont différents. Comme entendre et voir, l'intuition et la raison ne savent pas être en disparité l'un avec l'autre. La raison et l'intuition ont tous deux comme but ultime le bien-être humain. Mais ils le regardent d'un point de vue différents. La raison est concernée avec l'être humain dans la forme physique et quantitative, alors que l'intuition l'est par son aspect relationnel et quantitatif.
Les deux formes de connaissance, comme aussi ce qu'elles amènent à savoir la science et la religion, entendent que le bien-être de l'homme soit compris comme étant la libération de la douleur et de la souffrance. La science libère les êtres humains de la souffrance physique, la religion du mental et de l'intérieur. Ces deux formes d'aide sont nécessaires et leurs fonctions sont complémentaires. Néanmoins elles s'activent de façon différente. La raison fonctionne même chez des personnes égoïstes et égocentriques. L'intuition n'apparaît que que chez ceux qui cherchent une vie droite.
La raison explore la réalité en la regardant de l'extérieur, l'intuition en regardant sa propre expérience de vie.La raison argumente les choses de l'extérieur et découvre de nouvelles possibilités. L'intuition contemple et dans cette contemplation se rend compte de la valeur de vérités anciennes en regardant la vie et le vivant. Pour cette même raison, la certitude ou la conviction des deux engendre au sujet de n'importe quelle matière n'est pas identique.
Un exemple pourrait illuster ce point. Suivant la raison, deux moitiés valent plus qu'une unité. Deux demis petits pains rassasient plus un estomac vide qu'un seul. Mais supposons qu'une personne affamée coupe son petit pain en deux et rencontre un enfant qui lui aussi semble affamé. Il partage son petit pain et en donne un demi à l'enfant. Il sent que c'est la meilleure chose à faire. Quelle décision mathématique justifie un telle décision? L'intuition de cette personne lui dit qu'il sera plus rassasié avec un demi petit pain qu'avec un entier. Cette intuition, vue du côté de la raison est illogique. Mais la logique de l'intuition fonctionne à un niveau différent, non pas celui d'entités, mais celui de valeurs. Etant concernée pas les valeurs, l'intuition est ce qui construit la conscience. C'est la conscience qui dit à quelqu'un dans une circonstance donnée quelle chose à faire équitablement.
L'exemple classique de la façon inexprimable de la façon dont l'intuition fonctionne est l'expérience de la vie du Bouddha appelée "Illumination". Pendant six ans, en suivant différents maîtres, il a cherché comment surmonter les angoisses de la vie et arriver à la paix de l'âme. C'est en restant en médiation sous un grand arbre qu'il trouvé ce qu'il cherchait. Cette découverte est connue sous les noms de "révélation","réveil" illumination.La révélation est le fruit de l'intuition.
Les déistes traditionnels éprouvent des difficultés à voir la "révélation" équivalent à l'intuition, leur objection étant que l'intuition part de l'intérieur, alors que la révélation vient de l'extérieur.Prendrions nous l'intuition comme une activité commençant et se terminant à l'intérieur du cerveau humain? Une telle question semble étrange, voire fantasque, mais qui se devait d'être posée d'après le célébre psycho-analyste Carl.C.Jung. Sa réponse mérite réflexion.D'après lui, l'intuition est moins le résultat de l'activité d'un esprit individuel que le résultat de la psyché universelle agissant au travers d'un esprit individuel.
" C'est pour cette raison que je différencie ce que j'ai produit ou acquis par mon propre effort conscient et ce qui est clairement et indubitablement le produit de mon inconscient. On pourrait objecter que l'esprit inconscient est plutôt mon propre esprit et qu'une telle différentiation est superflue. Mais je ne suis pas du tout certain que l'esprit inconscient est simplement mon propre conscient, car le terme "inconscient" signifie ce dont je ne suis pas conscient.....
Mon expérience psychologique a vu à plusieurs reprises que que le contenu vient plus souvent de la conscience que de l'inconscient. Ils contiennent une analyse, un éclaicrissement ou connaissance que l'inconscient n'a pas été capable de produire. Nous avons un terme pour un tel événément: l'intuition. On ne crée pas une intuition, elle vient à vous.
Le Bouddha lui-même n'a pas vu la révélation comme quelque chose qu'il avait crée lui-même, au moment de son éveil spirituel, il a dit :" la connaissance et la vision apparurent en moi. Insaisissable est la délivrance de l'esprit" L'idée d'une vision éclosant, suggère que cela est venu plutôt par l'intuition que par une activité de l'esprit individuel.
C'est ainsi que l'intuition, d'un point de vue introspectif, est réellement en-dessous du concept de la "révélation" et amène par là les fondations de "croyance" ou "foi" religieuses. C'est dans ce sens que nous admettons que les Ecritures de religions comme le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam sont révélees. Elles sont "révélées" car ce qu'elles contiennent n'a pas été trouvé au travers de la raison analytique de personnes centrées sur elles-mêmes. Ce sont des éclaircissements de personnes extraordinaires qui ont compris la vie en profondeur.La Bible hébraïque contient les indications sur la vie et la vie correcte de Moïse et des prophètes, le Nouveau Testament celles de Jésus et Paul, et le Coran celle de Mohammet.
Si nous comprenons la parler de Dieu correctement, nous devons réaliser que chaque mot dit avec le mot "dieu" est dans un sens symbolique. Des expressions telles que "Dieu parle, Dieu écoute, Dieu créé, Dieu protège, Dieu pardonne, Dieu punit" pris en eux-mêmes sont de la poésie et rien d'autre.Ce que cela veut dire, sont les qualités avec lesquelles les humains devraient parer leur vies.Ils doivent écouter leur conscience et respecter leurs obligations avec responsabilité. Ils doivent accepter les limitations de leur existence avec réalisme et ses fortunes avec joie et gratitude. Ils doivent se relier à la force de leur esprit intérieur et faire face aux problèmes de la vie avec espoir et courage. Ils doivent accepter leurs fautes, les corriger et toujours lutter afin de s'améliorer.
Des nombreux concepts qui s'expriment dans le langage imagé de la religion, celui de Dieu, est assurément, le plus important, mais il y en a d'autres: tels que des êtres non-corporels comme les anges et les démons, et des endroits non-terrestres tels que le paradis et l'enfer. Les professeurs de religion doivent expliquer ces croyances-là correctement de sorte que les fidèles en comprennent le sens exact.A ce sujet il est réjouissant de savoir que même en-dehors du Christianisme, des professeurs éclairés voient la nécessité d'éveiller les croyants à la réalité profonde de ces expressions picturales.
Un bon exemple est donné par un moine bouddiste thailandais Buddhadasa Bhikkhu qui éclaire dans son livre "Deux sortes de langages"que toute croyance religieuse peut être interprétée comme "langage quotidien" ou "langage Dhamma(spirituel). Succinctement il explique les deux sens dans lesquels les croyances principales du Bouddhisme peuvent être interprétées En guise d'illustration, nous citons ci-dessous son explicationh du "Nirvana" qui désigne l'ultime but du Bouddhisme qui représente populairement la place de l'immortalité où les croyants se retrouvent après leur mort.
" Dans le langage courant, le Nirvana est un endroit et une ville. Les prédicateurs parlent souvent de "Nirvana, ville de l'immortalité" ou "cité merveilleuse du Nirvana". Les personnes qui entendent ces termes ne les comprennent pas bien, ainsi ils veulent aller au Nirvana car là tous les voeux sont excaucés!! Dans le language Dhamma, le Nirvana signifie l'extinction absolue de souillure et de condition insatisfaisante...là on trouve le "ici et maintenant"(hic et nunc NdT)
La valeur de la leçon donnée par le moine est indéniable.Il n'y a pas d'autre chemin à suivre par les professeurs de religion que de regagner la vie et être explicites envers nos contemporains. Quand on enseigne une croyance religieuse, on a l'obligation d'éclairer le message spirituel caché derrière une image matérielle.
Après cette introduction générale sur le mot "religion",et sur la façon dont le langage religieux doit être déchiffré, nous pensons avoir situé comment le Christianisme sera expliqué ici: càd dans une perspective bien précise, celle sous la forme de la Vision de la Vie La méthodologie utilisée suit cette perspective..Il est bien entendu que nous ne suivrons pas la méthode uni-religieuse habituelle qui dit que le Christianisme est la seule et unique religion. Notre méthode est celle enseignée à des Chrtétiens de cette dénomination, elle est cosmo-religieuse, elle considère les adeptes de toute religion avec respect ,et le Christianisme uniquement dans sa dimension spirituelle..
L'étude est basée comme tout exposé sur le Christianisme, sur la Bible, un des plus grands livres jamais écrits qui a poussé des gens à aspirer à vivre les vraies valeurs de la vie enseignés non seulement par ce livre. Cette interprétation de la Bible n'est pas arbitraire, mais n'est faite pour être obligatoire. Notre but est uniquement de faire réfléchir les lecteurs afin qu'ils prennent leurs décisions par eux-mêmes. Le respect pour la liberté de pensée une obligation quand l'éducation religieuse est donnée dans une forme adulte.
C'est ainsi que le texte n'a pas été surchargé de notes, de références qui font autorité. Notre but n'est d'écrire une bibliographie. Ce que je pense que ce que j'ai fait est la seule façon de pouvoir soumettre un livre sur le Christianisme à la réflexion personnelle des Chrétiens ainsi que des non-Chrétiens.
La caractéristique de la présentation du Christiansime est que celui-ci est supra-culturel et supra-institutionnel. La présentation de la Vision de Vie permet à un lecteur non chrétien de bénéficier de cette religion sans pour autant devoir abandonner sa propre tradition religio-culturelle.
L'idée d'accepter les valeurs d'une autre religion, sans devoir abandonner sa propre religion, n'est pas seulement possible, elle se produit aussi dans la vie de tous les jours.Il y a des grands penseurs et professeurs hindous qui estiment le message spirituel du Christianisme et le font connaître, sans pour cela abandonner leurs propres croyances. Afin d'illustrer cela, nous proposons un bref extrait du livre "le Christ que nous adorons", par le révéré guru hindou Swami Ranganathananda de la mission Ramakrishna à Calcutta :
"Ici aux Indes, nous avons appris par notre religion, à regarder de grands professeurs avec un coeur ouvert à l'inspiration qu'ils ont pour toute l'humanité.Notre approche de la vie de tous les professeurs a quelque chose de beauté.Il n'est aisé de comprendre comment nous les Hindous savons ouvrir nos coeurs avec une égale ferveur pour recevoir l'inspiration de ce grand fils de l'homme, Jésus. L'approche indienne de la religion est expérimentale te non dogmatique. C'est dans sa spritualité que l 'Inde fait sa quête religieuse et non un besoin de dogme. Ainsi, l'approche de Jesus Christ explique l'hospitalité spirituelle de l'esprit hindou.
Cette approche ouverte sera appréciée et acceptée par les êtres pensants du monde dans les prochaines années. Ce qui est considéré comme étant une possession de la culture nationnale sera éventuellement devenue une part intégrale de la culture et de la civilisation humaine.Une telle consommation"permettera de libérer l'esprit christique des entraves de principes sectaires étroits dans lesquels il est figé depuis des siècles.Ce sera le service rendu par l'esprit de l'Inde d'aujourd'hui à la religion du grand Maître.
Cette proclamation d'un maître religieux vénéré en Inde est très profonde, et contient une pensée servant notre but. Nous ne pouvions trouver meilleure pensée pour éclairer la section préliminaire de notre livre et pour souligner la perspective dans laquelle nous allons examiner le Christianisme dans les pages suivantes.
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1. Conze .
2. CG Jung....
3. Antony Fernando
4. Buddhadasa Bhikkhu
5. ibid.
6. Swami Ranganathananda
Aucune religion ne peut être comprise aujourd'hui sans avoir une connaissance des religions qui l'ont précédée. Certaines religions sont de nouvelles versions d'anciennes ou sont nées en réaction contre celles-ci. Nous ne comprendrons pas les enseignements du Bouddha sans avoir un idée du brahmanisme qui existait à son époque. De même comprendre l'enseignement de Mahomet sans idée préalable du Judaïsme, voire du Christianisme, est difficile.
Le Christianisme est la religion qui est dépendante du Judaïsme dont elle émane et qui a été fondée par un Juif. Le Christianisme n'abandonna jamais le Judaïsme et ne s'en distancia pas. Son but premier était d'ailleurs de corriger la façon dont le Judaïsme était pratiqué en son temps.
Les Chrétiens d'aujourd'hui ne parlent pas tellement de leurs racines juives quand ils expliquent leur histoire. Ils ne vont pas au-delà de l'époque de leur fondateur et insistent sur leur appartenance institutionnelle. Cette approche est aussi erronée que de faire commencer l'histoire du protestantisme avec Luther. Le protestantisme est une réforme du christianisme qui, lui, est une réforme du judaïsme. L'affinité entre les deux est manifestée par le fait que les Ecritures juives font partie intégrante des Ecritures chrétiennes. Elles ont été reprises sans la moindre modification.
Les Ecritures juives sont appelées aujourd'hui la "Bible hébraïque". Le mot hébreux se réfère à la langue dans laquelle elle a été écrite. Bible veut dire livre en grec ancien. Les juifs considéraient leurs écritures comme le livre par excellence. Jésus parlait de la Loi ou de la Loi et des Prophètes. Il se conformait à ce qui y était écrit et ne voulait rien y changer.
« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes. Je ne suis pas venu pour abolir mais pour accomplir. En effet, je vous le dis en vérité, il ne disparaîtra de la Loi ni un seul iota ni un seul trait de lettre jusqu'à ce que tout soit accompli » (Mt 5:17-18).
Nous ne connaissons aucune religion qui ait repris toutes les écritures d'une autre mais les Ecritures Chrétiennes ne sont pas limitées à la Bible Hébraïque. Les chrétiens ont leurs propres écrits relatant la vie de Jésus et l'histoire de l'Eglise primitive. Ces deux livres n'en forment qu'un aujourd'hui. Ces deux parties sont de grandeur inégale: la Bible juive est le triple de celle des Chrétiens. Dans le langage israélite, "testament" signifie "contrat, alliance". Les Juifs se croyaient liés spécialement avec Dieu. Cette affirmation n'est pas le propre des Juifs, la plupart des communautés anciennes affirmaient avoir un lien spécial avec leurs dieux ou déesses. Pour les juifs, Dieu protégeait leur peuple pour autant qu'ils obéissaient à la loi de Dieu.
Les Chrétiens appellent les Ecritures Hébraïques Ancien Testament et les leur Nouveau Testament. Le mot « ancien » ne veut pas dire dépassé , cela signifie que les Chrétiens tout en respectant la conviction des Juifs d'être liés spécialement avec Dieu, croyaient en une nouvelle alliance, plus universelle, que Dieu avait faite avec l'Humanité entière. Une bonne compréhension de la Bible Hébraïque est donc nécessaire pour comprendre le Christianisme. Les écrits hébraïques sont divisés en trois parties : la loi, les prophètes et les écrits (livres poétiques et historiques).
La première partie de l'Ancien testament appelée La Loi, est divisée en 5 livres :
1) la Genèse, 2) l'Exode, 3)le Lévitique, 4) les Nombres et 5) le Deutéronome.
Ces cinq livres sont considérés par les Juifs comme formant un tout, et sont appelés Pentateuque, mot grec signifiant les cinq livres. Si on appelle ces livres "la Loi",c'est parce qu'ils contiennent les éléments de base de la constitution politico-religieuse des juifs, et sont valables, aussi, en tant que livres d'histoire et de spiritualité.
Le coeur de la Loi est constitué par les Dix Commandements donnés aux Juifs par Dieu lui-même. Le nombre des commandements était de dix pour pouvoir être facilement mémorisés. Ces commandements ne sont pas seulement énoncés mais aussi expliqués et commentés. La Loi juive insiste sur les obligations sociales des individus, mais ces lois peuvent être aussi appliquées dans n'importe quelle autre communauté.
"Tu ne feras aucun tord à une veuve ni à un orphelin. Si vous le faisiez et qu'ils élèvent leurs cris vers moi, j'entendrai leurs cris. Mon courroux s'enflammera, je vous ferai périr par l'épée et vos femmes deviendront des veuves, vos enfants orphelins. Si vous prêtez de l'argent aux pauvres de mon peuple vous n'exigerez pas d'intérêts. Si tu prends en gage le vêtement de ton voisin, tu le lui rendra avant le coucher du soleil car, sinon, dans quoi dormira-t-il? Vous ne ferez pas de faux témoignages. Vous ne suivrez pas les autres quand ils font le mal. Lorsque tu témoigneras dans un procès, tu ne te mettras pas du coté du plus grand nombre pour faire fléchir la justice. Tu ne favoriseras pas davantage le pauvre dans son procès. Tu n'accepteras aucun présent car les présents aveuglent les plus clairvoyants et perdent les causes justes."
La valeur de telles lois impressionne les lecteurs d'aujourd'hui qui peuvent être déconcertés par la violence de certaines paroles de Dieu. Ces expressions ne sont choquantes que pour ceux qui n'ont qu'une compréhension incomplète de ce que veut dire la révélation. Le fait que Dieu est l'auteur de la Bible ne doit pas être pris à la légère.
Les lois énoncées ici, sont présentées comme étant celles de Dieu. C'est Moïse qui apporta son éclairage visionnaire pour montrer qu'elles viennent de Dieu. Moïse, outre un visionnaire, était un chef énergique et intelligent. Il savait qu'un peuple impétueux ne pouvait être contrôlé et discipliné sans utiliser des menaces de mort. Il devait lui inculquer la crainte de Dieu.
La loi juive contient des prescriptions concernant les relations humaines à l'intérieur de la communauté, ainsi que la description de rituels pour les fêtes et festivals juifs. Elle contient également des prescriptions pour les prêtres. Dans la société juive , un famille, celle des Lévy, était destinée à la prêtrise, comme chez les Hindous, la caste des Brahmanes .
Le Pentateuque, même s'il contient beaucoup de lois, n'est pas constitué uniquement de lois, Il contient aussi l'histoire du peuple juif et c'est dans ce livre que l'on trouve leurs origines.
Ceux qui sont appelé "Juifs" aujourd'hui n'ont pas toujours été appelés ainsi. Au cours de leur histoire, ils ont reçus de nombreux noms. On les a appelés enfants d'Israël d'après le surnom de leur ancêtre Israël. Israël signifie qui combat avec Dieu, ce qui est une allusion au courage et à l'endurance que les juifs ont montré dans leurs luttes contre leurs voisins. On les reconnaissait aussi à leur langue, l'hébreu. Dans la Bible, ils sont appelés peuple élu de Dieu.
Les deux premiers livres du pentateuque, la Genèse et l'Exode, sont particulièrement prisés et aimés des juifs car ils contiennent l'histoire de leurs origines. La Genèse parle de l'histoire de leurs origines en tant que tribu et l'Exode de l'origine en tant que race. Jacob, fils d' Isaac, petit fils d'Abraham avait douze fils. Abraham vécut vers 18OO avant JC. Il est considéré comme le premier et le plus grand patriarche du peuple juif.
L'Exode parle de l'histoire de Moïse. En Egypte, du temps des pharaons, Moïse libéra son peuple de l'esclavage. Les hébreux étaient soumis à de durs travaux de constructions par leurs maîtres égyptiens. Moïse les emmena dans une région désertique où ils recouvrèrent leur liberté, leur dignité et devinrent un peuple libre. La sortie d'Egypte, ou exode, a eu lieu aux environs de 1250 av.J.C.
Cette histoire, du peuple hébreux n'est, probablement, pas un récit impartial, mais elle a contribué à leur donner une grande fierté.
On peut aussi étudier ces cinq livres du point de vue de la spiritualité car ils contiennent certaines des révélations les plus fondamentales de la pensée juive. On trouve dans ces livre l'histoire de la création du monde par Dieu; cette histoire a joué un rôle incommensurable en faisant reconnaître humblement aux gens leur état de créature et aussi, avec un sens de responsabilité, leur dignité d'êtres créés à l'image de Dieu. Nous y trouvons aussi la quête spirituelle d'Abraham qui est présenté comme le croyant modèle: il savait ce que voulait dire écouter Dieu. D'une autre grande importance, est l'histoire de Moïse qui apprit au peuple juif ce que devait être la croyance en Dieu, au travers des lois et de la révélation de l'alliance avec Dieu.
Il est à porter au crédit du judaïsme que s'il est au départ une religion de forme clanique, il contient en lui des éléments de la religion adulte à un niveau très élevé que des non-juifs peuvent adopter et aimer. Cette forme de monothéisme devint le fondement de deux religions multi-raciales, le Christianisme et l'Islam.
Le Pentateuque est la partie la plus ancienne de la Bible. Il y a très longtemps il constituait la totalité de la Bible. De fait, chez les Samaritains qui se sont détachés du judaïsme, il est demeuré le seul livre saint. Pour celui qui étudie l'Ancien testament pour rechercher ce que le christianisme a hérité du judaïsme, le pentateuque est un livre essentiel.
Le deuxième groupe important de livres de l'Ancien testament, s'appelle les "Prophètes". Ce nom, en grec, signifie ceux qui " parlent pour" et désignaient, parmi les Juifs, ceux qui étaient regardés comme les "porte-parole de Dieu". Les prophètes commençaient leurs messages par des mots tels que : « Le Seigneur m'a révélé que » (Is22:14), « ainsi parle le Seigneur » (Is22:15). Ces personnes animées par un grand amour pour la communauté montraient les mauvaises actions qui se passaient au sein du peuple, et ce faisant, ils prévenaient des conséquences fâcheuses qui arriveraient tant que de tels comportements perdureraient.
La notion de prophète et de prophétie que l'on trouve dans l'Ancien Testament n'est pas propre aux Juifs. La prophétie existe partout où vivent des personnes honnêtes et courageuses qui dénoncent les injustices et les malversations dans la société. Elle n'est pas limitée à une nation, une époque ou une religion. Des hommes tels que Matin Luther King et le Mahatma Gandhi, qui ont dénoncé des injustices perpétrées dans leur pays, peuvent aussi être appelés prophètes.
Les vrais prophètes ont été appréciés par des peuples de toute culture et en tous temps. Mais ils n'ont jamais été aussi appréciés que par le peuple juif, même s'ils reconnaissaient la valeur de leurs prophètes plus souvent après leur mort que de leur vivant. Lorsqu'ils reconnaissaient leur valeur, ils traitaient leurs messages comme venant de Dieu lui-même, et conservaient soigneusement leurs prophéties pour le bien de leur descendance. Elles furent rassemblées dans le livre des Prophètes.
Le livre des Prophètes a été divisé en deux groupes : "les premiers Prophètes" et les "Prophètes tardifs". Les "premiers prophètes" comptent quatre livres: a) Josué, b) les Juges, c) Samuel I et II. Les "prophètes tardifs" comptent quinze livres : les trois premiers a) Isaïe, b) Jérémie et c) Ezéchiel, sont appelés les prophètes majeurs, les douze autres, les prophètes mineurs : 1) Josué, 2) Joël, 3) Amos, 4) Abdias, 5) Jonas, 6) Michée, 7) Nahum, 8) Habakuk, 9) Sophonie, 10) Aggée, 11) Zacharie et 12) Malachie.
Dans la Bible hébraïque, les douze prophètes mineurs, copiés sur un seul rouleau, étaient considérés comme formant un seul livre, alors que dans les Bibles chrétiennes, ils sont traités comme douze livres séparés.
Tout comme la section dite "la Loi" ne contient pas que des lois, "les Prophètes" ne contiennent pas que des prophéties. D'ailleurs, les quatre livres dits « les premiers prophètes » n'en contiennent quasiment pas ! Ce sont essentiellement des livres historiques. Ils couvrent l'histoire du peuple juif depuis la mort de Moïse. C'est l'histoire des combats du peuple juif qui luttait pour pouvoir s'installer sur la terre de Canaan appelée ensuite Palestine et après cela pour y avoir leur propre gouvernement. Les Prophètes mineurs sont tout autres, ils contiennent des messages et des écrits des prophètes. Le lecteur remarquera que leurs propos étaient parfois très nationalistes. Ils appellent sur leurs ennemis la vengeance Divine. Ce qui est un comportement habituel des religions claniques.
L'histoire du peuple juif telle que décrite dans "les prophètes" est divisée en trois périodes. La première peut être appelée « l'ère du royaume unique » et s'étend de 1020 à 933 avant le Christ. Pendant cette période de 87 ans, sous les règnes de Saul, David et Salomon, les Juifs (appelés alors Israélites) possédaient leur propre royaume. La période qui suit fut celle des deux royaumes. Après le règne de Salomon, des conflits intérieurs entraînèrent la division de la nation en deux parties: le groupe le plus important garda le nom d'Israël, il occupait le nord du territoire. Il avait son propre roi. Ce royaume du Nord accumula les problèmes en deux siècles et disparut complètement en 721 av JC lors de l'invasion par les Assyriens qui étaient l'une des plus grandes puissances de l'époque. Le royaume du Sud, celui de Judée, resta indépendant un peu plus longtemps. Ses habitants, appelés Juifs, perdirent aussi leur indépendance après 346 ans.
La troisième période commence en 587 av. JC, sous l'occupation étrangère.